AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  



 

Partagez | 
 

 ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Aller à la page : 1, 2  Suivant
Nombre de messages : 130

MessageSujet: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Ven 27 Fév - 18:38


    Les secondes s'écoulent au ralenti, à moins qu'elles ne passent si vite que je ne les vois pas défiler.
    Des minutes, des heures. Je ne sais plus depuis combien de temps je suis ici, à admirer ses oeuvres à elle. Lilith.
    Je ne sais plus, mais je n'en est rien à faire.
    Le temps n'est rien, seul son absence compte. Une absence sans fin, un manque qui dure, encore et toujours. Et qu'importe le temps qui passe, chaque instant n'est qu'une copie conforme de l'instant précédant.
    Un instant sans elle.

    Elle est intelligente ma soeur. Elle les aident tous, les civils comme moi. Elle les aide même, tout ces héros. Elle en est une au demeurant. Une héroïne.
    Elle fait ce qu'elle voulait faire, elle fait le bonheur des gens. Au détriment de la mienne, elle embellit leur vie, à eux tous.
    Suis-je donc égoïste de vouloir à ce point la récupérer ? Oui, peut être. Mais ils le sont tout autant, ceux qui me l'ont prise, ma soeur.
    Ceux qui me l'ont arraché de force, pour leur propre bien.
    Mais devaient-ils nécessairement me l'enlever pour cela ?
    N'aurait-elle pas été tout aussi brillante, ici, près de moi ?
    Bien sûr que si. Au diable leur école haut perchée.

    Face à tout son travail, mon coeur a l'agonie se sent gonflé de fierté malgrès tout.
    Parce qu'elle est talentueuse, ma soeur.
    Parce qu'il me la faut ma merveille, ici, auprès de moi, pour que mon coeur reparte, comme avant.

    Les larmes se pressent aux coins de mes yeux, sans pour autant couler réellement.
    La vérité, c'est qu'elles ne doivent pas couler. Personne ne doit les voir couler, jamais.
    Parce que s'ils les voyaient, ils comprendraient. Et je ne veux pas qu'ils comprennent.
    S'ils le savaient, ma Lilith finirait par le savoir. Et elle abandonnerait tout, n'es ce pas ? Juste pour me voir sourire.
    Ou elle n'abandonnerait pas. Je ne sais pas ce qui serait le plus douloureux, finalement.
    Alors non, ils ne me verront pas pleurer. Ils me verront me battre, pour elle.
    Pour qu'elle puisse aider les autres, et pour que je sois près d'elle, comme avant.
    Son rêve et le mien.

    Des bruits de pas viennent rompre la quiétude qui m'entourait un instant auparavant, me faisant savoir que je n'étais plus seule.
    Fermant les yeux, j'inspire profondément, ravalant mes larmes.
    Qui que cette personne soit, elle ne les verra pas. Non.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 187

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Ven 27 Fév - 23:22



A quoi ça ressemble, un sommeil qui nous emmène au pays des rêves ? Est-ce qu'on sent son cœur s'arrêter, ses poumons s'atrophier, ses sens s'engourdirent et son corps tout entier se consumer ?... Si la réponse est non, je n'ai jamais rêvé. Jamais, c'est dur à supporter. Même au paradis de ma mère, rien. Et pourtant, celui-ci est l'unique dont je fais parti. Même endormi là-bas, je n'en ai pas le droit, de rêver. Alors j'ignore qui les a distribué, ces super-pouvoirs que le monde envie à des personnages inventés, ni comment ils en sont arrivés à répartir ces dons à la loterie, mais qu'ils sachent que je ne les blâme pas. A choisir, je préfère que ça tombe sur moi, ce coup du sort, plutôt qu'un autre. Que n'importe quel autre.
A quoi ça ressemble, le monde idéal de celui qui peint ceux des autres ? Est-ce que dans ce monde, j'en suis débarrassé, de mon habilité ? Inutile de s'égarer sur ce terrain-là, les réponses sont toutes prêtes pour la simple raison qu'elles n'existent pas. Personne ne sait, et personne ne le saura jamais. Il faudra continuer à espérer pour moi, me faire souffrir pour que je puisse voyager, c'est ça après vous, ma manière de rêver.

Aujourd'hui, s'il est bien vrai que je suis éveillé, et non plongé dans un sommeil sans fin depuis le premier jour de ma vie, le temps n'importe plus vraiment, pas lorsque je prends en considération le fait qu'il s'étire en ma faveur, même s'il me torture au passage, j'apprécie de pouvoir l'abimer moi aussi, quand je le souhaite ou le subie.
Je ne suis pas certain de ce qui a guidé mes pas jusqu'ici, mon cœur surement, puisqu'il est toujours l'ultime chef de la moindre de mes décisions, je le consulte avant ma tête, avant mes mains ou mes yeux... toujours. Toujours, c'est nettement moins dur à porter. J'ai marché, tout simplement, et lorsqu'un dilemme s'imposait à moi, malgré moi ou à cause de moi... je l'écoutais. Droite ou gauche, mon cœur, qu'en penses-tu ? A droite il déraille, préfère le centre commercial. De battements en battements, il a prit sa décision, et moi, l'assurance de couvrir mes bras et tout ceux qu'une paire de mitaines était en mesure de protéger.

J'entre, guidé et rassuré, par celui qui ne tardera pas à me trahir. Je ne connais pas l'endroit, ma première pensée veut que je ne le connais pas, parce qu'aucun de mes contacts n'en a jamais rêvé... à part un. Lilith Anderson, ce lieu est le sien, tout en demeurant au second plan. Le souvenir m'électrise parce qu'il est le plus beau de mon existence. Toutes les planètes de leurs mondes, tous les rêves et accomplissements... rien, absolument rien ne soutient la comparaison avec ce que j'ai ressenti lorsque j'ai effleuré les cheveux de Lilith un jour, sous la pluie.
La sombre atmosphère a succombé à un sourire radieux dont la chaleur me caresse encore, même s'il n'était pas pour moi. Cette transition a effacé la douleur d'un effort nouveau en une seconde tant emplie de la profondeur de son regard. Trois secondes. C'est tout ce que la grâce d'un éclair m'a accordé pour illuminer ses traits. Elle fut double, ma vision, parce que l'univers entier était emplit de l'amour fraternel le plus dévastateur que j'ai jamais expérimenté. Lilith n'a pas pleuré, elle. Lilith m'a remercié. Et c'est moi qui me suis caché pour pleurer, ce soir-là. J'étais ivre de chagrin d'avoir perdu ce qui jamais, jamais ne me sera accordé. J'aurais aimé être autre que spectateur de cet univers-là. Tant pis pour moi.

C'est maintenant, qu'il me trahit et s'enfuit d'un un torrent de coups martelant plus fort les uns que les autres. Maintenant, que l'envie de courir me prend pour fuir ce paradis qui n'est pas le mien. J'ai peur, sans même souffrir d'avoir à l'avouer, peur comme jamais de devoir affronter le regard sur lequel je n'ai pas le droit de poser ne serait-ce qu'un souffle. Trop belle, trop pur, trop loin, trop sure...
Mais il gagne encore, il martèle ma tête, ma poitrine et mes sens. Mais comment tu fais, maman, pour supporter d'affronter ce que tu ne retrouveras jamais ? Comment tu fais... maman ?


    - Elle t'aime plus que tu ne seras jamais aimé.


C'est ce que son cœur a dit au mien quand ils se sont rencontrés. Elle seule sait l'aimer comme il le faut, la voir et l'adorer comme elle en est aimée et adulée. Dans son monde idéal, non seulement sa Sephora le savait, mais elle n'en souffrait pas. Et vous savez le plus beau, dans tout ça ? Mon cœur à moi, il ne freine pas. Et vous savez ce que j'entends ? Seulement deux battements.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 130

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Sam 28 Fév - 0:28


    Je voudrais le voir disparaître, cet homme dont je ne sais rien.
    Je ne veux rien savoir, rien entendre.
    Chaque souffle, chaque parole, chaque présence près de moi et comme une allusion à son absence qui me détruit, chaque jour un peu plus.
    Qu'il cesse de me regarder, qu'il m'oublie. Mais surtout, qu'il ne voit pas le visage de ma soeur se refléter dans mes traits. Par pitié.

    En cet instant, le coeur n'y est plus. Non.
    Je ne veux pas sourire, je ne veux pas faire semblant. Je ne veux pas être la Sephie qui se bat. Pas maintenant.
    Pourtant, j'ai toutes les raisons du monde de me battre, mais maintenant, le coeur n'y est plus. Ou l'inverse, je ne sais pas. Face à tout ce qu'elle a accompli, la raison d'abandonner semble évidente.
    Douloureusement évidente.
    Je ne sais pas, je ne sais plus. Peut être n'ai-je jamais sût, en fin de compte.
    Je ne sais jamais rien, à vrai dire. Ni comment la récupérer, ni si je suis censée je faire. Je ne sais rien, je ne suis rien. Sans elle, je ne suis rien.
    Est ce une raison pour vouloir la récupérer ? Égoïstement, oui. Toujours égoïstement. Je devrais avoir la force de vivre non ? Pour elle, à défaut de vivre avec elle.
    Je voudrais savoir, simplement savoir... Savoir ce qu'elle vit elle. Ce qu'elle ressent, loin de moi.


      - Elle t'aime plus que tu ne seras jamais aimé.


    Mon coeur manque un battement, obligeant mes yeux à voir celui que mon esprit avait chasser de mes pensées.
    Ma bouche s'entrouvre, mais mon souffle se meure.
    Je ne le connais pas, ne l'ai jamais vu et ne sais rien de lui... Mais parce que ces mots ont un sens, je les accueille comme le plus précieux des présents.
    Et parce que je souhaite par dessus tout qu'ils soient vraies, j'oublie jusqu'à l'absurdité de cette phrase, dans le contexte où elle a été lancé.
    Qu'importe ce qu'elle signifiait pour lui, je la prends toute entière pour ce qu'elle signifie pour moi et laisse ses mots envahir mon âme.
    Elle m'aime.

    Je ne prends conscience de la larme qui coule le long de mon visage que lorsqu'elle vint mourir sur mes lèvres. La traîtresse a coulé, malgrès mon avertissement, malgrès ma volonté. Elle a coulé pour elle, Lilith. Cette larme lui appartient, à cet inconnu.
    Celui qui m'a offert, peut être sans le savoir, ce que j'espérais en cet instant.


      – Merci.


    Et une autre larme m'échappe, suivant le même trajet sinueux que sa jumelle, pour aller mourir à son tour sur mes lèvres.
    Les voilà réunies, les jolies. Deux larmes, jumelles, enfin réunies.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 187

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Lun 2 Mar - 15:31



Si j'avais à décerner un prix à la plus belle utopie, je l'offrirai sans doute à Lilith Anderson, puisqu'en plus d'être réaliste, elle était tournée toute entière vers un second être. Je n'avais jamais vu ça, de tous mes semblants de multiples vies, jamais... D'ordinaire (si l'on considère que l'ordinaire a une place quelconque dans ce récit) le paradis lorsqu'il réunit ceux qui s'aiment transcende l'atmosphère d'un lien puissant d'amour dévastateur jumelé à une allégresse sans bornes et équitablement répartie. Mais ce jour-là, j'étais au pays de Sephora. Et ceci est tout sauf normal si j'en crois l'expérience que j'ai acquis presque malgré moi depuis toutes ces années. Le lien qui se tissait entre les sœurs de son paradis était si vif que j'aurais pu le respirer et le bonheur sans réserve, lui... il n'était pas destiné à la créatrice de ce monde. Ce dernier état de fait est une véritable révolution. Lilith toute entière aspirait au bonheur de sa jumelle plus qu'au sien, infiniment plus. J'en avais été aussi surpris qu'illuminé.

Maintenant qu'il m'est accordé la grâce de contempler le ciel, la terre et l'air du meilleur des paradis, l'envie de courir s'enfuit à ma place, emportant mes craintes avec sa faiblesse. Cela ne durera pas, mais elle me regarde et je n'aspire à rien de plus. Ses yeux brillent plus encore que la dernière fois que je l'ai vue, même si, en théorie, je ne peux prouver que ceci est vrai. Je ne peux que comprendre la belle Lilith dans pareils instants. Il est d'une nécessité absolue de chasser ces perles de ses yeux pour qu'y séjournent des paillettes chaleureuses, destinées à honorer un être méritant. Elle avait raison, sa sœur, il fallait que son sourire renaisse pour ne plus mourir, jamais.


    – Merci.


Sa voix me percute avec autant d'effet que la plus violente des douleurs, à l'exception près que ce coup-là est imprégnée de la magie du plus vicieux de tous les calvaires qu'il m'ait été donné d'endurer. Amer douceur qu'il m'est ici donné de savourer.
Deux sentiments distincts réclament mon attention, au même instant, avec la précise intention de m'arracher encore plus de pensées. Le premier éclipse les autres tant par sa beauté que son intention. Je suis confronté à une immonde vérité qui me renvoie à l'impuissance qui suivra tous mes pas jusqu'au dernier et je suis fait spectateur de sa tristesse, en ayant pour seule pensée que je suis celui qui l'a faite débordée. Cette larme, j'aimerais être celui qui l'empêche de courir sur sa joue rosée, l'essuyer de mon pouce afin qu'elle n'ait pas à lui rappeler que la douleur d'être unique lui appartient toute entière. Mais je ne peux pas, n'en ai pas le droit. Spectateur participant, je hais la contradiction de mes propres aveux, même s'ils sont uniquement pensés.
Le second sentiment est disposé à naitre lui aussi, et il s'exécute. Déjà vu. Voilà ce que me dit ma tête, tranchant avec la nette torture imposée par mon cœur au simultané.


    - C'est aussi le premier mot qu'elle m'a dit.


Ce sont les mêmes yeux, aussi époustouflants de profondeur, qui m'avaient regardé. Je m'y été noyé avec l'intention de ressortir...ce n'est pas le cas maintenant.
C'est le même visage qui avait éclipsé la banalité du mien de part sa grâce et son absolue beauté. J'avais eu la même impression de flirter avec le divin, ayant touché un paradis une seconde auparavant.
Et ce furent les mêmes lèvres qui dans leur incroyable perfection, avaient échappé cet unique mot qui retrouve ici son écho, comme un jumeau.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 130

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Lun 2 Mar - 20:05



    Je cligne des yeux à plusieurs reprises, essayant de repousser mes larmes que l'inconnu en face de moi semble avoir remarqué. Des larmes que je n'ai sû contenir. A cause de lui, et de la puissance avec laquelle ces mots m'ont touchés.
    Peut être ne comprend-t-il pas, l'impact qu'ont eu ses mots, sur mon coeur, peut être n'a-t-il pas conscience que cette phrase a fait battre mon coeur comme jamais.
    Ou peut-être que si. S'il a dit cette phrase, c'est qu'elle a un sens, non ?
    Un sens pour lui aussi.


      - C'est aussi le premier mot qu'elle m'a dit.


    Et c'est alors que tout prit un sens. Il la connaissait. Il connaissait ma Lilith.
    Ma bouche s'entrouvre d'hébétement, mais aucun son n'en sort. Il la connaît, rien d'autre ne compte.
    Il est un lien nouveau, un lien supplémentaire, avec celle qui m'a été arraché, à l'instar de toutes ces inventions qu'elle a sût crées.

    Puis une nouvelle vérité s'impose à moi : S'il la connaissait, c'est qu'il appartenait à ces futurs héros en devenir, ceux là même ayant la chance de fréquenter ma soeur chaque jour, dans ce lycée haut perché. Il la voit, chaque jour, et lui parle, à en croire ces paroles.

    S'il savait comme je l'envie, ce garçon dont je ne sais rien si ce n'est qu'il a la chance de la côtoyer au quotidien, de la voir créer comme elle seule sait le faire, de la voir briller au sien de cet univers dont j'ignore tout.
    Elle doit être la plus belle de toute là bas, j'en suis certaine. La plus dévouée, la plus aimante aussi.


      – Je m'appelle Sephie, hum, Sephora Anderson... Qui es-tu ?


    S'il sait un tant soit peu qui je suis, j'ignore jusqu'à son nom.
    Et lui, de quoi est-il capable ?
    Quelle remarquable faculté lui a valu une place tout là haut, auprès de ma soeur ?



Dernière édition par Sephie le Lun 21 Mar - 23:31, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 187

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Lun 2 Mar - 23:09



S'il est probable qu'il existe un lien ténu entre mon pouvoir et mon cœur, il est absolument indéniable qu'une connexion lie ces deux sœurs que je ne sais quel monstre aura eu tord de séparer. Leur esprit est partagé en deux corps sans avoir à souffrir d'être diminué, cet attachement mutuel est si fort qu'il m'a arraché un frisson lorsqu'un paradis a été forgé autour de lui. Je ne tremble pas d'habitude, lorsque je brule comme on implose en créant un monde au nom d'un autre.

La surprise que je lis sur son visage parfait embrase mon cœur avec une vivacité déconcertante. J'en viens à aimer la chaleur, moi qui la maudit lorsqu'elle me fait son prisonnier. Troublé jusque dans le dernier de mes os, je suis incapable de mettre un nom sur tous les sentiments qui me dévorent en même temps, je n'en identifie pas la majeure partie pour la simple raison qu'ils sont aussi nouveaux qu'évidents. Que faire, face à une telle dose d'inconnu ?

    – Je m'appelle Sephie, hum, Sephora Anderson.


Je suis malade, raide d'une maladie impossible à identifier. Je ressens une foule de symptômes qui ne veulent rien dire, qui ne mêlent nulle part tout en étant ici, bien réels. Je sens que je suis sur le point de me liquéfier sachant que cela n'arrivera pas sauf décision contraire d'un ennemi correctement armé, j'ai incroyablement chaud et pourtant je lutte pour dissimuler les frissons qui courent le long de mes bras, mon souffle est court même lorsque j'inspire aussi profondément que permis par la nature, je me sens léger comme jamais tout en ayant à accuser la lourdeur de mes jambes, la tête me tourne et les mots me manquent... Ce mal a beau avoir l'air fictif, il m'emmène tout entier dans son semblant d'existence. Y a-t-il un mot pour ma condition ? Je me suis rarement senti aussi ridicule.

    - Qui es-tu ?


Mon surnom me brûle les lèvres, il est celui auquel je m'identifie depuis les années qui l'ont vu apparaitre dans ma vie. Je ne sais pas quoi dire, quoi faire, comment vivre ici en sachant que son attention m'échappe. Je bégaie en pensées.

    - Je m'appelle Hayden... Smith.


Il est plutôt bien tombé finalement, cet immense coup du sort. Smith comme John Smith, le Monsieur Toutlemonde par excellence. Je sais qu'elle me pèse, cette double identité. Et voici ce qui fait que je ne trouve pas ma place entre ce personne qu'ils ont inventé et le tout le monde qui m'a vu naître. J'aimerais parler maintenant pour achever cette première impression qui me fait défaut et m'enferme dans cette maladie aussi étrange qu'inconnue. Plus je la regarde et moins je me sens capable de parler comme tout être humain. Mais en vérité... Elle m'impressionne tellement que je pourrais en mourir.



Dernière édition par Mr Nobody le Lun 21 Mar - 23:32, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 130

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Dim 22 Mar - 16:59


      - Je m'appelle Hayden... Smith.


    Son nom ne m'évoque rien. Quant bien même, est-il seulement censé m'évoquer quelque chose ? Je me détourne de lui, essuyant le plus discrètement possible les dernières traces de mes larmes traîtresses, et laisse mon regard se perdent au delà du visible.
    Fixant les étagères, les objets exposés ne savent que me renvoyer le reflet de son visage.
    Détournant les yeux, je reporte mon attention sur Hayden, essayant d'annihiler la peine qui compresse mon coeur dans un étau de fer.


      – Ma soeur a crée tout ça... Toutes ces inventions sont les siennes.


    A ces mots, mon coeur se gonfle de fierté.
    Oui, qu'il regarde quelle merveilleuse personne elle est, ma Lilith. Qu'il la devine, à travers tout ce qu'elle a accomplie pour les autres. Qu'il remarque la douce perfection qui est sienne.
    Cette boutique semble être un temple dédié à son bonté, la représentation de son univers, de ses rêves. En réalité, c'est un pont entre ciel et terre... Entre elle et moi.


      – Tu es dans cette école toi aussi, hein ? Sky High ?


    Mon ton se fait plus cassant que je ne l'aurais voulu. Je m'en voudrais presque de n'avoir su retenir l'élan de douleur que je ressens à l'évocation de ce lycée haut perché, tant je tiens à ce qu'il reste auprès de moi. En faite, je m'accroche à sa présence comme une noyée, parce que je sais que s'il part, il ne restera que moi. Moi, ma peine et son absence à elle. Comme toujours.

    Alors, refoulant ma douleur, je tente d'esquisser un sourire.
    Rien qu'un simple sourire, dans l'espoir d'étouffer cette foutue peine.



Dernière édition par Sephie le Jeu 26 Mar - 15:20, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 187

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Dim 22 Mar - 22:23


Si j'avais droit à un paradis, moi aussi, je voudrais que le ciel ait la couleur de ses yeux sans avoir à baigner dans ses larmes qui, aussi peu nombreuses soient-elles, percent une à une mes défenses pour me toucher directement au cœur. Et je me surprends à espérer tout en sachant que ces utopies sont causes de plus de mal que de bien, en souhaitant que mon monde soit aussi doux que ses lèvres parfaites. Je suis plus que jamais le ridicule incarné tandis que je me sens me liquéfier en ne retenant pas le sang qui quitte mon corps par je ne sais quel miracle. Aussi lourd que léger, j'aspire pour la première fois de ma vie à contempler mon paradis, et ses contours naissent doucement sous une paire de sublimes yeux à nouveau secs.


    – Ma soeur a crée tout ça... Toutes ces inventions sont les siennes.


Mon esprit, mon cœur et mes yeux se perdent un instant en se suspendant à un vide de totale incompréhension avant de finalement s'accrocher au décor. Derrière Sephora. Penser que j'aurais pu essayer de voir au-delà d'elle semble purement improbable parce qu'il n'y avait pas de dimension en dehors de sa personne. Aucune couleur sinon celle de sa peau, pas de vie étrangère à la sienne, elle était l'univers d'un moment, et ses mots créaient une brèche vers un tout autre monde... le vrai.

Je note les murs qui m'entourent en les découvrant réellement pour la première fois. Ils sont tapissées d'objets divers aux prix variés, je n'avais jamais réellement prêté attention à leur utilité, n'en ressentant pas le besoin, pourtant apparent. N'importe laquelle de ces inventions améliorerait considérablement le bancal quotidien de ma mère alitée.
Impressionné une fois de plus, le génie de sa sœur me renvoie à ma précoce inutilité. Je suis un marchand de rêves, moi. Du genre de ceux qui proposent du vent en prétendant que l'attraper est à votre portée, et sachez qu'il est d'une splendeur inouïe, le vent que je propose.


    – Tu es dans cette école toi aussi, hein ? Sky High ?


J'approuve d'un geste de la tête, parce que jamais je n'aurais osé dire oui après sa voix, pas après avoir entendu ce timbre-là. Le mépris dans le miel de sa voix me trouble, mais pas autant que le sourire qui suit. Je l'imite sans m'en rendre compte vraiment, parce que je me perds entre les deux lèvres les plus parfaites qui soient comme un noyé se laisserait coulé sous le flot d'une étendue trop grande pour lui. Ayant parfaitement conscience d'avoir l'air du dernier des idiots, je détourne le regard au profit de la première étagère qui vient, admirant l'œuvre de Lilith.


    - Oui, j'y suis.


Le calme de cette scène me trouble plus que je ne l'aurais compté, tellement il est inédit dans mon existence. Un silence ambiant et un cœur affolé qui en fin de compte n'accueille pas de battement-intrus qui viendrait le blesser. Je n'ai jamais foulé jardin si pur, pas même dans le plus doux des contes de fées ambiant, au paradis de l'innocence bénie. L'atmosphère du monde est une symphonie, jamais je n'aurais cru avoir droit de l'écouter, moi aussi.


    - Mais ta sœur et moi n'évoluons pas vraiment dans la même catégorie. Elle sera une héroïne... et moi...


Existe-t-il seulement une fin à cette phrase ? Je ne la connais même pas pour la simple raison qu'elle m'échappe autant que je la fuis. Je me dérobe au futur parce qu'il est aussi sombre que le plus noir des chagrins. Et il m'effraie dans son incertitude parce que j'entrevoie déjà un chemin pour moi, il est tôt mais je sais, alors que j'exhibe mes paumes à Sephora en haussant les épaules, je sais que je suis celui que je resterai. Dr Paradis et Mr Enfer, condamné à créer, souffrir pour mieux détruire. Personne, à jamais.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 130

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Dim 6 Mar - 2:06


    Je souhaite le voir disparaître autant que j'espère qu'il reste auprès de moi. Même ténu, il reste un lien entre ma sœur et moi. Alors qu'importe la jalousie qui me ronge, qu'importe qu'il la fréquente plus que moi. Qu'importe qu'il puisse voir ses sourires, capturer ses éclats de rires et la voir s'illuminer lorsqu'elle trouve un nouveau moyen de rendre plus douce là vie de ceux resté en bas. La vie de gens comme moi.

    Personne ne devrait pouvoir scinder une âme en deux et en extraire le meilleur, pour laisser mourir au sol la partie la moins noble.


      - Oui, j'y suis.


    Esquissant un sourire, je me rends compte avoir connu la réponse avant de l'avoir entendu. Peut être est-il l'un de ses amis. Un ami proche à qui elle confie ses secrets, ses peurs et ses espoirs. Un ami qui puisse lui en elle... Comme je savais le faire, moi.


      - Mais ta sœur et moi n'évoluons pas vraiment dans la même catégorie. Elle sera une héroïne... et moi...


    Je ne suis pas certaine de comprendre la signification cachée dernière ce sous-entendu fait de silence, alors, je me tais.
    Ma sœur est une héroïne en devenir. Adulée, idolâtrée. Existe-t-il alors une catégorie qui n'exige ni projecteur, ni fascination? Existe-t-il, dans ce lieu haut perché, une zone d'ombre, d'anonymat dans laquelle je pourrais me cacher? Évoluer à ses côtés, sans avoir à être cristalliser par des idiots qui ne me prendront, une fois de plus, que pour le spectre terne de la perfection incarnée?
    Faute de savoir quoi dire, je me contente de tordre mes lèvres en une mou que j'espère compatissante. Que dire, lorsque l'on sait à peine de quoi on est en train de parler?

    J'aimerais lui poser tant de questions, sur ses dons, ses habilités, sa vie là haut et la façon dont il y est montée, mais je ne parviens à taire la question qui me brûle les lèvres depuis que l'on m'a arraché ma soeur.


      ─ Est-elle heureuse ?


    Je souffle la question, tant la réponse m'effraie. Je me surprends prier ces héros que je me plais à médire, à m'inventer des divinités capable d'entendre mes prières dans l'espoir de les voir devenir vraies. Par pitié, faites que son sourire ne cesse jamais n'exister. Qu'importe mes larmes et ma douleur, tant que la pureté du cœur de ma sœur ne soit pas entaché du moindre drame.
    La vérité est là. J'espère ne pas lui manquer tout autant que je meure de savoir que je peux lui manquer tout autant qu'elle me manque, à moi.

    Par pitié, Hayden Smith, qui que tu sois, dis-moi que Lilith est aussi belle et heureuse là haut que l'image d'elle encore gravée en moi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 187

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Lun 7 Mar - 0:37


Et moi... et moi rien, voilà enfin, c'était tellement évident que j'ai préféré dansé à côté, dans le vide annexe à mon envie de sursis. Je tente pour la première fois de ma vie de fissurer mon quotidien pour explorer un instant, rien qu'un moment, le divin tel que je l'ai reconnu. J'imagine pas comment, je ne sais même plus si je pourrais récupérer mon coeur à la sortie de ce Paradis mais ce que je sais, je le garde dans un coin de mes idées nouvelles. Il faut rebaptiser cet endroit, c'est très sérieux. Cette boutique-là, elle mérite une statue, même deux. Deux hymnes aussi mélodieux que beaux. Jumeaux.

J'aperçois le chemin de ses larmes, toujours présent sur ses joues et je m'en veux comme jamais. Me dis que l'étiquette de héros, ils ont eu raison de ne pas me la donner. Si j'avais la moitié du cran de ceux que j'ai fait voyagé, j'irais chercher sa peau, maintenant et lui rendrais sa soeur. D'un geste salvateur, j'écoulerais chacun des murs qui emprisonnent ses milliers de questions, sa rage et ses ressentiments pour bâtir un monde à l'effigie d'yeux qui lui ressemblent. J'irais teindre le ciel d'une couleur nouvelle et rendrais à Sephora celle de ses cheveux. Je laisserai son monde parfait s'unir dans une symbiose jamais vue au souvenir que je garde encore frais d'un autre, mon préféré.

    ─ Est-elle heureuse ?


Sortie de nulle part, d'une part hors de moi, foutue de ne pas être attendue, sa phrase me percute. J'en sais rien. J'en ai mal tant je ne sais pas. Lilith et moi on ne se connait pas, le monde nous a vu échanger un bref moment d'une complicité aussi soudaine que majestueuse, toute emprunte d'une éternité qui nous a marqué comme elle nous révolutionne. Elle nous a réécrit toute une vie, et les courbures de la mienne mène jusqu'à toi, petite reine.

Mais, à retrouver cette voix je sens une idée folle et dangereuse s'emparer de moi. Mais j'ai jamais essayé, je ne devrais pas... Non, dites-moi que je n'y songe pas, que je ne m'accroche pas furieusement à l'envie de ré-ouvrir un paradis et que ma résolution est moins forte qu'elles. J'ai envie, c'est fou tant je pense pouvoir le faire. Je pose une main à mes lèvres et la fraicheur de mes doigts ne m'aide pas à résoudre le dilemme qui se répand en moi avec une vitesse empoisonnée. C'est tout mon être, qui clame cette idée. Je sais que je pourrais.

    - Je peux te montrer...


J'ai entre mes mains le pouvoir de nous faire embrasser le temps qui dans un virage nouveau, nous fera basculer contre un univers totalement figé. Et en serrant la tienne, je pourrais te montrer ce que j'ai aperçu et vois encore lorsque le nom de ta sœur effleure mes pensées. Je peux t'emmener visiter le paradis qui m'a éveillé à la vie. Te laisser contempler le monde idéal d'une soeur qui t'aime comme on n'oserait l'écrire, à qui tu manques tandis qu'on chavire.
J'aurais cette envie de mourir à me sentir de trop quand tes yeux se poseront sur ces merveilles, me sentirai étranger à ton corps et les promesses que tiennent déjà ses idées les plus belles, mais je le ferais. J'essaierais de me faire le minuscule auteur d'un univers qu'auront inspirées les plus uniques pensées. Je saurais n'être plus rien qu'un bout de chair qui t'empêchera de tomber s'il le faut, qui mettre à mort le temps si tel est ton souhait. Je pourrais.

Je ne saurai pas te montrer si elle est heureuse ou pas mais toi, tu le sauras rien qu'à saisir les courbures de ses virages, à contempler ses airs et à lire entre ses nuages. Tu sauras mieux que moi combien ta soeur t'aime et pense à toi. Tu la passionnes tu sais, Sephora.
L'envie de retrouver ce monde idéal selon la plus bel paire d'âmes jamais séparées s'accroit, plus forte que jamais. J'assure en écoutant mon cœur paresseux que ta soeur est tout près de toi et qu'il me suffira d'un mot, même d'un geste, d'un petit rien, pour rendre la justice à vos yeux.

    - Si tu le veux.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 130

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Mar 8 Mar - 0:01



    J'ai peur à en mourir. Peur t'entendre le timbre de sa voix lâche un « oui » qui signera de ces trois malheureusement lettres la fin de mes espérances. Il signerait dans toute sa simplicité, l'errance future d'une moitié d'âme ravagée, ayant perdue la lumière de ses années passées. Égoïste que je suis, j'aime à croire que ce que mes tripes me hurlent est vrai : Elle ne m'oubliera jamais.
    Et, honnêtement, je me surprends alors à regretter d'avoir ne serait-ce qu'envisager cette possibilité. Pourtant, pour son bonheur, je serais presque à tout sacrifier. Ma vie, sans hésitation, s'il le fallait.

    Non, je redoute milles fois plus encore un « non » murmuré, qui sonnera comme une sentence, une mise à mort, une condamnation universelle.
    Comment le monde pourrait-il bien continuer à tourner, si le plus beau de ses anges venait à pleurer?

    Il semble s'agiter, indécis et je ne peux m'empêcher de craindre le pire. Quoi que tu aies à dire, dis-le maintenant, avant que mon cœur n'implose et lâche.


      - Je peux te montrer...


    Je sens mon souffle mourir contre mes lèvres. Soudainement, je vois en lui ce héros que cette école lui apprend à être. Rendre à une personne la moitié d'elle-même ne connait pas geste plus héroïque. Et je suis prête à jurer serment, que si cet homme est capable d'une telle magie, alors Hayden Smith est, dans l'ombre d'un doute possible, le futur héros de demain.

    Alors que je reprends ce souffle perdu, j'en viens à espérer. Espérer qu'il dise vrai, qu'il me ramène au près de ma Lilith, qu'il repart l'affront faite à mon cœur, à mon âme, à mon être entier.
    Peut-il réellement me faire monter là haut ? La faire venir auprès de moi ? Comment ? Le doute assaille mes pensées, tant la perspective de la revoir me semble trop belle pour être vrai.
    Qui est-il vraiment ? Un ange venu des cieux, ou un imposteur bien trop odieux ?


      - Si tu le veux.


    Pour la seconde fois, j'ai peur de ses mots. Et si... Rien ? Et si ses chimères n'étaient que poussières ? S'il se joue de moi, comment mon cœur y survivra ?

    Je mise ma vie sur cette promesse. Je mise ma vie pour quelques secondes avec elle.
    La revoir, l'espace d'un instant. La contempler de mes yeux et sonder son âme toute entière enlacée à la mienne. La toucher, la serrer dans mes bras. Apercevoir dans son regard le prolongement du sien. L'apercevoir, rien qu'une fois.
    Par pitié, ne brises pas les espoirs que tu viens de m'insuffler.

      - S'il te plait, montres-moi.


Dernière édition par Sephie le Ven 11 Mar - 18:21, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 187

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Jeu 10 Mar - 23:40


Et si tu ne veux pas, et bien je m'en irai pleurer plus loin. J'épargnerai à ton cœur la douceur de retrouvailles répétées mais sincères, douces mais solitaires. J'irais surement abimer la moitié d'une âme moins belle, à savoir la mienne. La souillerai d'un manque de rêve qui la crève, de matins en soirées. Je me ferai petit, sage comme un fauve. J'embrasserai un n'importe quoi, pourvu qu'il nous sauve.
Je n'insisterai pas et emporterai avec moi le souvenir de tes yeux tristes. J'irai trouver ta sœur en espérant recueillir un jour suffisamment de mon courage éparpillé pour lui dire que sa jumelle pleure un sang bien salé. Qu'elle meurt un peu, tandis qu'on apprend à valser.

Je suspends toute ma vie à ses lèvres, c’est mon existence toute entière que j’accroche à la sienne. J’ai l’impression de miser ma vie dans un pari qui m’offre en pâture à un sauvage mal apprivoisé, boiteux mais plus doué que moi pour vivre et être aimé, en plus de ça. J’ai tout le système qui tremble tu sais, pas seulement mon cœur mais tout ce qui y est accroché ; le pouvoir de donner, mes idées, celui de reprendre et ma vie à jeter.
Je ne respire même plus, et bien vite ce monde-là commence à tourner. Il joue avec tout ce qui le compose, se moque de mes états et entame une danse du mal qui emporte mon ventre, qui emporte mon ventre…

Mes yeux guettent une réponse quelque part, n’importe où. Sur son visage ou entre ses mains, j’étudie ses larmes passées qui auraient pu me dire qu’il ne fallait pas espérer. Et j’appréhende tout, même l’opposé de mes espoirs éreintés. Je veux un mot d’elle, tout un poème. Je veux un refus, un abandon, qu’elles retrouvent leurs maisons. Je ne suis plus rien, quand s’entrouvrent ses lèvres et c’est à peine si je parviens à laisser mon cœur respirer le temps d’un battement tant je redoute l’évident et tout ce qu’il reflète dans un contraire animal qui vient courir sur moi. J’ai peur de tout, mais par-dessus tout de ne pas être à la hauteur de la symphonie heureuse orchestrée par deux cœurs qui se connaissent comme ils se sont éduqués. J'ai peur de massacrer leur chant de sirène en écorchant un bout de sa terre sacrée. De l’échec, de ne partir qu’à moitié. De moi en fait, vous savez. J’ai surtout peur de ce que je fais. Et continuerai à faire jusqu’à en crever.

    - S'il te plait, montres-moi.


Ça y est. Je cesse de trembler juste-là, et me répète son ordre qui résonne tout à l’intérieur de moi. J’ai l’impression vive et tenace d’avoir grandi, vieilli de plusieurs années qui m’auront pris par les reins pour m’emmener là-haut, ailleurs, vers un genre de Destin.
Je lui souris, mes yeux me brulent. Je suis époustouflé et j’essaie de le cacher parce qu’on ne m’avait jamais demandé. Ma première mission, mon histoire vraie. J’ai le sentiment d’être né pour aujourd’hui, de m’être longtemps égaré pour finalement trouver ici une raison d’être, d’avoir trop tardé. Je mords ma lèvre qui pleure pour le reste, mes émotions palpitent, je ne suis plus tout à fait mon propre maitre. Et j’essaie de voiler ma respiration coupée par un choc violent, doux, révoltant d’amour. Je sais à te contempler que je suis né pour vous réparer.

    - Quand tu es prête, prends mes mains... Et tu verras ce que j’ai vu, quand je l’ai rencontrée.


S’il n’y avait pas cette conviction colorée jusque dans l’essence même de ses yeux, je douterais. Si elle n’avait pas employée une ferme douceur, accrochant des étoiles à ses voyelles, j’attendrais. Si elle n’avait pas cette évidente flamme qui lentement se meurt dans un coin de son cœur, j’hésiterais. Mais elle veut, sait et brûle d’attendre. Je suis le bourreau de sa patience qui maintenant demande qu’on la lui rende.
J’essaie de m’oublier, de ne devenir que le troisième battement de mon cœur fatigué, d’être l’ombre unique de deux entités faites pour me surplomber. Je pense à ce qui est, à ce que nous sommes. Pour la première fois depuis toujours, je choisis de faire naviguer une âme vers le jardin d’une autre. C’est inédit, se disent mes intentions bénies. C’est maintenant, que j’inaugure ma vie. Je vais voyager par elle, pour elles et ne rester qu’un peu avec moi. Et si je ne souffrais pas ?

Soufflant une longueur calme qui évacue la misère de mes idées secondaires, j’incite Sephora à m’imiter, d’un regard entendu qui souhaite lui promettre des retrouvailles comme Lilith en a rêvé.
Alors, doucement, j’ouvre mes deux mains et les tends entre nous, paumes face au ciel. Je deviens le prêcheur d’un monde nouveau, que je souhaite de chaque fibre de mon corps pouvoir appeler "Demain".
Viens, ma belle. Tu t’envoles vers elle.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 130

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Ven 11 Mar - 19:45


    J'ai les yeux qui tremblent, le cœur au bord du vide. Il y a un abysse qui se creuse dans ma cage thoracique, quelque part à l'intérieur de moi. Quelque chose de sombre, de froid, rempli d'impatience et d'effroi.
    Je me surprends à la maudire pour m'avoir laisser mon esprit embrasser ce bout de rêve qu'il me promet. Et si, et si rien de tout cela n'est vrai ? Et s'il n'avait en vérité rien à montrer, qu'il n'y avait rien à voir ?
    Les songes brisés sont le fléau de l'espoir.

    Il me sourit et je me plais à penser que ce sourire là ne peux mentir. Je me rends compte ne l'avoir pas encore vraiment regardé. Il couve, au plus profond de ses yeux, une étincelle de pureté capable de vous faire flancher et le coin de sa bouche abrite l'ombre de maux étrangers qui font palpiter son corps entier. Et son sourire, lorsqu'il y est accroché, semble empreint de tant de bonté qu'il est impossible de douter.
    Il arrachera au Destin un bout d'éternité, pour me laisser rêver. Un regard ne peut mentir, jamais.


      - Quand tu es prête, prends mes mains... Et tu verras ce que j’ai vu, quand je l’ai rencontrée.


    Je ne sais ni la douleur, ni la couleur de ce qu'il projettera, ni la façon dont cette vision s'imposera à moi. Je ne connais ni la réalité, ni la teneur de ce que ses yeux ont retenu de ce moment là.
    Je ne sais rien de ce que ses paumes tendus ont à m'offrir, mais ne doute pas.
    Étrangement, et pour la première fois depuis longtemps, je ne lutte plus, m'y refuse. L'espace d'un instant, d'un court moment, je veux me laisser porter par son regard sans tenter de faire la lumière sur les zones obscures de ce qu'il a à me proposer.
    Je ne veux plus réfléchir, je veux agir. Qu'importe le prix qu'il m'en coutera, je ne veux que revoir son sourire.

    Mes mains caressent le vide qui les séparent des siennes.
    Mes yeux se ferment et son image s'abat sur la noirceur de mes paupières. Je me perds dans le souvenir de son sourire, sachant que les souvenirs qui m'attendent ne seront pas les miens.
    Je l'imagine, là, auprès de moi, le cœur gonflé de fierté à l'idée de la voir régner dans ce palais dédié à sa bonté.

    Je rouvre les yeux, et fixe mon regard dans le sien une dernière fois, achevant la distance qui sépare nos doigts.
    Le temps d'un battement de cil, elle sera auprès de moi.
    Le temps d'un battement de coeur, on me la rendra.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 187

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Dim 20 Mar - 0:20


J’appréhende le souffle de cette autre devenue bien vite le tout d’un univers ancré sur Terre. C’est inédit et ces sensations révolutionnent Nobody qui se dit… que peut-être mon âme, viendra ton tour.
Ses paupières closes rappellent aux miennes qui, ouvertes sur un monde d’ailleurs, ancien parce qu’effondré, concentrent mes efforts sur des souvenirs morts. Je récupère les cendres d’un calvaire que j’ai causé et revis par procuration les minutes volées au creux du paradis de Lilith. Ne réalise qu’à peine la grandeur du moment que nous vivons, mes doubles et ce cœur unique. Je retrouve les pensées d’un instant en compagnie de son créateur et de cet amour qu’elles ont chacune enfermé en leurs poitrines hurlantes, abimées de ne pas être convaincues par les mensonges d’un ciel sans miroir.
Mes songes titubent jusqu’à épuisement et je sais que la fin ne tardera plus. Je serre avec douceur les mains de celle qui porte le nom de mon paradis. Mon cœur au bout des doigts, je laisse l’instant époustoufler la douleur et toutes ces sœurs, leur préférant la symbiose dansante de ces deux-là qui rayonnent d’être plus que tout, plus que moi et resteront jusqu’à la mort, deux moitiés d’un seul corps.

Une impression tenace, me susurre que je mourrais bientôt, dès que sa peau se lassera de la mienne. Qu’il me faudra tenir compagnie à une faucheuse lente en lui arrachant sa part de bonheur. Les battements assourdissants de ma folie se heurtent à tout ce que j’ai toujours ressenti, ils ridiculisent mes peines qui bientôt se sauront fichues de ne pas avoir su. De ne finalement pas avoir été celles qui m’auront arraché le cœur quand je jure qu’il suffirait d’une nouvelle larme du paradis de sa sœur. Je t’en prie Sephie, ne pleure plus, ne pars pas. Ne souffre plus, regarde-moi.

Là, revient la pluie. Après cette poussière d’une autre vie, ne me reste que le "merci" de ta jumelle demeurant à jamais la plus belle de mes souveraines. C’est la fin et j’en tremble de ne pas pouvoir t’offrir une éternité à ses côtés ; mais sache que j’irais enfermer mon cadavre dans un coffret relié à ses idées si seulement je pouvais… vous offrir ainsi un monde, tout un paradis.
J’ai peur que ses yeux reviennent à moi, je crains tout et surtout n’importe quoi. Le rêve s’épuise et il ne reste plus que moi, à jamais sous tes doigts. N’ai pas peur je t’en supplie, pense à toi. Vois Sephie, ne me regarde pas.

J’appréhende ses mots et chacun des miens tremble dans mon ventre qui ne sait plus lequel choisir, comment parler mais surtout, pour quoi dire. Je suis le fou d’un rêve mort, l’éternel auteur de sa douleur, le bourreau de sa sœur. Personne, et désolé. Est-ce que ça peut se conjuguer ?

    - Je peux… tout expliquer. Enfin je crois.


Et peut-être qu’avec un peu de temps, tu me croiras. Feras de moi l'essentiel d'un monde à part, bâti pour tes seuls yeux qui miseront toute une vie sur deux cœurs aux différentes couleurs. Plus que tout ma Sephie je t'en supplie, n'ai pas peur. Je ne suis que Nobody.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 130

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Dim 20 Mar - 1:20

    Le retour, bien qu'attendu, est plus brutal que la douleur aigu qui fait se chevaucher mes pensées quotidienne, sans ma boussole pour me guider. Entre bonheur et douleur, le paradoxe me fait flancher, et j'accuse de mes lèvres tremblante ses larmes qui menacent de s'échapper.
    Il n'y avait que son âme et la mienne, sans plus aucun vide pour les différencier. Même les ombres ne savait où danser, tant la frontière semblait ne pas exister.
    Nous étions nous, ma Lilith, nous étions un, comme nous l'avons toujours été.


      - Je peux... tout expliquer. Enfin je crois.


    Je lui souris, d'un sourire embué et si plein de bonté qu'il semble prendre naissance dans les racines même de son jumeau, perdu tout là bas. Il souffre mais il se tait, parce que tu as su écorcher l'univers entier pour lui permettre de trouver son reflet.

    Lentement, de peur de le voir disparaître et de devoir pleurer sur un rêve qui n'a été qu'imaginer, j'effleure de mes doigts la chaleur qui émane de sa joue, de peur de le toucher. S'il en souffrait ? Si j'en mourrais ? Si je restais prisonnière de ce rêve qui m'éloignera à jamais de ma sœur, de la réalité ?
    J'ai vécu un rêve éveillée, pour la première fois depuis le réveil de mon âme amputée qui alors, ne faisait que les subir, pour mieux en saigner.



      Merci.


    Je murmure d'une voix humide de ses larmes encore présentes en moi, mêlées aux miennes, comme autrefois.
    Je dessine ses lèvres, cherche un défaut caché. Un leurre, une piège, une preuve qu'il ne puisse pas réellement exister. Un quelque chose, un je ne sais quoi, qui pourrait expliquer pourquoi ses ailes lui ont été coupé. Mon doigt remonte, remodèle l'arrête de son nez au rythme d'un battement inconnu. Cet ange, pourquoi l'ont-ils déchu ?
    L'espace d'une seconde, je songe à le toucher. Et si... Je pouvais arracher à sa peau un nouvel éclat de sa beauté. La laisser de fondre en moi une nouvelle fois et entendre mon bonheur, mes larmes et mes peurs trouver écho dans son cœur.
    Et si... Non, les rêves n'apporteront jamais la félicité.


      - Et si je te touchais, maintenant... ?


    Dépeindras-tu un monde à l'encre de ses yeux ? Liras-tu encore mes rêves pour leur donner vie ?
    Hayden, m'offrirais-tu encore une fois la vision du paradis ?
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 187

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Mar 22 Mar - 0:49



La parodie d’un Petit prince qu’on pense ne plus pouvoir berner et pourtant, jurent mes yeux, que la beauté ne connaît aucune limite. Je ne suis que moi sous tes doigts et j’aimerais sincèrement mourir si jamais cette atrocité venait à ne pas suffire. Mais c’est le plus doux des soupirs qui vient secouer toute mon âme, giflée par un torrent d’une eau chaude, bénite et immaculée. Elle me sourit et l’émerveillement béat de mes lèvres achève de n’être rien de plus en empruntant un peu de la vie au temps. Je souris comme jamais, lui adresse tout ce que j’ai de vivant en moi et mes yeux s’époustouflent de briller comme ils ne l’avaient plus fait depuis des années. Et mon cœur lui sait, quand il me rappelle de son calme saisissant qu’on est pas habitués à être apprécié lui et moi. Il chahute une valse boiteuse, qui s’emballe et tombe à trop vouloir bien faire, me martèle le corps tout entier et j’ai cette impression d’être doté de milliers de palpitants, d’être fait d’un rêve bien trop grand.
Je prie n’importe quoi, tous les univers que je connais afin qu’ils annulent leurs plans et se réunissent pour ces yeux-là, je les invoque dans un ultime souffle retenu à ses lèvres parfaites en me répétant que je ne vivrai plus jamais aussi bien qu’en cet instant. Mes gages se révoltent et viennent se coucher aux pieds de Sephora qui marchera à loisir sur mes envies et ma foi. Je miserai mon cou, pour un instant de plus avec toi.

Une piqure s’infiltre dans mon nuage et poignarde mon cœur quand sa main balaye avec grâce toutes les frontières de ma bulle pulvérisée. Elle s’approche de mon visage et je maintiens un hurlement qui crève de ne pouvoir faire les présentations. Je n’avais jamais… et si elle me touchait ? Sa caresse emprunte la douceur d’un vent qui pour toujours, désormais, charriera son prénom. Je suis certain qu’elle peut entendre mon cœur battre tant il s’enrage tant il désire me quitter pour elle. Je comprends, et si je pouvais je le laisserais filer pour qu’il aille se coucher en sureté entre ses mains qui osent presque me toucher. Tu serais le messie de mon âme à l’agonie et lui montreras combien tes sursauts la trouvent belles. Oh mon cœur, pour elle.

    - Merci.


Mon sourire se fend et je mords ma lèvre qui ne comprend pas quel sentiment l’étire. Les nuages se meurent et j’aperçois au fond de ses yeux des rêves insoupçonnés, colorés d’un vert aux étoiles dorées. Je me déteste de n’avoir pas le cran d’achever la distance entre mes lèvres et sa main pour faire mourir le temps. Je veux que dure cet instant. Etre l’éternel portrait que ses doigts auront choisis de dessiner, rien d’autre sinon l’ébauche d’un homme qu’on pourrait voir et apprécier. Si je m’écoutais… j’emporterais la raison avec ton cœur et mes palpitations pour un paradis nouveau, teinté par un inconnu si beau que des frissons s’invitent sous ma peau. Je jure Sephora, un seul mot de toi.

    - Et si je te touchais, maintenant... ?


Je ne sais pas, on irait voir Lilith, tu crois ? Des millions de grains poussiéreux viennent abimer ma vue qui se brouille tant l’idée me fait mal. On embarquerait pour un retour chez toi et j’irais mourir en tenant ta main, de loin. Te rendrai ta sœur pour des années s’il le fallait, je vous réunirais. Le désir qu’est le vôtre est plus fort que tout autre, je n’avais jamais vu un être s’assembler sous mes yeux et j’en préfère une moitié, à en tomber amoureux.
L’une de mes mains approche de la sienne qui m’invente toujours mille et une caresses et j’hésite comme jamais entre Rêve et Réalité. Rien ne bam, je ne pense plus aux larmes, la douleur se tait comme elle sait être grande parfois et je sais, aussi bien que mes idées qui dansent autour de nous, que j’ai déjà décidé.

Je mourrais de ta main et j’assure de toute la conviction de mon cœur coulé, brûlé qu’aucune mort ne saurait paraître plus douce. Touche-moi et j’essaierai de me tuer là où je l’ai toujours désiré : au Paradis de Sephie.

    - Je pense qu'un rêve te la rendrait.


Parce que le doute est en moi depuis toujours et qu’il me hantera avant de me laisser devenir vieux. Et si j’abandonnais mon Cœur sur Terre, qu’adviendrait-il de leur Enfer ? Il chanterait, macabre, avec le reste de moi tandis que le cours du temps sera à jamais perdu entre deux de mes battements. Et on dansera une première fois sur les toits, on ira se coucher sur ta joie qui pour ce jour sera notre requiem, quand tu me toucheras. J’essaierai de devenir la mort afin qu’elle t’oublie et t’enferme avec ta moitié dans un rêve devenu vrai.

Si tu me touchais, on s’éterniserait.



Dernière édition par Mr Nobody le Dim 28 Aoû - 21:09, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 130

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Mar 22 Mar - 22:20


    Ma main épouse toujours le vide qui façonne son visage. Elle voyage sur sa chevelure, glisse sur sa mâchoire, se joue des ses lèvres, célèbre son menton.
    Mes yeux se perdent dans les siens, dans cet immensité brillante de milles feux, abritant en son sein la promesse d'un lointain, d'un lendemain jumelés à une éternité à ses côtés.

    Il couve du coin de l'œil le rêve d'un retour vers mon chez moi, d'un monde au ciel aussi vert que ses yeux, d'un songe qui ne connait nul horizon.
    Sa main s'approche de la mienne, sensiblement, doucement, et je ressens le besoin de hurler, de ne pas avoir encore su choisir entre entre mon espoir d'unicité et la réalité poignante d'un quotidien où je ne suis pas auprès d'elle


      - Je pense qu'un rêve te la rendrait.


    Mais ce ne serait qu'un rêve, n'est-ce pas ?
    Je peux décider alors de prendre touts les risques, reposer son existence sur ce qui est sans matière, sur un voile de rêve, sur l'impalpable. Aucune marche arrière ne sera alors possible. Je miserais ma raison, pour une éternité à ses côtés, une éternité où seule son ombre marcherait à mes côtés.
    Ce ne sera pas elle, ça ne sera pas vrai. Ce ne sera qu'un rêve, de la poussière d'étoiles effaçant l'absurdité d'un monde qui me l'a arraché. Et une fois la réalité consumée, avalée, oubliée, il ne restera qu'un rêve, à peine aussi vrai que le semblant d'éternité qu'il porte en lui.
    Sa ne serait pas bien Hayden, n'est-ce pas ?

    Mais doigts quittent son visage pour se rapprocher de sa main, tremblante d'un sentiment presque religieux. Je me retrouve plongée dans l'incertitude, écartelée par deux mouvements contraires, venus de mon cœur et de ma tête.
    J'en paierai le prix, offrirai mes mains avec mon âme dedans à la folie d'un monde qui ne sera jamais vrai.
    Et le rêve deviendrait ma réalité.


      - Tu auras mal ?


    Il y plongerait, n'est-ce pas ? Tout ange qu'il est, il plongerait, tête la première, sans penser à lui, sans penser à ce qu'il pourrait devenir, à tout le mal que cela pourrait lui causer, de ne devenir que l'ombre d'un rêve qui ne vivrait que pour ma Lilith.

    Nous pourrions devenir hermétiques au temps qui passe ma Lilith, ne plus craindre le monde qui nous sépare, et rire au seuil de la nuit.
    Mais ce ne serait pas bien. Ce ne serait pas toi, pas moi.
    Je ne serais que l'ombre de moi, bernée par cette illusion de toi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 187

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Sam 26 Mar - 2:31



Et j’essaierai d'en mourir, de toutes les fibres de mon corps maudit par le temps, les jours et la vie. J’essaierai de raviver mon cœur dans le pays où il sera endormi et le briserai d’une étreinte, d’une caresse poussive qui l’endormirait à jamais. Je jure si fort que j’essaierai… à m’en tuer belle Sephie, tu sais. Jusqu’à ne plus être que la poussière de tes rêves luminescents, graine parmi les sables sur lesquelles tu pourras danser.
Je me ferai misère et chagrin afin que le mal en ton cœur s’en aille lorsque cessera de battre le mien. J’incarnerai les violences d’un monde à part parce que tordu d’injustices et te laisserai abimer les restes de mon cœur au supplice, j’abolirai en mourant les lois d’un univers qui vous sépare et ferai de votre Terre, l’unique qui vaille.

Sa main quitte à peine les contours de mon visage que déjà, son parfum me manque. Je mords ma lèvre rendue ivre de tout ce qui compose une symphonie virtuose d’arts conjugués au parfait. Des maitres se sont alliés afin de marier leurs miels, qu’ils soient dessinés, chantés, composés… La muse de mon présent respire la douleur et sa superbe qui me brulent et me blesseront encore. Je te jure ma Sephie, j’essaierai jusqu’à ma mort.

    - Tu auras mal ?


Quand je mourrai pour toi ? Je ne sais pas, j’ai toujours été vivant jusqu’à bientôt. J’imagine que non, de tout mon cœur résigné à l’idée de te céder un monde. Et j’aimerais te l’écrire, d’un vert aussi pur que celui de tes yeux, que je ne saurais souffrir en te rendant les cieux. Je voudrais te le hurler pour que tu me touches enfin et retrouves ta sœur pour une éternité sans moi. Même si mes tripes se mordent entre elles à l’idée d’avoir à crever, même si ma tête essaie déjà de retenir mon âme préparée, même si mon cœur entame déjà un repos qu’il pense avoir mérité, même si je sais. Que je souffrirai si tu me touchais, parce qu’aimer semble suffire parfois et je ne réclame qu’un essaie en t’ayant aimée, toi.
Un mensonge pour le paradis, Sephie ? Non, et on s’envole pour chez vous où j’en finirai avec moi. Que deviendra ma mère ? Un frisson pourrait la tuer, et c’est en laissant son ventre accuser un coup bas qu’elle saura, et partira. Je ne peux pas te mentir, rien en moi ne le supporterait. Rien que la vérité pour tes lèvres scellées, à jamais.

    - Je ne sais pas. Je doute de tout, grâce à vous.


Depuis que Lilith et Sephora ont ébranlé mon monde si sur de ne pas savoir rêver, j’accueille en mes nuits cette hésitation, ce sursis. Et si… ? Je ne souffrais pas quand les intentions sont belles ? Je n’avais pas à laisser un bout de mon espérance de vie chaque jour réduite ? Et si on m’apprenait à dessiner la vie, au lieu de ses éphémères paradis ? Et si savoir t’aimer me sauvait ? Alors ce monde-là, je le changerais.
Je vous rends grâce parce que ce doute me laisse survivre encore un peu. Il me murmure quelques promesses au creux du cœur et lorsqu’elles auront fait leur chemin jusqu’à ma tête, il se pourrait que la Terre devienne ronde. Que j’adopte pour toujours les manières des autres et deviennent l’auteur d’un tout nouveau monde.

    -D’habitude j’ai… j’en souris, ma main flânant toujours dangereusement proche de la sienne, très mal. Mais depuis Lilith, tout a changé. C’est à peine si j’ai souffert, mon cœur s’est juste arrêté.


Le temps d’une minute immonde de sa rapidité qui vous aura condamnée à ne vous aimer qu’un temps, j’aurais perdu mes battements mais entends que ce malheur est le plus doux qu’il m’ait jamais été donné d’éprouver.
Je pouvais respirer l'air d'un monde imprimé à partir de ton essence et j'éprouvais l'éreintement de ma vie pleines de ces lacunes qui alors me parurent lointaines. J'étais chez vous plus vivant que je ne saurais te le décrire. Pardonne ma folie douce Sephie, mon cœur et moi nous habituons seulement à l'idée de ne pas souffrir.
Je m'invente des espoirs qui te réclament des promesses : brise-moi je t'en prie, dans une caresse.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 130

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Dim 27 Mar - 22:48


    Suspendue entre enfer et paradis, j'ignore comment agir. J'en veux à mon cœur de vouloir à ce point récupérer sa moitié qu'il me murmure de la toucher. J'en veux à mon âme d'avoir égarer toute sa volonté, et de préféré un rêve à la réalité.
    La volonté me dit de ne plus lutter, qu'elle est ici, tout à côté. Que ma Lilith n'est captive que de ses doigts, qui flottent juste à côté.


      - Je ne sais pas. Je doute de tout, grâce à vous.


    Je souris doucement, de peur d'être la moitié du coupable à blâmer pour les doutes dont il est sujet. Les questions se chevauchent dans mon esprit, alors que ma main, suspendue dans les airs, semble chercher à trancher, entre la sienne et le vide, entre Lilith et l'ombre de son absence.

    Ma Lilith, tu l'aurais su, toi, que les rêves ne sont en rien la réalité, et que s'y complaire signifie s'y perdre. Tu l'aurais su et tu me l'aurais dit, que je dois lutter pour te récupérer, au lieu de m'accrocher à un rêve fatigué, qui même bâti à ton image, ne serait à jamais qu'un mirage.


      - D’habitude j’ai… très mal. Mais depuis Lilith, tout a changé. C’est à peine si j’ai souffert, mon cœur s’est juste arrêté.


    Mon ventre se serre avant que je ne puisse avoir pleinement assimilé la portée de ses mots. Mes entrailles s'embrasent, et je m'éloigne de lui d'un geste si vif que je ne peux que le haïr, d'avoir réduit ainsi à néant la quiétude qui semblait me bercer jusqu'alors.
    Ma main retombe le long de mon corps, tremblante et fautive d'avoir espérée arracher la vie à son cœur pour faire vivre le mien un instant encore.
    Un flash de couleur m'aveugle et l'écho de ses mots me rend sourde à tout autre chose. Je ne comprends pas, déteste ne pas savoir pourquoi il se complait dans sa petite mort personnel. Il écorche son cœur à chaque rêve qu'il bâti, mise sa vie sur un paradis aussi illusoire qu'éphémère.


      - Ton cœur s'est juste... arrêté ?
      Je murmure d'un voix sans timbre.


    Je plonge mon regard dans le sien, et sens la colère s'infiltrer dans les cordes de ma voix. J'ai envie de hurler, le secouer, rendre à ce vendeur de rêves toute sa lucidité. Je refuse de rêver, si le prix à payer se compte au nombre de battements que cette utopie pourrait arracher à ton cœur qui ne pourrait qu'en flancher.
    Lilith, ma Lilith, toi tu saurais inventer quelque chose capable de le sauver.


      - Pourquoi ? Pourquoi fais-tu ça, si tu en souffres ?


    Ma voix se fait plus dure que je ne l'aurais voulu, et je sais mon sourire fané depuis que ses mots ont été lâches.
    Il ne peut ainsi sacrifier sa vie dans un élan de pure bonté.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 187

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Lun 4 Avr - 0:32


Le temps, cet ennemi des autres qui parfois embrase mes veines, les punissant de ne pas se plier aux règles, se joue de moi. Il file à une vitesse raide de me laisser sans voix et m’arrache sa main, son sourire et la chaleur de ses yeux qui espéraient un ailleurs mieux que tout, loin de nous deux.
Plusieurs vérités me heurtent au creux de la poitrine mais l’une d’entre elle survit au choc pour raisonner dans mon crâne dont les idées s’emballent : je lui ai fait mal. Juste là, à ne pas savoir pourquoi. L’ai blessée d’être moi, l’ombre sans personnalité. Et la profondeur de cet impact creuse son chemin jusqu’à mes tripes qui n’en reviennent pas d’avoir su toucher un ange. Les émotions rougiraient de se savoir aussi belles, quand posées sur le visage de Sephie qui dessine pour moi une symphonie.

Et le monde tarde à m’offrir les mots de sa bouche parfaite, rattrape le temps qui m’a enlevé à l’idée de ses mains. Il me hante, se joue de moi parce qu’il pense ne pas être aimé de mes doigts. Parce que j’ai trop vécu et qu’il me faudra bientôt verser chacune de mes dettes, au prix d’un petit battement. Et bien vite il ne restera de moi qu’une infime goutte de sang. Je t’en prie Sephie, chante-moi une chanson.

    - Ton cœur s'est juste... arrêté ?


Ma belle, la colère dans tes yeux… j’imagine à peine ce qu’entendent tes peurs à me penser crever un peu en te rendant ta sœur. Mais il sait mon cœur, lui est habitué, si tu l’entendais tu saurais qu’il ne réclame qu’un sommeil accompagné par ta voix qui nous chanterait une berceuse éternelle, pour lui et un peu pour toi. Si je mourrais là-bas… tu ne lui en voudrais pas et ta chaleur éteinte n’irait pas river un gout de plomb contre la mienne.
Je te jure que je saigne.

Il s’est arrêté un rien, quelques secondes qui t’auront vite arrachée à mon paradis préféré, pour mieux nous voir tous nous aimer et se défaire de ne pas savoir être vivants, comme des enfants. J’ignore les dommages de mes vies foutues et préfère ignorer l’état de mon cœur qui, en ce moment, ne tape que pour toi. Il répand du sang partout en moi mais surtout au fond de mes yeux qui menacent de brûler tant ta beauté n’en finit pas de m’époustoufler. J’ai partout sur moi le gout de ma réussite d’aplomb, souffre des mondes afin qu’un jour tu puisses trouver le tien. Il s’imagine, lorsqu’il ne bat pas, qu’un jour viendra où un Paradis vivra avec moi, que j’aurais un rêve aussi beau que le plus pur ou qu’une autre rêvera de Personne, sans lui faire injure.

    - Pourquoi ? Pourquoi fais-tu ça, si tu en souffres ?


Pour toi. Pour toi et tous ceux qui méritent de rêver, à savoir le monde entier. Parce que l’hymne de vos vies mérite d’être entendu, même de Nobody. Que vos univers me dopent d’une énergie salvatrice qui seule me fait naviguer de chimère en palais. Si je saigne, c’est pour mieux te retrouver. Je souffre pour ton cœur, jolie fleur.
Pour offrir une pause à vos peines et soigner les plaies ouvertes de ceux qui n’espèrent plus, pour chanter un jour que tout ira mieux dans la rue. Pourquoi ne le ferais-je pas ? Je suis né pour vos yeux, et leur droit à rêver.

J’ignore s’il existe une réponse qui cesse de la faire souffrir et sens en moi la menace d’un sourire tendre. Sa colère impressionne ma rengaine qui me voulait pour toujours personne, le néant de vos espoirs vibrants. Le choc qui témoigne d’un intérêt pour mon cœur, partout sur son visage et sa main qui me refuse la mort, ressuscite en moi un sentiment lointain, presque mort-né : celui d’être aimé. Apprécié, humain, voulu parce qu’enfin, soigné.

J’hésite mille sincérités qui chauffent mes lèvres, choisis la plus certaine de toutes celles qui me rongent depuis que j’ai cessé d’exister.

    - Parce que personne d’autre ne le fera. Je le fais parce que je sais.


Et même si demain naissait un prodige qui, à ma place, viendrait saigner vos mondes, je lui refuserai la place de martyr poète et vivrai vos œuvres jusqu’à n’être plus que la poussière de vos prières, éteintes dans un souffle ultime et divin. Je resterai l’interprète de votre cœur, pour votre tête.
Le sang nous chante que, quoi qu’en disent mes craintes, personne ne mourrait. Personne ne sait, personne ne veut. Je le fais parce que

    - Personne peut.



Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 130

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Mar 5 Avr - 6:57

    Je meurs dans un torrent de questionnements que mon incrédulité mue en colère. Je ne peux détacher mon regard de lui, qui, pauvre malheureux, saigne des mondes et dresse des idéaux par la seule force d'un cœur qui s'use et flanche entre deux rêves.


      -Parce que personne d’autre ne le fera. Je le fais parce que je sais.


    Et ses rêves boufferont son corps, le rongeront, le blesseront. Et son cœur, son cœur, inexorablement, recommencera à perdre ses battements, encore et encore, jusqu'à ce qu'un rêve ne l'achève et qu'il cède. Il sacrifiera sa raison, abimera ses yeux qui ne sauront que pleurer ce sang que son cœur expulsera de trop être malmené par des rêves qui ne le méritent pas.
    Et la géhenne qui est la sienne abimera à jamais son cœur qui ne demande que ça.


      -Personne peut.


    Un climat de connerie pure flirte dans l'air et abime mes myocardes tremblantes ne savoir comment le regarder. Si la crainte d'arracher à son cœur un nouveau sursaut ne dansait pas dans mon esprit, j'aurais pu le frapper de ne savoir penser, de subir ce don qui ronge son cœur avec un dédain d'une monstruosité telle qu'elle me fait flancher.
    Il ne peut mettre sa vie en danger parce que la magie a épousé son âme depuis le berceau jusqu'à maintenant.


      - Tu es ridicule.


    Mon murmure percute mon visage qui se crispe, coupable de n'avoir su contrôler les mots que mes lèvres ont échappé.
    J'en veux à son âme d'être trop pure pour ne pas accepter de ne plus souffrir des songes nouveaux.
    J'en veux à son cœur qui, agonisant parce que trop rêveur, finira par construire construire un nouveau rêve parfait duquel il ne reviendra jamais.
    J'en veux à ses yeux de me poignarder de la sorte, de me retenir captive alors que je ne rêve que de quitter son regard pour faire taire la colère, qui, diffuse, parcourt mes veines.
    Et surtout, je m'en veux encore de rêver, sachant qu'un rêve nouveau pourrait le condamner.


      - Et tes rêves à toi, dans tout ça ? Et ta vie ?


    Ma voix claque dans les airs, profanant le temple de ma moitié.
    La distance entre ciel et terre ne me paraît toujours que trop cruelle, et le venin de ma voix me paraît incendier ce palais, ode à sa bonté.
    Et alors que je m'en veux à en crever de souiller la beauté d'un lieu coloré à la couleur de ses yeux, infiniment plus qu'à celle des miens, ma main trouve mon cœur et trouve mes battements.


      - Qui se battra pour eux, si même ton cœur ne le peut plus ?


    Qui pourrait piéger son cœur au creux d'un rêve et souffrir de pouvoir bâtir des songes nouveaux à l'infini ? Qui pourrait brader sa propre vie, pour quelques instants de rêves offerts à l'humanité?
    « Elle pourrait le faire » me hurle mon cœur de ses battements. Il sait que son autre moitié aurait pu vendre des rêves au prix de ses battements, rendus chancelants par la douleur toujours plus vive d'un nouvel arrêt.
    Elle aurait pu miser sa vie pour apporter à autrui un instant d'éternité, ma Lilith. Et j'aurais lutté jusqu'à la voir me détesté, pour maintenir chacun de ses battements, prié le ciel pour qu'elle m'aime plus que le reste de l'humanité.
    Je l'aurais protégé, parce que son égoïsme, faute de pouvoir subsister au sein d'un être aussi bon qu'elle, a trouvé refuge dans une enveloppe charnelle identique à la sienne, qui a su la précéder pour mieux la protéger.
    Et toi, où est donc ton égoïsme ? Où se cache-t-elle, ta moitié, celle à qui elle a été confié ?

    Ta vie avant nos rêves, Hayden.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 187

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Ven 8 Avr - 22:28



Et si Personne peut, Personne le fait. J'aimerais pouvoir étendre toutes les contradictions en mon nom, les écrouler d'un battement de cœur parfait parce que soigné mais n'en fais rien quand le temps vire à la mort, l'amour et moi.
La colère sur son visage transformé m'abime plus que n'importe lequel de vos rêves, parce que je sais à la voir que mes mots en sont la cause. Je ne suis plus qu'une carcasse entourée de fibres magiques qui la percent un peu chaque fois qu'un être vient la toucher désormais, je suis devenu la possibilité de faire mal, d'abimer à m'inventer une personnalité qui me crève comme elle la blesse. Et jure mon corps que son enveloppe lui manque quand les barrières le quittent, le laissant seul avec moi.

    - Tu es ridicule.


Mais c'est mieux que n'être rien, pas vrai ? C'est une bonne chose, non ? Dis-moi que c'est un compliment, j'en ai besoin parce que l'aube d'une symphonie ratée menace de nouveau mon cœur qui jusqu'alors chantait. Je t'en prie Sephie, murmure-moi une nouvelle horreur parce que je suis en train de perdre tout ce qui a travestit ma maladie en ce sentiment joyeux, léger de me savoir vivant et capable de réparer tes maux. Si les miens t'en causent de nouveaux, j'assure de ma peine étrange qu'il me serait préférable de crever plutôt qu'avoir cette personnalité qui te dérange.

Mes sens s'improvisent les tremblants dictateurs de mes pensées qui valsent jusqu'à m'entrainer dans leur chute. Ce n'est pas vrai, rien de tout ça ne peut se passer... pourtant mes sources assurent qu'il m'est impossible de rêver, aussi me voilà prisonnier d'une réalité où nos cœurs divaguent, séparés par un océan de douleurs chagrines parce que sculpté à l'image de mon esprit fantôme. Je n'étais rien il n'y a pas si longtemps et j'espère de toutes mes fibres que les tiennes se porteront mieux lorsque qu'elles n'auront plus à me supporter. Je suis désolé, à laisser mourir mon âme trempée mais ne regrette pas de t'avoir transporté au pays de Lilith et ses espoirs rivés sur toi.

    - Et tes rêves à toi, dans tout ça ? Et ta vie ?


Je n'en ai pas, ni l'un ni l'autre et cet amalgame involontaire m'arrache un sourire tant tu pourrais comprendre, si tu suivais le fil de mes pensées. C'est un sourire qui pleure et brule le coin de ma bouche qu'il étire rien qu'une seconde, mais il détient tout mon empire. Les clés de vos univers et le salut de mon âme qui se préserve pour un demain où tout irait bien et dont tu ferais partie, sans avoir à t'insurger contre mes idées et moi. Ma vie, elle est faite de vos rêves et je sais que les miens sont morts-nés afin de bâtir les tiens. C'est simple, tellement évident que ça épure ma vision ; je retrouve tes yeux et ne reconnais plus ceux d'avant les aveux, quand mon cœur battait sainement.
Je suis muet dès que le sommeil m'emporte, aveugle aux espoirs qui me sont propres et serai à jamais le traducteur de vos rêves, le messager vibrant de votre tête pour ses promesses. Une page du grand livre qu'est votre vie, un petit rien de paradis. Nobody.

    - Qui se battra pour eux, si même ton cœur ne le peut plus ?


Je le sais, que mon cœur n'a pas le droit au repos, et qu'imaginer mourir c'est vous abandonner un peu. Mais entends que la mort est le seul rêve qui soit à ma portée, l'unique présage de ma ligne droite, déjà toute tracée. Tes douleurs me chantent que cette route ne passe pas par toi et si je postule de mon sang pour imaginer, c'est pour m'inventer un détour, quelque chose du pur qui t'aimerait et me verrait être aimé en retour. C'est stupide, aussi crédule que soudain mais je n'y peux rien et ne réclamerai jamais la moindre excuse pour savoir t'aimer et deviner un lendemain sans moi où tu vivrais enfin.

C'est ta sœur, qui se battra pour eux. L'élite et tous les héros assumés qui ne vont pas se saigner aux quatre vents par plaisir de faire le bien. Je ne suis pas fait pour durer. Suis résolu depuis très, très longtemps à cette idée. Tout ira bien tu sais, ce ne sera qu'un mauvais moment à passer, et puis.

    - Comprends que je n'ai pas choisi de mourir un peu à chaque fois que je monte un Paradis pour vous.


La douceur de ma voix me choque tant elle marque un important contraste avec la sienne qui pour toujours m'agresse. J'avoue une vérité qui me possède et pour la première fois, me confesse. J'adore mon pouvoir et la possibilité dont je dispose de vous faire rêver. Un autre que moi à la personnalité plus affirmée aurait sans doute abandonné l'idée d'agoniser, mais j'ai été choisi moi par cette magie vieille comme le monde qui me veut pour l'éternité votre bourreau enchanté, quitte à ne plus être ensemble. J'imagine que mon cœur a ses raisons et chacune d'elle symbiose plusieurs éléments qui confondus te ressemblent.

    - J'ai jamais rêvé Sephie, jamais. Pourquoi ?...


La douleur me perce à jour, je m'étrangle à la sortie de son prénom dont chaque lettre reste suspendu à la première, emportant mon coeur sur lequel elles étaient resté rivées. Un sourire me mord le ventre et j'aimerais le crier encore, pour la forme.

    - Pourquoi est-ce que tu prends mon sort à cœur, comme ça ?


Je t'en prie, ne me laisse plus te faire du mal, ne m'écoute plus, n'entends pas. Je ne devrais pas te toucher, c'est pas écrit, c'était pas programmé et jamais je n'aurais du être capable de t'atteindre. Tu es universellement reconnue comme étant plus que moi, plus que tout et les espoirs que je m'invente en pensant à tes yeux lorsqu'ils me défendaient encore. Ne me laisse pas. Je ne suis que moi. Épouse mes formes et laisse-moi faire de nous un ensemble qui suffirait, même sans rêver.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 130

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Sam 9 Avr - 15:15

    Je suis malade des atrocités du monde et de la douleur qu'elle engendre. Malade d'un virus que porte en son sein l'humanité, demeurant le plus grand fléau de tous ses anges qui ne devraient pas vivre une agonie que le monde leur a insuffler, pour mieux les briser.
    Tu vaux plus que ça, plus que tout. Ne laisse-pas ton coeur saigner des rêves qui ne t'appartient pas.
    Bats-toi Hayden. Bats-toi, pour toi.


      - Comprends que je n'ai pas choisi de mourir un peu à chaque fois que je monte un Paradis pour vous.


    Le miel de sa voix enrobe ses mots et panse ma colère qui, lové contre mon cœur, n'attend plus désormais qu'un coupable à blâmer pour les offenses faites à ta beauté.
    Je pourrais enflammer le monde pour laisser ton cœur battre et priver ton âme de toute cette douleur qui lui est associée.
    J'emmerde avec un superbe hallucinante, toute dessinée à l'encre des yeux de ma sœur, et un peu à la couleur des tiens, ce monde qui ne sait que torturer les anges. Je le saccagerais pour mieux voir l'injustice qui le fait vibrer suffoquer jusqu'à finir par s'étouffer. Je lui égorgerai son fils, si je pouvais. Pour te sauver.
    Et si tu n'as pas choisis de mourir, ne meurs plus. Ne les touche plus. Prives-les de la beauté de tes illusions, sans le moindre regret. Personne ne mérite un présent aussi pur que celui qui sommeil dans le creux de tes mains.


      - J'ai jamais rêvé Sephie, jamais. Pourquoi ?...


    Je mords ma lèvre, qui souffre milles morts de le savoir privé de cette lumière qu'il allume au prix de ses battements dans le cœur de tout ceux qu'il a un jour effleuré.
    Tu ne rêves pas, parce que tu es trop bon pour te résoudre à la faire. Parce que tu as épousé les rêves des autres et laissé les tiens crever.


      - Pourquoi est-ce que tu prends mon sort à cœur, comme ça ?


    Parce que dès l'instant où ton regard à croiser le mien, la partie la plus noble de moi m'a été rendu, le temps d'un rêve que tu as volontairement saigné pour moi. Parce que mon coeur entier me hurle que jamais, un être tel que toi ne devrait avoir à souffrir d'être aussi pur qu'il l'est.
    Je le fais parce que... Parce que tes pas t'ont guidés jusqu'à moi. Parce que je le veux, faute de savoir si je le peux.


      - Parce que tu ne le fais pas.


    Une promesse nouvelle s'ancre dans mon cœur, et abime la distance qui me sépare de lui. Je sais, à ne plus douter, que tu seras la nouvelle étoile pour laquelle je lutterai. La seconde, d'un éclat presque aussi beau que l'est celle de ma sœur, tout là haut.
    Ma main trouve son cœur, et je pris de le laisser battre pour le reste de son éternité. Plus jamais, il ne devrai avoir à s'arrêter.

    Ma Lilith, si je promets de le sauver, dis-moi que tu m'aideras. L'héroïne, c'est toi. Je ne sais que me révolter et lutter contre le vide que ta présence a su crée.
    Ma merveille, sauve-le. Pour lui, pour moi.


      - Tu es un ange, Hayden Smith.


    Et toutes les vérités de l'univers s'accordent sur ce fait. Elles chantent ton nom à s'en épuiser, et enivre l'air d'une ode en l'honneur de ta bonté.
    Lilith t'aimerait, aussi surement que ton âme et la sienne proviennent d'un arbre unique, détenteur de merveilles si parfaites que le monde ne peut que les abimer.
    Seuls les anges méritent d'être sauver.

      - Cesse de vendre du rêve à tout ces gens qui sont infiniment moins que toi... Cesse de te blesser, et tu vivras, pour toi. Tu rêveras.... Dis-toi que ce serait mon rêve, à moi.


    Puisque tu ne sembles vivre que pour les rêves des autres, fais battre ton cœur, pour celui là.
    Sauve-toi de toi, promets-le moi.


Dernière édition par Sephie le Mar 19 Avr - 11:59, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 187

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Lun 11 Avr - 2:39



Je ne sais plus que sa lèvre qu'elle mord et lentement mon cœur appose un mutisme étrange sur sa chevauchée, espérant du fin fond de ses battements la présence d'un petit espoir qui irait guérir ses blessures et assourdir mes chances de mourir. Mes peines en sourdine, je calme ma respiration du mieux qu'il reste à mon cran. L'envie de la toucher me brûle si fort que mes veines semblent toutes disposées à exploser. Les mots d'une journée remplie d'extase et de chagrin me mangent doucement les entrailles, j'essaie d'imprimer mon corps tout entier de ces sentiments que ma tête peine à contenir. Je souffre d'un manque de vous et souhaiterai à jamais pouvoir vous contempler.
Je souffle l'incertitude de ma réalité disloquée et pense à toutes ces êtres que j'ai brisé, miroirs de mes vaines douleurs. Je m'imagine avoir brisé à chacun une cheville tant leurs âmes boitent de me croiser désormais. Je les reconnais parmi des milliers quand leur regard pose sur moi cette empreinte du mal, une malédiction gênée de me savoir leur juge et bourreau. J'aurais pu créer une entaille profonde sur leur front, l'humiliation n'en paraitrait pas moins grande. Et c'est une peur immonde, calquée sur toutes les vôtres, qui cette fois fend mon univers brulant de ne pas se savoir pardonné.

    - Parce que tu ne le fais pas.


C'est vrai ! Et l'immensité de ce propos me révolutionne, j'ai cette impression d'être un réanimé conscient, le sujet d'une science nouvelle qui se souvient du gout de mon sang. Sa voix me régale quand ses mots, eux, déracinent quelques unes des convictions les plus profondément ancrées en mon cœur souillon. Je pense ne pas mériter un ange gardien, surtout si tu venais à me prêter le tien.
De nouveau, je guette le moindre des gestes qu'elle esquisse avec cette absolue grâce dont elle semble ne pas avoir conscience. Définitivement magique, elle fait mon âme se fendre afin que sa perfection vienne s'y loger. Pour la première fois de ma vie, un trou béant parait me compléter.

Je retiens mon souffle alors qu'elle tue avec une rapidité aussi tendre qu'éblouissante, la distance qui nous maintenait cruellement proches, avec cet interdit de nous toucher. Une seconde me voit regretter cette pensée, sachant avec douleur qu'elle n'irait pas caresser la moindre parcelle de moi, même si elle le pouvait. Mais meurent les idées, sombrent les envolées à la noirceur opaque quand ma vue comprend, quand le soleil reprend sa course et nous éternise pendant un rien qui suffit à me faire renaitre.
Sa main sur mon cœur. J'ignore qu'il existe un monde, à cette seconde. Et qu'elle ne s'inquiète pas si elle ne le sent pas, il a simplement évité plusieurs battements en la sentant approcher. Sa course reprend et j'essaie de taire sa maladie, lui intime des ordres fichus de ne pas savoir se faire écouter de lui. Reste calme, ce n'est pas le moment d'imploser.

J'ai envie de l'excuser, de me faire son messager pour lui dire combien je suis désolé qu'il batte d'une manière si étrange. Mais son regard me parle, ainsi tout autre se tait.

    - Tu es un ange, Hayden Smith.


!! Une avalanche de sentiment dépoussière mon existence au complet. Une envie infantile ronge mes yeux qui se retrouvent perdus de compléter pareille beauté, quand elle répond à mes espoirs fanés. La conviction de ses yeux me fait flancher et je m'imagine sombrer sans sa main pour me retenir de la quitter. Je me sens redevenir le gamin que j'ai été un jour, avant de me résoudre à ne plus être tout à fait et je vois toutes mes certitudes être remplacées, désormais. Parce que... je crois rêver.
Sa peau me tente comme jamais et je vogue à mes ambitions qui prennent la couleur de ses yeux, de ses lèvres, de ses cheveux... Ma lèvre douloureuse me chante qu'elle souffre et je m'aperçois alors que je la mords avec une force rare, inhabituelle depuis mon soliloque au trépas. Je ne savais pas, n'avais aucune idée que j'avais un contrôle quelconque sur mon corps, jusqu'à te voir l'adopter.

    - Cesse de vendre du rêve à tout ces gens qui sont infiniment moins que toi... Cesse de te blesser, et tu vivras, pour toi. Tu rêveras.... Dis-toi que ce serait mon rêve, à moi.


En vérité Sephie, je n'avais aucun moteur pour diriger mes raisons de marcher, jusqu'à toi. "mon rêve, à moi"... et mon horizon se creuse, amoureux tendre de cette voix qui charme toutes mes douleurs, atrophie les battements de mon cœur en pleine conversation avec sa main. J'imagine les histoires qu'il lui chante et l'envie de la lui ravir me hante. Il doit lui raconter ce sentiment nouveau qui l'habite et la rareté précieuse de cet instant qui le guérit grâce au magique contact de sa peau, très près de moi.
L'envie de parler, elle, me quitte. Quand je me sens à la fois capable de rire, hurler, pleurer, mourir, chanter. Un pays nouveau étend ses possibilités dont l'absolu relief m'éblouit d'inconnu. Le présent se rappelle à moi en bâtissant de hautes barrières autour de nous et je sais à m'imaginer être aimé que la vie durera tant qu'elle le voudra. Ma vision se limite à elle, et puis, avec langueur à sa main contre mon cœur.

Je sais à sentir mes maux siphonnés et ma vie tremblante de n'être pas grand chose, que je ne résisterai pas longtemps à la flamme qui ronge mes doigts lorsqu'ils ne rejoignent pas les siens. Je décide d'agir pour moi, pour la première fois depuis... ô maman, depuis la naissance du temps, et passe ma main droite sous mon t-shirt, effleure mon ventre avant de le dénuder et recouvre la main de Sephie de la mienne, coupée par le textile dont la finesse me brule.
De mon pouce, je caresse ses phalanges quand tout le reste de ma peau jalouse hurlerait de ne pas pouvoir l'imiter. L'idée de ses cheveux répand un courant électrique en moi tant j'aimerais être rendu capable de les toucher sans saigner. Ma prison de chair se trouve impuissante face à l'évasion de mon cœur qui seul ce soir ira danser.

    - Je te promets d'essayer. Je te promets.


De tenter de sauver mon corps si l'occasion vient à se présenter bientôt, de me relever quand toute la vie me hurlera qu'il est grand temps de se quitter. De n'abimer personne, pas même le Hayden qui dort en moi, quelque part. Pour toi et les rêves qui eux aussi sommeillent en ton coeur, s'imaginant être couchés sous mes doigts. Je meurs d'une toute autre manière en ne pouvant pas la toucher, l'approcher encore. Je promets quand ne reste du monde que le magnifique et son roi. Je ne sais plus rien sinon Sephora...
Sa peau, l'infime et moi.



Dernière édition par Mr Nobody le Jeu 21 Avr - 1:12, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 130

MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   Lun 11 Avr - 23:21


Mes maux, ailleurs décuplés, s'apaisent au son de son cœur qui semble me promettre que très bientôt, je la retrouverai. Il compose un couplet à la gloire de la reine de mon univers qui, quelques instants auparavant, avait trouvé mes bras grâce à la seule force de sa bonté. Apaisé, mon être écorché ne souffre plus qu'un moitié d'une absence qui ne saurait être réparé, puisque Hayden et son cœur parfait jure au mien que l'offense qui m'a été faite lorsqu'ils me l'ont arrachés sera très bientôt réparée.

Et son cœur, sans un arrêt, ne cesse de chanter la plus belle des mélodies, sous mes doigts. Il berce mon âme entière d'un chant qui trouve écho dans ma chair, et fissure le monde d'une symphonie nouvelle, aussi brillante que belle, forte qu'éternelle. Puissant, il révolutionne de ses battements un présent qui ne demande que ça, voit se dessiner à futur qui n'appartiendra qu'à lui, qu'à toi.
Et la promesse d'un lendemain lumineux, parce que vivant, filtre à travers mes yeux époustouflés de ne savoir quitter les siens.

Et là, le temps déraille de ne savoir comment survivre à son toucher, lorsque sa main recouverte rencontre la mienne. Je n'en reviens pas, et m'en veux d'aimer une caresse qui me promet que la vie peut être belle, parfois, même amputée et amoindrie d'une lumière que je brûle de retrouver.
Je souris comme je pourrais pleurer, et me surprend à maudire ce morceau de tissu qui sépare ma peau d'une autre, hors de portée. Je n'ai pas le droit de le toucher de mes intentions souillées.
Oh ma Lilith, pardonne-moi de vouloir ce contact autant pour tes yeux que pour moi.


    - Je te promets d'essayer. Je te promets.


Je ne comprends plus rien, n'ai conscience d'aucune autre réalité si ce n'est lui, et me dis qu'à nouveau, un Paradis est en train de se créer. Pourtant, son cœur, lui, ne cesse de chanter.
J'écorcherai le ciel s'il détenait les réponses aux questions que je tais, tant je tremble de ne pas connaître les raisons de cette lubie nouvelle dont ma raison ne veut pas, tant elle ébranle chaque certitude de mon univers.
J'éprouverai ce monde dès maintenant, pour laisser mon âme retrouver cette part d'elle qui lui a été arraché, qui elle, saurait comprendre mon corps qui crève ne de pouvoir le toucher. Lilith, explique-moi... Pourquoi ?
Une mer de sentiments emporte mon cœur, qui, pour la première fois depuis... jamais, s'émeut devant un autre être que celui qui retient en son sein son autre moitié.
Ma Lilith, nul autre que toi ne devrait avoir le pouvoir de m'atteindre, jamais.
Rien ne devrait exister, au delà de toi, ma merveille. Tu es la souveraine de mon existence entière, qui ne jure que par toi... Alors, pourquoi ?


    - Si tu pouvais rêver...


Ma phrase se meurt dans un sanglot étouffé de me savoir ainsi malmené par l'esquisse d'un sentiment nouveau que ma raison renie tant elle le hait.
D'un « jamais » plein de promesses que mes lèvres scellées refusent de laisser passer, je jure de n'avoir voulu ce que mon cœur voit se profiler. Jamais ma vie ne s'est vu ainsi tourmentée, de vouloir plus que ce qu'elle n'avait. Il n'y a jamais eu que Lilith dans mes pensées, et chacun de mes battements lui était tout destiné.
Fais-moi oublier que mon cœur se déchire pour t'y faire rentrer.


    - ...Dis-moi à quoi ressembleraient-ils, tes rêves ?


Dis-moi que tu rêves d'un quelque chose, quelque part, qui ne te reteints pas là. Que tu rêves d'un sourire, d'une voix que je ne connais pas et que je haïrais doucement pour ne pas en être détentrice. Dis-moi que ton coeur, une fois pansé, t'emmènera au loin.
Dis-moi que ton monde ne peut accepter un être qui soit immensément moins que toi, et je tuerai ce petit espoir en moi. Je le noierai, pour faire de ton image, un rêve cristallisé.
Et mon cœur ne cessera d'appartenir à ma sœur, tout entier.

Dis-moi que tu n'as pas besoin de moi, que je cesse de flancher, à l'idée de ne plus vouloir te quitter.

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: ├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]   

Revenir en haut Aller en bas
 

├ Et toi, à quoi ressemblerait-il, ton paradis ? [ Mr Nobody & Sephie ]

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 

 Sujets similaires

-
» A quoi ressemblerait votre pochette d'album?
» A quoi ressemblerait le monde sans le Capitaine Crochet ?
» Et vous, vous ecoutez quoi souvent?
» Le Baptème, c'est quoi? Comment on se marie ?
» Frimer, à quoi bon ?
Page 1 sur 2Aller à la page : 1, 2  Suivant

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
SAVIOR HIGH × heroism's slaves. :: SUPER NOUS :: - Sujets terminés-