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 « the cold silence of the night can never last. » sephie&raphaël

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MessageSujet: « the cold silence of the night can never last. » sephie&raphaël   Mar 13 Sep - 21:05

Le silence de la nuit est plus émouvant que toutes les larmes d’un empire. Briser cette beauté de l’écho des mots. Le crime ultime. Un éclat de mon âme se brise en morceaux lorsque des paroles inconsidérées sont jetées au vent. Je leur offrirai la rédemption du silence éternel. La joie d’un théâtre au souffle coupé. Émus par la perfection d’un mensonge. Ne pleurez pas les innocents. Ignorez les arrogants. Mes mains sont immobiles sur le béton impersonnel d’un immeuble. Je désire ce contact avec la chair brûlante d’une dame. Un toucher qui envoûtera son cœur pour ensuite le rendre sans vie. Un charme qui la tuera. Une chance pour un l’infini.

La solitude de la nuit préserve ma santé. La force du froid fait circuler mon sang lentement. Il n’y a pas de hâte à vivre. Pas plus qu’il n’y a de hâte à mourir. Ma silhouette n’est pas la seule à arpenter la nuit comme une vieille amie. Mon isolement s’efface jusqu’à me ronger les os. L’immensité de la nuit est si calme que j’aimerais la faire durer aussi longtemps que les glaciers. Pourtant un corps éveillé s’approche dans l’ombre. Le sommeil se refuse à d’autres. Un simple concept qui force en moi cette normalité qui m’étrangle. L’ironie de la continuité des jours est suffisante à me liguer contre moi-même. Les grands secrets des inadaptés se révèlent une fois le jour tombé. J’ère dans mon corps comme les silences dans le noir. Mes certitudes s’ancrent à ma foi. Ma croyance en un rien absolu. Le vide dans les yeux de mes inertes statues. Le néant laissé dans l’espace-temps de leur vie.

Ma présence est si infime qu’une solitude croise la mienne. Le charme glacial de ma voix reste pendu au bout de mes lèvres. Ma décision balance des deux côtés de la ligne. Un joli visage à modeler en une œuvre si fine qu’elle fait frémir les cœurs. Une mort pour accompagner ma vie. Un visage hideux. Je le laisserai à l’univers. Alors que l’incroyable beauté méritera la glace éternelle. Un frisson parcourt ma nuque. La douceur de l’imprévu.

J’avance sans peur. Sans mots. Pour découvrir l’étrange somnambule qui entre dans mon univers. Futur acteur d’un théâtre muet. Passant trop banal pour émerveiller mon cœur de pierre. Dans une simple seconde. Je serai fixé.


Dernière édition par Iceman le Mar 4 Oct - 19:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « the cold silence of the night can never last. » sephie&raphaël   Mar 4 Oct - 18:45


Le sommeil m'échappe, cette nuit, tant mes veines, brûlantes d'un impatience cruelle, ne laissent à mon corps aucun répit. Elles enflamment mon cœur, ma tête et pensées, si bien que, bouillonnante d'une énergie teinté d'effroi, je n'ai réussi à fermer œil plus d'une minute entière.

J'ai défais le lit, essayant de recréer ses bras de mes draps ; m'enrouler contre elle et rêver une dernière fois de nous voir réunies, avant qu'une grande paire de mains décharnées de viennent l'arracher à moi. Ai essayé d'aller coucher mes rêves dans l'autre chambre, celle d'à côté : la sienne ; à moins que ce ne soit la mienne. Dormir lovée contre le sol, dans le gros fauteuil défoncé dans lequel j'ai passé des jours entiers à la regarder donner vie aux merveilles qui flottent dans son esprit.
Mais rien n'y a fait. Alors, je suis sortie. Pour marcher, compter, me languir d'elle et espérer. Dans quelques heures, je la retrouverai.

J'ai compté les étoiles, comme autant de minutes qui me séparent encore d'elle ; ai maudis le ciel de me l'avoir arraché, et l'aurore, qui peine à s'y dessiner. J'ai martelé de mes pieds le sol, en châtiment du crime commis ; ai tremblé de le savoir encore incapable de nous connecter, elle et moi. Mon sol et le sien ne se retrouvent pas. Bientôt, très bientôt, mais pas encore.
J'ai patienté des mois durant pour la revoir, quelques heures de plus ne me tueront pas. Pourtant, j'ai mal.

Une silhouette a déchiré l'ombre, là, juste à côté de moi. S'est approché, grandissante, montreuse tant elle semblait grande. A imposé à mon esprit les mots de mon père, toujours les mêmes. « Prends ton téléphone et ne t'éloigne pas. Je ne suis peut-être pas un super-héros mon cœur, mais... Appelle-moi. »
Et je n'ai peur de rien, parce que je le sais là, toujours près de moi. Lilith me croit forte, reste persuadé que le courage de notre entité m'a été offerte toute entière, lorsque nous sommes nées. Mais à dire vrai, ma force se nourrit de la sienne, s'en inspire pour mieux s'épanouir. Il est mon courage, ma force. Et tant qu'il existera, je n'aurai peur de rien ; lutterai jusqu'à réussir, ou en crever, pour la récupérer.

Il protège maman, comme il nous protège toutes les trois. Il veille sur nous comme j'ai été inventé pour veiller sur elle. Il est le modèle de mon existence entière, et si chacun de mes actes est dédié à ma jumelle, ils cajolent tous dans leurs ombres le désir furieux de le savoir en être fier. Il n'est pas un super-héros, non... il est bien plus que ça.

Et la silhouette devient lumière, déchire les ombres de la nuit pour s'imposer en maitre. Un adulte un brin crépusculaire, si grand que son ombre semble bouffer la mienne.


    « Un problème ? »


Mes mots me paraissent froids, je n'en ai que faire. Mes pensées sont toutes dirigées vers elle, vers un ailleurs qui tarde à devenir vrai.
J'attends. J'attends que l'on me rende ma sœur.
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MessageSujet: Re: « the cold silence of the night can never last. » sephie&raphaël   Ven 7 Oct - 0:00

La noirceur s’illumine d’un éclair blond. Une détermination dans la nuit. Une enfant inconsciente du danger. Le fil de sa vie pourrait se rompre de mon toucher. Ses pas rythment les secondes qu’il lui reste à vivre. Poupée dans mon empire de marbre. Peau de satin dans un musée de morts. Petite fille, regarde derrière toi, ou le froid t’emporteras.

Mon cœur s’arrête d’un doute tranchant. Les archives de ma mémoire se prononcent. Je connais son visage. Ses traits sont associés à ceux que j’ai sculptés dans la glace. Elle appartient à une femme dont l’humanité est la plus grande des contradictions. Une blonde qui luit dans la nuit. L’étincelle qu’est sa vie est un hommage à ma muse. Le créateur d’immobilité tournera le dos à l’inspiration. La fresque de mon existence figera de solitude. Aucune addition ne rejoindra mon cirque nordique.

« Un problème ? »

Je réprime un crime. Ça n’est pas un problème mais une offrande. Une vie contre l’amertume de sa présence éphémère. La douceur de l’éternité aurait été seyante à ton visage. La jeunesse capturée par le froid. Ton silence comme monument. La mort au bout des doigts. Mon cœur regrette sa beauté qui s’envole déjà en fumée. Ma main s’enroule en un poing. Pas ce soir, petite figurante. Mon théâtre prend du retard.

Mon problème n’a qu’une solution. Ta vie. Mon éternité sans ta protectrice. Un enfer en arctique. Mes membres se figent. Cette enfant est le trésor de mon aimée. Jamais je ne la toucherai.

« Plus maintenant. »

Le ciel est plus sombre que mes pensées. J’ai délibéré que je rentrerai seul ce soir. Tu as de la chance. Une lune rouge veille sur toi. Si belle. Si sanglante. Qu’elle tuera pour te garder en vie. Inconsciente gamine qui rôde parmi les immortels. Ma clémence n’est due qu’à une ombre. Les pires des monstres auraient pris ta vie. Tu ne serais maintenant qu’une poupée de chiffon. Inerte victime d’une pulsion. Rentre à la maison.

« Rentre chez toi! »

Ne pas discuter. C’est un conseil. Ton visage ne sera plus aussi joli lorsque tu porteras la mort. D’une autre main que la mienne, la mort est hideuse.
Spoiler:
 
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MessageSujet: Re: « the cold silence of the night can never last. » sephie&raphaël   Dim 23 Oct - 20:42


Les yeux prisonniers des étoiles, mon corps m'apparait traitre. Fermement ancré au sol, il fuit la légèreté que mes rêves lui prêtent et renie ses ailes, dessinés à la couleur d'un songe si grand qu'il semble né pour me ramener vers elle. Je rêve de m'envoler, embrasser les étoiles, saigner le ciel de retenir captif depuis si longtemps l'ange de mon existence. Elle était la lumière de ma vie, avant d'être celle des cieux, et m'appartient tout autant qu'à eux ; et plus encore, jure mon âme qui elle, flanche de se savoir déchirée pour voir la bonté illuminer le monde, en me laissant crever là, prisonnier de mon corps.

Et ma prison de chair ne connait nul répit dans les tourments qu'elle sème sur ma vie. Elle me fait hurler la nuit, dans le froid mordant d'une étreinte qui ne mène à rien, puisque née de mes propres bras. Il fait froid le jour comme la nuit, sous le soleil, la neige, et jusque dans les bras de ma mère.
J'ai mal de ce froid percutant ma peau, et rêve d'un sauveur que personne ne saurait être ; d'une justice que personne ne clame, si ce n'est moi. Je hurle et m'époumone, mais personne ne vient. Personne.

Personne, pas même lui, cet homme immense au regard froid. Il existe une foule entière de cœurs qui se pressent contre les pavés, chaque matin, mais aucun assez bon et fort pour tromper les heures ; les duper pour les voir s'effacer, et me rendre celle sans qui je ne saurais exister. Et personne n'existe, au delà de mon foyer, puisque leurs cœurs semblent se nourrir des douleurs du mien. Rendus heureux par la plus belle part de moi, ils exultent et battent, vivent et crachent sur les horreurs semés pour y parvenir, et vivre.
Ne reste avec que les anges et leurs souvenirs. Le premier, l'âme vibrante de rêves qu'il distribue mais qui, doucement, le détruisent ; et le second, touché par la grâce, à jamais infiniment plus que tout, à jamais moitié de moi.


    « Plus maintenant. »


J'aimerais dire combien je suis heureuse pour lui à savoir ses problèmes envolés, disparus en quelques secondes qui s'éternisent. Mais la bonté n'existe pas, ce soir. La mienne m'a été arraché, et le temps se joue de moi, peu désireux de me la rendre enfin.
Mais la curiosité me pique un instant, et je me demande s'il ressent le froid. Ce froid qui nous encercle, se colle à ma peau, épouse la forme de mes courbes pour mieux s'imprégner en moi. Celui qui remplie les douloureux vides que son absence à laisser, celui qui s'accroche à mes os lorsque, épuisée, je n'ai plus la force de lutter. Ce froid qui gèle vos entrailles quand, pourtant, elles semblent se consumer. Celui qui vous brûle tant il fait mal. Ce froid-là.


    « Rentre chez toi ! »


Un rire rauque sort de mes entrailles. Il déraille, agace mes sens agonisants sous la couleur d'une douleur nouvelle, qu'ils ne se connaissaient pas. Il craque parce qu'il sait, que mon foyer n'est pas complet ; que mon chez-moi n'existera pas, aussi longtemps qu'elle n'y sera pas. Son fantôme traine dans le couloir, le salon et sur l'oreiller, à côté du mien ; il hante mes rêves, se rit de mon reflet et jamais, ne parvient à quitter ma tête.


    - Mon chez-moi, hein ? Je l'attends, justement.

Et il arrive, les étoiles me le promettent. Bientôt, très bientôt, il sera là. Brillant et sain, parce qu'entier, et enfin parfait, comme il était autrefois.
Dans quelques heures, je rentrerai. Quelques heures et le monde renaitra. Quelques heures, et on me la rendra.
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MessageSujet: Re: « the cold silence of the night can never last. » sephie&raphaël   Mar 15 Nov - 19:58

Et la poupée de papier me fait la grâce d’un rire de cristal. Son ironie coupe la nuit en morceaux. Tranchant sans merci. L’inconscience d’une enfance à peine écartée la laisse oublier que les mauvaises intentions rodent à chaque détour. Le fil de sa vie ébranlé par une tragédie évitée. Les échos du mal prévenu ont souillé les blanches mains d’une grande dame. Je souhaite une paix méritée, à l’âme de cette incomprise. Dite vilaine, Cléo respire une compassion qui m’est toxique. Sa morale veille la solitude de mes nuits glaciales. Reine bafouée de l’ombre qu’elle combat. Sa fine silhouette étant le pilier, l’arme et la façade d’une révolution nocturne. L’éloge que je lui bâtis en ma mémoire est coupé par une voix. Celle de sa protégée.

- Mon chez-moi, hein ? Je l'attends, justement.

Ma patience est déchirée par son refus. L’homme de glace t’offre une sortie. Prends un froid mortel ou disparais de ma vue. Une inspiration tranquille rétracte ma morosité. Les secondes essoufflent mes doigts qui pétillent d’envie. Son inconscience ne trouvera raison que dans les histoires qu’elle croit vivre. La seule chose qui l’attend dans ces rues est une mort prochaine. Cette nuit ou un autre, quelle importance lorsque le stérile résultat est le même. La poussière de nos amours d’antan colle à la semelle de nos chaussures comme cette petite s’accroche à ses illusions. Son chez-elle n’existe que dans sa tête. Des murs pour lui éviter le pire. L’objection pratique à une sottise enfantine.

« Il y a des rodeurs beaucoup moins humains que moi qui trainent dans les rues à cette heure. Ton cœur pourrait cesser de battre avant d’apercevoir les premiers rayons du soleil. . . »

Mes mots sont froids. Glacés par la mort qui transperce ma peau. Ma volonté est testée. L’ironique beauté d’une forte tête. À jamais emprisonnée dans un corps figé. Je suis le maître d’un théâtre dont les mots silencieux coulent à même mes veines. Mes lèvres seules effigie de toutes ces vies abîmées au nom de l’art. Mon œuvre criant au monde entier son insignifiance.
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MessageSujet: Re: « the cold silence of the night can never last. » sephie&raphaël   Ven 27 Jan - 19:21


Et je compte les étoiles comme tant de secondes volées à vivre en somnambule, piégée dans le creux d’un cauchemar dont le sens m’échappe.
A l’image de mes instants perdus, elles restent en suspens, intouchables mais toujours présentes. Ces moments gâchés, à courir, à lutter ; à hurler dans l’ombre d’un silence qui doucement, bouffe tout espoir.
Comment atteindre les étoiles, ma Lilith ?


    « Il y a des rodeurs beaucoup moins humains que moi qui trainent dans les rues à cette heure. Ton cœur pourrait cesser de battre avant d’apercevoir les premiers rayons du soleil. . . »


Mon cœur… mon cœur ne risque rien, il demeure hors de portée, là où personne ne saurait l’approcher. Et je suis égoïste, je sais. Égoïste de ne penser qu’à mes pleurs, lorsque mon cœur boiteux chancelle et inquiète mes parents à chaque nouveau battement. Égoïste de ne vivre que trop fort ou pas assez, entre indolence et fureur au cœur, faute de savoir vivre sans elle.
Égoïste de traquer les fantômes meurtriers dans l’ombre de mon insomnies, de compter les heures à la merci de n’importe qui, plutôt que dans le fond de mon lit. Mais je ne suis pas Lilith, je suis l’égoïste.
Mais je ne suis pas un ange, ai besoin qu’on me la rende pour enfin respirer et savoir mon cœur enfin entier.

Mais l’attente me lasse, le courage n’est plus. Et ces quelques heures à attendre s’étendent, insolentes ; elles se rient de moi et de ma ridicule insomnie passée à tenter de combler les failles qui creusent ces mois passés à prier pour la retrouver. Ces quelques heures qui me saignent et que ma solitude et le manque d'elle rendent éternelles.


    - Et ?


Et ? Et je quémande l’espoir, déambule au cœur d’un berceau glacial que les gens aiment parfois, mais si peu. La solitude et ses douleurs sauraient avoir raison des cœurs les plus audacieux ; sa beauté repousse et écœure parfois, tant elle ronge et obsède, se nourrit des manques, des ombres, des cauchemars où l’absence règne.


Et ? Et je compte les heures, tempère mes tripes, mon corps et ma tête qui eux, n’attendent qu’elle.


Dernière édition par Puppy Doll le Ven 14 Sep - 20:17, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: « the cold silence of the night can never last. » sephie&raphaël   Dim 29 Jan - 5:33

Les adolescents font les pires créations. Leurs cœurs indolents se révoltent contre la fatalité. L’âge ingrat qui échappe à l’innocence. Le temps d’une rébellion insouciante. Ils trompent ma volonté d’une immaturité méprisable. Jamais je ne pourrai répliquer leurs expressions intouchables. Cette sensation d’être invincible. Ils ne sont que cellules et rêves brisés. Pas de quoi en écrire des livres. J’aime les mots sur le papier et leur éternité. Je déteste les histoires où tout finit bien. La romance qui donne mal au cœur. Mes doigts sourient à la vue d’un alexandrin aux angles droits. Ma rétine scintille d’appréciation devant les illustrations d’une autre civilisation. Autre chose que ces images pixélisées qu’ils font maintenant en plusieurs dimensions. J’aime les livres pour la simple raison qu’ils ne parlent pas.

- Et ?

Je l’avais oubliée celle là. Cette enfant qui se croit effrayante. Petite blonde sans peurs. Dans un monde comme le notre. Elle se fera bouffer tout cru. Inconsciente qu’elle a été sauvée du pire. Sauvée par ma douce dictatrice à la morale absolue. Despote de mon cœur de glace. Régente pure et juste des âmes mortes. Ce sont ses mains qui ont donné la liberté à cette enfant. Mes doigts sont engourdis d’une rage silencieuse. Son ingratitude prouve qu’elle ne méritait pas l’attention de ma belle passionnée.

La nuit dérive dans une brise aux allures de fin du monde. J’admire la compassion de Cléo. Qui de son cœur déchiré trouve la force de vouloir sauver cette déplaisante ingrate. Une antithèse m’habite. Laisser cette gamine se faire écorcher ou supporter ses manières. Une seule des options évite à mon égérie de gaspiller ses larmes.

« Et t’es qu’une sale égoïste. »

Le reste de l’univers pleurera sans raison ta mort. Je sais. Je connais les sanglots des survivants. Ils accusent les autres d’être monstres pour ne pas affronter la culpabilité de ne pas avoir sur protéger leurs aimés. Blâmez le collectionneur d’apprécier la beauté. Je me révolte contre l’idée qu’ils ont de moi. Craignez ma compagnie. Ma solitude ne s’en porte que mieux.
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MessageSujet: Re: « the cold silence of the night can never last. » sephie&raphaël   Mer 8 Fév - 12:37


J'ai dans la tête un hurlement sournois qui tempête, narquois, et se moque de moi. L'impuissance épuise mes pensées dont la lucidité me rappelle à chaque fois n'être rien de plus que celle qui attend et laisse s'égrainer les secondes qui la retienne éloignée d'un retour qui l'impatiente.

Et mes idées vétustes souffrent de se savoir laissées de côté parce qu'incomplètes, incapables de me la rendre lorsque sans elle, elles ne demeurent que la moitié de ce qu'elles devraient être. Mes plans inachevés dansent devant mes yeux et dessinent les siens, semblant répondre à chacune de mes questions silencieuses.
Elle connait les réponses, j'en suis certaine ; connait les cœurs et leurs douleurs lorsqu'elle dédie le sien à leurs peines qu'elle allège.


    « Et t’es qu’une sale égoïste. »


J'ai craqué un sourire un peu tordu, dénué de toute joie, l'envie de rire un truc froid au bord des lèvres. Je suis égoïste, je sais, ça. Égoïste de trop vouloir, trop demander et exiger qu'on me la rende. Égoïste de laisser la douleur de me savoir dénaturée arracher à mon cœur ses battements et de me voir dans mes rêves enflammer la ville et le ciel pour mes désirs que je revendique comme légitimes.
Je suis la partie la moins noble d'une entité brisée, ai au fond du cœur l'égoïsme de réclamer que l'on me rende ce qu'il y a de meilleur en moi : ma sœur.


    – Je sais.


Je le sais et il me fatigue de ses mots, de ses yeux et de son air mauvais qu'il accroche à mon ombre comme dans l'espoir de la voir trembler.

Je mendie au ciel une accalmie de quelques heures, une trêve de la souffrance jusqu'au soleil, qui ranimera mes tourments quelques instants, avant de me la rendre. Et elle sera là, pansant mon cœur qui enfin, chantera.
Elle est mon monde, le vrai. Le seul qui soit.


    – Quand bien même... En quoi cela te concerne-t-il, exactement ?




Dernière édition par Puppy Doll le Sam 9 Juin - 19:32, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « the cold silence of the night can never last. » sephie&raphaël   Mer 15 Fév - 17:50



Voilà qu'elle sourit comme une poupée de porcelaine. Une joie de pantin. Sa tête tourne sur elle-même. Lui conférant l'horrible allure d'une sceptique. Peut-être que ma troublante vengeresse ne l'a pas tout à fait sauvé après tout. Froide comme la nuit qui nous entoure. Petite fille qui ne croit pas aux monstres. Une proie si facile qu'elle en perd tout son attrait.

– Je sais.


Sait-elle qu'un ange de la nuit veille sur sa vie. Que sa liberté de sourire ou de pleurer a été préservée par une impératrice qui ne demande aucune reconnaissance. Mon coeur de marbre s’effrite de son ingratitude. Sa jeunesse l'aveugle. Choyée d'une protection que son égoïsme prend pour acquis. Mes lèvre régurgitent une buée méprisante.

Petite de se croire grande. Une enfant qui joue avec le temps. Frêle dans ses convictions d'acier. Mon oxygène s'écrase dans mes poumons. Dubitatif des motivations de ma justicière aux mortels idéaux. Sauver une âme pour la laisser pourrir dans un monde surfait. Une perte de temps. J'embrasse ma solitude. Remerciant ma conscience d'être silencieuse.

– Quand bien même... En quoi cela te concerne-t-il, exactement ?


Mon corps s'immobilise. Je deviens la statue d'une stupéfaction glaciale. Ma foi en ce monde extérieur. Tous ces gens dans des boîtes. Ces fourmis d'un plan troué. Mon désir d'échapper à cette communauté est un besoin plus fort que toute compagnie humaine. Blasé de ceux qui n'existent pas vraiment. Indignes d'une éternelle beauté. Pleurez vote humanité.

« Ça n'est pas moi qui pleurera sur ta tombe. »

Probablement que le chagrin gagnera ses deux parents qui ne l'on pas aimée assez. Un frère, peut-être une soeur. Un misérable prétendant qui auras donné son coeur pour tes yeux de glace. Gaspille une pensée pour ceux qui ont le coeur de te vouloir en vie. Papillon de nuit qui ne compte pas les jours envolés. Grandis un peu.

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MessageSujet: Re: « the cold silence of the night can never last. » sephie&raphaël   Ven 14 Sep - 21:01


Je suis malade de me savoir n'être rien et combattre un sort qui s'acharne et me saigne, m'arrache mes pensées les plus saines qu'il maintient loin de moi, dans un monde où les anges siègent entre les astres qui eux, leur prêtent des ailes et nous font les admirer sans jamais parvenir à les atteindre.

Et regarder l'horizon ne suffit plus tant il flanche, son harmonie chancelante de me savoir n'en posséder que la moitié.
Il me faudrait pour vivre le toucher du bout des doigts, envoyer valser les promesses qu'il cache sous ses courbes pour mieux y ancrer les miennes. Redessiner sa ligne, y apposer mes rêves pour mieux les dompter et les voir enfin devenir vrais.

J'agrandirai l'horizon et démolirai tous les murs qui nous empêchent d'être heureux. Je vaincrais mes peurs, mes manques, mes douleurs.


    « Ça n'est pas moi qui pleurera sur ta tombe. »


J’étouffe un rire dont le sarcasme fracasse l’air auquel il octroie soudain une teneur une légère, endormant mon amertume au profit de ma colère.
Mon regard accroche le sien et j’apprends son visage et les ombres qui y dansent quand ses intonations assassines résonnent encore dans mon crâne, dangereusement. Je pourrais avoir peur mais la prudence est morte dès lors que l’on m’a pris ma sœur.
Qu’un héros me sauve, puisqu’on a meurtrit mon cause au nom de cette cause.


    « Précisément. »



J’en viens parfois à m’inventer un caractère honorable. Une bonté digne de la merveille, de celle d’Hayden.
Une vie ou je m’accoutumerais au vide et tenterais de panser un monde pour lequel je sacrifierais jusqu’à mes sourires, ma vie, mes rêves.
Une existence où je me saurais capable de falsifier mon cœur, de calciner mes douleurs. Où j’enjoliverais mes souvenirs et inventerais un futur tout entier, à ne vivre qu’à moitié.
Mais immanquablement, ma colère se rappelle à moi et chaque fois, cette vérité s’impose à moi : Je ne suis pas un ange et j’emmerde un monde qui, me saignant, me le rend bien.


    « Je n’ai pas peur... Il existe bien pire que la mort. »


Le manque est la pire des morts. Elle vous fait dépérir, souffle après souffle, sans le moindre répit pour votre cœur qui pourtant bat, bat et bat encore, donnant douloureusement le tempo à vos tourments.
Et pourtant, je suis plus vivante dans mon manque qu’ils ne le seront jamais, prisonniers de leurs pâles bonheur aseptisée. Je les emmerde.

Un jour, le ciel sera mien et m’appartiendra enfin ; elle y sera reine tandis qu’enfin apaisée, de la regarderai briller, sereine.

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MessageSujet: Re: « the cold silence of the night can never last. » sephie&raphaël   Mer 1 Mai - 16:42

Mes yeux cristallisent au contact de la rosée. Le matin est horriblement proche. Le soleil choisira bientôt de nous imposer sa lumière. Il pourrait s'éteindre et nous apporter le répit d'une nuit éternelle. Il pourrait. Mais le soleil est un sadique qui nous brûle constatent. Bourreau de nos passages sur ce rocher. Mes doigts se crispent sous la proximité de cette enfant qui refuse de comprendre la logique du bien et du mal. Une gamine dans la nuit risque d'attirer les mauvaises âmes qui pourraient la saigner pour le plaisir. Oh, je ne serais pas aussi vulgaire, je me contenterais de la figer pour l'éternité. De faire d'elle une chose sans volonté. Incapable de désirs ou d'humanité. Ce serait une ode à l'esthétique. Il faut avouer que l'innocence continue de courir, prise au piège dans le contour de son visage. Ses longs cils courbent vers le ciel dans une espérance muette. Ses doigts sont fins. La vie ne les a pas encore creusés. Le temps ne les a pas encore tordus. C'est le moment. Ma Reine murmure à mon oreille. Son murmure est un cri pour mes tympans accoutumés au silence. Je ne peux l'ignorer.

« Précisément. »

Si précis qu'on pourrait distinguer chaque cheveux qui a poussé sur son crane. si précis qu'on pourrait deviner les os sous sa peau. Si précis que les ondulations au centre de ses iris seront perceptibles à l'oeil nu. Il faudrait être aveugle pour ne pas en capter la beauté lorsque la glace prendra son coeur.

« Je n’ai pas peur... Il existe bien pire que la mort. »


Dit la gamine qui n'a jamais frôlé la mort de près ou de loin. La peur lui est inconnue parce que les gens lui ont annoncé qu'elle leur est chère et que ça la sauvera. Pas de moi, pas de ça. La confiance rebelle luit dans ses yeux. Ses gestes sont si lents dans ce noir qu'elle ne connaîtra jamais comme moi. J'agrippe son poignet. Deux doigts, le silence. Mon coeur interdit planifie seulement de lui apprendre une leçon. L'impératrice de mes nuits ne lui a pas sauvé la vie pour qu'elle soit ridiculement mise en danger. L'ingrate se souviendra de mon ombre.

« Ça reste à voir. »

Son poignet sera engourdi au point de ne plus pouvoir bouger. Une sensation de picotement grimpera lentement le long de son bras. Un sourire dément creuse son chemin jusqu'à mes lèvres. Mes doigts captent son essence. Sa chaleur s'évapore. Son souffle devient une blanche buée qui nous entoure. Mes yeux fixent ses réactions. La gamine est à ma merci. Je ne suis pas certain de vouloir la redonner à cette vie dont elle ne prends aucun soin. Regarde en face les monstres qui traînent dans le noir et dis-moi si tu a peur.
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MessageSujet: Re: « the cold silence of the night can never last. » sephie&raphaël   Mer 15 Mai - 21:40


Mais en attendant ce jour je tourne en rond, amputée de tout ce qui me façonne. Je reste éveillée, occupée à cracher au visage des ombres qui dansent autour de moi, comme tant de preuves de son absence qui dure, dure, dure encore.  Laissant des éclats de colères par centaines colorer mes nuits, je ne m'endors pas, ne  somnole que d'un œil. Je veille, me surveille. Guette ces maudites ombres, de peur qu'un instant d'inconscience leur suffise à achever ma raison,  à faire flancher mon cœur qui, bercée par mes rêves, croira si fort à sa présence à mes côtés que la réalité finira de le flinguer. Alors je veille, me protège, me racontant que dormir est l'occupation la plus épuisante de l'homme, tant on s'échine après à se souvenir de ce que le sommeil nous a enlevé. A saigner face aux chimères que nos rêves nous ont imposé, d'une telle splendeur qu'on les croirait réel, parfois même après le réveil.

Et l'homme se rappelle à moi, m'agrippe d'une main si froide que le contact en est presque douloureux. Mon poignet entre ses doigts me semble si fin qu'il en paraît friable tant une pression semblerait assez pour le briser. J'ai mal, j'ai froid, sans comprendre pourquoi.


    « Ça reste à voir. »



Mais le froid. Je ne comprends pas. Il est partout contre le moi, le long de mon bras, l'endormant au passage. J'ai froid, chancelle de ne pas comprendre pourquoi tandis que la morsure gelé m'arrache à moi par morceaux, continuant son ascension jusqu'à mon cœur qui se débat, n'en veux pas. Il s'emballe tant il ne comprend pas, ploie sous le froid qu'il ne parvient pas à chasser de moi. J'ai froid, chancelle et croise le visage de l'homme, tordu dans un sourire torve. Le froid vient de la, de lui, semble tirer son essence de ses doigts, se faufilant le long de ma peau, jusque dans mes veines, qui se gèlent. Je vais mourir, gelée de l'intérieur par un fou qui semble s'extasier de sa toute puissance.

« Pas comme ça. » je murmure. Non, pas comme ça. Lilith. Papa, Maman. Pas comme ça. Pas sans l'avoir revue une dernière fois. Oh, ma Lilith. Je ne peux pas l'abandonner, pas alors que nos vies sont si étroitement liées, ce depuis notre premier souffle et jusqu'au dernier. Mon dernier souffle, qui s'esquisse sous mes yeux, danse dans ceux de l'homme.
« Pas comme ça. » Sûrement pas ainsi. Mes yeux s’écarquillent sous l'horreur de me savoir crever ce soir, à l'aube de sa venue. Après des mois à l'avoir espérer, attendue, à avoir remuer ciel et terre pour la retrouver, je ne la reverrai pas avant mon trépas. Je ne veux pas mourir, pas comme ça.
« Pas comme ça. » Pas alors que les balafres que ma mort infligera aux miens dansent sous mes yeux. Je ne les abandonnerai pas, me refuse à les laisser derrière moi, surtout pas pour satisfaire les lubies d'un fou. Mourir pour elle, je le ferai mille fois, s'il me fallait. Mais pas pour lui. Pas comme ça. J'ai oublié comment respirer, tandis que j'imagine une paire de mains blanche et froide m'arrachant à moi. La peur, le froid. Papa, Maman. Llith. Pas comme ça.


    « Jamais comme ça. »


Ma voix claque cette fois, résonne dans ma tête choquée de la savoir encore là. Guidée d'un élan de survie tel qu'il en enflamme mes veines, je me débats d'une force presque démente, gémissant des sons incohérents. Je ne mourrai pas. Pas comme ça.
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MessageSujet: Re: « the cold silence of the night can never last. » sephie&raphaël   Ven 20 Sep - 19:59

Ses traits de poupée refusent la réalité qui gruge son corps. Le froid grimpe le long de ses membres. Ses doigts commencent déjà à se tordre. Mon envie est de les modeler en une délicate posture. Comme si ses jointures allaient se tendre pour caresser un quadrupède imaginaire. Comme si ses doigts n'étaient pas à la limite de se casser brutalement sous l'effort. Les pulsations de son coeur ralentissent en une dernière symphonie. La symphonie d'une mort éternelle. « Pas comme ça. » Dit-elle. Ses mots on un goût de prière. Ma langue se délecte de mon art. Mon corps entier la désire immobile, silencieuse, à jamais. Que son impétueuse jeunesse cesse de hanter les rues, cible facile pour les voleurs d'âmes. Elle demande une mort prématurée sans savoir le contrat qu'elle a signé. Une blonde enfant qui croit à la salvation du firmament. « Pas comme ça. » Dit-elle en écho, trop froide pour former de nouveaux mots. Le problème c'est que sa souffrance est un délice. Ses supplications sans réponses hantent la nuit comme son corps pourrait hanter mon domaine. La tentation est une démone de pierre qui glisse ses doigts autour de mon coeur. « Pas comme ça. » Pauvre misérable. Ne sait-elle pas que seule ma volonté peut lui redonner la vie. Encore quelques secondes. Ses tremblements internes m'inspirent une révolution. Petite chose, elle ne mérite pas la vie. « Jamais comme ça. »

 
 « Jamais comme ça. »

Résonne une autre voix. Un timbre collé à mes os. Une étampe sur ma propre carcasse. La voix de ma raison. La voix de Cléo. Sa force décolle mes ongles incrustés dans la chair maintenant glacée de cette jeune beauté. Cléo fait de ses victimes une juste cause. Ses morts ne méritent pas la vie. Cléo, de ses doigts écarlates, replie en moi ce désir jaloux de posséder l'éternité. D'une force habillée de dentelle, mon égérie creuse mes entrailles pour y accueillir la glaciale solitude qui se propage de mes phalanges. Le gravier sous mes pieds grince à contre coeur. Ma main est plus froide que jamais, isolée de leur humanité. La misérable vivra. Mes épaules tremblent d'une putride miséricorde. La compassion a un goût de défaite. Hors de ma vue.

    « Cours. »


La voix de ma reine ne la sauvera pas deux fois. J'ai eu la vision de son corps muet, spectateur de ma solitude. L'idée persiste comme une écorchure dans le roc. Qu'elle raconte au monde entier que l'homme de glace lui a laissé la vie. Qu'elle crie insupportablement que le vilain s'en est pris à sa blanche jeunesse. Les spectateurs sont des animaux qui gobent tout ce qui leur est déposé sous le museau. Crevez en silence, pour mon plaisir.
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