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 » HALLUCINE « callie × liam

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MessageSujet: » HALLUCINE « callie × liam   Jeu 9 Avr - 22:38

Te souviens-tu t’être déjà éveillé si aléatoirement que tu n’as pas su pourquoi, ni comment ? As-tu contemplé dans l’angoisse, aveugle et muet, le gouffre béant des heures perdues ? T’es-tu déjà égaré entre la fragilité de tes songes et l’épaisseur noire des ténèbres ? As-tu saisi, petit homme, l’absurdité de ton être ? Il faut que tu comprennes que tu n’es qu’une rature sur mon poème.

La rouille de ta cage grince sèchement contre tes ongles quand ils s’y enfoncent, faisant hurler le métal d’une voix inhumaine et stridente. Le spectacle auquel tu assistes depuis l’envers de nos orbites t’horrifie mais tu contemples, agité et impuissant, le déroulement de nos gestes. Nos doigts postent une enveloppe dont l’odeur chargée emplie la boite avec un empressement égalant la force de celui qui a percuté ta voiture. Te souviens-tu ? La façon dont la taule s’est encastrée dans le crâne de ta femme, l’avidité avec laquelle elle est morte, la langueur qui l’a prise et les pleurs déchirants de ta fille ? Elle a décharné ses poumons, y enfonçant ses doigts minuscules, tirant fort sur sa chaire putride, déjà rongée par les vers. Elle a saisi nerfs et derme, creusant comme dans le sable jusqu’à saisir ses organes que le choc et la terreur ont gonflé comme des ballons. Elle a crevé si vite que tes yeux révulsés n’ont pu tout comprendre. Alors, tu m’as appelé. Te souviens-tu ? As-tu oublié ?

Tes Kays sont mortes et leurs corps étendus au soleil y macèrent encore. Tes semblants de Clés ont été réclamées par l’horreur qui dans les cendres et la poussière viole leurs rires cadavériques dont tu as perdu la moindre étincelle. Tes songes rebelles se sont fendus dans le mal, d’un dernier effort. Et me faisant leur marâtre, j’ai dressé ton nom, petit homme quand tu m’as baptisé la Révolution.

Les peurs rances dégoulinent sur un parterre de tripes égarées qu’elles maculent avec lourdeur, s’enfonçant, putrides, jusque dans l’acide abyssal de tes profondeurs. Une jeune femme nous regarde. Nous, le facteur. Nous lui tendons, afin qu’elle approche, une enveloppe contenant une révélation. Une ligne, un présent qui t’aura été utile, à la veillée du temps. « J’irai creuser ton cœur lorsque le chagrin l’aura fini afin qu’il puisse servir de coupelle à ma langue asséchée. » en bas, se trouve la signature de la Mort. Les lettres de sang suintent encore contre le papier qui les rejette avec une paresse dégoutée.

Je tire sur le coin de nos lèvres. J’enserre mon emprise sur ta carcasse, faisant macérer ma chair brûlée contre ta peau afin qu’elle t’enveloppe et que dans l’ombre, toutes deux se confondent. Je te mangerai. Je te ferai, cannibale, le vautour de tes rêves. Et quand leurs cadavres désossés auront percé tes lèvres, je récupérerai leur sang dans mon auge, m’abreuvant avec délectation de l’abomination de tes restes.
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MessageSujet: Re: » HALLUCINE « callie × liam   Ven 10 Avr - 21:41


L'homme décharné quitte la maison de Sadie. Un mauvais pressentiment a pris le contrôle de mes jambes quand je l'ai vu arriver par la fenêtre et m'a conduite dehors. Je me demande si Timmy a pris le contrôle de mon corps afin que je puisse protéger Sadie en cas de besoin. J'aurais sûrement dû appeler papa, mais je n'ai pas eu le temps de me rendre dans la pièce qu'il occupait, car avant que j'y pense, j'étais déjà sur mon perron. Là, je suis droite et immobile, ce qui ne me ressemble pas, attendant fébrilement. Mais tout va bien, il a juste déposé une lettre et je remarque seulement sa besace. C'est un facteur.

Un facteur mal en point, mais un facteur. Je le détaille alors qu'il s'approche de ma maison. Ses gestes sont lents, comme si chacun d'entre eux représentait une nouvelle souffrance. Ses vêtements flottent. Il aurait pu être un sans-abris que ça n'aurait pas été choquant. Mais quelque chose brille dans son regard. Je le vois alors qu'il approche, une lettre à la main. Je ne sais pas pourquoi, mais cette étincelle me met mal à l'aise, bien loin de celles que mon amour parvient à faire ressortir de mes transes. Le personnage entier me fait frissonner et j'entends Timmy qui tente de me rassurer dans mon oreille. Il n'aimait pas me voir inquiète. J'essaie de me détendre tandis que l'homme me tend le papier, silencieusement. J'aimerais lui dire « bonjour », être polie, mais j'ai peur de lui sourire. Je prends le papier. Je crois que mes gestes sont trop ératiques.
« Merci. »

Je m'en veux de le trouver menaçant, ne pouvant m'empêcher de ressentir une pointe de compasion pour cette pauvre âme que je n'ai jamais vue. Ce n'est pas de sa faute, après tout, s'il me fait penser à un squelette. Il ne veut probablement pas me faire peur. J'essaie de lui esquisser un petit sourire, mais je le sais faible. Je ne suis pas à l'aise sous son regard, pas plus que devant ce demi sourire caché sous sa barbe. Timmy me frotte doucement le dos, comme pour le réchauffer et je me sers de ce geste chaleureux pour alimenter mon courage et lui sourire pour de vrai.

Je jette un regard à l'enveloppe. Elle est à mon nom. Tiens donc... Qui a bien pu m'écrire ? J'ouvre le courier, sans un regard pour l'homme qui partira sûrement, voyant que l'échange de politesse est terminé. Je m'en veux, je devrais sûrement lui souhaiter une bonne journée. Je relève la tête avec un nouveau sourire que Timmy m'inspire en me caressant la joue. Je sens sa main invisible sur mon visage et sa chaleur enveloppe mon coeur.
« Bonne journée à vous. »

Pas de réponse. Un peu gênée par son silence, je reporte mon attention sur l'enveloppe ouverte et la lettre qui se trouve à l'intérieur. Je sors la missive, l'ouvre. Il n'y a qu'une seule phrase, écrite en rouge. L'encre semble ne pas avoir encore séchée.
« J’irai creuser ton cœur lorsque le chagrin l’aura fini afin qu’il puisse servir de coupelle à ma langue asséchée. »

Mes yeux s'écarquillent. Timmy ! Timmy, qu'est ce que ça veut dire ? Pourquoi c'est écrit ça ? Je ne comprends pas. Je regarde avidement la signature. « La Mort. » Je pousse un cri et laisse tomber le papier, comme s'il était empoisonné. Timmy ! Elle vient pour moi aussi ? Je porte la main qui ne tient pas l'enveloppe à la bouche. J'ai envie de pleurer, mais une colère sourde me submerge. J'écrase le papier au sol avec un nouveau cri, plus hystérique, moins humain. Elle ne m'aura pas. Non ! Je ne laisserais rien au chaos ! Jamais ! Il ne m'emportera pas !
Timmy, aide moi...
Garry. Il ne le supporterait pas.
Sadie. Elle a besoin de moi.
Papa. Combien de pertes peut-il subir avant de sombrer ?
Maman. Je suis son enfant. Sa Timmy, à elle.

Timmy a ses mains sur mes épaules, comme pour m'intimer le calme. Ceci n'est rien qu'une vaste plaisanterie. Une blague de mauvais goût. Je cherche avidement un indice sur l'enveloppe, le nom d'un envoyeur, une zone d'enlêvement, une date sur le cachet de la poste... Rien. Seulement mon nom et mon adresse. Je lève les yeux, prête à courir après le facteur, espérant qu'il ne soit pas trop loin. Il est toujours là, en face moi. J'ai un mouvement de recul, surprise de le voir là, tranquille. Il n'a pas bronché.
« Il n'y a pas de timbre... » J'articule péniblement. « Qui vous a donné ça ? »
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MessageSujet: Re: » HALLUCINE « callie × liam   Ven 10 Avr - 23:17

Éclairé par la dernière lueur du jour, j’irai t’égorger. Je trancherai jusqu’à l’os un égout putrescent d’où tu pourras t’échapper en hurlant. Et lorsque tu iras gésir, remord parmi les nuisibles, agglutiné contre la chaleur moite de ta farce, je vomirai les mouches et araignées sanglantes qui délogées se nourriront de tes ombres. J’accrocherai le tableau sans vie de ta famille moisissant sur les abats formés par la marre de vos os broyés dans l’ennui. Je te ferai, ingrat, mon immortel ennemi.

J’écoute, patiemment, la symphonie gutturale de tes exclamations qui m’opposent, diffames. Et tandis que tu râles, une paire d’ailes de goudron vient s’encastrer, lourde et écœurante, autour de ton estomac qu’elle infiltre. Y pénètrent ses plumes molles parce que moisies, habitées de rampants qui te crèvent la panse en chanson. La bile monte à nos lèvres serrées. Jamais nos sensations n’auront été si intenses, jamais ta cage n’aura été si correctement calcinée. Tes peurs en bonnes putains rappliquent, les bras chargés de plateaux où trônent leurs têtes arrachées dans la douleur tandis qu’elles pleuraient leur âme, petit homme, leur Liam.

Et tu contemples, impuissant, la vision de leurs corps décapités charriant avec peine leurs crânes en couronnes. Sur leurs assiettes de verres, leurs bouches déchirées crient ton nom, suintant des larves qui dévorent chair et larmes. « Il n’y a pas de timbre… » tente la voix rompue de Calliopée O’Cogan. Tu t’agites, nous étourdissant à retourner ta cage dont les pleurs des gonds rouillés raisonnent à l’intérieur de notre crane. On en vomirait. Sous nos yeux, les siens éclatent en projetant leurs nerfs jusque sur nos dents. Nous sentons le goût de son sang. Son visage sans orbites s’anime encore, nous jouant des tours. Derrière son épaule titubent les silhouettes amputées de femme et enfant dans un spectacle ridicule. Tu hurles, quand la poche de ton ventre se fait percer d’une énième plume.

« Qui vous a donné ça ? » tourne autour de nos oreilles battues par l’étourdissement. Tête en bas, tu as fait chavirer ta geôle et l’univers chute en inversant ses pôles. Des mâchoires d’acier déchirent ta peau, creusant avec avidité dans ta chair pour retrouver les ailes qui te cadenassent l’abdomen. Et quand la taule rencontre le ciment, nous crachons du sang tout contre notre paume. « Elle est signée. » je pointe la lettre à ses pieds, une goutte vermeille pendant de notre doigt. « C’est elle, qui me l’a donnée. »

Elle m’a confié le message à genoux et s’est effacée en rampant, gueule ouverte pour s’engorger de poussière et des déchets qui tapissent sa déraison depuis que nous l’avons vaincue. Elle était nue. « Mais nous pouvons l’arrêter. » Nous l’avons déjà fait. Nous pouvons continuer à battre son squelette rendu humble par les coups et cracher dans sa bouche tandis qu’elle agonise sans pudeur. J’acquiesce, dérangé par notre tête trop légère. Nous saurions le refaire.
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MessageSujet: Re: » HALLUCINE « callie × liam   Sam 11 Avr - 16:12


La voix de Timmy dans mon oreille tente de me rassurer. Elle est calme. Tout ira bien. C'est ce qu'il me répète. Mais qu'en sait-il ? J'accroche sa main invisible, sens sa chaleur se répandre dans mon bras. Sa présence me prouve qu'il n'en sait rien. Car il est absent quand même. Il n'y a rien, à côté de moi. Si la mort voulait me prendre, il ne pourrait pas l'empêcher. Pas plus qu'il n'a pu l'empêcher de le prendre, lui. Mais ce n'est pas la mort qui a écrit cette lettre. Ce n'est pas réel. Et qu'est ce que la réalité, de toute façon ?

L'homme qui se tient en face de moi a l'air mal en point, absent. J'ignore s'il m'a entendue, ou écoutée. J'ignore s'il est en face de moi, mais Timmy me dit que si. Si Timmy le dit. Il semble sur le point de vomir et Timmy dit que je n'aurais pas pu inventer un mourrant. Je le crois. Il crache soudain du sang. Ses lèvres sont rouges. Mon dieu, qui dois-je appeler à l'aide, il a sûrement besoin d'un médecin ? « Elle est signée. » Dit-il en montrant du doigt la lettre, son sang sur le point de la maculer. Je fronce les sourcils, ne lâche pas la main de Timmy. J'ai peur. Je regarde le papier froissé, un frisson parcourant mon échine. Comment sait-il qu'elle est signée ? « C’est elle, qui me l’a donnée. » 

Je regarde à nouveau l'homme. Il a l'air si près de la retrouver qu'il se pourrait vraiment qu'il la côtoie. Mais je refuse d'y croire. Je devrais aller chercher papa, mais Timmy me retient, m'empêche de me retourner. Il dit que je n'ai pas besoin de lui, il dit que je peux affronter ça, que je suis assez forte. Mais il a sûrement besoin d'aide, non ? Papa saurait quoi faire. Timmy me dit que l'homme n'a pas besoin d'aide, et qu'à moins qu'il le demande, je ne devrais pas m'en faire pour lui. Que je n'ai pas de soucis à me faire, il ira bien. Qu'il ne faut surtout pas que je m'inquiète, car l'homme n'est pas menacé, et que la lettre n'est pas menaçante. Tout ira bien. Il me pose un baiser sur le front, et je me calme.


« Mais nous pouvons l’arrêter. » Je ne le crois pas. Il n'y a pas de remède à la mort. Si la mort choisit effectivement de prendre quelqu'un, elle ne demande la permission à personne. Mais si je devais partir, je ne le ferais pas sans me battre. La main de Timmy dans la mienne me donnera le courage d'entreprendre cette bataille. Tout le courage qu'il lui reste encore est dans cette étreinte, je le sais.
« Je ne la laisserai pas faire, vous savez ? Je ne suis pas seule. »

J'ai l'humour de Garry avec moi. J'ai l'amour de maman. J'ai la vivacité de papa. J'ai l'étreinte de Sadie. J'ai la force de John. J'ai le sourire de Jimmy.
J'ai la présence de Timmy.
J'ai mes lueurs, mes étincelles, mes pas. Ma lumière et mes voix.
Elle devra emporter tout ça, avant d'être capable de me prendre.
« Je n'ai pas peur d'elle. »

Je mens pour alimenter le courage que Timmy me donne, rien qu'en étant là.
Elle me terrorise, mais je lui fais face chaque jour. Je la hais pour ce qu'elle m'a pris.
Mais pour avoir ma vie, il lui faudra me prendre mon amour.

Et sa main dans la mienne me prouve qu'elle n'a pas su le faire.
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MessageSujet: Re: » HALLUCINE « callie × liam   Jeu 21 Mai - 23:56

Nous l’avons humiliée, tandis qu’elle engouffrait ses mains griffues entre nos côtes brisées et recroquevillées comme les membres d’une araignée morte. Nous gisions, ouvert et sanglant, abreuvé par des tubes qu’elle a pincé de ses ongles maculés. Nous étions sous ses lèvres le portrait d’un cadavre putréfiant qu’elle pensait à son goût. Et tandis qu’elle approchait sa langue, nous l’avons mordue de nos dents fâchées rendues coupantes par les éclats de verre et la dureté du bitume à l’insupportable chaleur. Et l’ayant rendue muette nous avons ingurgité ses mots avec peine, encombrant le fond de notre gorge de sa visqueuse déchéance. Elle n’a plus parlé depuis. Non. Maintenant, elle écrit.

Les relents de notre palpitant boiteux s’égorgent entre eux, inspirant les moisissures qui couvrent tes barreaux. Tu souhaites te faire la malle. Tu enrages et sidéré par des douleurs nouvelles, me veux du mal. J’essuie sur notre torse la vomissure rougeâtre qui grouillait contre notre paume depuis qu’une image l’a faite se poser là aussi crue et vraie que l’agonie de ta femme. Nos yeux ignorant son corps décapité cherchent dans les profondeurs de Calliopée O’Cogan. « Je ne la laisserai pas faire, vous savez ? Je ne suis pas seule. » T’entends ? Elle n’est pas toute seule, là-dedans. Ah ! Nous persiflons à travers ces étranges poumons. Ces organes terribles dans lesquels creusent des termites voraces nous rendant malade. Ne pas être seul, là-dedans, oui, c’est la réponse. Le rire qui s’échappe de nos lèvres chauffées par la bile et le sang déchire notre corps entier. Il déchaine notre estomac de la mâchoire d’acier qui nous le rend sans douceur, mordant une dernière fois le désert poussiéreux qu’est devenu l’intérieur de ton habitacle. Et quand s’égraine entre ses dents le sable qu’était autrefois Liam, reviennent sous notre rire les yeux de Calliopée O’Cogan.

« Je n'ai pas peur d'elle. » Tu entends, comme un écho, jusqu’au fond de ta cage de chrome. Menteur ! Je sais tout, petit homme. J’étais là, le jour où tu en as eu peur pour la première fois. Ce jour où la première a posé la deuxième, gluante et criant au creux de tes bras. Tu as murmuré un pacte avec l’oubli, as juré à qui voulait l’entendre qu’il te fallait ne jamais mourir. Tu n’as plus été le même, par la suite. Tu étais prudent et apeuré, la chienne des ombres qui ont porté tes suppliques à mes oreilles magnanimes. Je t’ai fait, menteur, mon éternel captif.

Mais n’oublie pas la terreur. N’oublie jamais l’éclair blanc et froid qui te déchire la panse. N’ignore plus ce sentiment vorace qui t’atteint lorsque tu t’imagines réduit à néant. C’est ta salvation. Ton seul espoir, tes clés, ta rédemption. J’irai noyer sans périr les détenteurs de tes souvenirs propres, j’irai égorger de mes rasoirs tes chants aveugles et tes images sourdes afin qu’elles s’apostrophent et que dans la confusion, elles troquent. J’enlèverai les sons de leurs voix et les couleurs de leurs yeux avant qu’elles t’abandonnent et nous irons, ensemble, cracher sur leurs tombes.

Tu auras peur d’elle à nouveau. Tu apprendras. Et si tu échoues, je te punirai parce que « Tu devrais. ». T’entends ? Défie-moi, d’une apothéose. Échappe-moi. Meurs, si tu l’oses. Retrouve-la. Quitte cette vie et je te pourchasserai dans l’autre. Je te traquerai sans fatigue, te suivrai jusqu’aux cendres afin qu’à nouveau elles me reviennent et les emprisonnant redeviendrai le geôlier de tes peines. Je t’approcherai, comme nous approchons de Calliopée O’Cogan et me délecterai de ton horreur, de tes plaintes, de la douleur qui suinte par tous les pores de ton âme. Je te dirai, penché sur ton corps essoufflé, que je lui ai rendu sa langue et qu’elle a pu se confier. Qu’elle se meurt, petit homme, qu’elle a pris goût à ton sang.  « Il lui reste tant à prendre. » Y a tant de choses, dans cet organe. Il est plein de... Le sens-tu parfumer ta chair putride ? Cet infâme sentiment, l’écœurante odeur qui navigue avec lourdeur dans les jointures de tes mâchoires décalées, dans les infections que tu appelais autrefois par d’autres noms, dans ce bocal que tu conserves vide depuis notre rencontre… Nous avons en nous un soupçon d’O’Cogan et ça dérange tant que je recule, nos jambes n’en supportant pas d’avantage. C’est immonde, menteur ! Ça étripe tes souvenirs comme on étale un film. Souviens-toi. D’elle, de moi. Elle, ne t’oublie pas et « Elle a soif alors elle… » je suffoque, notre gorge et nos poumons entassés sous les amas de grêle et de cendres forgées depuis les images qui nous vrillent le crâne. Ta femme. « Elle creuse. » La tête qu’elle hochait, plutôt que de dire oui. « Elle creuse. » Les mains qu’elle suspendait à tes cheveux. « Elle creuse. » Ceux de la deuxième, de la merdeuse. « Elle creuse. » Ses grands yeux sombres. « Elle creuse. » Sa peau minuscule, rouge et saignée d’éraflures. « Elle creuse ! »

Je crache, égrainant tes raisons de crever. « Et quand tout sera vide… » Notre main droite mime une coupelle. Un rictus me déchire la vue. Lentement, je la porte à nos lèvres.
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MessageSujet: Re: » HALLUCINE « callie × liam   Lun 5 Déc - 2:38

Je tremble. Pour un peu, j’en tomberais. J’aimerais que tout ça ne soit pas réel, j’aimerais pouvoir créer une illusion qui m’emporterait loin de cet instant, de cette rencontre qui rend toutes mes peurs si tangibles. Mais Timmy me demande de ne pas fuir dans mon autre monde. Il me demande d’affronter la vie. La mort. Mais je ne peux pas, je ne suis pas assez forte. Il me dit que je le suis. Que j’ai moi-même cité les raisons pour lesquelles je l’étais. Je me demande si ce n’est pas lui qui les a cité pour moi, finalement. Mais il dit que non. Si Timmy le dit, c’est que c’est vrai, je me répète. Il me demande de croire en ce que j’ai dit, il me demande de ne pas avoir peur. Il me frotte les bras, pour que j’arrête de trembler. J’ai plus envie de me battre, je suis fatiguée, je veux tomber.


« Tu devrais. Il lui reste tant à prendre. » Dit l’homme en s’approchant de moi.


Je n’ai pas envie qu’il s’approche de moi, je veux qu’il s’en aille. Je suis en train de paniquer. Timmy ! Timmy ! Je fais quoi ? Est-ce qu’il va me tuer ? Est-ce que je vais me battre ? Est-ce je vais mourir dans tes bras ? Est-ce que tu vas mourir avec moi, pour la dernière fois ? J’ai froid, la température a chuté. Est-ce c’est réel, ça aussi ?


Il recule enfin. Est-ce qu’il a froid, lui aussi, ou c’est juste moi ?


« Elle a soif alors elle… Elle creuse. Elle creuse. Elle creuse ! Et quand tout sera vide… »


J’aimerais qu’il ne soit plus capable de parler, ne plus entendre sa voix décharnée. Qu’il disparaisse, qu’il arrête de suffoquer sur mon gazon. J’aimerais arrêter d’avoir froid et je ne comprends pas pourquoi Timmy ne me réchauffe pas. Il essaie, mais ça ne marche pas. Il me dit de ne pas m’inquiéter, mais pourquoi pas, hein ? Pourquoi pas ? L’homme fait mine de boire dans une coupelle. J’ai l’impression de voir du sang entre ses doigts clos. Je n’aime pas ça. J’ai jamais eu envie de faire mal à quelqu’un autant que j’en ai envie, là, maintenant. Mais il ne sentirait rien. Ça se voit qu’il a mal rien qu’en existant. Et puis qu’est ce que sa douleur va m’apporter ? Ça ne m’ôtera pas la mienne. Ça ne calmera pas mes angoisses. Ça ne ramènera pas Timmy, ou Jimmy. Ça ne fera que ternir mon âme, et Timmy ne me reconnaîtra plus jamais. Je ne le mériterai plus et il ne restera plus avec moi, pour m’empêcher de tomber de mon fil suspendu.


Je dois être forte, pour lui plus que pour moi. Pour le garder, pour ne pas le perdre, encore une fois. Mon amour est la seule chose qui le maintient à mes côtés. Je ne peux me permettre de ne pas jurer que par lui. La température se réchauffe. C’était donc moi. Timmy me dit qu’il est fier de moi. Je ferme les yeux, pour ne pas voir l’homme, pour n’entendre que Sa voix. Je souris, apaisée.


« Si c’est mon coeur qu’elle veut creuser, elle peut toujours essayer. Il n’a pas de fond. » Je dis en ouvrant les yeux.


Timmy remplit d’amour cette corne d’abondance. Même quand j’ai peur qu’elle soit vide, elle ne peut pas l’être, grâce à lui. Et mes illusions l’ont rendu immortel, éternel, figé dans les sentiments que j’éprouve pour lui. Tant que cet amour vit, Timmy vit aussi.
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