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 |- Le paradis d'Allie - [ Royal Pain ]

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MessageSujet: |- Le paradis d'Allie - [ Royal Pain ]   Mar 24 Fév - 23:09



Je l'ai toujours su, je crois, que je ne m'en sortirai jamais. A cause d'un enchainement de désillusions qui dure depuis dix-sept trop longues années. J'ai grandi, plusieurs fois déjà, dans un autre monde que celui-là. J'ai même été majeur sans loi, après avoir passé cinq ans dans la prison joliment emballée qu'a dessiné ma mère pour moi. Aujourd'hui je ne sais plus, si ni pourquoi mon père est mort puisque tous les soirs il revit, que ce soit dans la chambre de ma mère ou son esprit. Un seul fait reste dans ma mémoire au demeurant: la douleur sous la forme d'une brûlure, tout simplement. Parce que je ne fais plus la différence entre son vrai et celui du monde entier, et parce que je vie avec un secret trop lourd pour moi, qu'un soir je finirai par cracher.

Pour le moment je me cache des mains et corps innocents, de peur de les effleurer. Il y en a que j'aimerais touché parfois, ceux qui souffrent trop pour affronter la réalité, il m'arrive de les laisser contempler la vie telle qu'ils la souhaiteraient vraiment. Je rends ce service sous condition, ma vocation étant de faire le bien. Ce que je souhaite, c'est vous soulager, pas vous abimer un peu plus. Alors si je suis certain que ce pouvoir, qui agit comme une drogue, vous fera du bien dans un moment volé, j'embarque avec vous dans l'univers que je monterai pour vos yeux, votre cœur et tout ce qui fait de vous un être exceptionnel.

La cloche retentit, mais elle ne me prend plus au dépourvu maintenant. J'escalade doucement l'enceinte d'un mur pour m'asseoir finalement sur une rangée de casier. Ici, j'attends que se calme la déferlante d'étudiants obéissant à un tintement. Ils défilent tous et je regarde passer la vie selon le seul monde dont je ne suis pas l'auteur. Plusieurs minutes ne leur suffira pas pour disparaitre et m'assurer une déambulation saine dans les couloirs. Juste... ne pas les toucher.

Je serai en retard, comme tous les jours mais mon excuse est une raison qui en vaut mille et les professeurs le savent. Moi je veux seulement vous épargner. Sauf que ce cours-là, ce n'est pas le mien. Pendant ces heures-là les risques sont multipliés mais personne ne les prend en compte, parce qu'il n'en est nul besoin. Je n'irai pas en sport mais courrai pour rentrer chez moi, histoire de compenser.

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MessageSujet: Re: |- Le paradis d'Allie - [ Royal Pain ]   Mer 25 Fév - 15:31


    Warren Peace !
    Parmi toutes les immondes créatures peuplant ce monde d'abrutis sans envergure, le pyromane est le pire de tous !
    Je tuerai pour le voir mort. Non, je le tuerai et je le verrai mort.
    Je n'ai jamais tué de ma vie. Pas vraiment.
    J'ai peut être parfois poussé au suicide ou au meurtre, mais tuer de mes mains, jamais.
    Mérite-t-il seulement ce privilège ? Certainement pas.
    Je trouverai un moyen de venir à bout de cette vermine, qu'importe le moyen.

    Pestant contre le pyromane, j'en oublie les gens, et laisse courir dans ma tête les débris désordonnées de leurs pensées sans même leur accorder la moindre attention.
    Calculatrice, je cherche une solution, un moyen.
    Le faire mourir serait trop facile, beaucoup trop. J'aurai voulu lui faire voir les pires horreurs, lui faire vivre les pires tourments.
    Mais Pryoman n'a pas d'amis ici. J'ai capté dans les esprits alentours tout ce que l'on savait sur le pyromane. Et ils ne savent rien.
    L'idiot n'a ni amis, ni mère. Mais il a un père.
    Il doit l'aimer, le démon des flammes, son père. Il doit bien aimer quelqu'un.

    L'idée me prend aux tripes tant elle me semble géniale.
    Le pyromane, et moi.
    Son père et moi.
    Et le taulard, se tordant de douleur face à son fils, suppliant son gamin de l'achever.
    Sans son père, le gosse n'aura plus rien. Sans son père, le gosse se sera plus rien. Il ne sera plus. Point.

    Euphorique, je ferme les yeux et emplie mes poumons d'air. Vivifiant.
    Chaque problème a sa solution. Chaque joueur possède son point faible. Et quelque soit le joueur, je gagne, toujours.
    Écartant les bras, je tourne sur moi même.
    Et je tourne, tourne, tourne, jusqu'à en avoir le tournis. Mais même à cet instant, je continue.
    Je tourne, encore et toujours... Et finis par me retrouver dans la trajectoire d'un idiot trop occupé à courir ou ne sait ou pour fuir ce lycée qu'il ne m'a pas vu à temps.
    Le choc est rude, douloureux.
    Rouvrant les yeux, je le dévisage, furieuse. Lui, surpris, regarde autour de lui.
    Et c'est alors que je comprends.

    Hayden Smith, l'homme aux milles paradis.
    A mon tour, je regarde autour de moi, et fronce les sourcils, vexée.
    Rien d'autre que le lycée. Alors c'est ça, mon paradis, selon lui? Idiot, je veux mon para...


      – Oh !


    Mes yeux s'agrandirent de stupeur et je portai ma main à ma bouche.
    Oh ! Je vois.
    Non, c'est faux. J'entends. Oui, j'entends. Tout.
    Tout ces esprits, tous si différents, tous si parfait dans leur complexité. Tous si inconsciemment prêt à être torturer.
    Et à ma droite passe le Pyromane, la tête pleine de pensées pour sa mère, pour son père.
    Pleine de pensées.

    De nouvelles victimes, toutes plus attrayantes les unes que les autres.
    Un autre monde, un monde nouveau, celui de mes rêves.
    Mon paradis.
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MessageSujet: Re: |- Le paradis d'Allie - [ Royal Pain ]   Mer 25 Fév - 17:17

Maintenant, c'est courir et rentrer. Courir pour ma vie parce qu'elle dépend de celle des autres. Tout ira bien, il n'y a aucune alternative à considérer. Je ne suis pas un fléau, j'ai en moi le pouvoir de répandre la joie. Ce qui m'abime le plus, c'est de devoir le reprendre avec moi, ce bonheur que j'ai dispensé. Et je sais que vous m'en voulez tous, juste après. Parce que c'est ce moment-là le pire, le brutal raccord avec cette réalité qui n'est pas celle que vous voudriez contempler jusqu'à la fin de vos jours. Vous m'en voulez parce que je n'ai pas la force de vous tenir la main infiniment pour vous bercer tendrement d'illusions. Je m'en veux aussi, de vous faire miroiter tout ce que vous n'aurez jamais pour mieux le faire s'évanouir ensuite. Sauf que... tout reste en moi. Aucun des mondes ouverts ne se referment, et je peux y retourner sans vous. Vraiment, vraiment désolé.

Et c'est en courant, justement, à cause d'un pas pressé et distrait, que ce qui m'effraie le plus me percute de plein fouet. Une gifle, comme un coup de massue à la puissance ahurissante sur le sommet de mon crâne. Comme toujours, les éléments s'enchainent trop vite, se modifient pour mieux se raccorder au nouveau cours des évènements. Un train passe derrière moi à l'instant même où une lumière familière m'aveugle pendant une seconde. Je croyais le bruit à son apogée dans le monde précèdent... juste à cause d'une simple locomotive... J'essaie de voir qui m'a touché et me touche encore mais la douleur est trop intense en mon corps. Je ne ressens que l'intense pression exercée autour de mon cœur que l'on semble vouloir enfermer dans un bocal trop petit pour lui. Et puis mon esprit est assailli de millions de questions auxquelles je ne saurais jamais répondre, et elles arrivent toutes en même temps, pile avec le sentiment profond d'une obligeance certaine envers le ou la propriétaire de ce nouveau monde. Je ne respire plus et je ravale un gémissement lorsque la douleur atteint son paroxysme, je sais que ça va vite passer. Je sais que l'intense sensation de brûlure va s'apaiser, même si elle ne disparaitra pas avant de lâcher ce bras auquel je me raccroche.

Le décor est bâtit, je le sais parce qu'il m'est permit de respirer à nouveau. Je me redresse sans même avoir eu l'impression de m'être écroulé, et je découvre d'abord le visage qui est le nouveau centre de l'univers, avant de découvrir ce monde en particuliers. Allison Serena. C'est tout ce que je suis en mesure d'assimiler pour l'instant, rien qu'un nom et son prénom. Je souffle en notant que ma main tient fermement son poignet, si je le libère, son monde s'écroule et je souffre encore. Alors pas tout de suite, s'il te plait.

Les battements de mon cœur devenus réguliers, j'abandonne la douleur que je sais apprivoiser maintenant, au profit d'un tout nouveau spectacle pour moi. Hors de l'espace, hors du temps. Je suis avec elle, parce qu'il ne m'est pas permis d'être ailleurs en ce moment et j'aimerais pourtant... ne pas ressentir tout ce qui n'appartient qu'à elle, et à elle seule. Je suis un étranger dans l'univers qui porte son nom. Le bruit que je croyais derrière moi, dans la réalité, se retrouve ici intensifié. Des centaines de voix qui hurlent, pleurent, crient et parlent à la fois. A ni rien comprendre, à en devenir fou, je ne comprends rien, ne dissocie aucun mot d'un autre. Et puis je me souviens, Allison, Royal Pain, elle les entend dans l'autre monde aussi, elle.


    - C'est toujours comme ça pour toi ?


Je crie pour couvrir la vague sonore que forment ces voix innombrables. Sans m'en rendre compte vraiment, je ressers ma prise autour de son poignée, sans lui faire mal, mais juste pour assurer que rien ne la sépare du paradis qu'elle est en droit de contempler. Doucement, j'essaie d'assimiler tout ce que je vois.
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MessageSujet: Re: |- Le paradis d'Allie - [ Royal Pain ]   Mer 25 Fév - 18:13



    Reportant mon attention sur le tout beau, je prends conscience de sa main serrant mon poignée.
    Souhaite-t-il à ce point rester dans mon monde ?
    Puis dans son esprit, l'écho de toutes les voix qui résonnent dans la mienne... Sauf qu'il s'y perd le pauvre enfant, il ne parvient pas à les faire taire.


    - C'est toujours comme ça pour toi ?


    Il hurle, pour couvrir la mer de voix sous laquelle il se noie. Mais crier ne sert à rien.
    C'est dans sa tête que tout se joue.
    Cela ne l'amuse pas, monsieur personne, de soudainement connaître les penser de tout le monde.
    D'autant que leurs pensées sont bien plus grisantes que celles des étudient fades et insipides que je côtoie habituellement. Eux sont drôle, la tête déjà remplie d'atrocités qui n'attendent que moi pour ressurgir.

    Il ressert sa prise autour de mon poignée, ne voulant quitter ce monde. Pour moi.
    Pour moi ?
    Suis-je en droit de contempler tout ceci ?
    La simple idée qu'il fasse ceci pour moi me déconcerte. Je suis une folle. Une folle machiavélique.
    Les autres préféreraient sûrement me voir disparaître et lui veut me garder au paradis.
    Quel étrange homme.


      – Oui et non. J'entends toutes leurs pensées, là bas aussi, dans le vrai monde. Seulement, elle ne sont pas si... Intenses. Tu vois ?


    Non, peut être pas. Qu'importe de toute façon.
    Ce monde n'est pas vrai, je le sais. Et parce que je le sais, je préférerai ne pas m'y attarder.
    Face à tout ces esprits, le retour à la réalité sera déjà assez dur, inutile d'en rajouter...
    Folle la jolie Allie... Mais pas conne non plus. Non.
    Combien en a-t-il brisé, le mignon, en faisant miroiter sous leurs yeux ébahis un monde parfait avant de le leur reprendre prématurément ?
    Mais les voix assaillent son esprit au point que je ne peux plus dissocier ses pensées des leurs...


      – Combien en as-tu brisé avec tes paradis éphémères au juste?


    U
    n grand nombre, j'en suis sûr...
    Qu'importe son camp désigné, cette simple vérité fait de lui un vilain.
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MessageSujet: Re: |- Le paradis d'Allie - [ Royal Pain ]   Mer 25 Fév - 21:38



Je commence à les distinguer les unes des autres, toutes ces voix. C'est comme si, d'elles-mêmes, elle se rangeaient en des catégories bien distinctes les unes des autres. D'un côté, les endeuillés qui pleurent à longueur de journée, sur le sort et celui des leurs. D'un autre, les plaintes et craintes d'une foule de personnalité en proie à une peur certaine concernant je ne sais quoi. Mais elles sont insupportables, je m'en voudrais presque de le penser mais c'est le cas, j'ai du mal à dissocier mes propres pensées des leurs. Pourtant, une voix s'élève plus haute et claire que toutes les autres. Celle de la détentrice de ce monde.


    – Oui et non. J'entends toutes leurs pensées, là bas aussi, dans le vrai monde. Seulement, elle ne sont pas si... Intenses. Tu vois ?


Je hoche la tête de déni, mais de tout mon cœur j'espère que ce que je prends pour un vacarme ici est moins assourdissant dans l'autre monde. J'espère, parce que c'est tout ce que je peux faire ici, que le sentiment général est moins étouffant et plus supportable, dans la réalité commune à tous les autres. Intenses, elles le sont tout à fait, et elles se confient à moi, à nous, sans jamais dévoiler complètement leurs secrets... je ne comprends pas. Ceci n'est définitivement pas mon paradis. J'attends parce que je ne sais pas déchiffrer son expression, ce qu'elle pense de ce monde ou de l'expérience en elle-même. Un regard suffira pour que je lâche sa peau et lui rende la vue, je m'excuserai surement après pour essayer de disparaitre de sa vie, et ne plus la tenter avec des illusions.


    – Combien en as-tu brisé avec tes paradis éphémères au juste?


D'accord, elle lit définitivement dans les pensées. Elle les entend ? Ce qui ont eu le malheur de me toucher, elle les voit ? Plus que jamais désolé, j'éprouve une regret infini en songeant que certains de ces malaises sont de mon œuvre.


    - Un c'est déjà trop.


Deux, c'est au-delà du permis et trois, c'est impardonnable. Damné à jamais. La vérité c'est que je le connais, le chiffre en question. Mais ma version de l'histoire est approximative, je sais combien j'en ai touché, mais je suis incapable d'affirmer un chiffre précis avec certitude concernant les vies que j'ai irrémédiablement brisées. Qui sait ceux qui ne se sont jamais relevé de l'expérience ?


    - Au moins douze.


Préoccupe-toi de ton paradis, Allison, le charme sera bientôt rompu.
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MessageSujet: Re: |- Le paradis d'Allie - [ Royal Pain ]   Ven 27 Fév - 16:12



    Fronçant les sourcils, je me concentre sur le bourdonnent assourdissant de son esprits, et finit par capter ses propres pensées sous l'assaut violent de toutes celles qui résonnent déjà dans mon esprit.
    Et apparemment je semble avoir posé la bonne question. Ou la mauvaise.
    Encore une fois, ce qui est bon pour moi ne l'est pas pour les autres.
    Je pourrais presque les plaindre, parfois. Mais non.


      - Un c'est déjà trop.


    Mais, il y en a eu plus. Oui, bien plus.
    Et parce qu'il y pense, je les vois défiler toutes ses victimes innocentes. Et une semble brisée au delà du réparable.
    Ainsi, l'enfant a brisé chère maman, la rendant tout bonnement incapable de vivre sans ces illusions.
    Vilain garçon, vilain !


      - Au moins douze.


    Pauvre agneau. Encore une victime de son don.
    Les pauvres enfants, toujours à lutter contre ce qu'ils sont. A lutter contre ce qu'ils causent.
    Qu'il comprenne qu'il n'y peut rien, et qu'il trouve matière à s'en réjouir. Non ?

    Le pyromane toujours tout proche de nous, j'hésite un instant.
    Que se passerait-il, s'il se tordait de douleur, ici et maintenant ?
    Je m'amuserait, au delà de l'entendement. Et après ?
    Après quoi ? Plus rien. La réalité.
    Et bien quoi, j'avais un plan, il y a quelques minutes encore non ?
    Deux fois pour le prix d'une, l'offre n'est pas refusable.

    Me concentrant un instant sur le pyromane, je ferme les yeux.
    Et c'est là que je comprends où frapper. Sa mère, son père. Point. Laissons ses hypothétiques amis la où ils sont.
    Sa mère, son père. Tout deux y passe.
    Le cadavre de sa mère, le fixant d'un regard vitreux. Son père, sur son bûcher, brûlé vif par les flammes de son propre fils.
    Et le pyromane, hurlant dans le vide, spectateur de la disparition de ses parents.

    Gagné, gagné, gagné !!
    Royal Pain gagne toujours, à chaque coup. Bye, bye le silence.
    Sautillant sur place, je pars dans un rire incontrôlable, et en oublie la réalité. Jusqu'à ce qu'elle finisse par me rattraper.
    Sentant la prise autour de mon poignée de défaire, je m'agrippe au détenteur de ce mirage merveilleux.


      – Non, pas encore ! Regardes, regardes !



    Ma voix est aiguë et l'hystérie se fait ressentir.
    Juste un instant rien qu'un. Rien qu'un peu. Attends, juste quelques instants.
    Attends que son père cesse de hurler dans son esprit, attends qu'il n'est plus rien.
    Attends de voir s'il se donnera la mort.
    Attends un instant ou peut être toujours. Écoutes toutes ces voix qui n'attendent que moi.
    Rien qu'un instant, ou peut être plus longtemps.


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MessageSujet: Re: |- Le paradis d'Allie - [ Royal Pain ]   Lun 2 Mar - 17:00



Pauvre Allison. C'est la pensée qui dominent toutes les autres là, maintenant. J'ai déjà bien assez à faire de ma propre voix, contrairement à ce que laisse entendre mon surnom et mon apparent manque de personnalité propre, comment endure-t-elle au quotidien l'agression simultanée et oppressante de ces centaines de personnes ? De plus, chacun de ces êtres pense à plusieurs choses en même temps, plusieurs sentiments, souvenirs et souhaits... à en devenir fou. J'ai réellement envie que le calvaire s'achève, et savoir qu'il ne s'éteindra pas pour elle me donne la force de l'endurer quelques instants encore, pour que perdure son rêve.

Son paradis... des milliers de voix... alors, elle aimerait ça ? Son pouvoir, elle l'apprécie au point d'en faire le maitre de son éternité ? Je me serai trompé en pensant l'exact opposé. Les détails d'un paradis ne sont pas insignifiants ni même défaits d'une certaine importance; il faut songer au fait que forger son monde idéal, c'est l'accepter comme unique terrain de son existence jusqu'à ce qu'elle s'éteigne. Évidemment, je suis le seul à connaitre les enjeux de ce pouvoir puisque, outre mon don, c'est votre inconscient qui est à l'œuvre. Vous ne savez peut-être pas même ce que vous voulez avant de l'avoir vu de vos propres yeux. Ainsi, Allison Serena appréciait la torture constante que lui imposaient ces voix au point même de les intensifier.

Des griffes sur un tableau, le grincement répétitif d'un outil sortit de ses gongs, les pleurs aigus et perpétuels d'une enfant dont le chagrin est votre cause, le hurlement agressif d'un loup qui hurle à la mort, la sensation d'un ongle qui gratte votre tempe depuis l'intérieur, l'impossibilité de respirer malgré toute sa volonté... le voici, mon ressenti, dans le premier paradis noir. Et toutes ces sensations m'accusent en même temps, évidemment. Comment peut-elle ?
On la dit folle, je la devine incroyablement forte, de toute évidence. Est-elle en train de se punir devant moi ou le fait-elle par envie ? Et si elle se mésestimait du plus profond de son être, et depuis tellement longtemps qu'elle aura finit par se persuader que cette tare est de sa volonté ?

Je suis tellement abruti par mes pensées et les leurs que je manque l'atrocité du spectacle exécutif qui se déroule au sombre paradis d'Allie. Choqué par la vision d'horreur pure qui domine le centre de son univers au ciel noircit, je dénoue les muscles de ma main sans en avoir pleinement conscience. Je ne suis plus guidé que par un semblant d'instinct qui m'ordonne de suivre les pas de celle à qui se monde appartient. Je ferme les yeux, ignore mon cœur qui ne bat plus pour résumer ma vie à une seule et unique pensée : fais-le pour elle, ceci est son paradis. Tu n'as pas le moindre droit ici.


    – Non, pas encore ! Regardes, regardes !


Moi qui réclame la justice dans un lieu où elle n'existe pas lorsqu'il est réel, j'essaie de l'appliquer ici et maintenant, dans une bulle d'onirisme. Je laisse le temps à ceux qui le veulent de séjourner au paradis, pour quelle raison suffisante empêcherais-je cette enfant-là de participer un tant soit peu à l'accomplissement de son souhait ? Elle le veut, elle le fait. Je n'ai rien à dire ni refaire, il me suffit de ne pas bouger. Un hurlement surpasse les autres en douleur tellement il est vif dans le temps, je n'en suis que plus étourdit. Ce malaise constant est un vrai supplice, pourquoi Allison s'impose-t-elle ce calvaire sans répit ? Parce que ce n'en est pas un pour elle... n'est-ce pas ? J'ai l'impression que quelque chose de très grand m'échappe ici.


    - Comment tu fais ça ?


Pourquoi tu le fais ? Je ne suis pas un bourreau. Dis-moi que tu souffres avec lui... Justifie tes moyens et exorcise ma peine.

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MessageSujet: Re: |- Le paradis d'Allie - [ Royal Pain ]   Lun 2 Mar - 22:01



    Les sourcils froncés, je délaisse le pyromane et m'arrache à la jouissive contemplation de son malheur pour fixer celui qui détient l'avenir de mon paradis entre ses mains. Je sais que lorsqu'il me lâchera, je dirai adieu à cette réalité.
    Pourtant, je ne veux pas. Tout ici est plus grand plus intense. Plus puissant. Et nouveau.
    C'est le nouveau monde dont je rêvais et lui, d'un simple geste, peut me l'arracher.


    - Comment tu fais ça ?


    Comment ?
    Bercé par les rêves et les paradis artificiels d'autrui, sa vision du monde en semble bien amoindrie.
    C'est probablement la contrepartie de son don : Vivre constamment en ne voyant que le meilleur de chacun. A moins que ce trait de son caractère n'est rien à voir avec son don.
    Qu'il ouvre les yeux, le joli agneau égaré, le monde n'est pas tout rose, jamais, quelque soit le paradis, il doit avoir sa faille, sa zone d'ombre.
    La zone où évolue le mal.


      – Tu ne trouves pas ça amusant ?


    Non, à l'évidence, vraiment pas.
    Soupirant, je levai les yeux au ciel. S'il ne trouve pas cela amusant, il ne comprendra pas. Il ne comprendra rien à tout ça.
    Ces voix ne sont pas une torture, elles sont dénies.
    Je suis capable de tout. Leurs esprits sont à ma portée, chacun de leurs esprits. Je suis toute puissante, pourquoi m'en priver ?


      – Je ne fais que m'amuser, moi. Lorsqu'on se retrouve doté d'un don dépassant l'entendement, on se doit de l'utiliser. Non ?


    D'autant qu'il serait dommage d'avoir tant de pouvoir, d'être si puissante, et de ne pas en profiter pour s'amuser.
    Maintenant, laisses moi profiter de ce que tu as su crée, pour moi.
    Et regardes. Ecoutes. Peut être finiras-tu par y prendre goût, toi aussi. Suis les cris et les pleures, et tu pourras suivre le chemin emprunté par mon esprit.

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MessageSujet: Re: |- Le paradis d'Allie - [ Royal Pain ]   Dim 22 Mar - 20:46


L'odeur s'ajoute à l'immonde vision qui trouble la paix interne que j'essaie de m'inventer. La chair humaine brûlée... si mon cœur n'était pas arrêté il bondirait certainement dans un élan de rage dégoutée. Allison ne peut pas apprécier ce que l'humain rejette dans sa nature, ce n'est tout bonnement pas possible, à moins d'être plus humaine que nous. Et si c'était ça, la clé de ce trop gros mystère ? Plus humaine que les autres, elle aura appris à cerner une race entière pour finalement la dominer. J'imagine que tous ses gestes sont justifiés, qu'elle est à même d'expliquer rationnellement la moindre de ses actions ainsi que ce qu'elles engendrent. Elle ressemble à s'y méprendre à l'une de ses déesses qui punissent un monde trop faible dans une méprise surhumaine.

L'un des aspects le plus redouté arrive, je le sens tellement son arrivée est nette, comme s'il traçait son nom dans l'air ambiant au point d'en devenir palpable. L'addiction. Vous ressentez tous le besoin grandissant d'être à jamais part de votre paradis et cette envie est juste, puisque ce monde est monté pour vous uniquement, il porte votre nom. Ce que vous ne voyez pas et ne verrez jamais, c'est que l'air charrie votre parfum naturel, le ciel s'inspire de la couleur de vos yeux bien avant de dessiner vos nuances préférées, le vent à ce quelque chose d'emprunter à votre voix et la nature s'emballe tambour battant en imitant les battements de votre cœur. Infiniment vous, jusqu'à la dernière des pierres.


    – Tu ne trouves pas ça amusant ?


Comment fait-elle mourir mes pensées ? Je suis accaparé tout entier par ses volontés, certains détails changent en compressant mon cœur dans une étreinte qui finira par le faire imploser, elle n'a pas conscience du fait que les choses évoluent au gré de ses envies, mais la chaleur témoignera pour moi que je les sens. Alors j'aimerais répondre que non, ce n'est pas amusant. Mais ça ne l'est tout simplement pas selon moi, et considérant que je n'importe pas chez elle, je me tais. J'essaie de renouer avec les pensées qui me fuient mais m'accrochent à elles avec la fougue d'un désespéré. Je m'attache à tout ce qui me retient au monde d'avant, à ma mère, à mon éphémère paradis préféré, à toutes les complications qu'apportent son addiction.


    – Je ne fais que m'amuser, moi. Lorsqu'on se retrouve doté d'un don dépassant l'entendement, on se doit de l'utiliser. Non ?


Même s'il vous tue tout doucement, au point de s'étonner d'être en vie lorsqu'on en réchappe. Même s'il fait le mal alors que vous souhaitez plus que tout l'utiliser pour les bonnes raisons. Même s'il vous désobéit autant qu'il vous handicape pour finalement faire de vous un alien de la race humaine, incapable d'avoir le moindre contact physique avec qui que ce soit, pourvu que cet être soit pensant. Même si ce don brise si bien les personnes qui le caressent qu'ils vous en veulent à en mourir une fois que ce même pouvoir ne les embrasse plus, et ils ont été nombreux à vouloir me tuer, pensant capturer l'éternelle image de leur paradis blanc.


    - Si.


Même s'il joue avec votre cœur depuis tellement longtemps qu'il y a rajouté une troisième battement pour rappeler sa présence et son impact sur votre vie de manière quotidienne. Même s'il devient vous, à la place d'un prénom et d'une personnalité attitrée. Même s'il vous bouffe si bien qu'il finira par prendre votre place pour finalement ne rien laisser.


    - On se doit de l'utiliser.


Pour toutes ses raisons comprises, plus celles qui font que finalement, ce don englobe quelques aspects positifs, dans sa grandeur naturelle. Sans quitter mes pensées, j'attrape le second poignet d'Allison et pose sa main sur le mien, faisant de mon bras le prisonnier du sien. C'est elle désormais qui décidera de la durée de notre séjour au pays d'Allison Serena. J'étudie la lenteur de mes gestes, m'assurant de ne pas rompre le contact, quitte à décupler ma douleur de façon minime. C'est elle, désormais, qui tient son paradis. Il est sous sa main, plus que jamais.


    - Plus tu attends, plus ce sera dur... au retour.


Je ne sais pas expliquer ces choses-là, je ne les ai jamais expérimenté en personne. J'ai vu seulement l'effet qu'elles peuvent avoir sur le plus sain de tous les esprits. Elle voudra me tuer, vraiment, sentira le besoin vital de continuer à me haïr pour finalement m'achever dès qu'elle le pourra... Je ne donne pas d'ordre, encore moins de conseils. J'avise seulement, je cherche les mots qui pourront la guider, pour elle, malgré moi.
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MessageSujet: Re: |- Le paradis d'Allie - [ Royal Pain ]   Sam 5 Mar - 23:50


    Si le chemin sinueux crée par les esprits meublant ce paradis n'était pas si fascinant, j'aurais pu être agacée par ce Monsieur Personne. Si je n'aimais pas tant les rouages merveilleux des êtres peuplant mon paradis, j'aurais pu le réduire en fumée pour encombrer mon esprit de ses pensées si insipides.
    Oh oui, si je ne tenais pas tant à rester, ce pathétique personne pourrait me servir de gouter.


      – Si. On se doit de l'utiliser.


    Ah, qu'il est exécrable, ce vendeur de rêves, incapable de taire ses pensées pour me laisser savourer ce bonheur que je sais éphémère. Qu'il cesse donc de se lamenter, ce futur briseur d'esprits. Un jour, il deviendra, j'en suis certaine, une menace tout aussi dangereuse que moi, pour les esprits qui graviterons autour de lui. Si ce n'est pas déjà le cas.

    J'entends ses pensées faire écho à ses gestes, son désir de m'offrir le divin se reflétant dans ses actions. Il ne comprend pas, ce fou, qu'il ne devrait pas me laisser la chance, le privilège, de devenir maitresse de cette univers. Compte-t-il donc sur ma folie pour me faire fléchir? Espère-t-il donc que l'euphorie de ce monde m'amènera à me condamner moi-même à l'aliénation ? Non. Ses pensées sont trop purs, trop bonnes pour qu'un tel plan puisse y être tapi, dans l'ombre. Il n'est rien d'autre qu'un pantin au cœur aussi détraqué qu'incapable de toute mauvaise pensée.


      – Plus tu attends, plus ce sera dur... au retour.


    Je me surprends soudainement à vouloir le voir souffrir. Je veux lire dans ses yeux la crainte, l'horreur et la peur que je me plais à inspirer aux autres. Si je tourmente son esprit, qu'adviendra-t-il, de mon Paradis ?
    Resserrant ma prise autour de son bras, je sens mes ongles s'enfoncer au travers le tissu, sachant que je laisserai des marques sur sa peau, avant de marquer son esprit. Je sonde ses pensées, à la recherche de quelque chose, quoi que ce soit, qui puisse m'aider à briser ce voile de bonté qui brouille sa vue. Et force est de constater que son esprit me donne la nausée.
    Ainsi Hayden Smith, le valeureux Monsieur Personne de tout à chacun, vit dans un rêve coloré où chacun respire la noblesse et la gentillesse. Qui de mieux que moi, pour le réveiller ?


      – Et toi, ton paradis, il ressemble à quoi ?


    Ne me parle pas de ton paradis, laisses ton esprit le peindre pour moi. Décris-le dans sa plus pur beauté, et laisse moi le disséquer, le dépecer pour mieux de te l'arracher et le réduire en fumée.
    Laisses-moi t'apprendre que la bonté est une tare à éradiquer.
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MessageSujet: Re: |- Le paradis d'Allie - [ Royal Pain ]   Dim 6 Mar - 16:00


Je sens que mon coeur s'apprête à imploser, il me chante des vagues de murmures sourds qui agonisant contre mes tempes, me rappellent des souvenirs morts. J'ai l'intime sensation qu'un seul battement pourrait m'achever, là, maintenant. Je retiens le cours du temps depuis un moment infime mais il m'étouffe comme mes pensées suffoquent tant il est nouveau pour mes yeux affolés. Je sais plus rien, ma raison doute de tout ce qu'elle a jamais créé, elle dérive vers les atrocités de ce monde et peine à endurer ce calvaire. Je souffre comme jamais, dans ce paradis d'enfer.

Je bourdonne de questionnements qui ne m'appartiennent pas et leur rancoeur doucement me mange. J'ai fait du mal, causé tant de peines qui prennent les couleurs du mal, celles de la haine. Leurs pleurs me brulent la gorge qui se serre, qui se serre... Je m'approprie les blames posés comme une armée de reproches sur le coeur d'Allison et je deviens cette chorégraphe aux intentions macabres qui jongle avec les vies tant qu'elles sont saines. Je suis une déesse grecquo-romaine. La grandeur comme elle fut originellement pensée, dure parce que plus que tout, plus lucide que vous. J'ai mal de partager ces envies qui poignardent mon coeur à l'agonie.

Mon regard cherche à se poser sur une couleur claire, une teinte d'espoir, un peu de lumière. Mais rien n'y fait et je sens un orage d'horreur et de douleur venir se coucher sur mes pensées. Une appréhension monumentale s'empare de mon être qui se demande ce qu'il n'a pas fait, lequel de ces pleurs lui est destiné, combien de nuits il a hanté... s'il sera puni pour avoir régné sur vos âmes déchirées.

J'ai mal partout, au creux de mon bras surtout. Le bocal de terreur se referme sur mon coeur devenu trop gros pour lui et il menace de crever là, en plein milieu de cette journée stoppée. Et si finalement, j'étais délivré ? Et s'il me fallait avoir vu la dernière nuance des merveilles selon vous pour être acquitté de mes dettes ? Et si je mourrais, emportant avec moi vos possibilités de rêver ? J'ai mal, jure mon corps, mal comme jamais. Si l'idée d'emporter avec ma vie la clé de vos univers dorés ne m'atteignaient pas, je serai mort depuis très longtemps déjà. Mais, quoi qu'il en soit, et quand j'écoute ce troisième battement, on dirait que ce n'est plus qu'une question de temps.

    – Et toi, ton paradis, il ressemble à quoi ?


Je me répète la phrase plusieurs fois. Mon paradis, à moi ? Mais j'en ai pas. J'en aurais jamais, est-ce qu'elle le sait ? Je suis le matériel de vos songes qui animent ma vie, l'outil de vos rêves devenus éternelles promesses, le dialogue de vos yeux à votre coeur, je ne suis qu'un auteur. Et le décor de mes volontés, je ne l'ai pas encore trouvé. Je ne le trouverai pas, j'ai déjà essayé tant de fois. Comment je peux me toucher, moi ?

Ses ongles devenus les griffes de son univers s'accrochent comme jamais à l'idée de garder son Paradis pour l'éternité. Je préfère qu'elle me saigne dans un fantasme halluciné plutôt que d'aller là-bas brûler des pères comme elle a pu souhaiter le faire. J'aimerais bien souffler mais la petite mort m'en empêche, je reste là à me répéter sa phrase et son apostrophe me harponne le coeur. Si je pouvais j'ai une vague idée de ce à quoi il ressemblerait.

Mon paradis, il aurait la couleur conjuguée de tous les yeux que j'ai aidé à faire rêver et tous ses nuages s'étendraient comme ça à l'horizon, qui deviendrait beau à compter : à chaque vie son bout de coton. Il y aurait de toi Allie dans mon Paradis, le ciel trainera l'odeur de ta passion et mes cailloux tomberont avec la même grâce que tes mouvements les plus lents. Les vents de mon monde emprunteraient leur chant à la voix de ma mère et je devine des milliards d'univers tous décorés, même de ton Enfer. Mon paradis, c'est les vôtres. Pour vous, à jamais.
J'imagine l'arrière-plan bâti pour moi, le parfum de Sephie posé partout sur mes tourelles qui auraient chacune une jumelle. Mes montagnes seraient faites de la même matière que vos souhaits et je vous promets qu'il sera possible d'y grimper. J'imagine à chacun une porte qui vous attend comme elle vous aime et je vous vois déjà les ouvrir dans une ronde bohème. Je rêve de vous laisser vivre un monde, pendant que je saigne.



Dernière édition par Mr Nobody le Ven 11 Mar - 18:10, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: |- Le paradis d'Allie - [ Royal Pain ]   Lun 7 Mar - 22:37


    Je retiens un soupire alors que son esprit s'égare dans un Paradis auquel, jamais, il n'aura la chance de gouter. Je perds pied, déconnectée de la réalité, chassée de mon propre Paradis par celui de ce Monsieur Personne dont l'utopie se façonne dans mes pensées. Je me surprends alors à noter que son paradis est tout aussi fade qu'il l'est. Il manque de profondeur, de douleur et de vérité.
    Il représente, dans sa plus parfaite retranscription, l'utopie des gens faibles, le rêve de ceux qui n'ont pas la force de lutter pour exister.

    Je laisse l'image de ce spectacle suintant l'ennuie s'imprimer dans mes pensées, à la recherche d'une zone d'ombre, d'une faille, d'un courant d'air moins pur et parfait que le reste de son rêve éveillé. Mais rien n'y fait. Dans son monde parfait, chacun vit heureux et chaque vie semble trop parfaite pour être vraie.

    C'est dans ces moments que me vient l'envie de tout saccager, de tout ruiner. J'aimerais purifier, souiller, incendier son esprit un peu trop philanthropique pour mon âme déjanté. Lui montrer, que les méchants existent ailleurs que dans les contes de fées et que, dans la réalité, aucun prince charmant de vient les arrêter.

    Fermant les yeux, je calque mon souffle sur le rythme de son cœur qui bat à travers mes doigts. J'essaye, plus que je n'ai jamais essayé,de prendre possession de son esprit comme jamais encore je ne l'ai fait. J'essaye, à en crever, de le priver de ses sens, pour le plonger tout entier dans ce paradis qu'il se plait à imaginer. J'essaye, au delà de toute possibilité encore jamais effleurée, de le rendre sourd et aveugle à toutes autre chose que ce paradis sur lequel je souhaite le voir se focaliser. Et contre toute attente, je réussi au delà de mes espérances. J'ai envie de hurler, de crier, de rire et de vanter mon infinie puissance. L'espace d'un instant, son esprit ne m'intéresse presque plus.

    Partout, aussi loin que mon don me mène, chacun, chacune, embrasse désormais le paradis de ce Mr Nobody. Chacun se retrouve emporté, loin de ma réalité, dans le rêve coloré de ce vendeur d'utopies, de ce gamin illusionné. Tous, sans exception, se retrouve mêlés à la scène que je m'apprête à jouer. Dans un bond extatique, je scanne leurs pensées, les repère, les analyse, et les trouve soudainement toutes emplies de tant de joie que j'en ai la nausée.

    Las de ce bonheur immaculé, je compose alors une symphonie, d'un genre nouveau et épuré. Chaque pensée est synchronisée, maitrisée, et trouve son jumeau dans l'esprit d'à côté.
    Je prends alors conscience de la puissance de leurs pensées, dans ce Paradis parfait qu'il a su créer, conscience de la puissance infinie qui m'y est accordé. L'intensité est telle que pour un peu, j'en pleurerai.

    Je repère le Pyroman, terrassé par l'ombre écrasante de son paternel. Je reperds la jolie Cassie qui a joué les troubadour pour moi, au déjeuner. Mais plus important encore, je repère Hayden Smith, le regard perdu dans une paire d'yeux qui ne me sont pas si étrangers. Quelque chose me dérange dans ce visage, aux cheveux trop blonds pour être celui auquel je pensais. Mais qu'importe. Vraiment, à présent, la lumière se fait.

    Le père et le fils, d'un même mouvement, se détournent l'un de l'autre pour regarder dans la même direction. Et, parce que je l'ai décidé, commencent alors à tout décimer.
    Ce qui commence dans le feu, se doit de finir dans le feu.

    Ils consument le paradis de ses pensées et j'entends les hurlements traverser de douleur résonner en moi, pour trouver écho dans mon paradis à moi, resté en retrait. Jamais leurs corps et leurs esprits ne m'ont semblé aussi liés, à toutes ces poupées. Et, tandis que je brûle leur pensées de mes mains armés, leurs raisons finit calcinées.
    Les cris de terreur, d'appels au secours résonnent, sans qu'aucun d'entre eux ne puisse se soustraire à mon emprise. Je suis sur-puissante, je suis illimitée. Je suis le dieu sans pitié de ce Paradis embrasé.

    Je le regarde alors, lui, me promettant que plus jamais, je ne le laisserai s'égarer à rêver.
    Et, dans un éclat de rire, je lâche son bras, sans y penser.
    Je suis Dieu, désormais.
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MessageSujet: Re: |- Le paradis d'Allie - [ Royal Pain ]   Ven 11 Mar - 21:20


Parce que c’est en saignant que j’assurerais la survie de vos reines. C’est à travers moi que se bâtiront vos vies rêvées et je me donnerais, pour que vous y passiez une éternité. C’est vrai, tellement vrai que je sens mon ventre le chanter, me dire que s’il est abimé, c’est parce qu’il comprend qu’il doit assurer sa Destiné puisqu’elle passe par vous.
Je me chante les utopies des autres, parce que privé de la mienne qui devient votre cœur et vos côtes. Je monte des chimères pour mes espoirs qui se perdent entre peur et pensée. J’apprivoise mon propre souffle qui me semble très loin maintenant et j’attends, j’attends. Que la vie reprenne, que mon cœur s’emballe. Qu’on me rende le temps, rien qu’un instant qui fera mal.

Je note l’intense concentration sur le regard d’une Allie dont le parfum m’inquiète. Et je sais qu’il est trop tard. Tout change si vite que j’en perds la moitié de mes entrailles qui sauraient se déverser à nos pieds. C’est immonde, c’est compliqué. J’ai mal partout en même temps mais dans ma tête, plus précisément. J’ai aperçu, rien qu’un moment, le monde des rêves selon Nobody et une retenue déçoit mon cœur qui se dit que ce paradis n’est pas à lui. Il manque tant de cruels détails à mon apogée… Je me sens triste, vidé de mes idées qui continuent de se répandre hors de moi comme un poison qui irait déranger celles d’une Allison qui n’a rien demandé. Tu me frappes si là, je te chante que je suis désolé ?

Non, elle fait pire tu vois, pire encore… L’étrange calme de l’endroit presque parfait me sillonne tout entier. Tu vois mon cœur, on aurait du se douter. Je ne différencie qu’à peine mes volontés de celle d’une reine qui entasse quelques corps pour s’en faire un escalier. Elle nous écrase de son talent doré pour arriver là-haut, hors de toi, ailleurs de nous. Mes jambes flanchent et je crois que ses ongles ont saigné ma chair. Il était temps.
Je me perds dans un mélange de pensées qui ne m’appartiennent qu’à moitié. C’est immonde et j’ai au bord des lèvres cette envie de crever. Ils sont tous habités par un immense pressentiment qui les noie dans un regret profond, ils m’en veulent mais je ne suis pas leur patron. Ce paysage a beau avoir été conçu à partir d’une de mes idées, on me l’a volé et ce qui suis n’est pas de mon fait.

Il y a Warren Peace, juste là. Et cet homme lui ressemble trop pour ne pas être son père. Ils sont partout, ils se déforment. C’est de la folie à l’état pure, ce n’est plus un monde, c’est à peine si je me connais. Je jure que juste là, je vais tomber. Je ne comprends rien, la logique du temps m’échappe pour m’emmerder une dernière fois et elle vient piquer mes sentiments qui s’exacerbent en dansant. Plus rien ne m’appartient, et surtout pas mes pensées qui grondent au rythme du pouvoir affolant dont jouit Allie. Tout doit finir dans le feu. C’est ce que je me dis, c’est ce que j’entends, d’une voix plus claire que toutes les autres. Plus forte que les hurlements désincarnés d’une femme à laquelle on arrache son bébé, plus déchirante que la supplique d’un môme à qui l’on enferme le parent, plus poignante que l’appel au secours de celle qui vient de voir mourir son amant. Plus effrayante, parce que moins vivante.

Je sens que mon visage se déforme, je hurle à en mourir. J’ai mal partout et si j’en avais la force, je pleurerais. J’ai la sensation que mes boyaux s’arrachent à moi, la torpeur m’aveugle, j’ai chaud d’une maladie folle qui aura raison de tout et appréhendent le capharnaüm de leurs rêves. Mes enfants crèvent.
Le ciel tourne, se confond avec la nuit d’un sol calciné. Mon cœur se déchire et j’ai l’impression que des centaines de démons empoignent un bout de ma vie en enserrant leurs griffes tout autour de lui. J’ai plus de tête, j’ai plus de jambes, ma raison s’effondre. Je vais vomir des larmes, pleurer un torrent de cette bile qui me dévore et me fait trembler comme jamais ; je jure que mes yeux sont assaillis par le sang des autres et c’est chacun de leur rêve qui brûle en mon ventre. Impossible de fermer les yeux, sa main retient toujours mon bras devenu le dernier de mes regrets et je témoigne de l’inacceptable. Je la regarde et l’air devient moins frais. Quelle horreur.
Elle se marre comme je meurs.

Et puis soudain, le train. Le bruit d’un engin sur ses rails, la réalité. Mon cœur reprend et s’affole pour rattraper le retard qu’il a accumulé. Mes genoux se rivent au sol, je n’aurai jamais la force de me relever. C’est tout mon abdomen qui tremble et je sens une mer de spasmes dévorer mes intestins redevenus complets, des frissons mangent mon âme qui hurle à la mort, j’ai mal, mal comme jamais. J’ai mes visions d’horreur, bien ancrées au fond de mon cœur qui se débat comme un fou en tentant de leur échapper. Ma respiration tranche ma gorge d’un rasoir fin qui m’étouffe, ma raison a foutue le camp.
Je ne sais plus qui je suis, ce que je fais ni depuis quand. J’ai sur le dos des centaines de deuils entêtants. Je suis malade, mourant. Déjà mort, puis un nouveau né auquel on tord le cou pour qu’il nous foute la paix. Je suis ce que je sais : tout un monde, en train de crever.

Assis sur mes talons, j’observe mes mains avec une insistance hallucinée. L’une d’elle est maculée de sang et c’est elle la première, qui cesse de trembler. L’autre s’agite encore et elle cavale au rythme des pensées qui m’assaillent et n’en finissent pas de me hanter. J’ai tout une partie de moi, complètement émiettée. Et elle saigne aussi, se fracasse contre les idées mortes de ceux qui s’accrochent à mon âme du bout de leurs doigts rongés par le feu d’une autre. J’ai son rire dans le fond de mon crâne, une seconde a passée. Une seule depuis que je l’ai touchée et je la sens là derrière moi à rire tandis qu’un monde va mourir contre le flanc d’une montagne sacrée, impure et décalée.
Je tousse sans me contrôler, crache le sang venu de ma gorge qui pleure et pleure encore. Le chemin qu’il emprunte me brule en rappelant à mes sens le feu qui les a dévasté. L’idée même de respirer révolte mes poumons qui aggravent ma toux colorée par tout ce qui ne va plus et a cessé d’être depuis longtemps.

J’essuie mes lèvres du revers de ma main droite, couverte de sang. Me redresse et jette un regard à Allison, bourreau d’un univers qui réclame l’aide de son sauveur mort sans combat. Et je laisse les fibres de mon corps à l’agonie prendre une résolution qui parait censée, alors qu’on est déjà un peu en train de crever. J’emprunte la rapidité d’un autre et me retrouve sur mes pieds avec une vitesse folle que je n’ai pas le temps d’appréhender. Je ne sais pas ce que je fais, mes pensées doucement se taisent, je cesse d’exister.
Et, réunissant toutes les forces demeurées en mon corps affaibli jusque dans mon bras droit maquillé par mon propre sang, fruit de mon intime personnalité, je décide. Chaque mouvement m’écorche mais mon esprit se meurt quand je projette avec une force brutale le revers de ma main contre le visage de celle qui me saigne. Pure, la gifle trouve sa joue qui claque la mort. Ma mort. Je revis le feu dans un infime flash d’enfer et la remercie de m’avoir saigné à blanc, empêchant tout contact de ma peau à la sienne.

Le bruit de l’impact résonne autour de nous, ne me procurant aucun plaisir, aucun regret. Je ne ressens rien à la savoir mouillée du sang qu’elle aura fait couler. Mes pensées doucement se taisent, j’ai la fureur de survivre partout inscrite sur moi mais je crains qu’elle ne suffise pas. Je suis debout, ignore pour combien de temps. Un sifflement pourrait m’abattre, mon mal me fait peur… je ne suis que douleur.
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