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 |- Et si c'était ça, ma vie ? - Pyroman

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MessageSujet: |- Et si c'était ça, ma vie ? - Pyroman   Mer 25 Fév - 22:24



Tic tac, à droite. J'invente les cliquetis d'un rouage invisible mais qui existe, pourtant. Les yeux rivés sur l'horloge du gymnase, je m'autorise à rester ici une demie-heure encore, avant que n'arrivent les autres, avec le monde à leur trousse, celui que je ne peux pas toucher. Alors j'attends moi, j'accuse le poids d'années en trop, par rapport à mon visage, de minutes trop longues à manipuler des rêves brisées, parce que ma vie marche ainsi. Je comprendrai avec le temps, me disent les autres. J'occupe l'endroit que je n'ai pas le droit d'arpenter avec les autres, parce que le danger rôde autour de chaque centimètre carré de peau mise à nue. Vingt-neuf minutes encore.

Boom boom, à gauche. Mon cœur joue cette symphonie dont lui seul à le secret, celle qui est un peu dérangée et ne ressemble à aucune autre. Un requiem macabre, profond et troublant, c'est ainsi que je la ressens. Différent jusqu'au bout, même mes organes malmènent ma vie, mais au moins, celui-là ne dérange que moi. Il m'empêche de respirer parfois, et là il me fait m'écrouler au sol mais tant pis.

Le parquet est froid, son contact arrange mes idées en les anesthésiant doucement. Et même si j'ai l'air d'agoniser, là, je sais que mon cœur repartira à un moment. Tout ce qu'il faut, c'est respirer. Et si c'était ça, ma vie ? Différent dans tous les mondes, parce que plus faible, quoi que je fasse. Privé d'utopie, je n'ai de place nulle part. Du moins, pas en entier.
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MessageSujet: Re: |- Et si c'était ça, ma vie ? - Pyroman   Mer 25 Fév - 23:24

    Il me restait une demi-heure avant la reprise des cours et l'ambiance dans le réfectoire était insupportable. Suite à ma "confrontation" avec Blondie, la peur avait cédé la place à l'excitation, et j'étais redevenu le centre des ragots tant détestés. La peur devrait être muette. Si elle faisait mieux son boulot, cette garce, je n'aurais pas à entendre mon surnom sortir de ces bouches. Seuls les yeux auraient du s'exprimer.

    Alors, je décidais de me lever, lançant le regard le plus noirs possible à ceux qui osaient croiser mon regards. Et il n'y en eut pas tant que ça finalement. Tant mieux. Le monde allait bientôt recommencer à tourner dans le bon sens alors. Bonne chose.

    Ma tranquillité serait bientôt retrouvée, mais pour ça, je préférais changer de lieu, au cas où. Le calme du gymnase me semblait tout indiqué, qui penserait donc à s'y rendre durant l'heure du repas? A part moi, s'entend?

    Pourrais-je enfin me lancer dans cette introspection tant recherchée? Je voulais voir ce visage, tout comme Keira l'avait vu. Keira n'avait pas cette version figée d'une vieille photo cachée. Elle l'avait vue, la femme qui était enfermée derrière le papier glacé. Et je voulais la voir aussi. Ma mère.

    J'aurais pu l'en blâmer, la blonde, j'aurais pu dire que c'était Blondie qui avait tout gâcher, mais au fond, elle ne serait pas venue que je n'y serais pas arrivé. Et puis de toutes façons, on ignore pas quelqu'un en lui en voulant de quelque chose.

    J'entrai alors dans le gymnase, mais déchantai vite. Et bien non, je n'aurais pas mon introspection, pas cette fois. A moins que je laisse le garçon qui se trouvait allongé par terre une main sur la poitrine agoniser. Après tout, nous n'étions pas dans un cimetière, l'école était fréquentée, quelqu'un d'autre finirait bien par le trouver.

    Je secouai la tête, résigné. Comme si j'étais capable de le laisser là. Je marchai rapidement vers le garçon et arrivai vers lui en quatre enjambées. Il avait les yeux ouverts et semblait calme. Encore une fausse alerte? Je préférais m'en assurer alors que je m'accroupissais vers lui.


- Ca va? Lui demandai-je, les sourcils froncés.


    Peut-être s'essayait-il juste à des exercices de respiration après tout.
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MessageSujet: Re: |- Et si c'était ça, ma vie ? - Pyroman   Jeu 26 Fév - 0:49



Chut... Ce genre de crise de dure que cinq à sept minutes, normalement. J'en ai vécu des pires, certaines entouré de ceux qui, voulant me secourir, m'ont projeté dans un endroit qui n'a fait que m'abimer un peu plus au passage. En survivant à ces transferts dans cet état, je savais que j'étais capable de passer outre un tracas devenu habituel, malheureusement. Parce que je sais qu'être accoutumé me facilite la tâche, dans les moments comme ceux-là, et la panique cède à l'abandon mais une part de moi... j'ignore laquelle, espère en vain ne pas connaitre tous les secrets de comment survivre à un spasme cardiaque.


    - Ca va?


Surpris par la douleur qu'évoque la surprise d'une présence autour de moi, j'accuse en mordant ma lèvre en silence. Je me croyais seul, bien que mes yeux soient ouverts, mon esprit était entièrement absorbé par les pensées les plus lointaines dont je bénéficiais. J'essayais de m'évader comme les autres le font avec moi. Mais rien.

Je souris à celui qui aura eu la gentillesse de s'inquiéter pour moi. Ma lèvre est toujours prisonnière de mes dents mais le sourire est là, l'effort aussi. Ce n'est qu'une mince compensation en l'échange du geste d'altruisme dont venait de faire preuve la personne qui venait aux nouvelles.


    - Non, j'avoue toujours en souriant.


Je ferme enfin les yeux parce que je ne suis pas sur de pouvoir contempler un monde nouveau dans l'immédiat, alors autant préférer le noir qui ne me trahira pas. Je ressers la prise qui rive ma main droite contre mon cœur, j'aimerais l'arracher hors de ma poitrine pour le réparer, ou bien enfoncer un je ne sais quoi dans mon torse qui puisse atténuer ce pincement qui coupe ma respiration. Penser à autre chose, penser à autre chose...

Ce que je me disais, et me dis depuis plusieurs années déjà, c'est que j'ai deux choses que les autres n'ont pas. D'abord, j'ai ce pouvoir hors du commun qui définit à peu près tout ce que je suis, et puis cette irrégularité au cœur. Deux particularité bien singulières qui me dessinent une personnalité que je n'ai pas, en tout cas pas s'il on en croit mon surnom. Et je ne peux m'empêcher de penser tous les jours, depuis le premier jour... ces deux choses sont-elles liées ?


    - C'est pas normal, tu crois pas ? A dix-sept ans je devrais péter le feu...


Si je ne l'avais pas, ce troisième battement qui vient perturber mon corps tout entier, est-ce que mon pouvoir continuerait à s'étaler ? Et si je n'étais pas né avec le don de créer, aurais-je eu un cœur en bon santé ?
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MessageSujet: Re: |- Et si c'était ça, ma vie ? - Pyroman   Jeu 26 Fév - 23:49

    Le jeune homme mordit sa lèvre puis sourit. Son sourire était douloureux, il ne faisait donc pas d'exercice de respiration. Je le savais, au fond, mais bon, il avait l'air si calme. Ce paradoxe me fit plisser les yeux. Comment pouvait-on souffrir et être calme en même temps?


- Non.

    Et il souriait quand même. Ca n'allait pas, et pourtant, il faisait comme si de rien n'était, à ceci près qu'il se tenait la poitrine, côté coeur. Un gentil garçon qui ne voulait inquiéter personne? Dommage, parce que j'étais un peu inquiet, j'avouerais.

    Il ferma alors les yeux et sa main se crispa. Il n'était pas en train de mourir, au moins, hein? Allez savoir pourquoi, j'avais la sensation que certains trouveraient le moyen de dire que c'était ma faute. "Bah il a eu une crise cardiaque parce que Pyroman l'a malmené. Après tout, il était de mauvaise humeur, à la cafète, Pyroman".

    J'aurais voulu lui demander s'il avait besoin d'aide, mais ne sachant pas que j'allais parler, il ne sut pas qu'il me coupait la parole. Mais ce n'était pas grave, parce que j'étais plutôt soulagé qu'il parle. Parce que les morts ne parlent pas.


- C'est pas normal, tu crois pas ? A dix-sept ans je devrais péter le feu...


    Je ne pus m'empêcher de sourire, amusé par sa dernière phrase. Il ne le verrait pas de toutes manières, il avait les yeux fermés. Je souriais parce que mine de rien, moi, je le pétais, le feu. Enfin dans le vrai sens du terme, j'entends. Et je souriais parce que vraiment, on ne me l'avait jamais faite, celle là.


- A qui le dis-tu... murmurai-je avec un sourire, plus pour moi que pour lui.


    Mais il gardait les yeux fermés, donc non, je ne pensais pas que c'était normal. Ce n'était même pas normal du tout. Je perdis donc mon sourire au profit d'un froncement de sourcil. Le garçon allait mal, il souffrait et en plaisantait... Ce n'était vraiment pas normal du tout.

    Je ne savais pas quoi faire. L'aider à se relever? Continuer à le faire parler? Lui faire un massage cardiaque? Le secouer? Je n'étais pas douer pour sauver des vies. Les vivants, je les évitais. Ou on me les enlevait, au choix. La seule que j'ai jamais essayé de sauver n'était pas vraiment mourante, donc je n'étais pas sûr que Keira compte dans le lot non plus.

    Mais il n'était peut-être pas mourant... Après tout qu'est ce que j'en savais? Je n'étais pas médecin! J'étais fils de taulard et pyromane à ses heures perdues... Un médecin...


- Je crois que je vais aller chercher l'infirmière, hein?
Le prévins-je en me levant.


    Ok... Mais où était l'infirmerie?

    Bah je trouverais bien quelqu'un dans le couloir pour me l'indiquer. Qui oserait ne pas me donner la réponse, hein?
    Je restai tout de même près de lui, indécis... Si je le laissais tout seul, qui le surveillerait?
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MessageSujet: Re: |- Et si c'était ça, ma vie ? - Pyroman   Ven 27 Fév - 16:51



Ils ne sont pas conscients de l'énorme paradoxe dans lequel je suis enfermé, grâce à eux. Parce qu'on dit que tout le monde peut blesser un homme et il se trouve que je sais le faire. On dit que tout le monde peut faire des erreurs et vos âme meurtries témoigneront pour moi que j'en ai commis. On dit que tout le monde a des faiblesses et peut pardonner... Mais voilà, on dit aussi que personne n'est parfait, que personne a le droit de tuer, torturer ou massacrer... je n'ai pas ces droits-là. Il faut qu'on l'aide, Mr Nobody. Je ne peux pas être personne et tout le monde à la fois.


    - Non, tu n'iras pas. Et je vais te dire pourquoi.


Je sais bien que j'ai l'air de mourir, là. Mes paupières closes anticipent le travail de celui qui m'aurait trouvé, mon expression paisible est empruntée à ceux qui ne souffrent plus et la main qui essaie d'empoigner mon cœur pourrait être un adieu solennel, un ultime message d'amour universel. Mais je ne suis pas prêt d'abandonner. Même si la douleur est ma seule comparse depuis le début, je ne lui céderai pas ma vie. Pas tout de suite, promis.


    - Le temps que tu ailles la trouver je serai de nouveau sur pieds. Et avant que tu la ramènes ici je serai plus vivant que j'en ai l'air maintenant.


La souffrance s'évade déjà. Je le sens parce que là, j'ai atrocement mal, au point d'en être choqué, et je sais que je ne pourrais pas souffrir plus que maintenant, pas même un peu. Le summum de sa gloire, c'est en cet instant et elle se régale de tout ce qu'elle peut bruler, serrer, compresser, massacrer en mon cœur et ce qui l'entoure. Il n'y a pas de peine plus forte que celle-ci, elle dure mais d'ici quelques minutes, elle se sera évanouie. Je pourrai respirer. Alors le mal aura fait son œuvre et lui et moi nous dirons à bientôt.


    - Je préfèrerais que tu restes avec moi. S'il te plait.

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MessageSujet: Re: |- Et si c'était ça, ma vie ? - Pyroman   Ven 27 Fév - 19:17

    Je ne savais pas quoi faire. Allez chercher l'infirmière au risque de le laisser seul, rester ici au risque de ne pas pouvoir l'aider. Je crois que j'attendais juste qu'il me confirme si c'était une bonne idée, en fait. Pensait-il en avoir besoin?



- Non, tu n'iras pas. Et je vais te dire pourquoi.Le temps que tu ailles la trouver je serai de nouveau sur pieds. Et avant que tu la ramènes ici je serai plus vivant que j'en ai l'air maintenant. Me dit-il.

    Et bien voila, je l'avais ma réponse. Il ne voulait pas que j'y aille. Mais puisqu'il savait qu'il irait mieux dans peu de temps, alors je pouvais partir, non? Il avait l'air de savoir de quoi il parlait. Après tout, s'il n'y avait pas mort d'homme, je pouvais chercher la solitude plus loin. Ou peut-être que je devrais attendre qu'il le soit, plus vivant, avant.

    Nouveau dilemme : le laisser souffrir en paix ou attendre qu'il aille mieux? De toutes façons, que je choisisse l'une où l'autre, je ne le serais pas, moi, en paix.


- Je préfèrerais que tu restes avec moi. S'il te plait.

    Soufflé, je haussai les sourcils. Je me rendis compte que jamais on ne m'avait demandé ça de ma vie. Rester près de quelqu'un... Non personne. Ils avaient tous peur de moi, qui m'aurait dit ça?

    Et je me rendis compte que j'aimais que l'on me le dise. C'était con, puisqu'au fond, c'était moi qui faisait en sorte qu'on ne me le dise pas. Je ne voulais pas qu'on me plaigne, ni que l'on sympathise avec moi. Juste que l'on ait peur de moi.

    Mais je n'allais pas faire en sorte de l'effrayer, ce garçon, quand même. Il était assez mal comme ça.


- Ok. Répondis-je simplement.

    Oui, parce qu'au fond, c'était la deuxième fois qu'il calmait mon esprit en me disant quoi faire au moment où je me posais des questions. Et s'il était télépathe, le garçon? Aucune chance, j'étais absolument sûr et certain de ne jamais avoir vu son visage dans la classe. Un télépathe aurait été parmi les futurs héros, non? Et comme il avait avoué avoir mon âge...


- Ca t'arrive souvent, ça?
Demandai-je, plus pour le faire parler que pour assouvir ma curiosité.


    Je m'accroupis à nouveau et observai encore une fois sa posture. Les yeux fermés, la souffrance calme, la main sur le coeur. Mes souffrances n'étaient même pas physique et j'étais incapable de les gérer, moi. Toujours en colère. Lui non. Il était calme.
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MessageSujet: Re: |- Et si c'était ça, ma vie ? - Pyroman   Sam 28 Fév - 2:04



D'ici une poignée de minutes je pourrai inspirer profondément sans que l'air ne se transforme en un vicieux poison qui me fera regretter d'avoir été doté de côtes lorsque je suis né. Pour l'instant je danse avec l'oxygène pour que les deux participants réapprennent à caler leurs pas les uns sur les autres, à suivre un tempo régulier mais surtout pour qu'ils se plaisent à danser. Respirer n'est pas une tare, et pourtant, cela m'arrache des pensées. Plus pour longtemps. Tout ira mieux, tout va toujours mieux pour la simple raison que je ne connais pas pire qu'en ce moment.


    - Ok.


Merci, qui que tu sois. Le pire de nos deux rôles t'est sans aucun doute revenu d'emblée, lorsqu'il t'as incombé la tâche de décider entre t'évader ou me regarder... survivre. Un chien s'en sortirait probablement mieux, grâce à son instinct. Le mien me dit d'encaisser sans broncher, parce que ça m'a toujours réussi jusqu'à aujourd'hui. Pour ce qui est de la suite... qui vivra verra, j'imagine.


    - Ca t'arrive souvent, ça?


Je m'essaie à la légèreté, grave erreur si j'en crois le violent renvoie à l'ordre que je subie immédiatement. L'humour, même faiblard, c'est pas pour tout de suite.


    - Définis souvent ?


Il comprendra que la réponse est plus qu'affirmative. Si je devais donner un chiffre j'aimerais l'inventer, comme je créer le reste dans un artifice paradisiaque. Ce sera un genre de nouveau nombre maudit qui se fera l'écho d'une maladie qui n'en est pas vraiment une, avec des malaises qui n'en sont pas non plus. Une seule fois par mois, des comme ça, si je suis chanceux. Mais ma mère dit que ça passera. Et ce que dit ma mère, j'y crois.

J'essaie ambitieusement d'inspirer une longue trainée de ce poison. Il me brule, comme prévu, mais je parviens à mener mon action jusqu'au bout. Je savais bien que je l'aurais, tout est affaire de patience. J'enlève la main qui couvre mes yeux, les ouvre et recouvre la vue avant la santé, signe précurseur de mon retour à la vie. Je localise toutes mes forces survivantes dans l'unique muscle de mon cou pour apercevoir le visage de celui qui m'aura tenu la main, au sens figuré toujours, là où d'autres auraient décampé.


    - Warren Peace.


Sourire n'est presque plus un calvaire, on dirait que mes affaires s'arrangent. Certes, je ne suis pas disposé à courir un marathon dans la foulée mais le fait que je parvienne à me redresser est un superbe début. Je cale mon dos contre le plus bas des gradins en ayant conscience de me déplacer comme un vieillard de quatre-vingt ans. Je tourne le visage vers Warren, si mes yeux ne me trompent pas, et ne trouve ni la force, ni l'envie, de laisser ma nuque faire le chemin inverse.

    - Merci.


Je ne suis pas encore disposé à laisser ma main se rendre utile pour une autre activité qu'est actuellement la sienne. Elle empoigne ma chair tendue comme si j'agrippais l'organe en lui-même. Il est prévenu, nous sommes tous les deux faibles, corps comme esprit, mais il n'est des choses qu'on ne peut combattre. Comme un merci.
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MessageSujet: Re: |- Et si c'était ça, ma vie ? - Pyroman   Ven 6 Mar - 12:20

- Définis souvent ?

    Si le ton n'était pas aussi douloureux, cette phrase aurait pu passer pour spirituelle. Mais parce qu'elle portait une vérité qui le faisait souffrir, je la prenais plutôt comme un rejet. Cette question devait paraitre idiote au fond. J'aurais pu le deviner à son calme. Mais pour ma défense, je voulais simplement qu'il parle.

    Il tenta d'inspirer et je vis l'effort que ce simple geste lui demandait. Respirer le faisait souffrir. Vivre était douloureux pour tout le monde, alors. Finalement, peut-être était-ce nous qui avions besoin de héros.

    Il tourna la tête vers moi, et j'attendis le moment où ses yeux s'agrandiraient de surprise et/ou de peur. Pyroman était près de toi au moment où tu souffrais, ou tu étais faible. Il lui fallait faire attention.

    Mais son visage ne trahit rien, il tenta même un sourire.


- Warren Peace.

    Je fronçai les sourcils. D'une parce que sa réaction n'était pas celle que j'attendais et de deux parce qu'il m'appelait par mon vrai nom. La seule de cette école à pouvoir le faire était Keira, pour des raisons évidentes. Parce qu'elle savait ce que Pyroman et Warren représentaient. Parce qu'elle avait vu ma mère, mieux que moi-même.

    Mais au fond, ces deux rencontres ne sont pas si différentes. Tout deux m'ont montré que malgré ma haine pour le monde, je ne suis pas près à le laisser mourir sans rien faire. Il peut tout m'enlever, je ne m'abaisse jamais à son niveau. Je le menace, lui fait peur, le déteste... Mais le sauve, quand je peux. Inconsciemment, en plus. J'imagine que j'ai besoin qu'ils existent, tous, pour pouvoir mieux les détester...


- Merci.

    Ce mot nouveau provoque une réaction étrange en moi. On ne m'a jamais dit "merci". Je n'ai jamais rien fait pour qu'on me dise "merci". Et là, je flippe, parce que ce n'est, une fois encore, pas comme ça que les choses doivent se passer et que le fait d'avoir trouver ce garçon à moitié conscient n'est plus vraiment une excuse. Au fond, je n'ai rien fait et il ne sait rien de mes motivations. Je pourrais même le planter là dans ce gymnase, là maintenant, et l'oublier dans la foulée.

    Sauf que je n'oublie pas les rencontres qui me marquent, comme celle-là. Là, je suis un gamin à qui on a dit "merci" pour la première fois et qui trouve ça étrange.


- J'ai rien fait. Je dis en fronçant les sourcils, me rendant soudain compte que ce "merci", je ne le mérite pas plus que tout le reste.


    Rien fait... Mon père est moi n'avons rien fait du tout...
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MessageSujet: Re: |- Et si c'était ça, ma vie ? - Pyroman   Lun 19 Oct - 23:24

Je suis entre deux mondes au présent, passé, et n'importe quel autre temps conjugué. Je ère sans utopie au royaume des mortels dominés par les leurs. Bien calé entre la réalité de ma vie et votre imaginaire trop grand pour mon cœur étiré, j'apprivoise peines et douleurs. Ici, c'est entre le chagrin exercé par une séparation et l'appel enjoué de retrouvailles à venir, que je me fige, blessé. J'attends, à défaut de faire bouger les aiguilles majestueuses d'une horloge qui ne pardonne personne, que le soulagement prenne possession de mon cœur, corps et courage naissant, signe de rédemption.

Toutes les insinuations concernant un avenir brillant de mille promesses meurent doucement, la plus belle précédant la moins satinée, me laissant savoir, seul, que je suis tel que je finirai. Prisonnier de deux identités, entouré d'un univers qui gravite autour de mes doigts... je suffoque dans un sourire aussi blanc que l'innocence qui découle de mon cœur abimé. Malade d'aider.

Je regarde toujours Warren Peace, laissant courir mes yeux sur son visage tourmenté sans laisser la gène empourprer les joues que j'attire de mes dents. La profondeur de ses yeux noirs me surprend, m'effraie autant qu'elle m'attire et je m'imagine aisément m'y engouffrer pour ne plus en ressortir, jamais. Apaisant malgré lui, il est l'ami d'un instant égaré, maladif et secret. Son silence me plait, et je me demande si l'abîme de son regard offre une fenêtre directe sur son âme ou bien son cœur.


    - J'ai rien fait, s'accuse-t-il.


S'il savait toutes les merveilles qui découlent de ce 'rien' si bien tombé ! Moi si pauvre d'avoir empoigné les richesses des autres, m'extasie devant le vide doux qu'offre la générosité cachée d'un être torturé. Moi si riche de souvenirs avortés, pleure sur son sort inavoué.


    - Rien, c'est exactement ce dont j'avais besoin.


Merci de ne pas m'avoir touché pour signer la mort de l'ange des paradis artificiels. Merci de ne pas avoir fuit devant l'emprise d'un mal à demi réel que personne ne peut soigner. Merci de ne pas avoir hurlé à la mort à l'entente de chacun de mes mots suffoqués, de leur avoir laissé la chance de tomber au creux d'une oreille qui peut tout comprendre. Merci de ne pas être ce monstre qui existe déjà, me bouffe parfois, et aurait pu me frapper dans une folle lâcheté.


    - Tu aurais pu partir, courir, prétendre que tu ne m'avais pas vu ou bien te persuader que je dormais pour soulager ta conscience un peu réveillé. Tu sais aussi bien que moi que beaucoup l'auraient fait.


Je sais à m'entendre que je lis trop. Que régaler mes yeux de tous les délices de papier n'aide pas à ma sociabilité. Je parle trop, toujours vite et d'une façon que mon âge n'accepte pas. Combien de monde ai-je exhumé, déjà ?


    - Tu aurais pu essayer de me frapper, me tabasser, me toucher ou même me tuer. Certains ici n'auraient pas hésité. Profiter d'une faiblesse apparente pour endommager tout... tout ce qui était exposé. M'achever.


Terme correct au parfait. M'achever. Je ne parviens pas à lire le sombre visage de Warren, je ne le comprends pas aussi bien que ma tonne de bouquins. Je ne sais pas qui il est ni comment entreprendre la phrase d'après. Lire entre les lignes n'est pas une option, depuis mon grade de fourmi tombée au front. Je ne comprends rien, et comme toujours dans ces cas-là, je vomis un flot de paroles que je ne mâche qu'à moitié.


    - Et tu aurais pu ne pas m'écouter, refiler mon cas désespéré à une habituée, à l'infirmière tu sais. Mais tu es juste resté là, avec moi. Et crois-moi quand je te dis que ta présence est plus éloquente que tous les gestes de ce monde. N'avoir rien fait m'a aidé.


Je prends doucement la peine de respirer, prudemment d'abord, puis gagne en sérénité lorsque je constate que le pincement s'est envolé. Magique, ma poignante maladie. Le contact entre corps et esprit n'aboutit pas encore, l'un comme l'autre cherchant un moyen d'échapper à cette folle emprise. Mêmes mes défaillances me fuient. Je reste planté contre le grand escalier qui tient mon monde en place, amèrement figé.


    - Ça ravive mon cœur tellement tu es quelqu'un de bien. Ça brûle mes yeux.
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MessageSujet: Re: |- Et si c'était ça, ma vie ? - Pyroman   Mer 2 Mar - 17:11

    Et puis tu le sais, que je n'ai rien fait. Tu étais là, tu peux témoigner. Je n'ai juste pas bougé. A tu seulement vu la lueur d'une flamme ? Non tu étais déjà allongé quand je suis arrivé et ce n'est pas moi qui t'ai aidé à te redresser. Je suis rester accroupi, planté là. Je voulais partir, tu sais. Je n'avais pas envie de te tenir compagnie. Mais je n'ai pas pu m'y résoudre. Alors je suis là, à encaisser un "merci" qui ne m'était pas destiné. Le seul que l'on m'ait donné, et je ne l'avais même pas mérité. Je ne l'aime pas plus que l'injustice, finalement, je crois. Je suis mal à l'aise devant toute forme d'attention, bonne ou mauvaise, à mon égard. Sauf venant de ma famille, mais ça, ça fait longtemps que je n'en ai pas eu. Tu sais, mon père, j'avais douze ans quand ils me l'ont arraché. Et à lui non plus, personne n'a jamais dit "merci". Pourtant, des vies, il en a sauvé pour de vrai. Ce monde est ingrat avec ceux qui ne le mérite pas, et encense ceux qui ne font rien. En fait, ton, merci, désolé, mon gars, mais finalement, je n'en veux pas.


- Rien, c'est exactement ce dont j'avais besoin. Tu aurais pu partir, courir, prétendre que tu ne m'avais pas vu ou bien te persuader que je dormais pour soulager ta conscience un peu réveillé. Tu sais aussi bien que moi que beaucoup l'auraient fait. Tu aurais pu essayer de me frapper, me tabasser, me toucher ou même me tuer. Certains ici n'auraient pas hésité. Profiter d'une faiblesse apparente pour endommager tout... tout ce qui était exposé. M'achever. Et tu aurais pu ne pas m'écouter, refiler mon cas désespéré à une habituée, à l'infirmière tu sais. Mais tu es juste resté là, avec moi. Et crois-moi quand je te dis que ta présence est plus éloquente que tous les gestes de ce monde. N'avoir rien fait m'a aidé.


    Je ne bronche pas. Je ne suis pas comme ça. Cette étiquette qui est la mienne ne me correspond pas. J'aurais pu le faire, tu sais, si j'étais tel que tout le monde m'imagine. Tout ce temps tout seul, et crois-moi si je te dis que je n'ai jamais appris à ne penser qu'à moi. Je serai toujours touché par le spectacle d'une personne recevant des souffrances qu'elle ne mérite pas, parce que ma famille est brisée, tu vois ? Je ne voulais pas rester, tu le sais. Parce que personne n'est resté pour moi, parce que je veux me venger, mais je ne sais pas encore comment m'y prendre et que dans ce cas, il est plus facile de détester tout le monde. Mais je ne l'ai pas fait, et ce n'est pas par bonté d'âme. Non, c'est parce que personne n'est resté pour moi, justement.


- Ça ravive mon cœur tellement tu es quelqu'un de bien. Ça brûle mes yeux.

    Et dans le mien se répand une chaleur que je ne connais pas. Quelqu'un de bien, moi ? Vraiment ? Je ne crois pas. Je cherchais juste à fuir le réfectoire. Je voulais trouver un peu de solitude pour me souvenir de ma mère, car je suis tellement un bon fils que je ne me rappelle pas du son de sa voix, de la douceur de ses bras, ni du parfum de ses cheveux. Je ne suis pas quelqu'un de bien élevé, car personne n'a eu l'occasion de le faire. Je ne suis pas quelqu'un de bien, car les valeurs propres aux gens biens ne m'ont plus été inculquées depuis l'âge de douze ans. Je n'ai pour modèle que ce monde qui n'hésite pas à faire d'un enfant un orphelin et le souvenir d'un père sans tâche qu'ils ont essayé de salir. Je ne suis pas quelqu'un de bien ; je voudrais voir ce monde brûler, et qu'au milieu du brasier, mon père me soit rendu. Je voudrais troquer mon Enfer contre des flammes. Et comme le feu ne choisit pas, je suis désolé, vraiment, mais tu brûlerais avec.

    Je ne suis pas quelqu'un de bien, je n'ai rien fait. Mais une douce sensation de plaisir m'envahit. Je ne suis pas quelqu'un de bien, mais j'apprécie que l'on me dise le contraire, pour une fois. La première fois, encore.


- Merci.

    Je ne sais pas quoi dire d'autre, les mots m'ont toujours fait défaut. Je ne sais pas parler, j'ai l'impression que chaque parole est une trahison. Mais je ne dis que la vérité, pour le meilleur et pour le pire. Quitte à parler, autant ne pas mentir.


- Mais je ne suis pas quelqu'un de bien. Et tu n'avais pas besoin de moi.

    Voila, tu vois, c'est ça la vérité. Ma vérité.
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MessageSujet: Re: |- Et si c'était ça, ma vie ? - Pyroman   Dim 6 Mar - 23:06


Et mes paroles empruntent au prophète ce quelque chose de vrai, d'un peu en avance sur son temps. Mon coeur doucement retrouve la tranquillité de ses battements réguliers, bien que toujours trop nombreux. Réchauffé, il se calme et la menace d'une douleur atroce ne tarde pas à déposer un petit baiser d'adieu sur mes entrailles qu'elle dérange, le temps d'une dernière danse.
Je garde ma main posée sur mon corps dans ce relent de superstition gâtée qui me fait dire que tout ira bien, tant que je le tiens. Le monde reste rond et les paradis bien gardés ; ils sont à l'aise cachés contre mes humeurs qu'ils abiment pour les relancer avant de se taire. J'ai un hymne au fond du ventre et il m'apaise, son titre se répercute partout à l'intérieur de moi et je le laisse m'imprégner comme un fer qui me marquerait : Tout ira bien, mais s'il rouillait et si jamais... Si jamais ?

Oh, j'irai me tuer dans un accident de paradis, je laisserai mes sens se consumer sur ce brasier fait d'amour et d'extase, je me ferai tomber dans un précipice vide de temps, rempli par toutes vos peines jetées à un passé qui vous rattrapera quand on se vante, qui vous abimera comme je vous hante.

    - Merci.


De rien. On dirait pas en plus, mais c'est gratuit. Tellement, tellement gratuit... Sorti de nulle part, c'est injustifié, ça reste inexpliqué. Je me dis parfois que cet univers, c'est moi qui l'ai créé. Que je m'invente des tortures pour vous faire rêver un peu, que si je sillonne votre peau, c'est surtout parce que j'ai cette peur panique d'être malheureux, de finir comme ma mère, morte en même temps que mon père. Je ne veux pas me transformer en la rayure d'une ombre de ce que j'ai été mais pour avoir peur de défaillir, il faut que je commence par devenir, pas vrai ? Comment se muer en rien si le vide imprègne déjà toute mon existence ? Si je suis à travers vous, c'est pour m'inspirer de vos sens.

Je laisse mon regard vagabonder dans celui de Warren Peace, jusqu'à son "merci" qui lui donne autant de mal qu'à moi, vos regrets. Et je me demande si comme moi, il échangerait la douleur de ce mot emprunté à ceux qui l'ont détourné contre un repos éternel, mérité. Je sais que je refuserais, et croyez-moi quand je dis "plutôt crever que de vous délaisser" parce que c'est vous, qui me tuez. Et je vous adore pour ça, chaque jour, et à chaque fois. Parce que vous me rappelez à quel point je suis vivant quand reprennent les battements, de quoi sont faits nos rires d'enfants et surtout, quelle chance nous avons.

    - Mais je ne suis pas quelqu'un de bien. Et tu n'avais pas besoin de moi.


Dis celui qui ne s'en va pas. Je lui souris, sans douleur cette fois. Je n'ai même plus l'arrière-goût de cette peur malade qui me chante en douce les supplices qu'elle garde en réserve pour moi, la prochaine fois. Parce que cette future passade est encore loin, qu'elle n'a pas besoin de me crier des louanges morbides parce que ratées et qu'elle préfère aller trouver un autre, pour s'exercer.
Je sens ma tête qui, lourde, va se cogner contre la marche en bois derrière moi. Si ça sonnait creux, est-ce que je serais déjà plié en deux ? Mort dans la position qui m'aura vu naitre, rester le fœtus que mon pouvoir m'a empêché de laisser crever. Est-ce que mon coeur battrait de ces trois fois ? Boom Boom BAM! Boom Boom BAM!...

J'ai bien envie de lui dire que je suis habitué à ce qu'on ne soit pas d'accord avec moi. Mais qu'en général, il me suffit de trouver une fenêtre sur votre âme pour prouver mes raisons, pour appuyer chacune de mes convictions. Et ces yeux-là, ils ont beau ne pas être fixés sur cet endroit, ils ne mentent pas. Je connais le prélude de votre éternité, vous savez... Je sais, je sais, je sais de quel métal vous êtes faits. Inutile de le nier, vous brillez.

    - Est-ce que t'as déjà vu une autre ville que celle-là, Warren Peace ?


Par contre, me retourne pas la question s'il te plait. Quand tu en auras fini, laisse-la périr dans un coin de ta tête remplie des caprices de ceux qui ne savent pas épeler la justice correctement et garde-la pour toi comme un trésor enfoui sous un sable plus précieux qu'elle. J'ai pas envie de commencer à égrainer les citées d'or que j'ai pu contempler, ni celles qui ont déjà existées. J'ai jamais rien vu de ma vie, sinon les souvenirs sublimés des villes de votre enfance. Je ne tiens pas à m'égarer, complétement perdu au milieu de cette danse qui fait Boom Boom Bam!, Boom boom... bam.

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MessageSujet: Re: |- Et si c'était ça, ma vie ? - Pyroman   Lun 7 Mar - 22:40

    Alors que je parle de vérité, mes pensées vont tout naturellement vers Sincerity. Seule elle peut comprendre tout le poids de mes mots, ce qu'ils signifient pour moi et pour le reste de cette misérable planète. Seule elle est au courant de tout ce qui fait que ma vie est brisée et d'à quel point mon monde ne tourne pas rond, car il a perdu ses pôles. Elle sait que mon père est innocent, que je ne suis pas méchant et que ma mère me manque. Elle est au courant que tout ce qui est à la surface n'est qu'un masque. Tu vois, toi, dont je ne connais pas le prénom, je ne pense pas que tu comprennes cette phrase comme elle l'aurait compris. Tu entendras sûrement la même chose que les autres. "Ce n'est pas quelqu'un de bien, c'est un futur vilain." Pourquoi penserait-il différemment des autres ? Parce que je suis resté ? Ce serait la meilleure des blagues si soudainement, on se mettait à croire en moi juste parce que je ne faisais rien.

    Il laisse tomber sa tête en arrière, visiblement fatigué. Je me prends alors à visualiser ma fuite, loin de sa présence qui, sans me déranger, me met mal à l'aise. J'aime ma solitude pour ne m'avoir jamais fait défaut plus que par haine des autres humains... Même s'il y a de ça. Ce n'est pas spécialement contre lui. C'est juste... Une personne. J'ignore s'il est comme les autres, mais je n'ai pas beaucoup de raisons d'essayer de le découvrir, maintenant qu'il va mieux. Mon rôle est terminé, et j'avoue être impatient de ne plus avoir à partager des moments avec quelqu'un, aussi sympathique soit-il. Je veux juste qu'on me laisse penser sans m'interrompre, aujourd'hui, comme d'habitude.


- Est-ce que t'as déjà vu une autre ville que celle-là, Warren Peace ?

    Raté...

    Je plonge mon regard dans le sien, me demandant si fort qu'il doit sûrement l'entendre pourquoi il s'intéresse à moi, comme ça. Pourquoi veut-il savoir quoi que ce soit sur moi ? Pourquoi ça ? Pourquoi moi ? S'il me connait, quelle genre d'idiotie le pousse à passer du temps avec moi ? Vraiment, tu ne veux pas faire comme les autres et me fuir ? Sans espérer que tu aies peur de moi forcément, ne peux-tu pas au moins refuser d'être aperçu en ma présence ? Juste afin que je ne me sente pas renversé par un intérêt qui me dérange et me fait hésiter quand mon envie ne se bornait qu'à tourner les talons... Cette question est tellement inédite. On ne me l'a jamais posée... Je suppose que tout le monde le sait que je suis un gosse d'ici qui a des parents d'ici. Du moins, je le pensais.

    Je suis étonné par sa question, mais l'idée d'y répondre ne me traverse pas l'esprit. Après tout, s'il ne sait rien de moi en dehors de mon nom, rien ne me pousse à changer cet état de fait. Pour une fois qu'une personne ne sait pas tout de moi.


- Pourquoi ? Je demande, les yeux plissés et la tête penchée sur la droite.

    Ma question n'est pas agressive, elle renferme toute la surprise que m'inspire ce garçon.
    Pourquoi chercher à ouvrir la porte d'un jardin pas si secret que ça ?
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MessageSujet: Re: |- Et si c'était ça, ma vie ? - Pyroman   Dim 13 Mar - 20:52

Elle me rassure autant qu’elle me blesse, cette valse, qui me quadrille. Parce que si elle venait à me quitter, je crains qu’elle signe l’arrêt de vos rêves, le cessation de nos trêves qui m’abime dans une vague que le temps ignore en faisant de vous les princes d’un royaume mort, parce que pas tout à fait prêt à vous en offrir les clés.
Il est possible que cette danse emprunte les dernières lueurs d’un Requiem éternel qui ferait se mouvoir à ma place les quelques pas d’un diable inventé pour vos yeux et la possibilité qu’ils ont de regarder plus loin. Plus grand, au-delà que la Terre. Je vous suivrai jusqu’en Enfer.
Le mien, le vôtre, qu’importe tant que vos mains peuvent y trouver ma peau qui nous emmènera ailleurs, vous rendra un univers, un espoir meilleur. C’est de ce genre de ville-là que je parle à un Warren Peace qui me dévisage comme on a cessé de se comprendre. Parce que ce ne sont pas des choses que l’on dit, on n’aborde pas sans cesse le sujet de l’enfer et de son contraire. Des Nobodies et leurs paradis.

    - Pourquoi ?


Pour tout ce que je viens de penser quand mon cœur reprend une petite symphonie qu’on connaît maintenant, ça y est. Parce que si je te parle c’est pour dévier mes pensées d’un axe dangereux, malsain parce que rivé sur moi. Allez quoi, on parle de toi ça vaut mieux pour vos rêves, je te jure. Mais je souris en laissant mes yeux se perdre dans la contemplation d’un plafond qui me parait loin mais tu vois, si proche. J’ai l’impression qu’en me levant, il me serait possible de le toucher et d’anéantir la vie telle qu’il la connaît. Je peux mettre fin au monde des mondes, au toit de notre univers en lui montrant à quoi ressemblerait un vrai paradis sur terre.
Je souris à un vide qui me caresse de sa torpeur bienfaisante. Pas pour lui, ni même à moi mais à un tout de suite qui nous offre mille possibilités auxquelles les cœurs des autres n’osent pas rêver. Boom Boom Bam, tu sais. Et puis, mes yeux se perdent contre le temps qui se confirment en tant que mon ennemi le plus délirant. L’horloge tique sur mes tocs pris de cours et bien vite, ce sera l’heure. C’est dur comment, de postuler au bonheur ?

    - J’en sais rien, comme ça. Quoi qu’il en soit, merci d’être resté là.


D’avoir subi ma présence à moi sans essayer jamais de profiter de mon don qui doucement se taille une jolie réputation. Bientôt la vie n’en sera plus qu’une moitié et je redoute l’après. A quelle vitesse tu penses que ça va me tuer ?

Je me redresse, emprunt d’une fraicheur nouvelle qui me fait me sentir presque jeune ; presque de mon âge ; presque quelqu’un. Profitant du mouvement, je tapote mon cœur pour l’éduquer un peu, lui boom boom deux minuscules claques régulières pour qu’il s’en inspire sans faire de drame. Tu vois, pas de bam.
Soufflant pour de bon dans un sourire qui exprime un soulagement aussi ravi que certain, je ne tarde pas à y loger un baiser pensé, petit gage d’humanité pour ma douleur qui saura me retrouver. Mais pas pour tout de suite, d’accord ? Laisse-moi récupérer, me charger en ce carburant d’amour qui me rend capable de vous donner envie de vivre et mourir encore. J’apprivoise ton départ et bien vite nous nous retrouverons, offre-moi seulement le répit conforme aux désirs des autres qui eux, ne souffrent pas de visiter un ailleurs qui ne ressemblera jamais à chez moi.

    - Je te le revaudrai, je lui souris, sincère d’une promesse qui durera tant que je vivrai.


Et me dis pas non, c’est décidé, mon cœur est scellé. Je t’en dois une et tu choisiras seul la couleur de nos retrouvailles qui me verront souffrir ou pas, qui bâtiront un monde flambant neuf pour tes yeux noirs si tu le veux. Mais pour le moment, on en reste là, tu veux bien ? Je dois courir et bien vite on n’entendra le train de la vie essayer de me rattraper. Mais tout ira bien, pas vrai ?
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MessageSujet: Re: |- Et si c'était ça, ma vie ? - Pyroman   Mar 12 Avr - 21:02

    J’ai presqu’envie de me mettre à sa hauteur pour comprendre les mystères qui l’entourent, juste quelques minutes. Non pas par curiosité, mais simplement pour décrypter un esprit qui m’a l’air différent de ceux des autres. Peut-être qu’au fond, j’en ai marre de tous les mettre dans le même panier. J’ai besoin de me dire que le monde n’a pas que des mauvaises pommes dans ses branches et que pas tout n’est à brûler. Car je n’ai pas le courage de tous les détester autant que je les hais. Je n’ai pas l’intention de l’aimer, mais une bonne plante dans le jardin me suffit pour ne pas faire flamber toutes ces mauvaises herbes. C’est sympa de penser qu’il y a encore des choses à sauver. Et qu’il y a des gens qui valent la peine d’espérer. Ca se voit, dans ses yeux, qu’il n’est pas comme eux, ni comme moi. Je ne le connais, et ne le veux pas forcément, mais ça fait juste du bien de savoir que je ne suis pas obligé de tous les haïr. Je ne demande qu’à avoir foi en quelques être humains, juste pour pouvoir haïr les autres sans rêver de les détruire. Vous trouvez ça compliqué, comme idée ?


- J’en sais rien, comme ça.


    Ok, tant pis, je ne saurais pas, mais c’est sympa d’avoir essayé, t’en auras bouleversé, des choses dans ma journée. Comme la fille du réfectoire, sauf que tu m’inspires la paix, toi au moins. Celle qui calmera le feu qui brûle de leur faire la guerre, aux autres. Tu m’auras juste permis de nier un peu plus leur existence, pour notre bien à tous. Et puis un jour, mon père reviendra. Et voila. Le début de l’histoire. On nourrira un feu follet qui brûlera leurs mauvaises pensées, sans même chercher à nous venger. Leur monde brûlera sous leurs doigts. Et nous, on ne fera rien d’autre que de ne pas nous occuper. Ils se détruiront eux-mêmes, tu verras. C’est la peur, qui les consumera.

    Mais toi, tu n’as pas peur. Tu iras bien, si tu ne te laisses pas mourir avant de ce mal que tu as l’air de connaitre. Ce qu’il adviendra de toi, je n’en sais rien, et je ne le maitrise pas. Tout ce que je sais, c’est que mon père et moi, on ne te souhaitera que du bien, quand on pensera aux gens qui en valent la peine. On s’en rappellera même sans connaitre ton nom. On n’a pas besoin de ça, pour apprécier une idée. T’es une promesse : celle qu’ils ne sont pas tous cons. Voila.


- Quoi qu’il en soit, merci d’être resté là.

    J’ai envie de le redire, que ça n’aurait rien changé, si je ne l’avais pas fait. Mais on n’en est plus là, et on ne va pas refaire cette conversation et gaspiller des mots pour rien. On n’en finira juste à la même conclusion : t’es sympa, mais je ne suis pas un mec bien. Je suis resté parce que je ne savais pas quoi faire d’autre, parce que j’avais une conscience, parce que t’étais calme et que tu ne me faisais pas chier… On s’en fout de la raison. Et on s’en fout, que je sois resté. Tu en serais au même point, sauf que tu n’aurais pas besoin de parler, si je ne l’avais pas fait. D’ailleurs, tu n’en as même pas besoin, même avec moi à tes côtés. Tu te forces pour rien, on aurait pu rester muet, au fond.


- Je te le revaudrai.

    Non, ça ira, je n’en ai pas besoin. Le jour où j’agoniserai, et que tu es dans le coin, la seule chose que je voudrais, c’est que tu te barres. Oublie jusqu’à mes inquiétudes passées, si tu me les rends, promis, je te tuerai. Je suis seul depuis qu’on m’a enlevé mon père, et plutôt crever que d’être sauvé par un autre que lui, tu saisis ? Ce n’est pas négociable, si tu tiens cette promesse-là, je te renvoie illico à une agonie que tu ne connais pas encore, et je ne plaisante pas. Je te jure, tant que je vivrais, ne me sauve pas. S’il te plait.

    Et puis, quand bien même :


- Déjà fait.

    Tu peux oublier ta promesse. Tu as fait plus que ça, aujourd’hui. On est déjà quittes depuis un moment.

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