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 ─ Fake it | Sephie & Bam ─

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MessageSujet: ─ Fake it | Sephie & Bam ─   Sam 9 Avr - 22:41



Si je peux tout congeler, pourquoi le temps échappe à la règle ? Bonne question bel homme, très bonne question. En tout cas tu es pressé, deux heures à peine pour trouver ton bonheur, séduire deux trois jolis cœurs et vite retourner au bahut pour tu sais, faire ce que tu fais de mieux : exister.
J’ai démonté la porte de mon casier, tu peux le croire ? Ma crosse n’y rentrait pas entière, c’est quand même pas de moi que vient le problème. Je l’ai juste BAM ! tu vois, faite céder à mes envies et la voilà toute déformée, précieux coffre percé de mon trésor adoré. Pas toi chérie non, ma femme, celle qui m’accompagne au hockey. Le fait est que je ne l’ai pas près de moi et que pour l’instant, elle ne me manque pas. Et le vide me suffira tant que mon sang froid continuera à pulper mes veines de cette électricité folle et passionnée, pas super super intelligente ouais c’est vrai, mais putain, bonne à tuer.

Là ! Boots n’ clothing, mais je me contenterai des fringues pour aujourd’hui. Me faut un truc qui habillerait mon torse, n’importe quoi qui puisse épouser mes formes bébé. La subtilité c’est pour les blaireaux, et les boudins, deux B qui font honte à la langue pure des Baméricains.
Alors j’entre, puisque tu veux tout savoir, par la porte, n’est-ce pas, du magasin plus grand qu’il n’y paraissait vu de l’extérieur. Tant mieux on se dit, c’est très bien j’aurai un public plus large. Vendeuses… me voilà ! Je vous en prie, vous pouvez tout à fait vous tirer les cheveux ou adorables conneries du genre pour acquérir mes faveurs. Allons allons, j’attrape quelques cintres à la volée en attendant, que des trucs blancs. Et me trouve une cabine d’essayage où se trouvaient déjà quelques vêtements accrochés. Tant pis cette fois, je les jette sous le rideau de l’urinoir à côté. Cet antre est mienne.

Le temps presse et je tape mon coude contre la fine paroi de ma cabane trop étroite. Je suis sûr qu’ils pourront réparer ce creux en tapant contre la bosse qu’il forme, de l’autre côté. Oui mais, voilà… je souffle un chouïa de mon air froid contre le plastique qui se retrouve complètement figé. S’ils viennent à le taper - merde, ne serait-ce qu’à l’effleurer - il ne restera de mon passage chez eux qu’un trou béant, taillé selon mon bras. Vive moi.
J’arrache mon t-shirt, parce que pas envie de prendre le temps de passer mes bras puis ma tête par les trous qui, de toute façon, me décoifferait et laisse ses lambeaux se coucher à mes pieds. Ça te rappelle rien ? A moi si, vilain vilain.

Je sors de ma cabine, parce que rien n’y fait, je ne saurai jamais trancher. Emportant deux fringues blanches qui se portent sur le torse, des "hauts" quoi bon voilà, voilà ! et attrape une belle blonde au beau milieu du magasin. Passant tour à tour les cintres devant mon buste, j’implore son conseil.

    ─ Ton avis contre une glace ma jolie. Celui-là ?... celui-là ? ou... - le meilleur pour la fin : ma peau nue, aussi bronzée que froide, fière de mes muscles comme jamais - ma préférée, celle-là ?

Suspendant les deux cintres sur ma main, je profite de l'autre pour déranger mes cheveux, les désordonner. Parce que je suis un être complexe moi.


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MessageSujet: Re: ─ Fake it | Sephie & Bam ─   Mar 12 Avr - 18:57


Une impatience telle que je n'en ai encore jamais connu guide mes pas depuis ce matin. Elle me fait sillonner mon monde, qui, peu à peu, semble s'éveiller. Je m'enlise dans ce temps qui s'étire, cette pauvre harmonique qui décline à toutes les saisons la couleurs de son absence bientôt déchue et devenu souvenir.
Ma merveille, quelques heures seulement, et tu seras à mes côtés.

J'avance, tête baissée, fonçant dans le tas. Là, tout autour, cette masse grisonnante et bruyante qui s'entasse, se cherche, se chevauche et se bouscule. J'avance toujours, fière, droite, hermétique au bourdon qui chatouille vos oreilles.
Rien n'existe, au delà de toi. Ma Lilith, reviens-moi.


    ─Ton avis contre une glace ma jolie. Celui-là ?... celui-là ? ou... ma préférée, celle-là ?


Apparu de nul part, une parodie oubliée s'impose à moi. Exhibant son corps, comme un trophée, à mes yeux qui y glissent doucement sans vraiment le regarder, il agite sous mes yeux des cintres, qui apuient une interrogation dénué d'intérêt.
Ma Lilith, un clown m'a été envoyé, pour tuer les dernières heures qui me séparent encore de tes bras.

Je tremble d'un rire venu d'on ne sait où, et qui fissure avec lui toutes mes idées noires. Le ridicule de la scène me ravit tant il me plait, et amène avec elle la promesse de quelques minutes sans penser à ton absence, tandis que son égo démesuré fracasse le temps pour mieux le dompter.

Je tente de l'observer, mais mon regard se voile et impose à ma vue le souvenir d'un être plus beau que tu ne le seras jamais. Beau parce que pur, parce que vrai. Maitre d'un monde d'illusions qu'il saigne comme il tremble de ne savoir réfréner sa bonté.
Ma Lilith, Hayden Smith danse devant mes yeux. Explique-moi... Pourquoi ?

Pourtant, rien n'y fait, et ce sont ses yeux qui remplacent les tiens. Emportés par une ombre, ils s'effacent pour devenir fantômes, et je m'en veux de ne pas connaître le script de la scène que tu voulais nous voir jouer, aujourd'hui.
Et si on la referait, hein ? Souffle-moi les mots à t'assener, et le ton sur lequel les jouer. Rends-moi ma réplique, et nous jouerons.
T'aimes-tu assez pour nous deux, bouffon du roi ?


    - Tu sembles toujours t'aimer autant, dis-moi ?


Et la connerie du monde, dans tout ça ? Elle rit tout bas, grâce à toi.


Dernière édition par Puppy Doll le Dim 31 Mar - 18:53, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: ─ Fake it | Sephie & Bam ─   Dim 28 Aoû - 0:45



Ouais. J’suis un être complexe moi. Avec une personnalité résumée sur un timbre poste. Mais ultra profond. Comme une piscine tu vois. Avec une folie des grandeurs. Et des désillusions à la pelle qui miroitent sur mes ondes. Qui menacent de venir sur moi ; qui grondent. C’est très imagé, t’as trouvé ça tout seul ? Comme un grand, mon con. Comme un grand.

Et cette blonde. J’avais à peine remarqué combien elle est… belle ? Peut-être plus que ça. Y a un truc qui me dérange, dans ses yeux. Au fond, tout au fond. Un hic qui me démange. Une astuce, un secret. Une douleur sur laquelle j’veux pas m’attarder. Je la sens plus grande que moi. Ai horreur de ça. Son âme est plus vieille que la mienne, je me sens petit à côté d’elle. J’ai perdu ma mère, okay ? J’ai eu ma part, je sais traduire tes conneries, même les plus minables. J’entends tes rêves, ceux qui sont pleurés. Je sais les regrets. Et un jour, ils se tairont. Ils se ploieront sous les neiges du temps. Lentement. S’en iront. Me laisseront seul avec moi. Sans elle. Sans rien. J’aurai dans le sourire ce truc de mort. D’envolé. De chauffé à blanc. Rien qu’un aperçu de ce que le temps peut faire à un beau visage.
Mais putain, elle. Ses traits. Leur finesse. Leur équilibre. On la croirait peinte. Sculptée. Ses finitions sont étranges lorsqu’elles bougent. Envoutantes. Je l’entends presque penser. Me sens tellement con. J’adore ça. Suis fait pour être leur roi. Aux cons, s’entend. Couronne-moi.

    - Tu sembles toujours t'aimer autant, dis-moi ?

Toujours ? Toujours. Non. Pas le soir. Jamais la nuit. Je m’aime les yeux ouverts, princesse. Quand les étoiles se cachent, quand elles pleurent. Quand la lune pâlit sous mon ardeur. Quand ma glace fond, quand elle me possède. Me défait, m’empoisonne tant elle me hante. Je m’adore, si conscient. Me maudis, dans le néant.
Mon odeur frappe-t-elle toujours aussi fort ? Je sens le froid, il m’engourdit. Chargée de glace, l’atmosphère change, dansante. Elle tourne autour de moi. M’emprisonne et se faisant, me couronne. Voilà qui est fait.

    ─ Oh, si tu savais.

Ne me croise pas au matin, ma fée. Tu n’aimerais pas non plus ce que tu verrais. C’est affligeant. Je te jure. D’ailleurs, je jure. Tous les réveils. De tous les jours. De tous les mois. Depuis des années. C’est pas un coq, qui vient me réveiller. Mais elle. Toujours elle. Si je fermais ma gueule, est-ce que l’esprit suivrait ? Je crois pas, je suis sourd aux vies des autres. Vive la mienne. Que les autres soient sauves et saines.

    ─ Je m’épouserais.

Putain, ce visage. Pas le mien, le sien. J’en reviens pas. Qu’elle ferme les yeux, c’est intolérable. Et ma peau dans tout ça ? Je me rappelle à elle. Esquisse un sourire ; pour rien. J’veux juste du blanc, un truc qui tape. Qui éblouie. Qui fait froid dans le dos pour que mes bras puissent réchauffer le reste. J’veux une planète et ses lunes à mon nom. Sortir de là. Quitter ces pupilles. Ces lèvres pleines et leurs couleurs fraiches comme moi. Alors, tu m’aides ou pas ?

    ─ Dis-moi juste lequel est le plus blanc, s’il te plait.


Les filles. Elles ont l’œil pour ces conneries. Nous, on voit tout de la même façon. Bleu, c’est bleu. Mais non. Y a du bleu ciel et des pervenches. Y a des conneries arrosées de gris et des nuances dorées. Je demande pas grand-chose. Juste un blanc d’une neige hivernale. Qui rappelle les matins de Noël où on la voit danser à gros flocons alors qu’on l’attendait plus. J’veux l’espoir d’un gosse qui la retrouve comme une vieille amie avec qui il lui tarde de jouer encore. Un soupçon de ce sentiment merveilleux qu’on éprouve lorsqu’on la voit, pour la première fois. Qu’on veuille la toucher, l’embrasser et danser contre ses flancs. Qu’on souhaite se perdre dans ses tréfonds quitte à y laisser sa peau. J’veux un blanc givré qui n’existe qu’à l’intérieur de moi. Tu peux me trouver ça ?



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MessageSujet: Re: ─ Fake it | Sephie & Bam ─   Mar 13 Sep - 4:36

Et le frauduleux cracheurs d’étoiles mime sans s’arrêter un spectacle d’un comique presque parfait, exhibant pour seule parure à sa parade sa peau et la violence d’un blanc trop vif pour mes yeux, qu’il porte à bout de bras. Et je rêve d’en rire. M’en crois capable. Mais les couleurs n’y sont pas, n’y sont plus. Mes dernières teintes ont été balayées par un cœur boiteux, finement ciselée d’une bonté d’un suprême telle qu’il ne connait pas son pareil.

Mais mes couleurs, les vraies, les fausses ; les plus farouches et les plus belles, échappent à mon regard depuis que le vert de ses yeux ne répond plus au mien, de l’aube aux étoiles, de la nuit au matin. Et aucune couleur ne saurait subsister au-delà de la lumière de son regard pour éclairer le mien. Mon seul flambeau restera à jamais celui qui brille dans ses yeux, transcendé par la pureté, la beauté. Et les bougies peuvent s’enflammer, le brasier ne sera rien sans ses yeux pour le bouffer, le dévorer, me le montrer pour le laisser m’incendier.
Et le reste de mes couleurs valsent contre un autre cœur, à rêver de ses battements paisibles.


    ─ Oh, si tu savais.


Je savais, et la vérité de ce verbe conjugué à un temps passé et oublié pourrait à lui seul me faire pleurer. Mais sais encore mes mains froides capables de flamber brouillards et nuées, mon cœur chantant une symphonie foutue depuis que mes couleurs ne sont plus. Sais encore mon âme émietté par l’aliénation d’une absence qui me pèse tant le répit n’est pas à ma portée. Sais le murmure à mon oreille qui espère, croit, brûle pour un ange et ses merveilles, pour les cicatrices de son cœur qu’il y appose lui-même. Sais le sourire de ma moitié, son rire, et son grain de beauté que j’aime tant il lui appartient tout entier, sans trouver écho sur ma peau. Sais ses rêves, devenus miens.
Je ne sais rien si ce n’est ce pas grand-chose, qui pour l’instant suffira amplement.


    ─ Je m’épouserais.


Et je craque un sourire qui répond au sien, ne sais pas pourquoi, une nouvelle fois. J’en ai épousé, des fous, des rois. Des dieux et leurs fois. J’ai brûlé mes doigts sur des étoiles, enflammé le ciel d’un regard. J’ai laissé la pluie, le vent, la neige déposer mille douleur sur ma chair mutilée, pour apaiser les déchirements d’horreur de mon cœur. Ai déposé mes rêves sur chaque ciel et ses gris chaque jours étrangers à la veille, y ai peint les éclats d’or de son regard, les particules de couleurs dégorgées de mes souvenirs lointains. Je vise la lune, mon joli, ses étoiles, et tout ce qui vie dans ce ciel-là. Cri en silence que l’on me rende ma merveille, décorant mes cicatrices d’étincelles.
Mais mes couleurs me fuient encore.


    ─ Dis-moi juste lequel est le plus blanc, s’il te plait.


Je pourrais dire, juge qu’il le faudrait, que le blanc reste du blanc. Le peuple, les saints, les anges le clament : j’emmerde ceux-là. Il y a le blanc tel qu’on le voit, et un blanc infiniment plus que ça. Le blanc cristallin de son âme, symbole d’une pureté que nul autre qu’elle ne saurait savoir réclamer comme sien.
Et je repense au manque, celui qui ronge l’âme, grouille sous l’épiderme, saigne le cœur déjà un peu mort et arrache aux sommeils difficiles des sursauts d’agonie. Le manque insolant, d’une arrogance si foudroyante qu’elle percute les sens et vrille les pensées de mille horreurs que l’on jette au vent. Le manque de n’être qu’à moitié vivante, à moitié soi. Ce manque-là. Le manque du blanc parfait de son âme, dont l’absence amoindri la mienne.


    - Aucun ne sera jamais assez blanc…


Ma lèvre entre mes dents souffle un tourment nouveau, né d’un affront furieux fait à mon âme. L’idée, même infime, d’un blanc aussi pur qu’elle révulse mes pensées qui refusent de s’y accorder. Elles quémandent, supplient, hurlent dans langue née pour contrer le parjure qu’un tel blasphème ne peut exister, lorsque l’idée de le faire danser contre ma langue me choque autant qu’elle m’effraie. Nul blanc ne saurait être aussi parfait que celui de ses pensées à elle, je jure… Mais maintenons l’illusion sauve, s’il le faut.


    - Mais allons trouver de quoi ravir monsieur et ses rêves de pureté impériaux.


Et dans un haussement d’épaule, ma main trouve la sienne tandis que mes pieds nous conduisent déjà bien loin. Un peu de blanc à l’image de ma merveille, contre la vue de quelques couleurs disparues.
Et je continuerai à m’accrocher au vide, à l’absence, l’espoir. Ne cesserai de lutter, jusqu’à vaincre ou les voir être vaincues. Traquerai un clown pour les voir renaitre, et recommencerai, jusqu’à ce qu’elle me soit rendue.
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MessageSujet: Re: ─ Fake it | Sephie & Bam ─   Jeu 2 Fév - 2:15



J’ai dit « s’il te plait ». Ça va la faire craquer. J’ai envie de la toucher, quand mon sourire s’emmêle. Je dis jamais des trucs pareils. En tout cas pas avec ce ton-là. Pas devant des témoins. Déjà que mon vocabulaire est restreint. Y a des mots que je susurre. D’autres qui se mordent. Certains qui commencent par un soupire et d’autres qu’on ne peut que gémir. Ou hurler. Comme mon prénom, il parait. Impossible de le prononcer sans y mettre le ton. L’intention. Un peu de son monde. De ses désirs mêlés aux miens qui répondront un BAM ! écho du votre. J’ai dans le corps des milliers de bing qui cherchent leur bang. Et l’ayant trouvé le prenne. Le retourne et le laisse là. Seul et décimé par l’idée d’être remplacé par un ying mal assorti à mes défauts. Mes prouesses. Mes rengaines qui tentent, et qui blessent. Et sinon, ma moue, elle la voit ? Je suis adorable quand je fais ça. Je brise mes yeux dans ses yeux. Crève la pudeur qui pourrait retenir un geste. Un souffle. Une pensée qui trop longue m’étouffe. Moins de trois syllabes à la fois et tout le monde rentrera chez soi dans le calme.

Un courant d’air sur mon dos. Mon reflet dans ses rétines. J’ai l’air d’un orphelin. Putain. Je relâche l’inquiétude qui me barrait faussement le front. Puis l’accueille ailleurs. Pour y penser plus tard et emmagasiner ces moments dans un rêve où elle se trouvera. Parce qu’elle s’y trouve toujours. J’ai de mes sommeils sans elle des souvenirs lourds. J’ai pas envie de penser à mon manque. Pas maintenant. J’ai juste soif. Est-ce que la belle a soif ? J’ai pas bu depuis des heures. Et je sens mes sourires affamés. Ma gorge sèche. Mes yeux vagabonds. Ma langue et sa fraicheur. Voilà que son regard revient à moi, je voudrais un blanc, celui auquel elle pense, ouais. Celui-là.

    - Aucun ne sera jamais assez blanc.

Je suis plus tout à fait sur qu’elle parle de moi. J’ai juste envie de la toucher. Il y a un truc électrique, invisible mais tenace qui relie ma peau à sa peau. J’ai conscience d’une dizaine de choses qui traversent d’un seul coup mes sens. Le cintre dont la tige se glace sous mes doigts. Son visage que j’ai déjà vu, une ou deux fois. La chaleur qui accable ma nuque froide. Les griffures récentes qui démangent mes omoplates. La faim dans mon estomac. L’horrible, horrible musique qui joue dans le fond du magasin. L’euphorie qui coule dans mes veines. La soif, toujours prisonnière sur ma langue fraiche. Cette tension, d’elle à mon bras qui me donne des idées qui « bientôt » se disent, bientôt.

    - Mais allons trouver de quoi ravir monsieur et ses rêves de pureté impériaux..

Je crois pas avoir pigé tous les mots. Mes griffures me lancent et j’ai pas envie qu’elle les voit. Longues et fines entre mes épaules qu’elles tailladent et en me lançant d’une douleur exquise, se font inoubliables. Je crois que je l’ai déjà vue, mais je ne parviens pas à dire où, ni même si c’était vu d’en dessous. Normalement je les oublie pas. Si ? Non, je crois pas. Mais ce qui est sur, c’est qu’elle me veut en tout cas. Tellement, en fait, que mes idées jubilent d’avoir vu juste. Sa main autour de mes doigts. Elle doit les trouver froids. Ça les surprend toujours. Pourtant, ça devrait pas. J’ai soif putain, pas toi ?
Elle marche vite et je sais pas quoi foutre de mes cintres aux trucs dont le faux blanc m’écœure, maintenant. J’essaie de les jeter en pagaille contre un portique mais elle avance trop vite. Je dois avoir l’air d’un gamin qu’on traine acheter des caleçons contre son gré. Pas devant les copains maman, bordel. Je freine un peu de mes pieds, un rire déchirant ma voix que le froid rend rauque.

    ─ Hey, hey, easy. Treat me nice.

Je prends du recul tandis qu’elle regarde pas. Tire sur mon bras, penche la tête et me dis que non, je pense pas les connaître ces deux-là. J’me souviendrais quand même. C’est un de mes côtés préférés. Puis merde, je laisse tomber mes cintres en les faisant glisser sous la jupe d’une bonne femme qui passe par là. Well, hello missy. Je souris un geste évasif. Désolé, mais il semblerait que je sois pris.

J’ai envie de courir. Plus vite. Où on va ? Mes fringues sont restées dans la cabine d’essayage. Ce cul. Bon dieu. J’ai faim. Je crois que j’ai les tétons qui pointent. On achète des caleçons après ? J’ai envie de la retourner. Pour lui parler. Et lui dire un truc intelligent. Qui la surprendra. Putain, un truc qui me surprendrait même moi. Ça va surement mettre du temps à venir.

    ─Et mes slips ? Tu m’aideras à les choisir mes slips ?



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MessageSujet: Re: ─ Fake it | Sephie & Bam ─   Mar 13 Mar - 7:38


Et les couleurs que je traine à bout de doigts me rappellent la beauté de ces instants passées, vivant sous mes yeux d'une ardeur qui ordonne de se voir renaitre, suppliant un futur dont ils s'approprieront les heures pour mieux se conjuguer au présent, à chaque instant.
Bientôt, les couleurs renaitront à nouveau. Je la retrouverai et le noir de mes yeux redeviendra verts, puisant ses couleurs dans les trésors que recèlent les siens, encore trop loin.
Bientôt, bientôt.

Mais il ralentit derrière moi et ma volonté ne suffit pas à me faire me retourner. Je veux du blanc pour oublier mes couleurs déchues lorsque celles du clown arrache à mon cœur quelques battements tant elles me manquent. Il craque un rire rauque, arrachant un tremblement à la grande brune cachée dans le rayon vers lequel mes pas se dirigent, l'espionnant d'une attitude voulue discrète, mais résolument flagrante.


    « Hey, hey, easy. Treat me nice. »


Je cache un sourire qui pourtant me démange, presque reconnaît. Les éclats de vie dans sa voix me troublent parce que son timbre m'échappe, tant il suinte d'une vie que je réclame à chaque instants, depuis qu'elle m'a été reprise.

La discrétion est morte, aujourd'hui tout comme l'horreur de mon manque qui, distrait, s'allège doucement, me rendant quelques battements. Et la discrétion crève comme je cesse de le faire, devenue survivante plus que mourante, lorsque je sens son regard glisser sur moi, l'apercevant d'un mouvement, lorsque ses yeux, bien trop bas, manque les miens.

L'envie de rire me prend au tripes, secouant mes idées qui, se sentant en terrain connu, connaissent les astuces. Mon quotidien se veut peuplé d'hommes, là où celui de ma sœur s'entoure d'étoiles. Mon école à moi forme des génies d'un genre révolu, perdant de sa superbe face aux prodiges d'une institution assassine, faisant valser devant les yeux ignorants la promesse d'anges gardiens pour veiller leurs vies.
Mon quotidien s'entourent d'hommes encore garçons pour certains, dont les fautes de grammaire s'épuisent sous des discours composés de chiffres et de symboles mathématiques à en faire frémir les cerveaux de bien des héros. Ils se verront devenir souverains d'un monde où, dans les cieux, seront encore éduqués des enfants-dieux pour veiller sur eux.

Et pour le bien de la grandeur, un système bâtard sacrifiera de nouveaux cœurs, les saignant comme il a si bien su m'arracher le mien.


    « Et mes slips ? Tu m’aideras à les choisir mes slips ? »


Je craque un rire venu de nul part, chancelant de se savoir encore vivant quelque part, capable d'éclore malgré ma petite mort. Il s'attarde entre mes doigts ouverts qui, les muselant un instant faute de savoir le faire taire vraiment, se couchent sur mes lèvres qu'elles effleurent.

    « Ça doit pouvoir s'arranger. Blancs aussi, je suppose ?»


Ma voix colorée d'un joie nouvelle me choque, tant elle se rêve capable de revêtir ce timbre d'un permanent parfait, épelé au nom de ma sœur. Mais déjà il s'essouffle et se meurt, ne laissant que l'ombre d'un peut-être céleste capable de le faire renaitre entier sans s'épuiser.


    « Au fait, pendant que j'y pense... Mes yeux sont plus haut que ça, au cas où tu tiennes aux tiens. »
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MessageSujet: Re: ─ Fake it | Sephie & Bam ─   Mar 26 Mar - 20:22



Je me marre et elle aussi. Ça me fait plaisir. J’ai l’impression qu’elle vient de me faire un cadeau et j’crois qu’elle s’en rend compte. Ses yeux ont l’air de dire « t’emballe pas, ducon. » mais j’écoute pas. Je m’emballe comme une furie en chaleur et je prévoie de la ramener chez moi. Je la cacherai dans un placard et tout, qu’on se doute de rien. Mais j’lui donnerai à manger, des robes, des escarpins, tout ce qu’elle voudra. Puis la nuit, j’irai lui ouvrir le battant, minable. Effrayé comme un enfant. J’lui dirai « J’ai encore vu ma mère. » et je la supplierai de m’empêcher de dormir. Qu’elle use de tous les fléaux. Qu’elle ruse, qu’elle m’astuce. Tout ce qu’il faut pourvu qu’elle rende mes nuits -

    « Ça doit pouvoir s’arranger. Blancs aussi, je suppose ? »

Oui ! Blanches. J’ai envie de lui faire un câlin. De tendre le bras pour attraper, là, les restes du rire perdu sur ses lèvres. Il a mon nom, mes formes et un rien du parfum qu’ont mes glaçons. Je fais “oui” de la tête en souriant une morsure. J’me sens docile, sage, presque propre. A quelques griffures près. J’évalue sa taille, son poids. J’me sens plus que capable de la soulever pour la poser sur mon épaule, pliée en deux mais prête pour l’aventure. Je pourrais carrément l’enlever.

    « Au fait, pendant que j’y pense… Mes yeux sont plus haut que ça, au cas où tu tiennes aux tiens. »

Bah putain, ma fille, tu t’emmerdes pas. Je lui sers un truc outré. La mine d’une vieille morue qu’on aurait accusée de porter de fausses perles nacrées. Pour une fois que j’y étais pas. Ça me dégoute ces injustices. Je comprends qu’y en aient qui pètent des durites. De quoi en regretter mes envies de kidnapping.

    ─ Alors là. Alors mais pas du tout. Du tout. Oh ! Non mais, moi ? Pff. Jamais. De quoi ?

Et dire qu’y a des gosses de riches qui s’emmerdent à avoir des avocats. C’est déjà un soulagement, ça sera pas mon cas. L’innocence incarnée, givrée dans sa jeunesse. Je la pointe du doigt. Regarde-moi ça. De toute façon on voit rien là-dessous. Quoi que… Je niaque un sourire. Je hausse les épaules. J’ouvre la main qui l’accuse pas. Je penche la tête. Une mèche de cheveux me tombe sur un œil. Je pouffe un « kffft » par le nez. Et le tout en même temps, dans la même très exacte seconde de joie pure et désarçonnée. Ils sont très beaux. Du coup je sais plus où j’en étais.

    ─ Heu, sinon ça va toi ? Pas trop peur du noir ? Tu chausses du combien ? Attention, t’en es où niveau self-défense ? T’emballe pas hein, ducon. C’est juste pour faire la discussion.

J’ai croisé les bras, hyper posé. J’donne l’impression de pouvoir être parti pour des heures. Pas du tout intéressé. J’ai envie de la traiter comme un vieux poto, pour qu’elle me prenne au sérieux. C’est une méthode à moi. Elle se méfiera plus et je pourrai mettre à l’œuvre mon plan secret. A plus tard dans le placard ma poupée !


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MessageSujet: Re: ─ Fake it | Sephie & Bam ─   Dim 31 Mar - 20:37


Et si... Et si le temps d'un instant, je cessais de hurler son nom, ma solitude et ma douleur au silence, espérant que le vent porterait mes mots jusqu'à elle ?
Et si, l'espace d'un moment, je refusais à mes poumons le droit de se faner, tutoyant les ombres de son absences et ne plus les laisser faire naitre des tempêtes sous ma peau, sous mes os ; des ouragans de douleurs, des orages d'os, de rage et de sanglots ?


    « Alors là. Alors mais pas du tout. Du tout. Oh ! Non mais, moi ? Pff. Jamais. De quoi ? »


Et si à la faveur de quelques heures, je cessais de compter les heures, d'éprouver les minutes et de tuer les secondes qui nous maintiennent encore séparées ? Et si je taisais la torture que m'inflige le temps, me vautrant dans ces derniers instants de détresse avec la plus fervente des complaisance, sachant l'aube de son retour si proche que je pourrais l'apercevoir.
Et si je cessais de grondait d'une colère presque malsaine tant elle me semble parfois vaine, cessais de déchirer le ciel de mes yeux ?

Et si je rassérénais un peu mon âme, serrais mes propres mains pour me bercer d'un rien d'illusion, d'un soupçon de dénégation ? Et si je me laissais emporter par la vie, envoyant valser toutes ses parodies à la criée de mes sentiments que je tromperais un instant ?

Et si... Et si aujourd'hui, j'existais, parce que demain me la rendra ?


    « Heu, sinon ça va toi ? Pas trop peur du noir ? Tu chausses du combien ? Attention, t’en es où niveau self-défense ? T’emballe pas hein, ducon. C’est juste pour faire la discussion. »


J'éclate d'un rire pur d'une joie qui m'arrache un sursaut, tant il suinte d'une connerie qui me ravit.
Il m'arrache à mon agonie chancelante de me sentir adopter sa philosophie, lâcher les prises qui me maintiennent toute entière accrochée à ma peine, mon manque, mon vide. J'existe, j'existe comme je ris, grâce à lui.

J'occulte mes maux et me rapproche de moi, de celle que j'étais autrefois, il y a une éternité de cela, à l'époque où je n'étais pas bercée par les relents d'une injustice qui me veulent maintenant ternie parce qu’amoindrie ; me rappelle une époque où le bonheur me semblait être un présent inné, fait à tout ceux ayant pour seul mérite le courage d'exister.
J'existe aujourd'hui, parce que demain nous appartient.

    « Sinon, ça va, quoi que pas du tout à fait. A moitié en réalité, voir même un peu moins que ça. Mais ça va, mieux que depuis des mois. Tu ne comprends peut-être rien à ce que je raconte mais tu voulais faire la conversation et je te dois bien ça. »


J'existe comme je sais que son talent et ma volonté suffiront à nous réunir, feront se marier mes rêves et la réalité. Et je peine à imaginer la défaite comme seul dénouement à mon voyage vers elle, tant cette issue révèle d'un absurde capable de chambouler l'univers entier. Ce serait comme une traversée du désert à l'envers, le compte à rebours d'un temps qui s'évapore sous nos pieds, ma vie sans la sienne et mes certitudes éventées.
L'échec ne saurait être envisagé tant ma vie ne saurait de défaire de la sienne, alors je sais. Je sais que j'existerai toute entière dès demain et pour longtemps encore après ça.


    « Ma pointure, c'est du 37, si c'est pour me piquer mes chaussures que tu demandes ça, inutile de fantasmer sur une soirée où l'on se vautrerait dans une pile affolante d'oreillers fushia pour s'échanger nos chaussures en se collant des rondelles de concombre sur le visage. L'obscurité ne m'effraie pas, même si je préfère dormir les volets ouverts, pour avoir les étoiles avec moi. Je me sens presque entière, de cette manière-là. Niveau self-défense, je sais où taper pour que ça fasse mal, je me dis que c'est déjà ça.


Et après lui, j'irai m'étendre seule avec la nuit pour seule amie, les yeux brûlés par le ciel et ses étoiles. J'organiserai les funérailles de mes jours aveugles enfermée dans mon chagrin à préparer ma chute lorsque mes utopies naissaient pour mieux rendre leurs derniers souffles à chaque sursaut de faiblesse qui suffisait à fissurer les murs de ma volonté.

J'irai préparer ma renaissance et signerai la dernière page d'un livre qui se refermera sur moi, crachant sur ce conte insensé qui jamais n'aurait du exister, sur cette histoire maudite qui bientôt prendra fin. Celle d'une âme déchirée à la gloire de l'humanité, à qui l'on demande pourtant d'exister. Et je brûlerai toute trace de ce qu'il a été, ce roman absurde qui m'a pendant trop longtemps meurtrie, déchirée, dénaturée ; celui de Sephora sans Lilith, de Litlih sans Sephora.


    « Mais quel rapport avec tes slips ? »


Et j'attendrais le réveil du jour d'après, qui en naissant me fera m'envoler jusqu'à elle.
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