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 « IT'S LIKE HOLDING BACK THE WIND » Liam & April -

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MessageSujet: « IT'S LIKE HOLDING BACK THE WIND » Liam & April -   Lun 8 Avr - 22:43

Mes yeux sur le sol. Les empreintes qui m'ont précédées ont donné au pavé cette âme délavée. Comme de l'aquarelle imprévue, de l'art de rue. Il suffit d'ouvrir les yeux pour voir que la vie est aussi faite de beauté. On trouve cette beauté à chaque coin de rue, dans le regard d'un enfant, à travers les yeux de ceux qui aiment sans rien demander en retour. Ceux qui croient à la fin du monde n'ont pas pris le temps d'apprécier ce qui fait de la vie un cadeau. Nous avons tous nos faiblesses. Ces petites fissures que le passé a creusé dans notre porcelaine. Un coeur est fragile, je ne le nie pas, mais je suis la preuve qu'il peut être recollé pièce par pièce si on en a le courage. Certains coeurs auront besoin d'un petit coup de main pour entamer ce casse-tête de titan. Je tendrai la main, en espérant qu'ils la prennent. Mes cicatrices semblent infimes quand on pose les yeux sur ma peau. Les failles par lesquelles fuit mon espoir ne se colmateront jamais. Toute mon énergie est dirigée à créer cette espérance pour ne plus en manquer et savoir en donner à ceux qui en auraient besoin.

Je ne pense plus à lui, ce père qui n'en mérite pas le titre. Il est ce monstre qui crie dans la nuit que je ne serai jamais assez bien. Sa voix est un écho. Ses mots ont lentement porté ma détermination à lui prouver qu'il avait tord. Prouver quoi, le prouver à qui. Il n'est plus là. J'essaie de ne pas le haïr, mais c'est un constant combat avec moi-même. Le passé n'est pas un livre dont on peut arracher les pages. Le passé est une médaille qu'on porte au cou pour nous rappeler d'où on vient, mais pas à qui on appartient. Chacun d'entre nous est maître de son existence. Donner son coeur n'est pas renoncer à sa liberté.

Les passants m'entourent comme les feuilles d'un automne bien entamé. Je les sens glisser, uniques et mouvants, vers ceux qu'ils aiment. La pensée de mes trésors réchauffe mon coeur et mes mains dans un sentiment qui ne s’apprend pas. Kaylie me tiens la main dans les pages d'une enfance que j'ai voulu lui rendre. Une silhouette me semble sortir du lot. Ses épaules solides et ces membres élancés. L'homme accroche quelque chose en moi. Ses pas creusent sous ma peau à la recherche de quelque chose qui a été oublié. J'entends une voix au fond de mes entrailles. Elle ne m'appartient pas. Mes yeux refusent d'assimiler les images. À sa poursuite, à chercher ses empreintes sur le gravier, à refuser de le laisser me quitter. Ses yeux ont trouvé quelque chose à sa droite. Ce profil, ce nez, la carrure de sa mâchoire, la forme de ses lèvres. Le tout compliqué des nouveaux creux dans sa peau, crevasses des ans, impossibles dommages.

- Liam ? »

Ça n'est pas lui, il y a erreur. La couleurs des yeux est la même, mais ils sont froids. Ils sont morts. Mon ami est mort. Je le sais. Je l'accepte même parfois. J'ai oublié d'ouvrir les yeux ce matin. Je n'ai pas quitté mon lit. Liam ne vit que dans mes rêves impossibles. Dans ce futur rêvé où son coeur bat encore. Sa main au bout d'une manche aborde les mêmes phalanges. Ses oreilles se creusent dans les mêmes plis. Ses bras se tordent dans un angle différent. Un courbe qui n'aurait jamais pu entourer les épaules de Kaylie. La réalité est un rêve qui a cessé de faire du sens. Le choc traverse mon âme qui voudrait fermer les yeux. Je ne veux plus voir ce visage qui est le sien sans pour autant lui appartenir.

- C'est impossible, tu es mort. »


Je reconnaîtrais Liam parmi tous. C'est lui, ça ne l'est pas. La raison a volé en éclats. Les souvenirs liquides menacent de franchir la barrière de mes cils. J'ai perdu tout souffle. Le vent pourrait m'enlever que la surprise serait moins cruelle. Je perds pied, mes fondations glissent d'une conviction. Il est là, ailleurs, je ne sais pas. Liam, dis-moi que ça n'est pas vrai, dis-moi que tu es là, crie sous cet air que je ne te connais pas. Hurle que c'est bien toi. Fais-le pour moi.

- Liam, est-ce que tu . . . est-ce qu'il est mort ? »

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MessageSujet: Re: « IT'S LIKE HOLDING BACK THE WIND » Liam & April -   Lun 15 Avr - 15:01



Te souviens-tu t’être endormi ? C’est un instant que tu ne peux saisir, une lente descente jusqu’aux abysses de ton esprit. Peu importe ce que tu fais, aussi fort que tu puisses essayer, tu ne te sentiras jamais être emporté par le sommeil. Tu peux sentir la fatigue te submerger, tes pensées t’échapper et ton corps s’abandonner au néant mais à la seconde où tu penses saisir le moment, il t’échappe. Et tu ne seras qu’éveillé d’avantage.

Ton esprit t’autorise à savoir que tu es endormi, lorsque son emprise sur toi est puissante et il t’envoie des images que tu oublieras. Tu te sens t’éveiller mais jamais tu ne surprendras ce, ce coma qui t’emprisonne. Et en quelques secondes, tu n’es plus tout à fait toi, à la merci de ses méandres infinis. Si je te disais que c’est dans ces secondes que se trouve les clés du monde, de ton âme ? Je suis plus fort que toi, Liam.

Je t’ai pris comme un succube empale l’esprit d’un rêveur, brisant les longs os de mes phalanges sur les remparts de ton cœur griffé par la perte et le malheur. Petit homme, je t’ai pris et ne te lâcherai jamais. Mes mains cassées t’emprisonnent, incapables d’être dissociées de ton âme. Infiltré dans ta chair, j’ai pris le contrôle de ton fantôme. Maitre de tes maux, capitaine de – « Liam ? » crap !

Tu as reconnu cette voix et tu grattes, tu grattes, tu grattes ! Contre ma tête qui s’emmêle, TAIS-TOI ! C’est insupportable, reste sage. Nos jambes refusent de courir, à quoi joues-tu, petit homme ? J’aurais du te laisser pourrir dans l’hôpital où je t’ai trouvé. J’aurais du te laisser agoniser, cramé par la misère qui t’empoisonnait les sens. Te laisser crever avec une lenteur minable, escorté par les démons te menant dans l’enfer des autres. J’aurais pas du te prendre comme le sommeil t’a voulu, creusant mon chemin sous ta peau. Te souviens-tu ? Autant essayer de basculer un interrupteur entre ombre et lumière. Quoi que tu fasses, l’un mangera l’autre, te laissant seul avec moi.

« C’est impossible, tu es mort. » dit celle que je refuse à nos yeux, l’écoutant de notre profil sorti d’une toute autre vie. Tu entends ? Elle sait, tout le monde sait. Tu es mort depuis des années. Enfermé dans ta cave dont je possède seul la clé. Ta dépouille suinte la douleur, scarifiée par mes ongles logés dans tes dermes, couchés sur tes rêves. Bloque nos jambes aussi longtemps que tu voudras, Liam, rien ne t’enlèvera à moi.

Mais « Liam , est-ce que tu . . . est-ce qu'il est mort ? » me demande la misère entourant sa voix d’ange. Je nous tourne, nous confrontant la douleur et moi. Le malheur et son roi. Tu la reconnais et tu hurles, hurles, hurles mais tu vas LA FERMER ?! C’est douloureux, tu n’as pas idée. Je te possède, tu es à moi. Ne l’oublie pas.

Y a des… comment, des sentiments qui pullulent sous notre peau, grondant comme une tempête que déchaine son visage et la douleur qui s’y pose, me tutoyant bien en face. Alors que tu te déchaines, me vrillant les tympans, me prenant ventre et tête. Liam, si tu restes calme, je te laisserai lui parler, est-ce qu’on est d’accords ? « Oui. », ma brave bête, maintenant tiens-toi droit et ferme-la. « Il y a des années. Il a eu droit à une très belle cérémonie, il parait. J’y serais bien allé mais… je n’étais pas vraiment moi-même, en ce temps-là. »

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MessageSujet: Re: « IT'S LIKE HOLDING BACK THE WIND » Liam & April -   Lun 15 Avr - 19:52

Je voudrais arracher le masque mesquin que porte son visage. Un muscle dans sa joue saute comme s'il jouait d'un tic, énorme travers dans les traits qui sont si familiers qu'ils pourraient en être vrais. Ses yeux s'agitent. Droite, Gauche. Oui, Non. Peut-être que le temps lui a fait brûler le coeur, rendant Liam un tout autre homme. C'est mon ami, ça ne l'est plus, et mon coeur en pâtit. Ma lente ascension mensuelle jusqu'à l’acceptation de sa mort me semble d'une cruelle ironie. Pourquoi l'oublier quand ses traits mentent sur qui il est.

La façon qu'il a de se retourner me crève le coeur. J'ai les doigts glacés d'horreur. Sous cette lèvre qui a tant sourit, un rictus que je ne lui connais pas. Je connais Liam, je le connais, même après toutes ces années. Je le connais parce qu'il est en moi, parce que j'ai gardé vivante une parcelle de qui il était. Chérissant plus que ma vie la dernière étincelle que j'ai prise à ses yeux. Ses yeux maintenant ficelés d'une malice impossible à regarder en face.

L'incroyable vision à laquelle j'ai droit fait ressortir les doutes d'une enfance refoulée. Est-ce que Liam m'aurait abandonnée. Aurait-il eu le coeur de me laisser. Pourquoi n'est-il pas revenu pour moi. Je creuse de mes mains dans le sable de mes pensées pour ensevelir ces questions auxquelles il ne pourrait pas répondre, parce que ça n'est pas Liam, pas complètement.

« Oui. »

Ses paroles et mes yeux se battent contre deux évidences contraires. Mais c'est sa voix qui me trouble le plus. Aussi grave et posée qu'elle l'était, le ton est nouveau. La prononciation d'un simple mot est mauvaise. Il a le corps de mon Liam aux fossettes et le traite comme si ça n'était rien. Ça n'est rien, sauf celui qui m'a sauvée de moi-même en m'offrant la famille dont j'avais toujours eu besoin. Pour lui ça n'est rien, pour moi c'est tout.

« Menteur. »

Liam n'est pas mort, s'il n'a plus son corps, il est certainement quelque part. Je l'extirperai de l'air qui nous entoure pour lui rendre sa forme. Je le formerai de toute pièces parce qu'il vit encore en moi. Je te retrouverai Liam, je ne peux plus accepter qu'on me l'ait pris, qu'il m'ait été enlevé. Je n'ai plus la force d'admettre sa mort, pas quand un quelque chose de lui me fait face.

« Il y a des années. Il a eu droit à une très belle cérémonie, il parait. J’y serais bien allé mais… je n’étais pas vraiment moi-même, en ce temps-là. »

Une vie plus tôt. Dans le carnage. Quand l'espoir a été abattu, à bout portant. Quand une famille a eu son futur volé, arraché, déraciné. Quand on m'a demandé, de me tenir debout alors qu'ils portaient deux cercueils identiques vers le centre de la terre. J'aurais voulu crier qu'on ne peut pas me faire ça, mais une petite fille avait besoin que je ne souffre pas parce qu'elle allait souffrir sans fin, à grandir sans ses parents. J'ai laissé les larmes couler à l’unisson avec celles de tous ceux qui ont aimé Liam Thatcher, un peu, beaucoup, à la folie.

« J'y étais. »

J'y étais. À cette cérémonie qui me semble étrangement fourbe maintenant qu'il est devant moi. Lui, cet usurpateur, cette voix que je ne peux pas comprendre parce qu'elle n'a aucune prise sur la raison. Mes pensées refusent de retourner dans le passé pour revivre cet adieux, cette révérence à l'homme qu'il était, à l'homme qu'il n'est plus. La réalité a été tranchée au couteau et je vois ses entrailles. Là où les câbles tiennent notre monde en une seule dimension. Je suis là, Liam, je suis là, que tu y sois ou pas.

« Tu ne sera jamais toi-même, pas vrai ? Parce que tu ne sera jamais Liam. »

Je le fixe, cherchant à comprendre. Qu'il m'avoue, que je puisse faire quelque chose de cette incompréhension qui s'acharne à me laisser dans le noir. Sait-il ce qu'il a fait, ce qu'il a fait de Liam, ce qu'il nous a fait à tous. Je laisse le vent balayer les larmes qui ne couleront pas. Je ne pleurerai pas pour lui, je ne ferai pas cet affront à mon ami, qui lui, saurait les retenir à jamais.
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MessageSujet: Re: « IT'S LIKE HOLDING BACK THE WIND » Liam & April -   Lun 15 Avr - 21:31



Pas moi-même, en ce temps-là. Je nous fais sourire, tordant tes idées folles qui butent, qui butent, qui butent sur les barreaux de ta cage de chair et de sang. C’était de l’humour Liam, tu comprends ? Je te ferai rire, même s’il me faut pour ça arracher un pan de notre peau. J’exulterai comme un maniaque, décharnant notre carcasse en pariant sur qui de toi ou de moi, de moi ou de toi, survivra au carnage. J’approcherai ceux que tu as… comment, aimé et les laisserai contempler le tableau sanglant qu’est devenue ton âme morte et pendue à ma porte.

Tu bloques toujours nos jambes, petit homme, sachant que je courrai dès la première seconde qui te fera flancher. Je courrai, abattant les passants de la rage que m’inspirent tes hurlements. J’irai isoler notre corps, m’enfermant derrière une porte, crachant sur l’ironie du sort. Faisant de toi l’immonde prisonnier d’un prisonnier, je me cacherai pour abattre l’air d’un cri unique, exorcisant une moitié de ton être. Je te vomirai, si tu continues à te déchainer. Je t’expulserai, laisserai jaillir la créature de fer et de sang qu’est devenue ta raison puis la piétinerai, me défaisant de notre ombre. A jamais moi, je cesserai d’entendre ta voix, et celle de ton passé qui dit que « J’y étais. »

Oh, quelle incivilité. Elle te fait pleurer. Un désespoir intense coule dans nos veines, m’euphorisant, libérant ma tête. Tu sombres mon Liam, à genoux devant les chiennes des chiennes que tiennent en laisses d’autres chiennes apprivoisées par ma voix reine. Enfin à ta place, tu me vrilles les sens d’une douleur immense, rapetissant mes idées pour y loger les tiennes. LA FERME ! Elle ment, elle n’y était pas. Personne n’y était. On ne t’a pas enterré et ta femme pourrit encore quelque part sur le pavé.

« Tu ne sera jamais toi-même, pas vrai ? » Oh, elle comprend ! Elle a compris et j’en souris, magnanime énigme. Tu me laisses avancer d’un pas vers elle. Oui… pas moi-même, elle a saisit. « Parce que tu ne sera jamais Liam. » Non ! Ferme-la, petit homme, libère notre ventre de la torsion qui s’y pose, libère ma tête de cet entêtant refrain, je me fous de toi, je me fous du mois ! Avril, mais qu’est-ce que ça peut foutre à ton âme ? « Plutôt crever, que d’être Liam ! »

Oh non je ne suis pas lui, je suis bien plus que ça. Je suis sa mère la Mort et j’ai pris possession de son corps. Je suis sa sœur la Douleur et j’ai guéri ses plaies à l'intérieur en y posant quelques… quelques idées. Je suis son frère le Deuil, et je me suis suicidé.

« Plutôt crever. » je murmure de nos lèvres fendues d’un sourire mort. Je t’emmerde, Liam, et te surprends dans l’effort. Et tu te répètes aussi, petit monstre, un même mot qui prend mon crâne en grippe. Avril. Avril. Avril. Qu’est-ce qu’on deviendra, quand l’été sera là ? Tu ne fais plus de sens, roulé sur un parterre de promesses brisées. Et elles te plantent comme tant de bouts de verre, se logeant tout à l’intérieur de ta chair. Elles te souillent d’une petite folie, un piquant qui te réduira à néant. Ton malheur m’enivre, brouillant ma vue qui, rien qu’une seconde, te revient. Avril. Tu me le paieras, fils. Je te punirai, t’abhorrerai. Tu penses avoir mal, mais tu ne sais pas. Oh, Liam. Je serai toujours plus que toi.

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MessageSujet: Re: « IT'S LIKE HOLDING BACK THE WIND » Liam & April -   Sam 20 Avr - 20:48

J'ai oublié de respirer durant une petite seconde qui passait par là. Je me suis perdue dans une douloureuse superposition de son visage au passé et de ses traits au présent. Les temps s'alignent sans que puisse les relier. Comme si la pluie avait effacé les dessins à la craie de nos jeunes années. Les saisons sans Liam ont été celles de sa fille, celles où je les aimés, tous les deux, tous les trois, et nous quatre. On m'a forcé à regarder la terre engloutir son corps. Comme mon coeur gobe l'abandon. Sans cesser d'être affamé. Sans cesser d'être apeuré. Les sentinelles de ma raison crient que c'est une mascarade. Qu'à enlever son masque, je pourrais retrouver Liam. Les ongles de mes mains se sentent la force de déchirer le voile de ses mensonges. Détruisant au passage son ignominie qui jamais n'aura sa place sur le visage de mon ami. Les courbes de son ombre sont déformées par cette posture qui ne lui appartient pas. Je pleure la souillure qu'il a imposé à cette chair. La noirceur dont il a injecté ses os. Le poison dont il a infecté ses veines.

Vint le présent. Où le combat cesse d'être entre la raison et le possible. Le duel se fait entre Liam et cet intrus. Ce monstre au rictus désabusé. Il verra que de toutes mes forces, je m'accrocherai à Liam. Le tirant des entrailles de cette raclure qui lui a abjuré sa vie. On ne touche pas à mes amours sans éveiller la force primitive qui me fait vivre, haute et forte. Rien ne peut abattre une femme comme moi aux fondations bancales mais aux murs hauts comme le ciel. Ne t'en fais pas, Liam, je ne t'abandonnes pas.

« Plutôt crever, que d’être Liam ! Plutôt crever. »


Le sourire qu'il a est des plus déchirant. Sa seule expression fends mon coeur en deux. Il tire des balles dans toutes les directions, espérant toucher quelque chose, souhaitant blesser pour tuer. Mon âme a déjà été la cousine d'une passoire et ça ne m'a pas achevé. Liam, de son écoute, a colmaté les trous. Un à un, à coup de centaines, à coup de respect. Je lui dois la même chose. À lui, à sa mémoire, à l'infime possibilité qu'il soit là, face à moi, sous le masque.

« Et je suis certaine qu'il aurait préféré mourir que d'être toi. »

Liam n'aurait pas voulu de cette vie, de ce parasite. Il se veut aimanté d'une force malsaine, alors que chacun de ses tics combat les expressions naturelles qui donnaient vie à ce corps. Liam ne voulait pas mourir, j'en suis certaine. Il voulait vivre. Encore aujourd'hui, il aurait tant de raisons pour le faire. Le seul prénom de Kaylie devrait en être le symbole. Et après, bien après, un peu pour lui, et un peu pour moi. Je me veux le meilleur de moi-même, alors que durant les pires moment, la meilleure partie de moi, c'était lui.

« Tu semble connaître Liam si parfaitement que je crois qu'il est toujours là. »


Je sais qu'il y est. Pour que le mal en personne déteste quelqu'un comme il semble haïr Liam, c'est qu'il connait tout l'amour qu'il y a dans son coeur. Parce que mon ami aimait beaucoup plus que je ne croyais le mériter au départ. Je crois en lui. Je crois en Liam.
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MessageSujet: Re: « IT'S LIKE HOLDING BACK THE WIND » Liam & April -   Mar 23 Juil - 23:08


J’exulte, quand son cœur se fend. J’ai planté mes pouces dans les orbites de tes yeux vides, petit homme. Je t’ai rendu aveugle et j’ai fait de ta carcasse le miroir de mes années lumière. Tu implores, gisant sur mes terres, appelant fort, griffant nos tempes jusqu’à y laisser la marque de ton ongle arraché au vent. Tes yeux comme les miens contemplent le tableau désolant d’une femme à qui il ne reste pas grand-chose hormis ses quelques souvenirs d’Avril. Petite femme, je peux t’arracher ce dernier fil. Grisé par tes lamentations, j’exploite les larmes qui suintent contre les verrous de ta prison à l’épreuve des balles. Rien, rien, rien ne t’enlèvera à moi. Souviens-toi, Liam, souviens-toi des bruits d’hôpital.

J’approche, nos jambes attirées par son ombre, jusqu’à recueillir son souffle sur nos lèvres. « Et je suis certaine qu'il aurait préféré mourir que d'être toi. » Oh ce n’est pas très poli. C’est vrai, oui, mais pas très poli. Loquant ses yeux dans nos yeux, j’use d’un face à face. Vois comme l’on se ressemble, petit homme, plutôt crever tous deux, qu’être notre fantôme. Et je rature tes faiblesses qui me déchirent le crâne, balayant d’un tic toutes tes émotions toquées sur chaque trace de nos pas. Bientôt, il ne restera rien de toi. J’agite nos nerfs que tu mords, serpentant sous cette peau en flamme pour hésiter entre tordre son cou ou ingurgiter son âme. Je la conserverais, la noyant dans un bocal afin que ses idées soient miennes. Je t’offrirai la vue de son corps sans vie, dénouant sa peau afin d’y saigner un poème. Et, songeant à notre rencontre, pendrai sa tête auprès de la tienne qu’elle semble si bien connaitre. Je serai, geôlier, le marieur de vos restes.

« Tu semble connaître Liam si parfaitement que je crois qu'il est toujours là. » Mmh. « Oui. » NON ! « Non ! » j’explose, quand paume rencontre paume. Oh, Liam tu es mort et le resteras. Ce n’est pas à toi qu’elle s’adresse, mais à moi. Moi. D’un Avril à l’autre, j’ai vécu tes hivers pour te laisser aussi froid que le cœur d’une garce, à l’ombre de mes ombres, bien caché sous nos organes épars. Nos grandes mains à moitié ouvertes encerclent cette tête qu’est la nôtre et je nous fige, tu nous figes dans un scandale d’émotion vive. «  Est-ce que tu crois en la magie, mmh ? » Est-ce que tu penses que tout peut arriver ? Qu’il ne faut jamais dire jamais ? Est-ce que tu crois en l’impossible, as-tu déjà essayé de le provoquer ?  «  Peux-tu rendre leur vie à ceux qui l’ont perdue ? … Moi non plus. » A mort l'espoir. « Liam est mort, j’ai récupéré son corps. » Fin de l'histoire.

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MessageSujet: Re: « IT'S LIKE HOLDING BACK THE WIND » Liam & April -   Ven 23 Aoû - 19:38

Les lignes que le temps a creusé sous ses yeux sont la preuve des ans maudits où il était mort, dépecé de son existence. Mon coeur plane vers un espoir impossible, certain de s'écraser quand il ouvrira les lèvres, souillant le corps de Liam. Ses membres joueront un mensonge. Une tragédie sur une trame de faux. Les sursauts que font ses muscles sous sa peau m'extirpent une grimace. Ce sang qui vit sous ma peau est glacé d'angoisse. Je combats la peur que provoque un monstre sous le visage d'un être aimé. Jamais je n'aurais cru que cette vision soit possible. Liam me semble enfermé sous une force malsaine qui lui interdit l'accès à ses membres. Je le sens, de tout mon coeur, se battre pour me rejoindre. Il récupérera cette parcelle de son être qui vit toujours en moi. Il aura la force de revenir, lui qui m'a tant manqué. L'impossible n'est qu'un concept. Les gens qui s'aiment se retrouvent toujours. Je le jure, je te retrouverai, Liam.

« Oui. » Crie cette voix rauque et arrachée. Comme si on lui avait soufflé la vérité. « Non ! » Se contredit-il, agacé. Les anciens abandons d'une fille comme moi grattent contre mes os. Ce ne sont que les désillusions d'une gamine qu'on a pas assez aimé avant lui. Ce qui m'a toujours lié à Liam, c'est inconditionnel. Vint un temps où j'ai cru qu'il m'oublierais quand il a trouvé la femme de sa vie et qu'ils ont fusionné leur amour pour donner la vie à une demoiselle incroyable. J'avais eu tord. Il y a des sentiments qui ne peuvent pas s'estomper. Ils sont la fondation de tout ce qui suivra. Donnant le ton au reste de nos coups de coeur. Le ciment de nos amours à venir. Sans Liam, j'aurais bâtit une vie sur des sables mouvants, incertaine de la solidité de mes relations, toujours biaisée sur les motifs des autres, crevée par mes propres doutes. Il a été mon roc et il vit toujours. Il existe en moi comme il existe en ce visage qu'on lui a extorqué. Ses lèvres remuent dans un mensonge probable. «  Est-ce que tu crois en la magie, mmh ? » A-t-il haussé un sourcil, a-t-il froncé le nez, a-t-il cligné des yeux. Quel piège creuse-t-il sous mes pieds ? J'expire un sourire convaincu. Aussi solide que mes sentiments pour Liam. La magie est une illusion. « Non, je crois que tout a une raison d'être. Il n'y a aucune magie, aucun hasard. » Ses oreilles se sont détournées, me laissant seule avec mes doutes.  «  Peux-tu rendre leur vie à ceux qui l’ont perdue ? … Moi non plus. » Je crève un peu. Il érige une tranchée sous mes ongles, prêt à siéger jusqu'à en avoir gagnée la guerre de la culpabilité. C'est la faute aux vivants qui n'ont pas su retenir les morts. « Liam est mort, j’ai récupéré son corps. » Non, je n'y crois plus. Les faits mentent jusqu'au bout, tordant la réalité. Sa mort m'a été annoncée, créant du chagrin qui a débordé lentement de mes cils, jours après jours, comme la constante de sa présence dans ma vie. Kaylie toujours présente pour porter ses traits. Kaylie, sa fille, son sang, son amour. Comment lui dire, comment la protéger, comment faire la part des choses. Elle a le droit de savoir, mais j'ai le devoir de la garder en sécurité. Cet usurpateur dérangé ne doit pas connaître son existence, ou il aurait entraîné Kaylie dans son champ de destruction, contaminant toute chair de Liam, toute partie de son âme encore pure. « Liam ne pourra jamais mourir tant qu'il vivra en moi. » Mon coeur s'est soudé à cette image de lui que je garde comme ma vie. Ce canevas de qui il était, je pourrais le lui dessiner pour le faire revivre. Pour redonner à son corps ce qu'on lui a volé. Liam est là, avec moi, j'en fais le serment. Cet imposteur n'y peut rien. Nous sommes liés. Nous nous sommes aimés.
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MessageSujet: Re: « IT'S LIKE HOLDING BACK THE WIND » Liam & April -   Mar 11 Nov - 1:05


Lorsque ce jour sera mort j’irai vomir ta mémoire, petit homme, et le moindre de tes efforts. J’avalerai tes relents, ingurgitant ton sang comme un poison afin qu’il abreuve tes chiennes de misère battues jusqu’à la déraison. Les déchets putrides couvrant tes souvenirs glisseront le long de notre gorge enflée avant qu’elle n’implose et je ne te laisserai là, crever dans ta farce. Alors, tandis que la marre insalubre ira dissoudre ta peau j’y cracherai des rancœurs et ferai de tes abats un festin. Je te reprendrai, te gobant encore en tapissant ton intérieur des douleurs de ta femme morte. Tu iras gésir, termite parmi les remparts, monstre infâme et sans couleur, vide de joie et vide d’espoir, couronne de tes propres peurs. Si seulement tu avais eu une sœur.

« Liam ne pourra jamais mourir tant qu'il vivra en moi. » Sa voix carillonne contre notre peau comme une symphonie de métal rompue sur une rangée d’os. Ses gammes puent le courage et l’espoir. Elle nous en griffe le cartilage. Ça te parle et j’enrage. Ça te parle. Ça te parle. Ça te parle à en ouvrir ta cage. Mais tu sais, parce que tu l’as toujours su, que tu ne vis nulle part sinon en moi, tu n’es que le mince reste de tes fanges. Un dédale sinueux dont les parois visqueuses veulent ta mort et s’enferment en puissantes mâchoires sur ton corps. Liam ? Elle a tord.

Elle te ment comme elle l’a toujours fait. Elle ne t’a jamais aimée ! Qu’a-t-elle dit, le jour où tu l’as embrassée ? Sur chacune de ses syllabes pèsent les cadavres de ce rejet du à son cœur plein de désert. Depuis des années elle te traine, gavant tes poumons de poussière. Elle attend, souriant tandis que tu agonises, qu’asphyxient tes rêves désossés rompus par des arrivages d’hyènes hargneuses affamées de ta chair. Liam ? Depuis des années, elle t’enterre.

Je t’ai sauvé. JE t’ai sauvé tandis qu’ils désespéraient, comptant les fleurs qu’ils iraient foutre sur ta tombe afin qu’elles jonchent la dalle rance de ta déchéance. Mais je t’ai donné les moyens d’arracher de tes dents les fils qu’ils avaient enfoui dans mes veines. Elle t’a tué jusqu’à se sentir pleine. Elle t’a voulu mort afin qu’en elle perdure le souvenir d’un gamin brisé et changé par les grandes mains de sa volonté faisant de toi un bouffon qui reste à sa place. « Mais on étoufferait, dans cette pauvre carcasse. »

Tu n’y es pas, Liam, regarde-là. Tu n’y as jamais eu ton propre espace. Tu étais à peine tombé qu’ils étaient endeuillés. « On suffoquerait, dans ce cœur brisé. » On se noierait avec tous ces trous qui laissent passer les rats et la flotte qui viennent nous ronger la chair depuis qu’il a été abandonné comme on coule une galère. Il nous fallait un cœur fort. Pas un des leurs. Ils ont laissé pourrir femme et fille au soleil, se délectant avec jouissance du spectacle de leurs corps macérant sur ton ombre. Et, quand il n’en resta plus que du vent, ils ont réclamé leurs cendres, les récoltant à mains nues tandis qu’elles s’enfonçaient, mortes, jusque sous leurs ongles. C’est en Avril, qu’a eu lieu la fin du monde.
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