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 | « Will you save us like you saved them? » | Stan & Sweety.

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MessageSujet: | « Will you save us like you saved them? » | Stan & Sweety.   Ven 24 Fév - 20:33

Mes orteils tremblent d'un frisson d'inconnu. Je me demande si j'ai le droit, d'être ici. Entre Bam qui ne se confie que trop ou trop peu. Entre Jared qui a trop de sentiments dans ses silences. Entre les deux frères qui portent à leur manière le flambeau des Atwood. Mon flambeau à moi, j'en suis la seule propriétaire. J'en ai givré la flamme pour pouvoir y toucher. Personne ne s'arrache l'attention de mon père. Il est toujours avec moi, dans ce coeur de glace que je sculpte selon mes envies. Et aujourd'hui, j'ai une envie qui gèle au rythme de mes pas. Sans savoir pourquoi, je veux d'un futur que je peux toucher. Mes croyances cristallisent dans mes poumons et j'expire une neige aussi tendre qu'éphémère.

Toc toc, disent mes phalanges contre la porte massive d'un palais de héros. Une maison assez grande pour contenir l'absence d'une mère tant aimée. Un manoir des rêves brisés, trop petit pour trois grands espoirs qui ne s'accordent pas à la perfection. Un géant de glace qui a le coeur aussi solide que son ambition. Un fantôme dont les ondes sont une musique magique. Un héros de pierre que rien n'aura jamais vaincu, si ce n'est la mort. Parce que les journaux sont les meilleurs à jouer les nécromanciens, à ressasser les morts et les vieilles histoires. De temps en temps, ils impriment en noir et blanc les photos des autres victimes, celles des crimes non résolus, celles des morts qui sont encore aimés. Rien d'autre qu'une part de nous, exposée au grand jour.

Aucune réponse. La porte est ouverte. J'entre comme chez moi, espérant tomber sur Jared pour voir ses yeux intrigués de me trouver dans son entrée. Et puis non, il faudra expliquer que je ne sors pas de la chambre de Bam où je n'ai pas passé la nuit. Un grand corridor un peu trop lumineux. Toujours personne pour diriger mes pas, pour évacuer mes mots. Si j'étais moins polie, j'aurais glissé jusqu'à l'autre bout, mais la glace fond trop souvent. Et de laisser une trainée d'eau sur le parquet, c'est de donner des misères à celui qui s'occupe du ménage. Même si je sais pertinemment, que ça n'est probablement pas Bam, qui passe la vadrouille. L'idée de le voir suer pour autre chose qu'un match de hockey me fait sourire. Ma zone de confort, elle est au froid, celle de Bam est devant public.

Je reste muette, ayant l'impression de violer son intimité. Au bout d'une grande table, se tient Stan Atwood. Immobile comme la glace. La tête dans ses mains. Une envie de prendre ses larges épaules dans mes bras et de lui promettre qu'Il peut encore sourire givre au coin de mes lèvres. Il ressemble beaucoup à Bam, avec son imposante stature, ses yeux froids. Un peu à Jared aussi, dans la fossette au creux de sa joue. Celle qui a été oubliée. Le froid ne m'a jamais semblé aussi triste que chez cet homme, qui me prends probablement pour une journaliste sans limites, ou pour une voleuse. Je ne me sais coupable que de lui avoir volé une parcelle de sa solitude. Ses yeux dans les miens, j'approche un peu, pour prendre place à sa droite.

« C'était ouvert . . . Je suis désolée de vous déranger. Moi c'est Sweety, je vais à l'école avec Bam et Jared. Je ne sais plus lequel des deux j'étais venue voir. Ils sont si différents que ce serait impossible de choisir, je crois. Et puis je vois pas pourquoi je devrais choisir, je les veux tous les deux comme amis. . . Même qu'un jour, je serai l'assistante de Bam, il a pas vraiment le choix, on se complète trop bien. »
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MessageSujet: Re: | « Will you save us like you saved them? » | Stan & Sweety.   Mer 7 Mar - 19:36

Tiré de mon sommeil sans rêve, je maudis le monde, ma vie. Suis en colère contre tout, mais surtout contre moi. Je ne suis plus le héros et j'ai du mal à me reconnaitre, je crois. Je suis perdu dans le tourbillon de ces souvenirs qui me rappellent ce qu'était ma vie avant. Celle où j'avais l'impression de connaitre encore mes enfants. Celle où ma femme m'aimer et que son prénom me jurait une éternité. J'ai mal au coeur, j'ai la nausée, la tête dans les mains, je ressasse mes pensées insécures, celles qui me dictent à chaque pas que depuis qu'elle n'est plus là, je ne suis plus moi.

Assis devant une table vide, je ne sais que penser, j'ai envie que cette solitude se décolle de moi, j'envisage de retourner me coucher. Hiberner jusqu'à ce que mes rêves me ramènent à elle, ma réalité. Je n'entends rien, ne suis plus là, ne remarque même pas qu'une jeune fille est chez moi, je la connais, je crois. En suis persuadé, elle remonte elle aussi à mon autre vie, celle où son père était là et que je prenais cet enfant dans mes bras. C'est son sourire, son air rêveur, ses yeux qui me font dire que c'est elle et pas une autre. Sweety, la fille de mon ami. Une autre personne qui manque à ma vie.

    « C'était ouvert . . . Je suis désolée de vous déranger. Moi c'est Sweety, je vais à l'école avec Bam et Jared. Je ne sais plus lequel des deux j'étais venue voir. Ils sont si différents que ce serait impossible de choisir, je crois. Et puis je vois pas pourquoi je devrais choisir, je les veux tous les deux comme amis. . . Même qu'un jour, je serai l'assistante de Bam, il a pas vraiment le choix, on se complète trop bien. »


Je ferme les yeux, fatigué, remonte un peu la tête, joue les vivants, celui qui ne manque de rien, comblé par la réussite de ses enfants. Ce n'est qu'à moitié vrai, à moitié faux, je ne sais pas quel sens est le bon. Je suis fier d'eux comme elle semble l'être. Je sais, qu'ils sont fait pour briller, et Sweety me prouve que j'ai raison de croire qu'un jour ce sera leur statut que l'on verra trôner au centre de la ville, leurs visages qui les enfants placarderont sur leurs murs, le mien qu'on oubliera. Je ne pleure pas ma gloire perdu, j'ai peur de savoir qu'ils vont vivre ça et qu'ils n'y sont pas encore préparés. Jared, peut être, il a les pieds sur terre, alors que Bam l'a dans les nuages, il touche déjà les étoiles.

Les yeux vitreux, je le sais, je regarde Sweety, je me rends aussi que je ne sais pas quoi lui dire, que je n'ai pas de conseils à donner, que je m'inquiète un peu pour elle, parce que c'est elle. Que je vois son père lorsqu'elle sourit et même si elle ne l'a fait qu'à demi, je sais que sa présence est là. Je soupire un coup, j'esquisse une excuse sur mon visage, parce que si elle s'attendait à voir le grand héros Stan Atwood briller, elle est surement mal tombée. Ce n'est pas une bonne journée, et à la vérité il n'y en a pas eu des bonnes depuis longtemps, depuis que ma moitié m'a été retiré.

    - Assistante de Bam ... ? Il doit adorer cette idée.


Je souris pour lui montrer que je suis bien là et malgré la distance entre lui et moi, je connais mon fils. Et j'espère savoir mettre encore de l'ironie dans mes propos. Mais je sais au plus profond de mon cœur, que si tu arrives à le convaincre de l'assister, il n'aura pas que la tête dans les étoiles, il en serait une, avec toi juste à côté. Vous deux à briller.
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MessageSujet: Re: | « Will you save us like you saved them? » | Stan & Sweety.   Jeu 15 Mar - 22:02

J'aimerais ne pas observer Stan Atwood avec mes yeux de petite fille. Mes yeux, ils brillent d'envie. Celle d'avoir un papa toujours avec moi. J'ai un flocon de jalousie en moi. Jared et Bam sont chanceux d'avoir leur papa. Le savent-ils au moins ? Mon se givre de ne plus savoir pourquoi je suis là. Mon père, il s'appelait Whisper. Il était le murmure d'un hiver froid. Doux mais intarissable. On ne force pas un hiver, on s'y adapte. Et personne n'a jamais fait renoncer Terry Maesa d'avoir une famille et de les aimer comme il se doit. Certains fils de héros ou d’héroïnes se retrouvent au second plan, alors qu'on leur choisis un devoir ou une carrière. Mais pas Papa, il n'a jamais compromis ses deux blondes, l'une tendre et l'autre givrée, toutes deux comme lui. Et ça c'est la vérité.

Stan me regarde ses yeux fixés sur une image de moi du passé. Celle où j'imagine mon père me faire découvrir le monde dans ses bras. Peut-être qu'on s'est déjà vus, Stan Atwood, il faudra pardonner ma mémoire, j'étais probablement un flocon, à peine quelques hivers de haut. Alors qu'il fait un effort surhumain, ses épaules semblent si lourdes, sa volonté semble vouloir l'abandonner. Tout ce que je sais, c'est qu'il ne bouge pas. Il résiste, il endure, il ne vacille jamais. Les Atwood se sont des rocs. Stan est une montagne, Jared une forêt et Bam est un glacier. J'imagine leur femme, leur mère. Celle qui a fait d'eux une famille.

Elle devait être magnifique, Madame Atwood. Sans vraiment comprendre pourquoi, je superpose à l'idée que je me fais d'elle, ma propre mère. Dans sa douceur aimante, dans tout ce qui fait d'elle ma confidente. Peut-être que je comprends un peu mieux les Atwoods et ce qui fait d'eux ces êtres incomplets. Ils ont tous des peurs, sans savoir qu'ils sont éternels, indestructibles. On ne meurt pas d'être triste, mais parfois on oublie d'être heureux. Jared et sa mélancolie aux notes inspirées. Bam et sa façade de grand imbécile contre le monde. Même Stan, alors qu'il voudrait probablement être laissé seul. Je suis désolée de m'imposer, d'avoir eu cette envie de voir le papa des autres, faute de ne pouvoir voir le mien. Je mordille ma joue, mes jointures glacées grincent en protestation.

- Assistante de Bam ... ? Il doit adorer cette idée.

Je secoue la tête de gauche à droite, alors que mes cheveux glissent contre mon visage dans une folie de boucles. Il a bien raison, Bam n'est pas givré à l'idée qu'une petite fille comme moi puisse l'aider. Mais je suis mieux que ça, j'ai le coeur qu'il faut et quand on peux y croire, on peux réussir. Je connais tant d'étudiants qui doutent, qui questions, qui manquent de confiance. C'est ça qui les entrave, qui les empêcher d'avancer aussi loin et aussi vite que leurs rêves. Bam et moi, on ira jusqu'au bout du monde.

« Ouais, il a pas beaucoup aimé la première fois que je lui ai dit que je serais son assistante. Peut-être parce qu'il n'aime pas qu'on lui dise quoi faire, ou parce qu'il ne me connaissait pas. Ils voulaient faire de moi une héroïne, mais je voulais aider les nôtres. Pas parce que j'étais pas assez bien, mais parce que ça me tient à coeur. Parce que . . . »

Parce que Papa, parce que je l'aime toujours autant. C'est quelque chose de moi qui est coulé dans la glace. Mon amour pour lui et son amour pour moi. Il est mon glacier, ma force. C'est quelque chose qu'on ressent plus qu'on explique. Mon coeur s'emmêle dans une tempête, dans une nostalgie. Et je la chasse d'un souffle tendre. Un Sweet Whisper à la mémoire du seul homme de ma vie.

Mon attention se reporte sur Stan. Je parle trop, je sais. C'est Ma Vie qui a eu cette influence sur moi. Et mes parents trop aimants qui ne me disaient jamais de me taire. Ils m'écoutaient blablater avec un sourire au coin des lèvres et un regard complice. Mais si j'ai quelque chose à dire, avant de m'éclipser, avant de le laisser à sa triste méditation, c'est bien ça :

« Bam et Jared sont chanceux de vous avoir. »

Je ne prétends pas avoir la force de recoller le coeur d'un homme, mais parfois, un sourire, c'est tout ce qu'il faut pour givrer une journée.
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MessageSujet: Re: | « Will you save us like you saved them? » | Stan & Sweety.   Lun 19 Mar - 20:57

Mon esprit est perdu, je le soupçonne à jamais. Je suis dans mes rêves et j'oublie un peu d'exister, je ne sais pas et ne sais plus comment on fait pour entrer à nouveau dans la vrai vie, celle qu'on se passe pas à dormir dans l'espoir de retrouver un amour perdu depuis des années. Mon fils me manque, Sweety, tu le savais ? Mes fils manquent à ma réalité. Et je pense de plus en plus que je manque à la leur, celle où vacille leurs cœurs.

Tu fais surement vaciller celui de Bam, je pourrai le jurer, que tu dois être une reine dans son glacier imaginé. Je tente encore une fois de sourire dans mon attente. Je me demande si elle sait le faire sourire, si avec elle il est sincère, et puis, je n'en doute pas à la vérité, parce que je me dis qu'avec une fille comme toi, il doit surement frôler la perfection, celle qui colle à son nom.

    « Ouais, il a pas beaucoup aimé la première fois que je lui ai dit que je serais son assistante. Peut-être parce qu'il n'aime pas qu'on lui dise quoi faire, ou parce qu'il ne me connaissait pas. Ils voulaient faire de moi une héroïne, mais je voulais aider les nôtres. Pas parce que j'étais pas assez bien, mais parce que ça me tient à coeur. Parce que . . . »


Parce qu'à l'école c'est la première chose qu'on apprend, un héros, sans un bon assistant, il a plus de chance de perdre que de gagner contre un simple vent. Parce que de ce rôle là, ton père aurait été très fier. Je secoue le visage, m'en veux un peu de errer dans le passé, le même dans lequel Terry gravitait.
J'aimerai savoir respirer comme dit vivre dans la réalité. Je sens mon cœur trop serré, j'ai mal, Sweety, crois moi, et ton sourire, il ne m'arrange pas, peut être qu'il fait comme celui de tous les enfants qui croient en moi, me brise, petit à petit, ne m'élève plus, il me laisse là, sans voix.

Et je ne sais quoi répondre à ta phrase, parce que je sais au plus profond de moi que tu possèdes l'âme d'une super étudiante, et je sais tellement que tu dois aimer mon fils pour espérer l'assister. Tu riras, tu feras celle qui n'y croit pas, et moi je ne te dirai rien, j'esquisserai un sourire, j'essaierai, et je saurai que j'ai raison, parce qu'un père, même de loin, il sait toujours ce qu'il se passe dans le cœur de ses garçons. Et comme tu es la fille d'un de mes plus précieux amis perdu, je te connais un peu à travers lui. Et ton cœur fait de glaçon ? Il fond pour mon garçon. C'est beau, c'est con ... Mary t'aurait adoré, tellement que je pourrai en pleurer, encore plus brisé.

    « Bam et Jared sont chanceux de vous avoir. »


Mon sourire se fait vrai, et je ne saurai dire pourquoi. Peut être que pour une fois on ne parle pas de mes pouvoirs, de cette chance que j'ai d'être Wonderman, ici et maintenant on me remercie d'être Stan Atwood. Et c'est la fille de Terry qui me dit cela, touché jusque dans mon cœur, je détourne le regard, pas parce que je suis fatigué mais parce que je ne suis plus habitué.

Mes doigts se mettent à tapoter sur la table et je me rends compte que je ne sais pas quoi dire, que je n'ai plus parlé depuis longtemps, que c'est plus difficile que prévu. Que j'ai vraiment changé depuis des années. Je tombe un peu dans un autre monde, celui des rêves où elle est là. Et je demanderai à Sweety de m'assister s'il le fallait, mais j'ai l'espoir que j'y arriverai. De l'amour que je porte à mes enfants je m'en sortirai. Je dégouline d'amour et c'est un peu trop pour moi, perdu encore une fois, je stoppe mes doigts et me concentre à nouveau sur Sweety, juste là.

    - Tu veux boire quelque chose, manger, dis moi ... Je ne vais pas te laisser repartir comme ça.


Comprends, Sweety, que mes yeux te content à quel point c'est toi qui est chanceuse d'avoir réussi à harponner le cœur de Bam et puis un peu le mien aussi.
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MessageSujet: Re: | « Will you save us like you saved them? » | Stan & Sweety.   Mer 2 Mai - 3:57

Alors qu'il émerge de cet état qui le fige, je pense que son hiver touche à sa fin. Que le temps des glaces le quittera, lui retirant l’hypothermie qu'il a au coeur. J'aime tant le froid, mais je sais au fond de moi que ça n'est pas forcément ce qu'il y a de mieux pour tous les vivants. Stan, grandiose de ses exploits, se doit de faire fondre ce qui mets sa vie en suspens. Les saisons changent et on n'y peux rien. Pas plus que je ne pourrais lui promettre qu'il ne souffrira plus jamais. Pourtant, ça n'est pas une raison pour rester sur cette chaise. À l'extérieur, les enfants courent dans tous les sens, les adolescents tombent en amour, les adultes bâtissent notre monde et nos aînés nous soutiennent. Et ça vaut la peine d'être vu. Je me dis que si papa était là, il serait dehors avec moi, le vent du nord jouant à cache-cache dans les poils de sa barbe. Et je n'aurais besoin de rien d'autre.

Alors que les yeux de Stan émergent d'un sommeil éveillé, je respire enfin. À travers ce sourire craintif qui perce à ses lèvres, je lis une approbation que je ne savais pas désirer. Est-ce si déplacé, de souhaiter être aimée. Je mords le vent dans un souffle fragile. Mes doigts sont glacés, givrés, transits. Rien ne parviendra à les réchauffer. Je me rassure dans cette certitude. Rien d'autre que mon hiver. Le mien et celui de Bam, le même je crois.

Un doux silence nous entoure maintenant. C'est commun pour ceux qui ne savent plus exister. Cette réalisation écorche mon coeur et mes espoirs. Stan Atwood ne devrait pas être ici, seul, entre quatre murs. Sa belle maison est un château de cartes. J'espère simplement qu'il aura pris son envol le jour ou elle s'effondrera. Qu'il aura encore la force, si ce n'est la volonté, de s'extirper des décombres. Je vois derrière lui, l'ombre de ce grand homme. Celui qu'il tente de confiner. On ne choisit pas d'être un héros, pas plus d'être le plus influent de tous. Mon père l'a vu comme je le vois maintenant de mes propres yeux. Stan Atwood est une force insaisissable, il appartient au monde qui l'a choisi comme son sauveur. Des enfants à ce moment même, regardent son effigie dans la pierre et rêvent d'avoir son courage. Un Héros, le plus grand parmi les géants.

- Tu veux boire quelque chose, manger, dis moi ... Je ne vais pas te laisser repartir comme ça.


Sa maladresse des conventions humaines me fait sourire, attendrie. Je ne suis pas là pour dévaliser son garde-manger. Il a deux adolescents en pleine croissance qui s'attaquent trois fois par jour à cette tâche. D'un pas léger, je me dirige vers la cuisine, à quelques mètres seulement. Je me suis retenue de glisser, ça n'est pas poli à l'intérieur. D'une intuition glacée, j'ouvre une armoire parmi tant d'autres et tombe sur celle que je cherchais, celle des verres. Maintenant face au réfrigérateur, je souris comme une gamine, alors que la porte en acier inoxydable a une de ces distributrices à glaçon. Surement un prérequis de Bam. Je remplis mon verre de glaçons, ajoutant un peu d'eau d'une cruche dans le réfrigérateur. Alors que je m'active, je lui réponds, parlant comme si on se connaissait depuis plus de cinq minutes. Et puis je réalise qu'il y a tout un hiver entre nous, il y a mon père.

« Oh, un verre d'eau ce serait bien. Ne vous dérangez pas. Je vais bien trouver. Vous avez une magnifique maison, bien plus grande que la mienne, c'est presque un château, comme dans les histoires. Quand j'étais petite, mon père me racontait souvent celle d'un roi qui avait un château dans le ciel. Il l'avait bâtit de ses mains, parce qu'il était fort comme un géant. Je vous embête avec tout ça, mais j'ai toujours cru qu'il parlait de vous. . . »

Me voilà de retour à la table, les mains crispée sur mon verre de glaçons. Parce que ce serait triste que Stan Atwood me trouve bête. Je blâme mon coeur nostalgique. Celui qui s'ennuie à en fondre, des hivers avec papa. Cette petite partie de moi qui ne comprendra jamais pourquoi il n'est plus là.

Je ne devrais pas rester. Mes membres réclament la morsure du vent contre ma peau. Le monde nous attends, Stan. Ta place est encore là, sous le soleil, face à ceux qui croient en toi. Et sache que moi aussi, j'y crois.
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MessageSujet: Re: | « Will you save us like you saved them? » | Stan & Sweety.   Dim 31 Mar - 23:40

Peut être que j'aurais du la laisser partir, retourner à l'école et faire comme si rien de tout cela n'avait existé. Je me demande ce qui m'a pris, pourquoi je fais semblant quand le monde ne me sait plus grand. Je soupire un peu, m'apprête à me lever pour exaucé son souhait. Cependant elle me prend de court lorsqu'elle se lève pour aller se servir elle même.

    « Oh, un verre d'eau ce serait bien. Ne vous dérangez pas. Je vais bien trouver.


Je crois que je souris quand elle disparait en direction de la cuisine, comme si elle savait depuis toujours où elle se trouve. Je pense à Bam, et je devine sans même le vouloir qu'elle a du s'y prendre exactement de la même façon pour entrer dans sa vie. Elle n'y a pas laissé le choix, elle a agit, juste comme cela. Le pire ? C'est qu'elle a eu raison, pour attirer l'attention de mon grand garçon, il faut qu'elle s'impose à lui, et qu'elle patiente jusqu'au moment où il aura sa révélation, celle qui fera qu'il comprendra que Sweety fait partie de son don.

    Vous avez une magnifique maison, bien plus grande que la mienne, c'est presque un château, comme dans les histoires. Quand j'étais petite, mon père me racontait souvent celle d'un roi qui avait un château dans le ciel.


Elle parle toujours et revient vers moi, un verre à la main, plus pleins de glaçons que d'eau, comme aurait pu le faire Bam. Si similaires et pourtant si différents. J'oublie déjà mes premières pensées quand son père revient me hanter. Je l'imagine raconter cette histoire, comme celle que Mary pouvait raconter aux gamins. Elle était plus douée que moi, dans bien des cas, et celui là en faisant parti, encore une fois.

    Il l'avait bâtit de ses mains, parce qu'il était fort comme un géant. Je vous embête avec tout ça, mais j'ai toujours cru qu'il parlait de vous. . . »


Je racle ma gorge, le héros d'un conte pour enfant. J'suis pas certain que cela parlait de moi, je ne suis même pas sur de mériter l'adjectif de géant.
Son histoire me donne un peu la nausée, son père parlait d'un héros inventé, mais sa fille, elle, s'imaginait que Stan Atwood était quelqu'un de grand, capable de soulever des montagnes et de construire des maisons. J'ai été capable de bien des choses, mais surement pas de construire et déplacer des montagnes dans le ciel, là est toute la conclusion de cette histoire, mon histoire.

On m'a rendu des exploits qui ne m'appartenaient pas. On m'a dédié des édifices qui ne me conviennent pas. On a fait de moi ce qu'on a voulu, réécrit ma vie dans des magasines et on a fait rêver les enfants d'un héros qui pourrait sauver le monde entier. Je ne veux pas que Sweety me voit comme cela, parce que ce qu'on a dépeint de moi, n'en reste qu'un mensonge à présent. Je crois que je n'ai jamais su être leur Wonderman adoré.

    - Tu avais beaucoup d'imagination dans ce cas ...


Leur Wonderman adoré ... J'ai abandonné l'idée.
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MessageSujet: Re: | « Will you save us like you saved them? » | Stan & Sweety.   Sam 20 Avr - 5:41

Je pousse vers le large mes réflexions d'enfants. Certainement que Stan Atwood ne saurait que faire d'un contre pour enfant. Étrangement, ces histoires, ces moments avec papa, sont le fil conducteur de qui je suis devenue. Je ne serai jamais une grande personne sérieuse comme une roche. Je serai quelque chose de changeant comme le froid qui se présente sous toutes les formes. Je serai la neige et la tempête, je serai les sucettes glacées de nos étés. Il y aura toujours cet héritage si fort qu'un grand souffle givré m'a laissé. Peut-être que Stan a mal parce qu'il a perdu, peut-être qu'il ne trouve rien qui puisse consoler son coeur dans les petites choses. Dans les glaçons et les flocons, dans la buée du congélateur et le goût des glaces colorées. C'est qu'il faut chercher. Ce qu'on a perdu est caché, il ne faut pas se décourager, rien ne disparait complètement. Il y aura toujours des traces. Quelques atomes dispersés dans l'univers qui dansent dans tous les sens, parce qu'ils ont soif de liberté. Je crois qu'il est comme ça, mon papa, à travers tout, en me regardant de l'espace parce que rien ne pourra jamais désintégrer son âme. Je ne crois pas à n'importe quoi, mais je crois que l'amour est plus fort et que c'est triste de ne croire en rien.

Les yeux de Stan Atwood m'échappent. Peut-être qu'il n'aime pas les histoires. Peut-être qu'il trouve ça étrange que je sois là sans Bam. Il lui dira plus tard : Bam, mon fils, t'as manqué un flocon, t'avais juste à pas être si long. Je rirai de loin parce que ça me fera froid au coeur. On a pas besoin de drames pour se sentir vivants, on a pas besoin d'avoir mal pour savoir ce que ça fait d'être heureux. Peut-être que Stan a oublié que le temps ne fait pas grand chose pour ceux qui nous manquent, mais que la lumière, l'air et les gens ne font pas de mal à nos coeurs un peu réluctans, ayant peur d'être blessés comme avant. Au fond, qu'est-ce que j'en sais, je ne suis qu'un hiver dont il a connu le père.

- Tu avais beaucoup d'imagination dans ce cas ...


Oui, et j'en dois une partie à Ma Vie, qui sait comment faire des histoires merveilleuses d'une simple balade en rue. Qui sait ne rien perdre de ce monde un peu bancal sur lequel ont peut peindre toutes les couleurs qu'on sait inventer. Je crois que le ciel est beau, que les oiseaux sont importants, qu'à trop penser on ne se permet pas de voler. Mon imagination a des ailes, si mon corps est collé au plancher. Tu sais, Stan, qu'il fait beau de rêver.

« J'en ai encore beaucoup . . . »

J'en ai pour les jours où le temps est gris. Pour les jours où il fait si chaud que je ne sens plus papa. Pour les heures de la nuit où je trouve maman à méditer autour de nos vieux albums photo. C'est pas pour vivre dans le passé, c'est pour ne pas oublier son visage et ses fossettes et ses dents blanches. C'est pour le garder proche quand on le sent s'éloigner vers les morts.

« J'avais des tas de questions, mais j'ai oublié. »

J'aurais voulu lui demander pourquoi ci, pourquoi ça. Peut-être que j'ai pas eu ma phase pourquoi à cinq ans, qu'elle se manifeste maintenant, et que j'ai plus de papa à bombarder de questions sur le monde. Stan, pourquoi est-ce qu'on perds ceux qu'on aime. Pourquoi est-ce que notre amour ne les protège pas de tout. Comme une armure que rien ne pourrait transpercer. Encore des rêves d'enfants, des contes de petite fille qui compte les flocons.

« Peut-être qu'elles reviendront avec l'hiver. »


Oh, et puis Stan Atwood peut bien penser ce qu'il veut, tant qu'il me pense givrée. Pas vrai, papa ?
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MessageSujet: Re: | « Will you save us like you saved them? » | Stan & Sweety.   

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