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 All Rise – Stan & Satine.

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MessageSujet: All Rise – Stan & Satine.   Jeu 16 Fév - 0:49


J'ai dans la tête un écho qui, vrillant mon crâne, le crève d'un martèlement furieux. J'ai mal et pourrais supplier la promesse d'une trêve, tant mes pensées fracassent mon corps qu'elles malmènent.

D'abord, mes veines, qui s'embrasent d'une douleur retord de me savoir n'être que moi, ultime calamité d'un monde qui encense d'un blasphème une monstruosité à laquelle il offre une auréole et une paire d'aile, espérant le fléau devenir héros et sauver leurs vies comme une accolade suffirait à leurs nuire.

Viennent mes entrailles, qui crament d'une rengaine minable taillé de son nom, d'un « Mords-moi » maudit l'ayant laissé me faire devenir sienne et m'arracher un peu de ma rage qui pour toujours, jure-t-elle, portera son odeur. J'imagine des fils par centaines, reliés à mes muscles, mes reins, mon cœur, mon foi... m'écorcher de l'intérieur et faire de moi son pantin, quand à l'ombre de ma haine, je m'imagine brûler sa carcasse pour ne plus jamais avoir à le revoir.

Puis soudain mes sens s'en mêlent et déconnent comme ils flanchent lorsque mes mains trouvent ma peau contre laquelle des douleurs étrangères à ma colère se couchent. Des ombres dansent contre les contours d'un monde qui s'efface, s'enfonce dans une brume qui avalent jusqu'au moindre son pour ne laisser que l'horrible pulsation de mon crâne qui elle, s'intensifie et vrille mes tympans. Dans mon crâne résonne la voix de ma mère, tissant de « bordels » une mort parmi des centaines, inventée un soir dans une fumée de cigarette toute empreinte de haine et qui aujourd'hui semble prendre possession de mes os. La mort glauque sans fanfare ni espoir d'une âme bouffé par les horreurs qui sommeillent en son sein, tremblante de se savoir foutue et finalement vaincue.

Rendue aphone, borgne et infiniment conne, j'erre comme j'espère la fin d'un calvaire se fracassant contre mes tripes et faisant tanguer mon corps qui jure sentir sa chair prendre feu, la rendant légère. Plus rien n'existe, je jure, jusqu'à mon corps qui épouse de vide et s'y perd, prit d'un vertige étrange lorsque l'apesanteur signe de sa disparition la fin du monde.

Mais rien. Rien ne chancèle si ce n'est moi et le monde promet qu'il existe encore, au delà de mon corps dont les fibres se réinventent et meurent quand le contact du sol vient à manquer. Je flotte d'une transe ignoble qui signe mon trépas, achève mes derniers espoirs encore insoupçonnés de me vouloir être plus qu'une abomination.


« Bordel... »


Bordel, je vole comme je m'écrase au sol, face contre terre, sentant vaguement ma carcasse minable frôler un peau étrangère, beaucoup trop froide, beaucoup trop saine.
J'aimerais hurler, beugler une requête scandant que l'on me noie avant que l'univers se s'écrase sous mon poids, sans parvenir à retrouver ma voix tant mon cœur bat jusque dans ma gorge, menaçant de rompre et me laisser crever, noyée dans les larmes et les regrets par milliers.

Que l'on m'achève.

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MessageSujet: Re: All Rise – Stan & Satine.   Ven 17 Fév - 14:31

Il marche, sur de lui, parce qu'il veut fuir aussi. Il ne sait plus très bien ce qu'il était venir ici, retrouver l'avant, un peu, peut être. C'est vrai. Il voulait voir la ville comme lorsqu'il était jeune, il voulait voir le monde. Le monde dans ses bras, c'est vrai aussi. . Sa démarche ne montre rien de lui et certaines personnes marchent à son rythme, juste parce qu'il est lui, parce qu'il est le plus grand héros que la Terre ait jamais porté.

Je voulais fuir la maison, les garçons n'étant pas là. J'ai le tête encore endormi et le cœur qui est resté dans mon lit. J'essaie d'aller vite car ce que je trouve autours de moi me fait mal au ventre, je crois. Souvenir d'un passé perdu, celui où le monde brillait au son de ses pensées. Mary, c'est vrai.

Il s'arrête un instant et la Terre arrête surement sa course, elle attend qu'il se remette à marcher, que son corps lui dicte quoi faire, comment bouger. Il aperçoit cette jeune fille, celle qui s'élève dans le ciel, malgré elle, malgré lui. Il sourit. Il ne sait pas, il a peur pour elle, comme il a eu un peu peur pour lui. La même douleur, le même pouvoir. Il ne fuit pas, reste là, s'approche un peu, aspire à faire quelque chose pour sa vie.

Je soupire, me réveille petit à petit, je l'envie à peine de ressentir ce que j'ai déjà vécu. La découverte de son premier vol, et un mot qui résonne dans ma tête, comme si je l'avais déjà trop entendu.

    « Bordel... »


Un bordel venu d'un ailleurs, un bordel qui touche mon cœur. J'avance vers elle, coupe l'espace du temps, parcours ces mètres qui m'éloignaient d'elle. Je ne sais pas quoi faire, un peu impuissant, et bon sang, je sais ce qu'elle ressent.

La Terre a reprit son tour et Stan Atwood attrape les mains de la jeune fille, il n'hésite pas, parce qu'il est comme ça. Il a l'air d'être un peu essoufflé, d'avoir parcouru la distance qui les séparé, ou plutôt essoufflé d'avoir à lui parler. Il sourit, bienveillant, bon dieu ce qu'il la comprend.

J'accuse la douceur de sa peau et la tristesse de ses yeux comme un poids que je porterai toujours en moi. Je voudrai pouvoir y arriver, ne plus me lier au monde en une seconde et m'arrêter de vouloir le sauver. Mais non, pour elle, c'est différent, parce que je le sais, je le sens. Je l'invite à s'assoir d'un regard, d'un sourire. Les gens ne sont plus autours de moi, et je ne vois qu'elle parce qu'elle m'a réveillé d'un sommeil qu'aujourd'hui je n'aurai pas voulu quitter. Mary, je promets, je la sauve pour toi, crois moi.

    - Calmes-toi, respire ... Tout ira bien, tu verras.


Il lui sourit, comme un père qui sourit à son enfant. Il la regarde, comme une enfant perdue qu'elle semble être. Un peu égale à lui, il l'attend. Qu'elle reprenne son souffle, mais surtout qu'elle le fasse avec le temps qu'il lui faut. Parce que Stan est là pour elle, et il ne partira que quand il ressentira que tout ira bien pour elle ...

    - Tu verras. qu'il répète encore une fois.
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MessageSujet: Re: All Rise – Stan & Satine.   Lun 5 Mar - 22:27


Mes sens semblent se rappeler à moi, me vouloir crever dans l'ombre d'une lucidité absolue quand je sens, vois et entend la vie autour de moi. J'ai mal jusque la plus infime fibre de mon corps qui, occultant mon accord, se transforme et fait ployer ma raison sous le poids d'une nouvelle malédiction, une autre connerie à apposer aux côté des anciennes, chanceuse d'une monstruosité qui déploie ses ailes et tord mes os pour mieux s'y ancrer.

Et un homme déchire la frontière entre la vie et moi, pose ses mains contre les miennes qui brûlent, tremblent et se sentent faibles, ainsi prisonnières des siennes. J'ai une peur d'enfer logée dans le creux de mon ventre qui doucement s'apaise, fait vaciller mon âme, ses fêlures et ses petites morts qui une à une alignées me veulent maudite d'une haine qui semble ne pas suffire à purger mes péchés.


« Calmes-toi, respire ... Tout ira bien, tu verras. »


Je crève mais exécute, respire et cherche mon souffle qui s'égare, lorsque ma mémoire murmure qu'elle connait ce visage. Et je suis malade de cette sensation que la douleur réveille parce qu'elle se calme, se tempère mais grille toujours mon crâne où les tourments se veulent décuplés de me sentir n'être que moi, suspendue au fil d'une existence qui ne m'épargne nul blasphème, faisant de moi une morte un peu trop vivante, perdu dans le noir des saisons.


« Tu verras. »


Mais ses yeux sont plein de couleurs et je m'y accroche comme je sursoie ma mort que sa voix endort. Il est magie, tant ses couleurs réveillent les miennes qui jurent être un peu siennes. Et je me souviens d'un héroïsme légendaire, qui domine la ville lui ayant offert son être en l'immortalisant en son centre d'une statue à la hauteur de ses ailes.
Un héros qui pourrait devenir le mien, j'en suis certaine. Qui pourrait me sauver, mes couleurs le promettent.


« Comment... ? »


C'est un rire nerveux qui, se nourrissant de mes sanglots, éclot contre mes lèvres, me tordant en deux d'un truc dément. Et mes couleurs promettent comme elles chancèlent à nouveau, ne voyant aucune issu au drame, même par le sang et les larmes.
Elles promettent et espèrent, quand l'affreuse vérité me revient en tête. Mes ailes à moi se veulent noirs de terreur.


« Je vole. »


Je vole et cette affirmation les résument toutes, prônant une malédiction hallucinante de vérité. Je vole comme je crève, récoltant un héros lorsque je priais la vie pour un bourreau.
Lucky me.

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MessageSujet: Re: All Rise – Stan & Satine.   Mar 17 Avr - 12:01

Mes mots semblent se répéter dans mon propre crâne que je torture, j'aurai voulu trouver autre chose pour qu'elle aille mieux, qu'elle ne se raccroche pas trop à moi. Quelque chose qui prouve que je suis à ma place ici, au lieu de courir retrouver mon lit, mes draps, bon sang, ses bras. J'accuse un soupir, essaie de comprendre ses pensées, voudrai lui promettre un peu que je serai toujours là, quand elle aura peur du ciel et de ce nouveau monde qui s'offre à elle, qui s'est déjà bien trop ouvert à moi. C'est merveilleux de voler, tu sais, même si ça fait peur de tomber.

Le mal de l'air passera, et tu verras, la sensation fera partie de toi. J'aimerai pouvoir te dire que tu t'y habitueras, mais à jamais, à chaque vol, tu auras l'impression que c'est le premier. Tu ressentira même un manque, un manque à ta liberté, tu as peur aujourd'hui, attends demain, et tout ira bien. Gardes la tête haute et fonce vers les cieux, peut être qu'un jour il placeront une statut de toi sur la grande place, qui sait, je te vois un avenir brillant, et je le vois dans tes yeux qui attendent trop des miens. Je voudrai que Mary soit là, elle te serrerait fort dans ses bras.

    « Comment... ? »


Je ne sais pas, c'est comme ça ne suffirait pas comme réponse, mais je n'ai que ça en tête pour l'instant. C'est comme ça, petite, le destin en a décidé ainsi, alors tu voleras, que tu le veuilles ou pas. J'avais dix sept ans quand c'est arrivé, dans la nuit après avoir rêvé, je n'avais personne autours de moi, si ce n'est un "bordel" incessant qui hante encore mes pas parfois. Mon premier vol fut celui de mon amour pour Mary et l'oublie de celui pour Cassie. J'ai failli mourir la première fois, tu n'as pas mal toi, dis moi ?

Mon regard se fait inquiet quand j'entends son rire nerveux s'élever. La ressemblance me trouble un peu et je ne trouve pas les mots pour la rassurer, bon sang, j'aimerai ... J'aimerai oui, c'est vrai, lui dire que la vie continuera son chemin, que voler ça n'arrête rien, ça te rend quelque chose comme plus grand. C'est un rêve éveillé après avoir été un coup du destin que tu ne peux arrêter. Tout ira bien, voilà ce que je sais, tout ira bien.

    « Je vole. »


Mes pensées se contredisent un peu, parce que je ne sais pas comment on peut expliquer une chose comme celle là. C'est dans ses gènes, je crois. C'est la seule solution que je vois, c'est dans tes veines. Dans ton sang, je ne sais qui étaient tes parents, mais je peux peut être affirmer qu'eux aussi savent ou savaient voler. Ils t'expliqueront mieux que moi, crois moi, seuls eux possèdent cette explication, ton saint Graal, ta délivrance, ta révolution.

    - Il me semble que c'est en toi ...


Et je te chanterai des milliers de fois que ce n'est pas grave, que tout ira bien, que ta vie te réserve encore des surprises plus grandes que celle la. Tu voles comme je le fais, et regardes-moi je tiens encore sur mes pieds. Tu voles parce que quelqu'un la décidé pour toi, mais quand tu auras pris conscience que c'est mieux pour toi, que ce dernier don te permets d'être toi à part entière, tu finiras de te haïr. Parce que je te jure, voler, c'est la plus pure des libertés.
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MessageSujet: Re: All Rise – Stan & Satine.   Mer 27 Mar - 22:02


Je crame, souffre jusqu'au plus profond de mon être d'une morsure faite de feu et de haine, consumant les prémices d'un espoir me voulant être plus qu'un monstre, plus que moi. Je brûle mais ne crève pas, l'incendie n'ayant raison que de mes os et de ma chair qui, se réinventant, me veulent devenir plus légère encore que l'air.
C'est la connerie de tout un monde dont les ironies me font frémir qui s'abat sur moi, me torturant un peu pour me changer à nouveau, apposant contre ma tête, mon cœur, mon corps, un nouveau don. Une malédiction.

Alors j'attends. J'attends, suspendue à ses yeux que la douleur se taise ou m'achève, faisant imploser mon cœur déjà fêlée, fendue, depuis longtemps foutue.


« Il me semble que c'est en toi. »
 

Un rire rauque rappe ma gorge avant de s'écraser contre les dents serrés. Le colosse, le héros me regarde toujours tandis que la douleur semble quitter mes doigts, mes pieds et « C'est en moi. » encore une fois. Rien de plus que ça. Ce fléau est en moi, sans même savoir pourquoi.

J'ai en moi les névroses d'une mère aliénée par le macabre de ses rêves dont la rage teinte chaque parcelle. J'ai en moi un peu d'elle, de son dégoût, de sa haine. J'ai en moi la conviction chancelante de me savoir aimée d'elle lorsque j'aperçois son regard, partout, lui au travers de la fumée de sa cigarette. J'ai en moi l'amour d'un père qui n'est pas le mien et les gènes d'un homme dont je ne sais rien.
J'ai en moi les souvenirs vivaces de tout ceux que j'ai un jour blessé, meurtri, détruit, broyé. J'ai tout esquinté sans même le vouloir, jamais. Parce c'est en moi, que je n'ai pas d'autre choix.
C'est en moi mais cette fois, cette simple affirmation ne me suffira pas.

 
« Je n'en veux plus... Je ne veux plus de ça en moi, je ne veux plus blesser qui que ce soit. »


Mon regard se trouble jusqu'à ne plus décerner de lui que des contours rendus flous par mes larmes qui menacent, de demandant qu'à couler. Je le fixe jusqu'à en brûler mes rétines qui elles ont déjà cesser de cramer et sens quelque chose, jusque là, si léger, si étrange, comme un lien, une toile, se tissant lentement entre lui et moi, liant sa peau à la mienne.
Il a le pouvoir de me sauver, tout en moi me le promet.

Et, apaisée par sa présence, je ravale mes larmes, alors que la douleur déjà commence à rendre les armes. J'aimerais pourtant la garder contre moi et m'imagine souffler pour raviver les flammes. Une certitude s'ancre en moi, jurant qu'elle seule saurait avoir le pouvoir de me sauver.
La vérité est qu'en attisant le feu, je ferai se dissoudre mon corps dans les flammes, faisant disparaître les restes de ma carcasse qui, ainsi purifiée, deviendra cendres.


« S'il vous plaît... Aidez-moi. »


Et à partir de là seulement, tel un phœnix, je pourrais renaître.
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MessageSujet: Re: All Rise – Stan & Satine.   Mer 1 Mai - 10:59

La nuit où j'ai volé, personne ne m'a aidé, j'ai quitté les bras d'une fille pour trouver ceux de la femme de ma vie, je l'ai rêvé avant de l'aimer et elle m'a fait m'élever. Elle m'a toujours porté en réalité, si je marchais c'était pour elle, si la vie avait un sens c'était grâce à elle, et si je volais c'est parce que j'avais le coeur léger de l'avoir à mes côtés, j'en suis persuadé. J'ai le cœur plein de remords, de regrets, de ce que mes fils ont raté parce qu'on me la arraché.

C'est en toi, comme c'est en moi. C'est juste comme ça. On ne choisit pas, on subit même parfois, mais ce pouvoir là, je ne peux pas me résigner à me dire qu'il est mauvais. Sa détresse frappe mon âme, la gravant à jamais, je me dis que ce soir peut être que je vais en rêver, la partager avec Mary, lui demander ce qu'elle, elle aurait fait. Elle aurait été parfaite, il n'y a pas a douter.

    « Je n'en veux plus... Je ne veux plus de ça en moi, je ne veux plus blesser qui que ce soit. »


Sa voix, ses mots, son corps, tout en elle tremble pour mieux me conter dans quel mal être elle semble s'être auto-condamnée. Je ne sais pas si je saurais m'occuper d'elle, la rassurer comme il faudrait qu'elle le soit, ses paroles tournent dans ma tête comme une danse qui ne souhaite pas se terminer. Elle ne veut plus blesser ... On ne blesse personne en volant, alors je me demande un instant de quoi elle est capable, vraiment. Similaire à moi, je l'imagine avec la même force qui coule en moi.

    « S'il vous plaît... Aidez-moi. »


Perdu. Perdu au milieu de nulle part. Perdu au milieu de mes souvenirs. Perdu au milieu de ma vie. De mes fils. De l'ennuie. De l'oublie. Je suis comme elle, sauf que j'ai déjà vécu, elle pleure un monde qu'elle n'a pas encore eu le temps de connaitre, elle cherche la solution au plus profond de son être. Les larmes s'enfuient de son regard que je crois avoir croisé déjà une centaine de fois. Un mouvement de tête, un geste presque commun, et cette détresse ...

J'hésite un instant, le grand Stan ne sait pas quoi faire face à cette enfant, la pensée pourrait me faire sourire, souffrir, tant elle est vraie, tant j'ai oublié comment on fait. Je cherche les mots, cherche un radeau pour l'enlever de cette dérive suprême où elle s'est échouée. Comment lui montrer les couleurs d'un monde auquel je ne crois plus vraiment ? Si on y croit très fort, peut être qu'on pourrait reprendre gout à deux ... ? Essayer de se dire qu'on est pas maudit, que c'est juste ça la vie.

    - Celle que tu blesses le plus, c'est toi.


On ne peut être aidé, si on passe son temps à se détester.
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MessageSujet: Re: All Rise – Stan & Satine.   Mar 7 Mai - 20:18


La douleur s'efface pas à pas, me rendant mes mains, mes jambes, mes bras. Elle me quitte doucement, m'oublie et me laisse là, fatiguée d'avoir déjà tant enduré sans jamais parvenir à me défaire de moi. Et je rêve, accrochée au regard du héros, qu'on me rende à moi, que j'apprenne à me connaître enfin.
Mais en attentant, et parce que les maux guérissent lorsqu'on les dit, je murmurerai. Murmurerai des horreurs au néant pour qu'il les emporte avec lui, les faisant taire enfin. Je murmurerai l'incertitude et la haine, la rage et la peine. La rengaine de mes songes m’abîme quand la vie leur offre une dimension inaccessible.
Je murmure la douleur de mes entrailles qui vomissent de terreur. Murmure des suppliques destinées au vide pour enfin cesser de suffoquer, de crever d'une désillusion qui chaque fois me revient en plein visage, celle de me savoir malade, si monstrueusement malade à l'idée de perdre les lambeaux de moi, un peu plus à chaque jour qui passe. Je murmure, doucement, tel un secret ; les asséner aujourd'hui me tuerai.
Alors je murmure, pour ne pas mourir.


« Celle que tu blesses le plus, c'est toi. »


Secouant la tête, je lâche ses yeux, m'effondre à nouveau. Je ne suis que l'instrument de pouvoirs que mon âme renie dans l'espoir de s'en défaire enfin, le berceau d'un fléau qui me veut demeurer intacte quand d'autres ne le sauront plus jamais, à avoir voulu m'approcher.
Je suis intact, aussi intact qu'on puisse l'être tandis qu'autour de moi, des fous chantonnent une hérésie me voulant détentrice d'une chance affolante. Je suis intacte et la haine ne me quitte jamais, tant je me sais infiniment plus bourreau que victime, répandant des douleurs que je garde en moi, portant ma croix et me maudissant à la fois.

Et la douleur déchante déjà et se tait enfin tout à fait pour ne laisser en moi que l'écho de ses ravages, m'abandonnant seule avec ma haine, ma peur, mes rancœurs. Et je me souviens ces embryons de colère qui gesticulaient dans l'air, étreignant déjà l'atmosphère de mon enfance. J'étais destinée à les épouser, moi aussi, les laisser prendre racine contre mon âme. C'est en moi, le héros a dit. C'est en moi. Le dégoût, les horreurs : ces choses que je côtoie et connais par cœur.
Je connais les douleurs, sais les blessures que je répands autour de moi, celles que je m'inflige parfois. Me souviens de mes heures les plus terribles, angoissées, dont l'écho restera à jamais inscrit dans ma chair comme tant de petits nœuds de rage, de folie, de fatigue. Comme une douleur constante, permanente, à laquelle on ne s’habitue pas.
Alors, peut-être. Peut-être suis-je celle souffrant le plus souvent de mes sordides talents.


« Peut-être. »


Mais je ne suis pas celle qui en souffre le plus, demeurant sauve après une vie entière à réduire en miettes mes espérances.
Et je m'isole, me terre dans le noir, priant l'oubli. Je traverse ciel et terre en rasant les murs, presque sans faire de bruit, m’imprégnant cœur et âme de couleurs mornes, teintées d'un presque rien qui ne suffit pas.
J'avance à tâtons, tente d'oublier que la vie grouille autour de moi à chaque instant et qu'un geste suffirait à la dépouiller de tout. J'avance, presque à reculons, essayant de me perdre en chemin, m'égarer en larguant mes démons au passage.


« Mais comment cesser de blesser qui que ce soit, puisque c'est en moi ? »


Comment cesser de me meurtrir, quand mon plus grand ennemi est ce que je suis ?
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