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| | •• And I’d give up forever to touch you... | Mr Nobody & Puppy Doll | |
| | Sujet: •• And I’d give up forever to touch you... | Mr Nobody & Puppy Doll Ven 10 Fév - 9:24 | |
| Prisonnière confortable d'un rêve infini, je déambule dans une réalité si belle que mes songes s'enflamment de se savoir devenus vrais. Réveillée avant même la vie et bien avant l'aurore, j'ai senti mon cœur trembler de se savoir enfin calmé, complet. Mes idées bouffant un sommeil sans rêve autrefois espéré, se révèle à présent désuet et une urgence m'a pris au cœur, quelque part dans l'ombre des paupières closes de ma sœur, de voir, vivre et goûter toutes les nouveautés d'un monde qui, encore endormi, semblait me tendre les bras. Alors, laissant le temps ronronner à mes pieds, j'ai quitté les dortoirs, habillée d'un sentiment trop complexe pour savoir l'exprimer.
Et mes pensées se veulent à présent légères parce qu'enfin entières, m'inventant un autel pour toutes ces divinités maudites que j'imagine déjà brûler. Ces fausses déités aussi abhorrées que priées qui, pendant des mois, ne m'ont offert que des étoiles à contempler et l'aliénation de me savoir amputée. Je les vois comme mon esprit les dessinent, agonisantes sur un bûcher dans un hurlement défait, haineuses de s'être vu dominés par l'alliance d'un cœur de toute bonté et d'une autorité d'un charisme absolu qui aime à se prétendre chienne.
J'aboie un rire, bouffant les hurlements de mon crâne, respectant ma part du marché. « Et tu devras continuer à aboyer plus fort que mes autres grandes gueules. » a dit le chef, réalisant chacun de mes rêves. Me rendre ma sœur, la laisser briller. Alors je rôde mes rires que j'aboie et qui dévorent mes vieilles haines,, les laisse se fracasser contre les murs qui déjà commencent à s'en imprégner pour les faire ricocher quand le moment sera venu, sur toutes les grandes gueules qu'à défaut de connaître, je me plais à deviner. J'aboierai fort, je promets, japperai comme un chiot, s'il le faut. Mais qu'importe les rengaines, ma voix les dominera tous jusqu'au dernier, parce que j'ai promis, j'ai juré à un monstre de souveraineté.
J'ai juré au chef qui en retour, à annihiler mes peines, m'a rendu à ma moitié et offert l'apostrophe d'un baptême nouveau qui, nous content de me rendre à moi, m'alloue d'encore plus que cela. Et mon cœur chante qu'il s'habitue déjà à son statue nouveau. Puppy qui un jour deviendra grand et défendra canines en avant la moitié la plus parfaite, la moins chienne de mon être. Le chef m'a rendu ma sœur. Et c'est à Sadie Hope, que je le dois. « Tu es ici grâce à Sadie Hope. Pigé ? » Pigé, chef. Sadie Hope m'a fait renaitre.
Mais déjà mes pensées s'usent, tandis que la vie commence à naitre. Des silhouettes se dessinent, me dépassent ou s'effacent, laissent danser leurs yeux sur mes cheveux ou les ignorent. Des voix s'élèvent, sages d'un sommeil qui encore les muselle et trompe mon ennuie que l'agitation réveille.
Et une brûlure m'arrache un sursaut lorsque ma peau se rappelle à moi, semblant remarquer la première ce que ma tête peine encore à croire. Là, à quelques pas de moi, une silhouette se détache de la masse, tourné vers un monde pour lequel il saignera son cœur, tant qu'il bat encore. Autour de mon cou, suspendu à une chaine, trône un anneau que mes doigts caressent doucement, alors que mes yeux détaillent tout son être, des traits de son profil qu'ils apprivoisent jusqu'à son ombre, à laquelle ils prêtent des ailes.
Je m'invente de nouveaux rêves par dizaines, guidés par le son d'un cœur qui jure ne jamais gouter à son dernier souffle avant une éternité à vivre et à rêver quand, arrachant au mien quelques battements, je me souviens de sa voix prêtant à mes traits le reflet de ses songes.
Dis-moi que tu as pris soin de ton cœur depuis moi. Et je maudirai mon égoïsme s'espérer que tes rêves murmurent encore un peu mon nom, parfois.
Dernière édition par Puppy Doll le Ven 17 Fév - 20:44, édité 1 fois |
|  | | | Sujet: Re: •• And I’d give up forever to touch you... | Mr Nobody & Puppy Doll Sam 11 Fév - 22:08 | |
| Des ombres miniatures creusent l’apprentissage d’une cicatrice contre ma lèvre dont le relief nouveau me parait étrange, presque immense. Mes doigts apprennent ses contours qui en l’apprivoisant me rendent muet, tourné vers les origines de l’unique témoin qu’il reste à mes émotions brûlées. Serait-ce tout ce qu’il me reste de l’Enfer ? Une trace infime déchirant d’un rien ma bouche alors vidée de tous les démons qu’un cri aurait pu enfermer et emporter avec lui pour une autre dimension porteuse de ces douleurs vives qui me talonnent toujours. Une ligne parmi les autres, une ride de sang contre la peau que ma langue goute lorsqu’elle y pense… Ce trait, comme une minuscule frontière barrant les rêves de leurs enfants contre ma lèvre froide, déchire mes pensées qu’il tord avec véhémence jusqu’à n’en faire que les poussières des paradis morts dont les cendres chauffent encore mon crâne, mon cœur, mes côtes. J’ai mal d’un rien qui demeure pénible sur ma bouche, à jamais la première marque que mon corps aura arboré. Une cicatrice, un rien, une ligne qui pour toujours me rappellera l’enfer d’être intouchable, comme seul sur terre. Mon reflet contre les vitres sombres accroche un instant mes yeux qui n’en demandant pas d’avantage remarquent la guérison des rêves sur ma peau. Mes yeux de nouveau bleus. Mes joues de nouveau pales. Ma mâchoire de nouveau droite. Ma bouche intacte, à ceci près que l’enfer y dort encore, brûlant d’une menace qui chaque seconde me tente de ses souvenirs flambant morts. Il est étrange de penser que cette misère a laissé guérir mes plaies quand il aurait été tellement plus simple de les laisser me consumer jusqu’à faire de moi l’instrument du mal qui depuis toujours sommeille autour de ma peau fragile de ne penser qu’à elle. Et je sais à voir mes mains lavées du sang des autres que la fournaise n’a jamais souhaité me laisser m’éloigner des affres qu’elle avait si habilement couché sur ma peau, faisant de moi un carnet de chair où étaient dessinées mille notes des mains de démon voulant du mal à vos paradis et leurs parents. C’est elle, qui est venue d’une promesse ternir les braises que des volcans éteints faisaient gicler en mon ventre, éclaboussant mon cœur, mes reins et ma gorge pleine de ce sang dont le gout m’échappe enfin, ce matin. Surgissant d’un souvenir qu’un monstre ne saurait mutiler, elle m’a arraché à moi et d’un baiser parlé, m’a rappelé les raisons que la vie avait de me voir exister. Je m’entends souhaiter une bonne journée au chauffeur de bus qui nous dépose, ouvrant ses portes vers un monde où le ciel n’est plus ciel, où la terre a cherché ma mort peut-être jalouse de me voir si près des cieux qui en me faisant naitre m’ont relié à la peau un pouvoir sacré. Et nous nous déversons, peu que nous sommes dans la fraicheur de la matinée, pauvres ombres sur un pavé qui nous sert de tremplin pour un avenir fait des promesses des autres, écrites sur nos dos, signées de notre sang, pour préserver celui des autres qui, en dessous, nous rêvent entiers. S’ils savaient. Si seulement ils avaient idée. Nos cicatrices sauraient parler. Cette voix ! Sa voix ! La sienne mon ange, je n’y crois pas. Mes pensées se taisent, futiles devant l’absolu nécessité de la voir et la réentendre encore. Les douleurs s’endorment, humiliées par les apostrophes que mes amours posent sur leurs corps faibles de ne pas savoir parler aux sentiments précieux. Mon corps se tourne, appelé de toutes les fibres qu’il a, reines, à courir vers elle. Parce qu’elle est ici, dans le ciel qui l’a créé en faisant de sa peau une musique insaisissable que le vent envie. Je cours, même si quelques pas me séparent d’elle et emporté par les merveilles gonflant ma hâte, manque de toucher son visage sous le mien. Mon cœur dans une valse indécise se serre pour mieux menacer de craquer la seconde d’après, grondant une passion vive que mes envies comprennent, avant de pleurer les plumes de chaque paire d’ailes l’ayant frôlée, pour la fabriquer. Moi qui n’ai jamais rêvé trouve sous mes doigts l’impossible vision d’un ange que l’on aurait libéré d’entre les paradis du monde. J’aurais pensé trembler de la retrouver mais mes mains planent autour de son visage avec la fermeté qu’il manque à ma raison envolée. Les secondes durent d’une vitesse nouvelle, portant le nom que les anges inventent pour des instants issus de rêves qu’on ne fait pas. Elle est là... elle est là. Les mots me manquent, se bousculant d’abord derrière mes yeux qui la contemplant s’oublient au monde. L’univers se calme et même mon cœur se tait, parce que jamais décidé entre la fureur et la sérénité de gouter au parfum de vœux exaucés. Un bonheur immense écrase de sa seule ombre toute la misère du monde. J’aimerais parler, mais j’ai seulement un désir accroché aux lèvres, lui demandant de rester. S’il te plait. Reste toujours et demeure toi, à jamais Sephora. Règne pour toujours en déesse sur mon cœur et lorsqu’il me blesse, fais-le se taire. J’oublie le trait sciant la lèvre que ma langue reconnaît. Je n’ai jamais saigné, ne connais rien de la terre. Un souvenir doux… serait-ce tout ce qu’il me reste de l’enfer ? |
|  | | | Sujet: Re: •• And I’d give up forever to touch you... | Mr Nobody & Puppy Doll Mar 14 Fév - 19:37 | |
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Le monde s’efface, bouffé par sa seule présence lorsqu’une cécité troublante s’abat sur eux, me rendant aveugle à tout, si ce n’est lui. Et la frénésie de ses mouvements m’arrache un sursaut d’effroi lorsque son élan le précipite vers moi, manquant de briser encore un peu son cœur qu’un effleurement suffirait à abattre. Mais j’oublie toutes les horreurs de sa condition qui le veut aussi superbe qu’intouchable lorsqu’il fait danser ses mains autour de mon visage, le fardant de milles louanges indignes de mes traits.
Et mes rêves se détachent de moi, amoureux de sa peau qu’ils épousent pour mieux s’offrir à lui. Ils embrassent le ciel et esquissent un cheminement aveugle vers un espoir à fleur de songe, brodé d’une promesse encore vive de se voir devenir siens, hanter son sommeil et devenir ce qu’il voudra.
Un rire s’échappe de mes lèvres contre lesquelles il semble s’éterniser, tant mes espoirs exaucés trouvent échos dans ses mots. Jamais, je jure, à compter d’aujourd’hui et jusqu’à ce que ton cœur se lassera de ma présence, devenu sauf et rayonnant d’une vie qui t’emportera au loin. J’ai promis et m’improviserai sorcière, chien de garde, ou magicienne s’il le faut, pour veiller tes battements qui te verront vivre heureux et devenir vieux.
Et ma main trouve son cœur lorsque mes lèvres chantent une promesse nouvelle, à apposer contre les anciennes. Jamais Hayden, jamais.
Mais mes yeux accrochent sa lèvre qui bouffe les dernières traces de mon rire, encore tremblant contre ma gorge. Des conneries par centaines dansent dans mon esprit et réveille mes douleurs déjà vieilles, le souvenir de ces heures passées à regarder les étoiles jusqu’à m’en brûler les cils, à maudire un empyrée hâbleur laissant ses anges les plus parfaits brûler leurs ailes à l’éclat de leur propre bonté.
Et je trompe mes pensées murmurant au rythme de son cœur qui chante avoir été saigné une fois encore pour en retour coucher ses peines sur sa lèvre, marquée d’avoir promis puis trahi sa vie au profit d’une autre, surement moins belle, moins pure et moins sacrée que la sienne.
Son cœur. Son cœur qu’il brûle contre le soleil, appelant les nuages à en faire de même, pour laisser tomber devant nos yeux une poussière irréelle, porteuse d'un rêve éveillé bâti au prix de sa vie. Son cœur qu’il abîme à la lueur de songes étrangers, gardant les siens à l’écart d’un sommeil qui jamais, ne lui permet de les contempler. Son cœur bien trop pur pour mériter de se savoir ainsi malmené jusqu’au jour où une énième illusion laissera se consumer le dernier de ses battements.
« Comment va ton cœur, Hayden ? »
Son cœur, qui bat encore sous mes doigts. Promets-moi, une nouvelle fois.
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|  | | | Sujet: Re: •• And I’d give up forever to touch you... | Mr Nobody & Puppy Doll Lun 20 Fév - 23:57 | |
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Un ralenti possède mon cœur habitué aux querelles opposant le temps à mes battements. Ce dessin sur les lignes de ma main engage des promesses que les secondes ensorcellent, devenant douces, blondes, belles. La lenteur m’émeut de son chagrin doux tandis que tout se tient, tout se vaut tant que je vais bien. Ses cheveux bercés par un vent frais ont un parfum que je n’avais pas oublié, m’envoutant de toute sa douceur nacrée, faite de mille perles qui en devenant sœurs épousent ses yeux, son nez, sa bouche, son cœur. Je souris l’inespérée conquête d’un moment ayant le goût d’un rêve, unique cette fois, parce que venant de moi. Mon Paradis Sephie, c’est toi.
Ses yeux rient avant sa bouche qui en les rejoignant exauce des vœux qui se révèlent à moi tandis que leur existence même semblait chimérique. J’avais en moi des espoirs que son prénom à su dompter lorsqu’il a rencontré les creux du mien. Elle m’a rempli, moi qui n’étais rien. Et me voici maitre d’un palace d’illusions où siègent les vôtres, pour toujours le détenteur d’une clé qui assure votre, leur, son bonheur. Son rire dure et je me sens touché jusque dans les racines de mon âme vieille de millions d’années. Ne t’en vas jamais, je m’entends répéter d’une voix que je ne connaissais pas. Je n’ai jamais eu la sensation de n’avoir que mes dix sept ans mais je sais maintenant, je sais que mon cœur vit tant qu’il a des raisons. Je suis un ignorant des sentiments qui, ne demandant qu’à apprendre, voue une admiration sans faille à celle qui lui enseigne tout, jusqu’à la place de ses battements.
Et sa main sur mon cœur lit mes pensées ne rêvant qu’à elle. Je ferme les yeux, touché, touché. Et puis la retrouve tandis qu’elle sait. Qu’elle dit, qu’elle vit, qu’elle créer.
Je cille, tandis que son regard s’attarde sur ma bouche. Je m’écroulerais si sa main ne tissait pas un lien entre la vie et moi. Sa promesse contre mes rêves a le goût d’une caresse, d’un baiser. Je la chérirai toujours et ne réalise pas encore l’ampleur de ces mots qui me jurent ne jamais la voir s’éloigner du ciel qui en l’accueillant couronne mes envies de la voir Reine. Des sensations fantômes me parcourent le corps, surtout les mains. J’ai l’impression de la toucher, de déjà connaître la douceur de sa peau, de savoir le goût de ses lèvres, le satin de ses cheveux, la chaleur de son dos que mes doigts effleureraient à peine, n’osant pas.
Son regard posé sur sa main affronte une dualité de chair et de manque qui en portant le monde achève ces ennemis trompeurs, ne regardant que plus loin, cajolant mon cœur. Son empreinte le sentant battre un empressement dont elle est la cause le baptise chaque seconde d’une raison nouvelle de n’être personne sinon un automate aux rouages enchantés que les rêves font marcher. Je fonctionnerai, tant que tu seras là pour écouter mes battements s’enrouer de douceurs vives, pleines de ne plus être rien que moi.
« Comment va ton cœur, Hayden ? »
Une brise contre son dos m’entoure de son parfum dansant jusque dans les courbes du vent qui la veut comme elle me tient. Je souris, mordant la petite cicatrice obsédant ma langue, son intérêt pour mon cœur me brulant les yeux. Ma propre mère n’a jamais pensé à ma santé et elle a toujours été pour moi une arrière, petite et futile pensée. Tant que vivent les paradis, je ne me soucis guère de savoir quel sens prend ma vie. Mes mains d’enfant payaient déjà les milliers de couleur peignant l’air de son temps de mon petit cœur et ses faibles battements. Depuis que mon père s’est échappé, elle ne m’a plus touché. Qui se soucis de mon cœur Sephie, sinon toi ? Qui le touche comme personne, le calme d’une tempête, l’embrasse d’une pensée ? Le guérit, en étant Sephora.
J’aimerais la toucher, sentir sa main sous mes doigts, traduire d’un geste l’assurance qu’il manque à ma voix. Lui dire d’une caresse qu’un ange portant son nom a posé sur mon cœur un pansement. Que, n’eut été notre promesse, je ne serais pas là, aujourd’hui debout devant elle à vivre d’une légèreté rêvant de ses doigts. Mais mon visage a tout effacé, mon corps aussi et ne reste que cette ligne, petite couture sur ma lèvre qui me laisse dire les choses que son regard inspire. Mes mots se brisent en songeant aux parjures qu’ils taisent de leurs douceurs fatiguées, à peine éveillées et trébuchant contre les paradis d’antan. Mon cœur, Sephie, porte ton nom.
- Bien. Avec ta main pour bouclier, il ne peut rien lui arriver. J’ai tenu ma promesse tu sais, j’en ai pris soin et entends, comme il va fort.
J’ai au fond des yeux un émerveillement sincère qui en cherchant les siens jurent aux miracles. Il n’a jamais cogné aussi bien, me faisant si peu mal, n’éclaboussant aucun paradis de mon sang. Avant, il se serait tu entre deux battements... chut, chuchotant. Avant. Mais tout va bien, lui le premier et je sais à qui dédier ces prodiges. Entends comme il t’appelle. Il cogne plus fort. Entends mes rêves d’enfants. Je ne suis toujours pas mort. Entends mes dix-sept ans. Je les ai encore. Entends, entends, entends, entends… et entends encore.
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|  | | | Sujet: Re: •• And I’d give up forever to touch you... | Mr Nobody & Puppy Doll Dim 11 Mar - 23:57 | |
| Une mélodie cogne contre mes doigts, se répercutant dans ma chair et jusque sur l'envers de ma peau, où court encore les sillons creusés par les balafres affreuses de mes colères passées. Je me sens affreuse de n'être que moi, d'exiger dans un élan d'égoïsme suprême qu'il fasse battre sa vie au rythme de mes envies, oubliant les siennes qui, néfastes à son cœur, le punisse de se vouloir trop bon pour un monde bradant sa vie pour quelques instants d'utopie. Mais qu'importe les rêves d'autrui, je veux qu'il vive et crains de m'effondrer avant l'heure si ses battements venaient à tarir jusqu'à ne plus suffire, coupable de n'avoir su protéger son cœur.
« Bien. Avec ta main pour bouclier, il ne peut rien lui arriver. J’ai tenu ma promesse tu sais, j’en ai pris soin et entends, comme il va fort. »
Je mords ma lèvre qu'un frémissement fait trembler, déchirée par sa vie que seule une promesse parvient à épargner. Sa vie devenue pantin d'une bonté qui le fait la laisser se consumer, attendant sagement de voir ses fils usés rompre sous les désirs d'un marionnettiste zélé, bâtissant pour ses yeux un nouveau rêve éveillé, devenant le dernier.
J'ai peur, me sens fragile et faible d'une impuissance que mes tripes pourraient vomir de la connaître déjà bien assez. J'ai peur pour son cœur. Mais il bat encore d'une symphonie troublante contre ma paume qui ne demande qu'à sentir ses battements marquer ma peau pour une éternité. Il bat, il bat. Mais pour combien de temps, encore ?
« J'ai eu peur pour lui. Pour toi.»
Les ailes de l'éternel. et les histoires contés par mon père me reviennent en mémoire, lorsque je prie pour le salut de son cœur qui, plus que tout autre, mérite la douceur d'une éternité passée à vivre sans en souffrir. Les histoires de princesses et de dragons, de chevaliers et de fées laissaient place à celle d'oiseaux dont les ailes recelaient milles et unes significations nées pour me plaire. Et les grues Hayden, les grues étaient d'entre toutes, les plus belles.
Les grues dont il chantait les louanges du bout de des lèvres, leurs prêtant des âmes d'anges veillant les vivants pour mieux signer de leurs plumes le sillage d'une vie faite pour durer, durer et durer encore. A l'encre de Chine, il offrait à l'éternité une paire d'ailes, encrait des grues dont le plumage se voulait vivant de nos visages, promettant à ma candeur d'enfant que l'on ne peut mourir que vieux et heureux.
« Alors Lilith a inventé ça. Pour protéger ton cœur. »
Détachant de mon cou l'évidence de plus du don de ma sœur, j'ai laissé mes doigts courir contre la chaine un instant avant de l'élever entre ses yeux et les miens. Prêtant à ma volonté sa grandeur, elle a donné vie à mes envies, de toute la bonté de son cœur. Et le sien battra malgré tout. Malgré lui, s'il le faut.
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