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 « M × Theo & Élie »

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MessageSujet: « M × Theo & Élie »   Mar 23 Avr - 1:13


J’ai laissé ma fenêtre ouverte. Pas qu’il fasse chaud ou quoi que ce soit, vu que j’ai monté le chauffage il y a deux minutes. Mais j’ai cette certitude au cœur, l’attente d’une visite. J’essaie de faire jouer Crixus, mais il paresse, vautré sur mon lit dans une position impossible. J’ai mis une capuche pleine de fausse fourrure sur mes cheveux encore mouillés. Je m’improvise vagabonde, en sortant de ma chambre. J’ai laissé la lumière allumée, pour qu’il sache que j’y suis et que s’il veut, il peut entrer.

En marchant sur la pointe des pieds, je pense à Seven qui tâtonne toujours de cette façon, même chez lui, comme s’il allait être pris en flagrant d’élit de je ne sais quoi. Je lui ai dit, tout à l’heure. « You’re fucking crazy. » et ça l’a fait sourire. Il a dit non de sa tête blonde. « Not quite. » il a murmuré, comme si on essayait de se cacher. Et « Not quite » j’ai répété, en imitant sa voix aussi rebelle que lui. J’étais assise sur l’évier de sa cuisine, quand il a approché. Il avait cet air, celui qui chassait toutes les pensées de sa tête, sauf une. Bien précise. Il a attrapé mon poignet, quand j’ai voulu coiffer la mèche qui lui barrait les yeux. Fucking crazy. Il m’a touchée, du bout de son nez, de sa langue, de son menton. « I’m fucking Élie. », il a dit. Et eu raison.

Mes pieds nus suivent le chemin du long tapis couvrant l’éternel couloir me coupant du monde. Je me rends jusqu’à la porte que je connais par cœur. Le bureau de M, dans lequel je ne suis jamais entrée. Je n’y entrerai même jamais. J’ai probablement trop peur de ce qu’il s’y passerait, mais encore plus peur de ce qu’il ne s’y passerait pas. Mon oreille contre son bois espère capter quelque chose, un éclat de sa voix. Mais je n’entends rien d’autre que les bruits de la nuit qui doucement endort le manoir. Bon. « Bon. » je souffle contre sa porte. Tant pis. « I’ll be back. » Je m’en écarte quand, à l’intérieur, le plancher craque. Merde. Merde. Merde. Merde. Cours Élie, cours pour ta vie ! Je me rue dans la pénombre avec une imprudence silencieuse, m’appliquant à ne pas dévier du tapis qui matelasse mes pas, camouflant mon passage. Dans mon dos, une porte s’ouvre. Une lumière éclaire faiblement le couloir. Merde, merde. Je crois que dans la panique, j’ai levé les bras au dessus de la tête. « Mmh mmh ? » dit sa gorge en me faisant trembler les genoux. J’entends rien.

Heureuse comme jamais devant la porte de ma chambre, je me rue à l’intérieur. Je la claque tout doucement avant d’y abattre mon front. Idiote. Et encore. Idiote ! Je ferme les yeux et les presse de mes paumes. Qui je pourrais accuser ? Vinnie ? Il me faudra un alibi. Mon dos glisse contre la porte, jusqu’à ce que je trouve le sol. Mais quelle conne. Mon cœur bat la chamade, perturbé par l’écho de sa voix. Je sens une présence, alors j’écarte les doigts. « Theo ! » je crie dans un souffle. Ça alors ! « T’es là depuis longtemps ? » En tout cas, je suis contente. Je savais qu’il viendrait, c’est comme si ma fenêtre avait été inventée rien que pour l’y laisser passer. « En tout cas je suis contente. » Je souris, essoufflée par ma course presque-poursuite. Combien de temps avant que je lui raconte, à mon Pique ?

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MessageSujet: Re: « M × Theo & Élie »   Jeu 25 Avr - 5:13

Mes doigts crèvent le papier d'une clope, répandant les poussières de tabac sur mon chemin. Ça pourrait être un conte pour gamins qui croient en n'importe quelle connerie. Comme si j'avais déjà été du genre à me faire raconter des histoires avant de fermer les yeux pour la nuit. Ouais, si je voulais retrouver mon chemin, je dirais pas, mais je préfère me perdre. Je veux me perdre entre le béton et l'herbe jusqu'à ne plus avoir de nom. Faire mettre à mort mes origines et les enterrer de mes mains, six pieds sous terre. On gravera sur un bout de bois, parce que le marbre c'est pour ce qui mérite de traverser le temps. On gravera que ça s'est terminé un jour de printemps, comme ça, pas vraiment. Que ces morceaux sur le pavé ne sont pas mes cendres mais celles de tous ceux dont je fous. Je devrais arrêter. De fumer. De tuer des clopes. De me tuer au passage. Saleté.

Le problème, avec tout ça, c'est qu'il y a une voix, dans ma tête, qui me dit que c'est stupide, mais que moi je ne lui pas autant que je le crois. Cette voix là, elle a un nom qui me permet de dormir quand je me dis que le monde tombe en ruines. Cette voix là elle parle comme elle écoute, comme je devrais écouter, comme les grands pas grand choses comme moi ne savent pas faire. Je ne la mérite pas, mais je m'en fous, parce qu'elle est à moi. Fallait être gamins, et ne pas savoir que la vie tords les perceptions pour en faire des préjugés. Mon amie dans son grand manoir, avec son grand papa. J'ai pas besoin de ça. J'en veux pas. J'en ai jamais voulu. Je mens comme un pro. Faut l'avouer. Aux cartes, c'est un plus, au coeur, c'est un moins. Je me ramasse avec plusieurs As, de grosses conneries. Que des As de Pique. Et on s'en fout parce que je gagne. Je plante leurs stupides visages qui me dévisagent sur des piques que j'enligne. Je les enligne comme ça, d'un air désinvolte, parce qu'au fond, si ça n'est pas un morceau de ma trinité, je m'en fous. Ils peuvent bien me regarder de haut, mais personne n'aurait le coeur de s'attaquer à un pique. C'est qu'un seul pique, un As de pique, peut gagner la partie, quand toutes les cartes de son jeu ont de gros chiffres rouges et noirs.

La lumière est allumée. J'aurais grimpé pareil. J'aurais défoncé la fenêtre parce que même quand elle ne le sait pas, Élie m'attends. Ma gueule lui donne envie de crier ce que ces murs veulent taire en elle. Faut pas croire. Les jours sont chiants quand elle y est pas. Mais je lui dirai pas. Oh, elle sait, je crois. De toute façon, elle et moi, c'est pas comme ça. Si j'avais envie de me crever le coeur, j'irai me jeter en bas d'un pont. Ça serait mieux pour tout le monde. Le jour où je ne tiendrai plus debout. Le jour où Minnie ne pourra plus s'appuyer sur moi, je serais comme mon père, quoi. C'est ce que je disais : Plutôt crever.

J'ai grimpé, failli me tuer, poussé la fenêtre, me suis assis sur le plancher. Ouais, y'a un matou sur le lit. Crixus, un nom de gladiateur. Faut dire que la bestiole en question aurait les dents qu'il faut pour me déchirer en morceaux. J'aimerais pas être celui qui ferait du mal à Élie. La première fois que j'ai vu Crixus, j'ai même pas eu peur. Ça n'a pas d'importance qu'il puisse me gober en un morceau ou qu'il soit assez griffu pour m'ouvrir du nez au nombril. Quand Élie lui parle, on dirait qu'il capte les modulations de sa voix et que ça le fait ronronner de contentement. La première fois, c'est perturbant. Maintenant, je lui lance un petite signe de tête, du genre salut mon pote, il ouvre un oeil, me capte, le referme paresseusement. Je dois pas lui sembler bien menaçant.

Élie pousse la porte pour la refermer aussitôt. Si je le voyais, pas de mes yeux, je pense pas que je le croirais. Elle se laisse glisser au sol, poussant limite des gloussements aigus, un sourire embarrassé sur le visage qu'elle cache. Toute façon, elle a beau essayé, elle peut rien me cacher. « Theo ! » Qu'elle crie, comme si elle était surprise. « Élie! » Que je lui réponds sur le même ton, à peine moqueur. « T’es là depuis longtemps ? » Me dit ma tigresse après avoir été prise en flagrant délit de délire féminin. Pour sa défense, j'ai toujours su qu'elle était une fille, je peux pas dire que je suis surpris. « Crixus a eu le temps de bâiller une ou deux fois. » Faut pas trop lui en demander, c'est dur d'être un tigre de luxe. « En tout cas je suis contente. » Je hausse un sourcil, vraiment ? Oh, Élie, tu sais que tu vas tout me raconter. Je le sais, tu le sais, Crixus le sait. Pas que ça l'intéresse le félin, il semble prêt à remplir sa fonction de réchauffe pieds pour la nuit. Un vieux garçon celui là, c'est la belle vie de servir de compagnon à Élie. Revenons-en à elle et son bonheur, sans passer par quatre chemins. « Ouais, et j'ai un feeling que c'est pas mon arrivée qui te mets dans cet état. » Oh, je sais qui sait la mettre à l'envers. Il est bien mystérieux, d'ailleurs, c'est probablement son nom de code, Monsieur Mystérieux, mais appelez-le M, faudrait pas paraître hautain. Je blague, mais faut être aveugle pour ne pas remarquer qu'Élie lui fait les yeux doux. Pas même Crixus a droit à ces yeux là. « J'en connait qu'un pour te faire ressembler à une fille, enfin, je le connais pas vraiment, je sais même pas son nom. » C'est un peu flippant, mais c'est lui qu'elle veut, je suis pas là pour juger. Et si Élie veut quelque chose, elle l'aura. Cet homme a beau être hyper haut placé, il ne fait pas le poids. Je connais ma tigresse, un grognement et t'es à elle, sous son emprise, entre ses griffes. Pas vrai, Crixus ? Il dors toujours celui là. C'est vrai que je viens souvent la nuit. J'ai rien dit, t'es très balancé avec la nature, mon vieux, continue comme ça, ça doit pas être top un tigre insomniaque.
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MessageSujet: Re: « M × Theo & Élie »   Mer 8 Mai - 15:45


Quelque chose s’est emparé de ma poitrine, une paire de petites mains, toutes fines. Elles me serrent les os, me faisant prisonnière d’un confort dérangeant, d’une douceur ardente. Je regarde Theo, parce qu’y a aucun tableau au monde que j’aime plus que son visage et son grand corps capable de tout, surtout du pire. Il fascinerait n’importe qui et ce qui est pratique, c’est qu’en retour, je ne peux fasciner qu’un artiste. Lui regarde Crixus et une fierté m’emplie les veines, comme je les aime ! Ça m’enivre, tant j’aime ma vie quand ils en font partie. Theo est ma brèche sur le monde, le petit gamin qui est rentré chez moi un jour où j’étais posée là, comme si je n’attendais que lui pour que l’aventure commence. Mon souffle à bout me donne envie de rire, je me sens idiote, comme chaque fois que je fais une connerie impliquant M. Mais, tant pis, on se dira. Ça fait partie du charme d’Élie.

Et puis il me devine tellement bien. Y a que lui, qui sait faire ça. Que lui. « Ouais, et j'ai un feeling que c'est pas mon arrivée qui te mets dans cet état. » Je pince un sourire immature, riant sans voix. J’avoue tout d’un regard, l’air de dire If only you knew. God, the things he makes me do… I was fucking ridiculous back there. “I swear” je lâche dans un murmure perdu. Mais si c’était à refaire, je recommencerais tout pareil. Theo est beau dans cette lumière, j’ai toujours peur que sa peau craque. C’est con ce que c’est con. Mais elle est tellement fine avec ses tâches de rousseur, on pourrait croire, comme ça, qu’il est tout fragile mais y a qu’à entendre sa voix pour savoir que c’est pas le cas. J’ai envie de sauter par ma fenêtre, juste en croisant les doigts et espérer accrocher la lune pour lui donner, voir si ça rend sa vie plus belle. Mais enfin bon c’est pas gagné, déjà que j’ai pas d’échelle. Par habitude, j’accroche le verrou de ma porte en me relevant. « J'en connait qu'un pour te faire ressembler à une fille, enfin, je le connais pas vraiment, je sais même pas son nom. » il me sort dans le mille, comme toujours.

Ça me pince le cœur, de l’entendre parler de lui. Mais un bon pincement, avec des gants. J’ai l’impression qu’il est allé soulever mon estomac pour me rendre plus légère, toute bête. En traversant ma chambre je me croise dans un miroir, c’est vrai que j’ai l’air d’une gonzesse. Le rouge de mes joues s’est estompé mais j’ai toujours ces yeux qui brillent comme de l’argenterie qu’on viendrait de lustrer. Pleins feux sur M et ses mâchoires qui se serrent quand j’y pose un sourire. Bah, ça me passera… je crois. Je secoue mes cheveux mouillés, perdant la capuche qui me donnait la sensation d’être cachée, bien à l’abri du monde. Mais avec Theo, j’ai pas besoin d’essayer de fuir quoi que ce soit parce que mon échappatoire, c’est lui. « Tu sais que moi non plus, je connais pas son nom ? » je lance en fouillant dans le frigo pas très loin de la fenêtre toujours ouverte. « Peut-être qu’il s’appelle Eustache. Ou Marie-Jeanne. Peut-être que c’est un Maurice refoulé. » Je pouffe comme une gamine. Maurice. Mais non, c’est M. Juste M. Et on pourrait me sortir qu’il s’appelle comme ça « Juste M » que ça me choquerait pas. Je l’ai pensé tellement de fois. Ce sera Juste M et moi.

« Tiens. » je lui tends une bière fraiche, d’une marque qu’on a décrétée être notre préférée. Je sais pas sur quel engin poser ma carcasse, y a tellement de fauteuils, de poufs, même deux canapés. C’est n’importe quoi cette chambre. Elle est plus grande et mieux équipée que ma petite maison en ville. Mais bon, ça la rend belle ma presque-prison. J’ai des papillons dans le ventre, qui butinent sous la bière qui descend. « Ce soir, c’est moi qui suis con. » que je lui déclare, très solennelle. Ce sera son tour demain, j’me dis en me posant de tout mon long sur un fauteuil ma foi très joli. Non mon Theo, tu n’as pas le monopole des idioties. Je trinque au vent, rapprochant le goulot de mon front. « Telle que tu me vois, je rentre d’un marathon affolé entre son bureau et ma très chère chambre. Le tout dans le noir et sans bruit, s’il te plait. J’ai failli tomber que deux fois, quand il a dit « Mmh » et « mmh ». Ça se trouve c’est un code entre nous, ça voulait dire « Élie, je te veux, viens par là » et j’ai pas pigé ; on semble pas très au point niveau communication. » Pas comme toi et moi, mon As gagnant.

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MessageSujet: Re: « M × Theo & Élie »   Lun 13 Mai - 21:04


“I swear” Laisse tomber ma tigresse. Les yeux brillants et les cheveux en bataille. Elle pourrait jurer n'importe quoi. À n'importe qui. Que je serais encore là. Comme un vieux roméo à sa fenêtre. Faut pas se faire d'idée. C'est pas comme ça entre elle et moi. Oh, je dis pas qu'elle est pas jolie. Élie, c'est la plus belle. Sa gueule ferait pleurer les statues. Y'a quelques années, elle aurait été sacrée déesse grecque. Mais c'est pas ça qui fait que je reviens. C'est le reste. Ma Élie pense comme personne. Elle a des couleurs qui lui sortent par le nez, les oreilles, la bouche et les yeux. Des couleurs et des pensées qui lui appartiennent entièrement. Rien de recyclé, de prémâché, d'embaumé. Faut pas se laisser distraire par ses cheveux qui descendent en tornade. Qui creusent autour de ses épaules. Faut pas se laisser avoir. Élie est tellement plus que ça. Plus qu'une fille qui est plus qu'un homme qui se pense le meilleur mais qui est pas grand chose au final parce que les femmes ont toujours l'avantage. Vous pigez. Moi non plus.

Y'a Crixus qui sait jamais vraiment ce qui se passe. Mais Élie parle alors il est bien. Je me dis que moi et le chat domestique on a beaucoup en commun. On a besoin d'un steak de temps à autre et de notre dose quotidienne de . . . Mais faut pas lui dire à Élie. Qu'on s'est autant attaché. Faut pas lui dire sinon elle va savoir. Et si elle sait. Qu'est-ce que je dis encore. Elle sait déjà. Élie, tu le sais, pas vrai, que moi et Crixus on peut pas vivre sans toi. Moi je sais pas dire ces choses là et le félin parle pas l'humain. On a tous nos excuses. « Tu sais que moi non plus, je connais pas son nom ? » Mystérieux M. Le type qui rôde autour d'Élie sans lui toucher. Moi je dis que c'est un eunuque. J'en suis certain. Mademoiselle Élie Fisher pourrait entourer autour de son petit doigt n'importe quel homme. Suffit de voir comme elle torture les employés de papa. Élie, c'est l'épreuve de leur vie. Ils retournent à la maison le soir en priant le ciel d'avoir survécu à la journée. Moi je dis qu'ils savent pas s'y prendre. Élie faut pas la prendre comme une fille. Faut l'écouter. Lui dire qu'elle est con quand c'est le cas. Et toujours être là. « Peut-être qu’il s’appelle Eustache. Ou Marie-Jeanne. Peut-être que c’est un Maurice refoulé. » Je hausse les épaules. Je me demande si ça change quelque chose, le nom qu'on lui a donné. Moi, si j'avais hérité d'un Germain, j'aurais déchiré le papier. Et j'aurais laissé Minnie me choisir quelque chose de plus approprié pour un Spade. Question d'honneur. Question de bonheur. « Il a probablement un nom d'espion. Et faut passer incognito. Alors il se fait appeler M parce que Chose c'est moche. » Je me dis que c'est logiquement simpliste. Je me dis aussi que si j'étais moins obvious, je pourrais être espion. Tout en noir, dans la nuit, à dénicher des secrets.

« Tiens. » Ouh, de la bière. Une dans ma main. Une dans la sienne. Tout est bien qui finit bien. Viens, Crixus, je vais t'en donner une petite gorgée. Élie me regarde drôle, attends qu'elle regarde ailleurs, on fera ça subtil. Y'a rien de plus subtil qu'il tigre qui boit à la bouteille, va. « Ce soir, c’est moi qui suis con. » Que dit ma tigresse. Et je suis pas le genre de pote qui vas lui dire non non, alors que c'est oui oui. C'est quoi le but d'avoir des amis si on leur ment entre nos dents. « Ouais, faut bien que ça t'arrive de temps en temps. » Si j'ajoute un clin d'oeil, elle rira ? Parce que le plus beau son au monde. Celui qui efface les nuit, les doutes et les fissures de mon armure, c'est certainement son rire. « Telle que tu me vois, je rentre d’un marathon affolé entre son bureau et ma très chère chambre. Le tout dans le noir et sans bruit, s’il te plait. J’ai failli tomber que deux fois, quand il a dit « Mmh » et « mmh ». Ça se trouve c’est un code entre nous, ça voulait dire « Élie, je te veux, viens par là » et j’ai pas pigé ; on semble pas très au point niveau communication. » Je me mords la langue pour pas me rouler par terre. Ce M c'est un sacré phénomère. Faudrait un Dictionnaire M-Élie, Élie-M. Sinon, je connaît une autre façon, c'est encore mieux pas besoin de parler. Ça s'appelle le langage du corps. Tu lui fous ta langue dans la bouche. S'il t'embrasse en retour c'est qu'il te veut. S'il te repousse à l'autre bout de la pièce et que tu récole un gros bleu sur ton orgueil, c'est qu'il te prends pour sa fille. Parce que Papa pas Papa, il a presque le même âge que M. Et M il a presque le même âge que monsieur le géniteur de ma tigresse. Il se passe tout ça. Et c'est pour ça qu'il se passe rien. « Tu sais quoi ? La prochaine fois, je viens avec toi et je vous enferme dans une toute petite pièce. Tu attends sagement et je lui dis : M, y'a une surprise dans le placard à balais. Et hop, dès qu'il y est, une chaise devant la poignée, et je tiens les gardes à distance en feignant de voler un tableau. Même que tu poste Crixus devant la porte. Double protection. On en fera comme si tout ça c'était un hasard. C'est pas ma faute, c'est jamais ma faute. Avoue que j'ai l'air innocent ? » Et je tente d’imiter le regard d'ange de Minnie. Ça le fait ? J'ai qu'à regarder en l'air, en pensant aux nuages, à la glace, aux étoiles et au pirates.

Faut pas trop s'énerver. C'est des plans pour rencontrer face à face Papa Fisher. Je doute qu'il porte dans son coeur le voyou qui passe bien des nuits avec sa fille. Pas comme ça, hein. Pas qu'il le sache. Mais pas avec Élie. Jamais avec Élie. Quoi que si elle était la dernière fille sur terre, j'imagine que je pourrais me sacrifier, mais sinon, pas touche. Enfin, pas pour vrai. « Sinon, faut le faire crever de jalousie. Tu te pavane au bras d'un autre, allez, je vais demander ta main à ton père, je suis sur que ça ira aux oreilles de M, si je sors de là vivant! » Je m'approche un peu, ma bière déjà presque vide. Je hausse un sourcil, de façon décadente. Du genre, tu viens, on va pratiquer. Faut que ce soit crédible. « J'aurai droit à un baiser d'adieu ? Allez, pour la chance! » Je cache bien mon sourire entre mes dents. Est-ce que je peux encore lui faire croire des conneries ? Allez, Élie, tu me crois ou pas. Je te mentirais jamais, j'oserais pas. T'en dis quoi ?
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MessageSujet: Re: « M × Theo & Élie »   Mar 14 Mai - 11:34

« Ouais, faut bien que ça t'arrive de temps en temps. » a dit mon as et ça m’a fait sourire, jusqu’à s’entendre dans ma voix. Ce soir, je me coucherai avec le cœur si léger qu’il faudra l’attacher à une ficelle et relier ce fil à un barreau de mon lit pour être sûr qu’il ne fiche pas le camp par la fenêtre. C’est l’effet qu’il me fait. Quand il passe, je suis heureuse et quand je m’endors j’ai qu’une hâte : être demain et recommencer. Sa mine sous mes aveux me fend le cœur en deux et le recoud en même temps. Le tout laisse une trace indélébile sur mon humeur qui s’élève comme jamais en la compagnie des autres. Y a que lui. Ça me fait de l’effet de lui parler d’M. « Tu sais quoi ? La prochaine fois, je viens avec toi et je vous enferme dans une toute petite pièce. » mais pourquoi moi ? « Tu attends sagement et je lui dis : M, y'a une surprise dans le placard à balais. Et hop, dès qu'il y est, une chaise devant la poignée, et je tiens les gardes à distance en feignant de voler un tableau. » je n’attends pas la suite pour éclater de rire, follement attirée par la scène et surtout le fait qu’elle vienne de sa tête à lui. M dans un placard à balais. M. Placard. M. J’aime.

« Même que tu poste Crixus devant la porte. Double protection. On en fera comme si tout ça c'était un hasard. C'est pas ma faute, c'est jamais ma faute. » il continue sous ma propre voix qui rit pendant que je me cache d’une main et de la bière que tient l’autre. Je hoche la tête. Non. Non mais y a que lui pour me faire ça. Une partie de mes idées n’est plus là et fantasme sur ce que donnerait la vie dans ce placard. C’est trop petit pour y élever des enfants mais assez grand pour que je le regarde et lui souris jusqu’à ce qu’il en serre les dents. Ça me suffira, de voir sa mâchoire déconner et trahir les failles dans son contrôle. On pourra faire avancer nos projets matrimoniaux jusqu’à la soirée de noces, version verticale dans un placard. Et pourquoi pas. T’es un dieu mon Theo. « Avoue que j'ai l'air innocent ? » il ordonne sans commander, en imitant sa sœur avec une perfection qui détourne mon attention de tout sauf la réussite de son hommage. J’applaudis contre ma bouteille, toute admirative de son expression qui m’a fait fondre comme elle sait le faire elle. « Tu es l’innocence même. »

Je lui souris, mon rire bien ancré dans mes fossettes douloureuses. M n’est jamais très loin de mes idées. Je mords ma lèvre, il aura raison de moi. « Sinon, faut le faire crever de jalousie. » j’y ai pensé, mais comment ? Seven est trop taré pour que la blague fonctionne, c’est trop risqué. Comment rendre la perfection jalouse ? Il me faudrait un petit dieu pour m’assister. Quelqu’un de bon, quelqu’un de drôle, quelqu’un de beau comme toi, mon Theo. « Tu te pavane au bras d'un autre, allez, je vais demander ta main à ton père, je suis sur que ça ira aux oreilles de M, si je sors de là vivant! » Je savais qu’il lisait dans les pensées ! Je ris encore, toute surprise par son culot et le scénario qui m’endiable. Je pourrais tellement l’épouser, on ferait un couple d’enfer. Retirons le sexe et le miel du tableau et on forme les mari et femme idéaux. Je pourrais lui passer la bague au doigt rien que pour être sûre qu’il ne s’enfuira jamais et qu’il restera toujours à portée de mon cœur qu’il oxygène comme personne. Mais j’ai rien besoin de tout ça pour savoir que lui et moi, c’est à la vie à la mort. Pas besoin de vœux dégoulinants, de grands chapeaux et de formules toutes prêtes. Je l’aime sans le moindre effort.

Il s’approche, je me penche un peu pour l’accueillir. Sauf qu’il y a un sérieux dans son regard qui détone avec tout ce que j’ai connu de lui. Je souris mais pas lui, alors je ne souris plus. Plus intriguée qu’autre chose, je m’amuse en plissant mon front bien haut, touchée comme toujours par ses mots qui viennent. « J'aurai droit à un baiser d'adieu ? Allez, pour la chance! » J’ai le cœur qui tremble. J’y crois mais j’y crois pas. Sa voix me fait craquer, il sait me parler. Arrête, on est les parrains de la friendzone toi et moi. J’ai pris sa main entre mes doigts qui sont toujours froids, peu importe les saisons. Viens par là. Je pose un baiser sur ses phalanges avant de tirer sur son bras pour le déséquilibrer. Ses tâches de rousseur, comme je les aime, faudra pas que j’oublie de les compter. Je lui souris, parce qu’avec lui je sais pas faire semblant et me redresse pour embrasser son front, ma main posée derrière sa nuque. « Pour la chance. » Très bien. « Mais pourquoi est-ce que tu me dirais adieu ? » il est trop tôt, dans cette nuit comme dans nos vies. Reste encore, je te kidnappe, je fais de toi ma chose si tu t’échappes.

Tu t’en vas déjà ? Demandent mes yeux dans les siens, un air de reproche au fond d’eux. J’aime pas qu’on m’abandonne, mais je suis mal placée pour me plaindre. « Tu peux pas t’en aller, t’es mon ticket pour M. » sans toi, je ne l’aurai jamais. Je veux encore de tes plans farfelus qui pourraient marcher. Mais c’est dangereux, quand je vais me retrouver face à lui, je ne penserai qu’à ça, aux idées de Theo. Ça va me vriller la tête. Il sera là et je pourrai que l’imaginer dans un placard pendant que mon As joue au chat et à la souris avec messieurs les gorilles. Enfin ça, c’est de la théorie. Quand je suis devant lui, je ne pense à rien, je ne pense plus, je m’en fous. Comme je l'aime. « T’es mon ticket pour tout. »


Dernière édition par Hurricane Lili le Lun 3 Fév - 16:00, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « M × Theo & Élie »   Mar 14 Mai - 22:04


« Tu es l’innocence même. » Que murmure ma Tigresse. Certaine que c'est faux. Certaine qu'on s'en fout. Parce qu'ailleurs, hors de son regard, hors de ses murs et de sa compagnie, je m'en fous pour vrai. Les gens m'indiffèrent. Tous là à se regarder être polis. Monsieur ouvre la porte. Madame dit Merci. Il se dit qu'il la baiserait bien, elle se dit qu'il est répugnant. Mais on vit comme ça à faire semblant. C'est mieux pour nos égos. Ça nous faire croire qu'on est plus des animaux. T'en pense quoi, Crixus ? Moi je me dis que t'as compris quelque chose qui leur échappe, mon vieux. T'es bien, à être un chat de manoir, mais tu les as pas laissé t'enlever les crocs. Évolué, mais pas dénaturé. Tu t'excuse jamais d'être un tigre et ça me plait. Hop, top. Quoi que non, avec ta manucure pointue, je préfère éviter les high five, sans rancune, han ?

Et son rire remplit la pièce. Comme des petites cloches qui sonnent le bonheur. Alors mes plans grandissent en folie. Parce qu'elle y croit. Parce qu'elle croit en moi. C'est pas compliqué. Les gens sont chiants, prévisibles, tous pareil. Sauf Élie et ses rires. Sauf Élie qui fait parfois la conne, mais qui ne pourrait jamais l'être tout le temps. C'est pour qu'on soit assortis. Je suis con, Elle aussi, tous les deux, entre amis. Et quand elle rit, je ris. Et Crixus nous regarde comme deux dégénérés. Baillant paresseusement. Nous laissant voir ses dents. Et ça me fait rire tout contre Élie parce que oui, sans le dire, je crois que je lui ai proposé de m'épouser. On serait chiants si on était plus un secret. Le monde entier pourrait voir qu'on s'aime. Mais ils sauraient pas que c'est pas comme ça. Alors il feraient ce qu'ils savent faire de mieux. Détruire ce qui est beau. Faire des cendres avec les pages d'un roman inachevé. Ça non!

Élie s'approche. Parce que je l'ai demandé. Et je reçois un baiser. Un vrai. Pas un de ceux qui partagent de la salive. Pas un de ceux où les lèves se touchent. Un petit contact, là, sur les doigts. Juste assez pour faire bondir mon coeur. Puis elle me tire vers le sol. Sans prévenir. Je suis tombé, mais on s'en fout, parce qu'elle était là pour me rattraper et qu'elle a soigné mon égo de mâle écorché de ses lèvres sur mon front. « Pour la chance. » ou pour la vie. Je me dis que Minnie, elle a pas le choix de m'aimer. On a les mêmes oreilles, mais que Élie, elle a choisi de me garder. Mon père est parti, Mais j'ai trouvé une Élie. C'est moi qui ai gagné. J'ai eu le meilleur lot. « Mais pourquoi est-ce que tu me dirais adieu ? » Mes poumons font la grève. Je manque un peu d'air. Pas question que je pense à ça. Jamais on ne se dira Adieu. Ah ça non! Je refuse qu'on nous sépare. Un peu plus et je nous couds à la hanche comme des siamois. Ce sera complexe quand faudra se doucher, mais on peut y arriver. Je me lance sur le lit, Élie avec moi. Parce que je la tiens par la main, parce qu'on est siamois, parce que c'est comme ça. On a atterri un peu sur Crixus qui ne bronche pas. Je le sais parce que nos têtes ont trouvé un coussin à fourrure qui vibre sous ses ronronnements. On se garde au chaud tous les trois. Sur ce radeau, sur ce navire. Je pointe la porte. « Imagine que là, Mayor Fisher ouvre la porte. Et nous trouve tous les trois. Comme ça. Tu crois que j'aurais le temps de sortir par la fenêtre ou il me foudroie du regard et Hop, c'est la fin ? » Ça pourrait être pire que de crever dans ses bras. Sauf qu'après faudrait que je l'attendes là haut. Et la patience c'est pas mon fort. Rien faire pendant toute une vie. Je foutrais un sale bordel entre le paradis et les enfers histoire qu'ils me redescendent sur terre. Parce que je manquerais trop à Élie quoi, juste pour ça.

Et là, elle plante ses yeux dans les miens. Je peux pas tourner la tête. Je peux pas mentir quand elle fait ça. Elle me fixe au sol. Elle me garde. Je peux pas m'échapper de sa vérité. Je voudrais pas, c'est la seule qui sait me faire ça. Élie, tu sais, mon coeur on lui a enlevé bien des morceaux, papa est parti avec le plus gros. « Tu peux pas t’en aller, t’es mon ticket pour M. » Même si je voulais. Je pourrais pas partir. Élie garde ici un morceau de moi. Sans ce morceau là, je suis plus moi. Je voudrais lui dire la même chose. Je me dis qu'elle sait. Qu'à travers mes histoires folles, elle le devine. Comme si elle m'évitait d'avoir à le dire. « T’es mon ticket pour tout. » Je suis son free pass pour la vie, « C'est pour ça que je reviens toujours, tu sais. » Je la serre un peu. Presque pas. Parce que je veux pas qu'elle le sache, qu'elle me fait tout ça. Ma tête tombe un peu. Elle se repose sur la sienne. Crixus pose sa patte en plein de milieu de tout ça.

Mes doigts grincent au fond de ma poche. Mes clés sont chiantes. La porte mène vers un cadavre au salon. Je vais m'échouer ici, avec Élie. Rien ne sera jamais aussi facile. « Je partirai pas, faut bien un voyou pour venir te corrompre dans ton château. Tu crois que maintenant qu'on est grands, on pourrait encore jouer à cache-cache avec tes gardiens. Si personne nous trouve, je gagne. Si M te trouve, tu gagnes. Si Crixus arrive à se cacher, il gagne! » Pour jouer, faudrait que laisse Élie s'éloigner. Je veux plus jouer. C'est pour les gamins. On est bien grands maintenant. Avec nos bières et nos conneries. À jouer les cons à tour de rôle. Comme des gamins qui jouent aux grands et des grands qui se prennent pour des gamins. « On peut jouer toute la nuit, si tu veux. » Ou on peut sortir et écrire des insanités à la craie sur les murs du palais. On peut se gaver jusqu'à exploser. Ou partir un groupe rock. Tant qu'on est tous les deux.
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MessageSujet: Re: « M × Theo & Élie »   Ven 30 Aoû - 21:25


Quelque chose, dans les yeux de ma moitié virile, tapisse mon crâne d’un velours inestimable. On pourrait me fracasser le crane que ça me causerait aucun mal, pas la moindre peine. Même quand son regard est posé si fort contre un mur que la lumière le lui renvoie jusqu’à ce qu’il rebondisse partout et se perde ailleurs, trop loin pour que je ne puisse le rattraper, le fait qu’il soit là suffit à me rassurer. C’est pas normal, je me dis, de ne pas se sentir en sécurité dans une maison blindée d’hommes armés jusqu’aux dents. Mais je sais, quand ma nuque s’hérisse sur la fourrure chaude, que j’ai pas peur pour moi. J’ai peur pour eux, avant n’importe qui au monde. J’ai peur pour M qui est trop bien pour nous et j’ai peur du jour où il s’en rendra compte. Et j’ai peur pour toi, mon Theo si fragile que t’en es fort. On t’a brisé et recollé tant de fois que la colle est abimée par endroit. Mais pour l’instant ça tient, hein ? Tant qu’on te serre bien, qu’on appuie sur tes blessures et qu’on les relâche pas, personne ne les sentira, pas même toi.
Et quand il parle de me laisser, comme maintenant, j’ai une gamine au fond du ventre qui note ses mots avec une craie tenace, bien décidée à rien oublier. Elle note, sur mes tripes, qu’un jour, il nous laissera la tête en friche. Ça me glace le sang mais pour le moment, il est tellement avec moi que rien d’autre n’a d’importance. J’ai tant besoin de lui dans ma vie que je me dis que s’il venait à la quitter, il me faudrait réapprendre à marcher. « C'est pour ça que je reviens toujours, tu sais. » Je sais. Il sait, nous savons. Et le temps s’oublie. Je réponds à sa légère pression, perdue très loin entre la caresse et l’étouffement. Crixus scelle le pacte et rive sa lourde patte sur nous, me tenant chaud. Sous ma tête bat son cœur de guerrier, la noblesse d’un gladiateur qui n’a jamais su mourir et m’entête au point que son prénom me fasse toujours trembler, même après toutes ses années. Théo prend ses aises, relâchant ses malheurs par la fenêtre comme tant d’oiseaux qu’on a pas envie de voir chier sur le parquet. Allez-vous en ou je fais de vous de la chair à pâtée. J’en connais un qui se régalerait. Quand sa tête se pose, là, un peu sur la mienne, je retrouve un souffle que je pensais pas avoir perdu et je nous laisse être là, tranquilles, l’air d’aller nulle part.

Mes doigts s’occupent sur les rayures de Crixus. Je dérange les poils noirs de sa fourrure, les dressant dans de petites crêtes, minutieuse comme toujours quand il s’agit de lui. J’essaie de deviner les yeux de Theo, là-haut sur mes cheveux, posés sur mes mains, ou sur les siennes. « Je partirai pas, faut bien un voyou pour venir te corrompre dans ton château. » dit sa voix par-dessus le ronronnement. Et ça pourrait aussi bien être moi qui ronronne tandis que je me répète son ‘‘Je partirai pas’’ ou les mots qu’un père n’a pas eu la trempe de dire suffisamment avant lui. La bière a rendu mes jambes toutes engourdies. Mais il me corrompt pas mon Theo, il fait tout le contraire. Sans lui, je serais seule avec mon maire. J’ai des choses dans la tête qui me font peur, parce qu’elles débordent, qu’elles pourrissent sur mes idées folles qui pensent comme je m’ai en horreur parfois, d’imaginer la mort des anges. J’veux pas devenir comme lui. Et tu deviendras pas comme le tien. On n’est pas nos pères, hein ? On est nous, et on y tient.

« Tu crois que maintenant qu'on est grands, on pourrait encore jouer à cache-cache avec tes gardiens. Si personne nous trouve, je gagne. Si M te trouve, tu gagnes. Si Crixus arrive à se cacher, il gagne! » J’me contorsionne un peu pour essayer de l’apercevoir et mes yeux butent sur son menton. Je serre la patte de Crixus dans mes mains tellement plus petites, l’envie d’en poser une sur sa gorge toute blanche. Les règles ont jamais changées pour eux, j’ai toujours pas le droit de bouger. C’est comme essayer d’échapper au soleil. Chaque matin, il se relève. T’y échappe pas et c’est universel. On sera toujours des gamins pour eux, tu seras toujours un poème de malheur à mes yeux et moi, je resterai l’Élie de ton cœur. « On peut jouer toute la nuit, si tu veux. » et je n’aurais pas dit mieux. Et si on jouait toute la vie, tu te sens d’attaque ? Moi, je te jure que j’en suis cap.

« Je crois que maintenant qu’on est grands, on court plus vite, mais que les cachettes sont devenues plus petites. » même si ici, tout est si grand. Le soir, quand M est parti et que mon Theo s’occupe avec Minnie, j’me balade dans les angles morts des caméras pour déplacer les bibelots qui trainent, ouvrir des tiroirs, souffler sur une fausse chandelle. Et j’attends qu’un des idiots crie au fantôme. Mais le mananananoir n’est hanté que par mon désir de le voir brûler. Même si je le rebâtirais surement de mes mains rien que pour voir s’il peut s’y passer des choses bien. De toute façon j’ai pas envie de jouer les mortes, j’ai pas envie de m’éloigner de lui. On est tous les deux et on le restera encore cette nuit. « Si on va dans le couloir et que je cris, il leur faudra combien de temps pour débarquer devant la porte à ton avis ? » pas que ça ait une grande importance, on sera surement déjà loin. Mais ça nous aidera à choisir dans quelle pièce on pourra se cacher. Je me redresse, mes cheveux suivant le mouvement un brin moins vite. J’ai envie de jouer ce soir. Allez mon as, t’as eu une bonne idée. Crixus entreprend de lécher la patte que j’ai toute décoiffée. Je le regarde de la tête aux pieds, pourquoi t’es encore couché ? Je défroisse mes vêtements, prête pour une partie. Le premier qu’on retrouve doit avouer un secret. Et si on nous retrouve jamais, on pourrait rester pour toujours dans un placard, t’en dis quoi ? Mon maire aura de vrais squelettes dans son armoire, cette fois. « On y va, mais on se sépare pas. » j’annonce en lui tendant la main. Si on se fait chiper, ce sera tous les deux à la fois. Si tu coules, je me noie.
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MessageSujet: Re: « M × Theo & Élie »   Lun 9 Sep - 22:14

Les yeux d'Élie me jouent des tours. Elle me regarde comme on regarde un homme, pas comme si elle avait le pire des emmerdeur sous les yeux. Faut pas se leurer, ça ne durera pas. Viens pas me faire croire qu'on est des gens bien. J'ai dit des conneries à répétition pour pas qu'on voit que je suis un con. Papa a bien vu lui, tu le vois aujourd'hui ? Moi non plus. Maman a rien vu, tu la vois aujourd'hui ? Elle est toute seule aussi. Je sème des mots tellement divisés qu'ils ont perdu leur sens. Que des lambeaux qui ne peuvent pas être recousus. Je suis le roi pour briser et déchirer, incapable de tout recoller. Minnie elle sait, Minnie c'est pas pareil. Crixus fait l'indépendant jusqu'au moment où il pose les yeux sur Élie. S'il est pas amoureux, je sais pas ce qu'il a. Me parlez pas d'amour, ça me fait gerber. C'est une de ces bactéries contagieuses qui gruge la colonne vertébrale jusqu'à vous rendre docile. Plutôt crever d'une overdose d'égoïsme. « Je crois que maintenant qu’on est grands, on court plus vite, mais que les cachettes sont devenues plus petites. » Merde. J'ai six ans maintenant. Élie glisse ses ongles de tigresse sous ma peau pour écarter les années et la fausse maturité. Je veux tout et rien, Élie et sa main. Les règles m'emmerdent alors je me dis qu'on va les briser. On va leur montrer ce que peuvent faire un Spade et sa Tigresse. On réduira des montagnes en poussière, on crèvera des coeurs au passage. Je lui ferai même jurer de jamais me quitter, quand elle aura le dos tourné.

Et puis Élie retrouve son air de petite peste qu'elle ne cache jamais bien loin. Je pourrais jurer qu'elle a un mauvais coup au bout des doigts, j'attends juste qu'il dépasse de ses lèvres pour l'approuver d'un signe de tête. « Si on va dans le couloir et que je cris, il leur faudra combien de temps pour débarquer devant la porte à ton avis ? » Diabolique comme personne, ma tigresse. On sera des brigands, quand on sera grands. Si j'avais un coeur à donner, je le déposerais à ses pieds. Vient le moment d'agir, de ne pas rester en place. On se fait pas choper, on s'échappe à la volée. « Ça leur prendra le temps qu'il faut à leur unique neurone commune pour passer dans le coin et comprendre qu'ils sont dans la merde. » Y'a qu'Élie pour faire trembler une armoire à glace comme une mauviette. Dire qu'une fille si maigrichonne a cet effet. J'suis fier de l'avoir comme amie, comme secret. Dis rien, Élie, t'as pas besoin. Pas avec moi, pas avec nous. On s'enfuit ? Ouais, bonne idée, ma tigresse.

La patte de Crixus. Élie et son habit. « On y va, mais on se sépare pas. » Ah ouais ? « Me dis pas que t'as peuuur ? » Élie a peur du nananananoir dans le mananananoir. Ouh, je suis prêt à l'aventure de nos vies. Avant de me prendre une claque au visage, ma main rejoins sa paume tendue. Je suis debout, derrière Élie. Une main sur chaque épaule, je la pousse un peu vers la porte. « Toi la première! » Zéro chance que j'aie peur de tomber nez à nez avec Papa Fisher. De la plus petite au plus grand, c'est comme ça qu'on fait à la maternelle. Adieu Crixus, on se revois dans une autre vie mon matou. Tu prends soin d'Élie si je crève. Ou tu continue de laisser Élie prendre soin de toi, au choix. On y vas ?
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MessageSujet: Re: « M × Theo & Élie »   Jeu 20 Fév - 16:50


Probablement qu’ils débouleront tous en même temps et que le gros Benny les fera tomber comme des quilles. Benny la boule de bowling. Faudra que je lui demande « T’as trois trous, Benny ? » en regardant son crâne de Bruce Willis. « T’as trois trous dans le cigare ? », de toute façon on a même pas une piste dans le manananoir. Et puis mes doigts sont tellement petits tout près des grandes mains de Theo, et surtout à côté des immenses paluches de Crixus. Ils tiendraient même pas en place, j’arriverais jamais à lancer leur machin. Ça existe, les boules de filles ? Ou mieux, des boules de tigres où je puisse planter mes griffes. Je m’en fous, remarque, je suis sûre que ça pue le bowling.

Je regarde Theo et je me dis que l’avoir là c’est comme trouver un bleu sur son bras. Comme ça tout à coup, on sait pas d’où il vient mais on peut pas s’empêcher d’appuyer dessus pour voir s’il est bien vrai, si on l’a pas imaginé. Et on se dit surtout qu’il était temps que quelqu’un colore un peu tout ça. Enfin une preuve qu’on vit vraiment, une vraie peinture de guerre pour les enfants. Mais je lui appuie pas dessus, à lui, je l’écoute miser sur la connerie des Élie-sitters, toute fière qu'il soit ma couleur.

« Ça leur prendra le temps qu'il faut à leur unique neurone commune pour passer dans le coin et comprendre qu'ils sont dans la merde. » Je me marre. T’as raison mon As. Et avoue que ce sera drôle à voir. On pourra les écouter faire tous leurs bruits de cow-boys avec leurs grosses chaussures et les plombs à leurs ceintures. Même si ça doit faire bizarre d’être dans le far west sans Crixus. Theo est là et il a promis qu’il y serait toujours, ça tombe bien. Me laisse pas, hein ? Me laisse jamais. « Me dis pas que t'as peuuur ? » Au lieu de le pousser parce qu’il m’embête, je l’attire près de moi. J’aurais peur de quoi, avec un animal comme toi ? Allez viens. Je libère sa main, après m’être assurée de planter dans ses yeux tout le sérieux de la situation. C’est un jeu, d’accord, mais c’est pas une raison. On a jamais perdu alors on va pas commencer ce soir, et puis quoi encore.

T’es prêt ? « Toi la première! » Ah, les hommes. Beaucoup de choses dans le crâne, bien moins dans le pantalon. Je relâche les épaules quand il y pose ses mains. J’entrouvre la porte en me disant qu’on aurait du prendre une petite bouteille avec nous. C’est un projectile sympa. Tout est calme dans le couloir et aucune partie de moi ne s’effondre en n’y trouvant pas celui que j’imaginais m’y attendre depuis que j’ai soufflé comme une idiote contre sa porte. Non non, pas une. Je tire sur la main de Theo comme il avait pris la mienne le jour où on s’est trouvés. J’éclaircis ma voix en le trainant derrière moi pendant que la porte se referme sur nous. Adieu Crixus, ne t’en fais pas mon minou. Je commence à courir, mais pas vers M. Mes pieds nus me font prendre de la vitesse, mais pas vers M. J’entends Theo qui suit. C’est tout ce qui me suffit. « BOWLIIIIIIIIIIIIING ! » que je déchire mes cordes vocales en écartant les bras. C’est même pas assez pour toucher les murs, cela dit, même pas du bout des doigts.

Je pourrais hurler n’importe quoi, ils sauront que c’est moi. Y a pas de fille le soir ici, hormis Élie. J’éclate de rire en tournant la tête pour m’assurer que Theo est assez prêt pour que je l’attrape si l’envie me prend. Quand je regarde de nouveau devant moi, je me dis que j’aurais aussi bien pu me prendre un mur, que c’est comme ça que les accidents arrivent, qu’heureusement que je suis pas une voiture. Et toi mon As, si t’étais un bolide, tu serais lequel ? En tout cas on finira jamais à la casse. Des spécimens comme nous on les abandonne à moitié mais ça les empêchera jamais de se retrouver. Allez on tourne à gauche, mais pas vers M. On prend cette porte, c’est pas celle d’M. « T’as vu ? » je souffle en fermant la porte derrière nous. « Ils sont toujours aussi nuls. »

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