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 |- With or whithout you. -| Stan Atwood ↨ Bam Atwood.

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MessageSujet: |- With or whithout you. -| Stan Atwood ↨ Bam Atwood.   Dim 5 Fév - 14:24

Il aurait fermé les yeux que ça aurait été surement parfait. Chacun de ses mouvements, comme calculé. Ça fait froid dans le dos, même un peu, de le voir avancer. Ça rabaisse le monde a un niveau si bas que ça donne envie de rire. Ses mains attrapent le col de son manteau qu'il remonte avec une délicatesse presque palpable pour quelqu'un qui connait Stan un peu trop bien. Il a froid, peut être qu'il frissonne, on ne sait pas. Et puis il laisse s'envoler en lui et son esprit les milliers de pensées qu'il n'arrive plus à refouler.

Je me souviens du jour où j'ai rencontré Mary, j'avais froid, avant tout cela, et j'ai fini par brûler un feu incontrôlé. Ses cheveux blonds avaient attiré mon regard, et j'avais souris, fier de moi, pour faire celui qu'on ne remarque presque pas. Elle brillait, comme le plus beau des diamants. Enchantée. Un fée. J'avais froid, avant Mary, c'est vrai.

Il soupire et une fumée presque invisible s'échappe de sa bouche, elle danse autours de son visage, s'efface au grès du vent. Il semble se fondre dans la masse, un bonnet sur les épaules. Il est grand, évidemment, mais les gens autours ne le reconnaissent pas. Enfin les gens, pour le peu qu'il y a dans cette rue, ils ne le voient. Alors, peut être qu'il faut accuser le froid, il embrouille les esprits et leur fait louper la rencontre de leur vie. Parce que Stan Atwood, tout le monde voudrait le rencontrer, c'est une vérité.

Je réfléchis, cherche réellement pourquoi je suis ici et non pas dans mon lit. J'aurai fait semblant peut être, appelé Jared, engueuler Bam, et après j'aurai dormi. Alex m'a dit de sortir, et j'ai choisi son option, je sors pour aller jusqu'à chez lui. A pieds se sera long, mais mes pensées seront avec moi. Le monde semble tourner au ralenti, et je me dis que ce n'est pas à cause du temps, c'est juste qu'il est comme ça, le monde depuis qu'elle est parti. Les gosses ne le voient pas, ils sont trop petits. Pardonnez-les, chérie, mais je suis sur que jamais, dans chacun de leurs pas, ils t'oublient.

Ses pas s’accélèrent, comme s'il commençait à en avoir marre de marcher. Il est pressé, Wonderman, et il dénote avec le décors. Les personnes flânent autours de lui, rapidement, mais ce n'est pas les même mouvements. Il pourrait surement voler, ça aiderait au fait qu'il veut oublier qu'il est dans cette rue congelée, cette rue presque abandonnée.

Je frissonne, et n'aime pas cela. Je me sais vivant parce que frigorifié. Et c'est tout un paradoxe parce que ça devrait être le contraire. J'étais vivant, avec Mary, et quand elle était là, jamais je n'ai eu froid. C'est la différence d'aujourd'hui. J'avais froid, avant Mary, et j'ai froid après Mary. L'on a pas le droit d'enlever la chaleur aux gens. Je maudis le monde de me l'avoir enlever. Les photos, les gens et ceux qui n'ont pas compris que je voulais la sauver.

Il remonte son col, encore une fois, avec des gestes plus forts cette fois. Son esprit s'arrête comme figé. C'est son fils qui vient de sortir de la boutique d'à côté. Bam, son héritier. Une chaleur nouvelle l'envahit, il pense à sa femme, ses enfants, et face à ce petit déjà grand, il tente un sourire de surprise. Un appel pour ne pas qu'il fuit encore une fois. Son bébé a grandit et aujourd'hui, il n'a plus besoin de lui ...

Et la chaleur Mary ? Je la ressens à travers eux, pour toi.
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MessageSujet: Re: |- With or whithout you. -| Stan Atwood ↨ Bam Atwood.   Dim 24 Mar - 0:50




J’envie les gens qui peuvent se lever le matin en ayant trois secondes à eux. Trois longues secondes pendant lesquelles rien ne passent. Rien n’est vrai. Où tout existe et les morts ne le sont pas. Ils savent pas la chance qu’ils ont d’être en sécurité dans leurs rêves. De pas se réveiller en chialant sans savoir si, dans cette vie, on se retrouve avec papa ou maman. La nuit est une vie à part entière dans laquelle ma mère s’enferme depuis longtemps. Et je crève avec elle quand le soleil perce mes songes. J’suis mort, chaque fois que l’éveil m’emporte.

J’ai fait une croix sur mon cœur, une autre sur ma joue pour qu’elle sache que c’est moi, quand elle me voit. J’ai martelé mon cœur d’enclume comme un bout de ferraille. Lui ai fait mal. J’me noircis au charbon, du même morceau qui m’oxyde les tripes quand je pense à elle. Quand je pense à toutes les fois où j’suis resté là, planté devant ses dix-huit ans sans pouvoir lui demander « Maman… ? Est-ce que c’est toi ? » de peur qu’elle pleure ou se moque de moi.

Aujourd’hui est un jour pendant lequel je pourrai pas penser à autre chose qu’elle. Parce que j’ai l’impression qu’elle est là, tout le temps. Dans mon ombre, dans mon ventre. J’aurai envie de chialer chaque fois que je rirai. Parce que j’me dirai que putain, ça fait du bien de se marrer et me demanderai pourquoi j’le faisais pas y a une heure de ça. Et elle me reviendra, belle comme pas deux, plus jeune que moi. J’me souviendrai que si je rigole pas, c’est parce qu’elle me manque, que j’suis bouffé par un deuil vieux de mille ans. Et j’en voudrai à tout le monde, à mes amantes. A mon frère, à mon père. A Morgan, à cette hiver. Je jouerai au con parce que c’est plus facile qu’avouer qu’on a passé une nuit d’enfer. Que juste comme ça, on a l’impression d’avoir de nouveau trois ans et peur de perdre sa maman.


    ─ Papa !

J’explose, sorti de nulle part. J’le rejoins alors qu’il est juste là, seul, terrible, immense, brisé en trois. J’me sens rétrécir d’un mètre quand j’en approche et j’ai toujours l’impression qu’il va m’en coller une tellement il m’aime. Ça s’explique pas. Mais il m’aime, ça crève les yeux, même les miens ; il suinte la mort comme l’amour et ça le rend beau, effrayant. Il était pas comme ça, avant. J’le sais, parce qu’elle me le dit des fois. Elle me dit « Tu es le fils de mon Stan, comme ça se voit. » et moi je réponds pas, parce que j’ai peur de la briser du son de ma voix putain, c’est trop con. Je regrette tant, ça me coupe les jambes. Et si c’était la dernière fois que je la voyais ? Je devrais lui dire et j’me promets que j’lui dirai. Sauf que j’le fais pas, parce que ça recommence à chaque fois. Qu’elle menace de pleurer chaque fois que je bouge. Que j’me sens peser deux grammes quand elle me regarde comme si j’étais une putain d’œuvre d’art. Un chef d’œuvre, mais pas n’importe lequel. Le sien. Le leur. Un espèce de totem, hymne au sexe, à l’amour et au bonheur.

J’le regarde pas longtemps dans les yeux, parce que ça me donne envie de l’appeler "monsieur", c’est con. Monsieur Papa. Je souris, pour qu’il sache que je suis heureux d’être avec lui. J’crois que j’serais devenu fou d’être seul et de le rester. J’sais pas faire, je saurai jamais. J’suis dépendant des autres, de ceux dont je me fous. De ceux que je pousse loin de moi d’un cri, d’un coup, voire des deux parfois. Et je m’en veux. De cracher sur mes amantes. Mon frère, mon père. Morgan et mon hiver. Mais, j’me dis, je crèverai avant de l’avouer.


    ─ Viens boire un coup avec moi. J’ai une question à te poser. Un truc important.

On dirait que j’lui ai posé une question. Parce que j’arrive pas à lui donner des ordres. On dirait qu’il en a jamais reçu, qu’il en a jamais donné. Faut que j’ajoute quelque chose, un truc auquel j’suis pas habitué. Que j’lui dise la vérité pour qu’il me suive. Qu’il se barre pas chez nous pour essayer de dormir. Mais c’est de ça dont je veux lui parler. Faut que je lui dise et que ma voix tremble pas sur le dernier mot. J’me le répète, pour pas qu’il sonne faux. Encore. Encore. Un peu moins fort. Y a qu’à son sujet que j’sais pas faire semblant.


    ─ C’est à propos de Maman.

Suis-moi, monsieur, je t’en supplie. J’essaie de capter mon reflet dans ses yeux, mais j’y reste pas longtemps. Juste histoire de voir si j’ai une croix sur la joue, assortie à celle qui pèse sur mon enclume. Mais j’vois rien d’autre que Bam. L’enflure. J'ai l'impression d'avoir dix ans. Lui est immense. Trois secondes, j’attends. Trois longues secondes pendant lesquelles rien se passe. Tout est vrai. Je sais pas avec qui, mais je sais où je vais. Je mords un sourire que je veux encourageant. Allez. Viens, monsieur, et aide-moi à retrouver ma maman.




Dernière édition par Bad Ice le Dim 1 Sep - 12:29, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: |- With or whithout you. -| Stan Atwood ↨ Bam Atwood.   Mar 9 Avr - 20:27

Je ne sais plus si ce que je vois est vrai, j'habite dans cette léthargie que je me plais à arpenter, esclave d'un monde endormi où elle se trouve être la reine de toutes mes nuits, j'ai perdu le goût de la vraie vie, de celle qu'on se permet d'utiliser comme si c'était quelque chose que le tout puissant nous doit, orchestré par lui et cette partie là, vécu par moi.

Je suis le fantôme de cette statue, celle qui orne la place de la ville et dont je ne suis pas sur d'avoir un jour voulu. J'ai mal a l'âme plus qu'au cœur depuis que j'ai perdu celle qui faisait que tout cela valait le coup. Elle me manque tant que j'en crève que je pourrais me foutre du plomb dans la cervelle parce qu'elle n'est plus la. Et je dors la nuit sans compter les heures, qu'elle y est avec moi, plus vivante qu'elle ne l'a jamais été. Belle comme jamais personne n'aurait pu la penser, la peindre et l'admirer.

─ Papa !

Putain, ce cris, c'est un tout, c'est lui. Ma première réussite, la sienne aussi, si tu l'avais vu grandir Mary, digne fils de son père, oui, c'est ce que tu aurais dis. Je frotte mes mains contre mon torse, recherche encore une fois cette chaleur perdu quand je m'approche de mon fils et le vois si grand, je passe a côté de la vie de mon enfant. Dis moi Bam, est ce que papa manque à ta vie ?

─ Viens boire un coup avec moi. J’ai une question à te poser. Un truc important.

Je ne sais pas ce que je réponds, ne sort de ma bouche qu'un étrange grognement. Quelque chose qui me glace un peu le sang. Un truc important. N'importe quoi pourrait sortir de sa bouche a présent, c'est ce que tout le monde se dirait, qu'un truc important pour Bam ça peut aller d'un vêtement glacé à une fille qu'il a un peu trop aimé. Me viens en tête le sourire de Sweety, quand il me dit :

─ C’est à propos de Maman.

D'accord. Ce n'est pas d'une fille qu'il a un peu trop aimé qu'il veut me parler, c'est de celle qu'on aime encore tous les trois, Jared, lui et moi. Je soupire fortement, peut être que j'en sors encore un grognement. J'approuve d'un hochement de tête, encore un peu glacé par la fin de sa demande et les questions qui pourraient arriver.

Je regarde autour de moi, cherche un endroit où on pourrait aller, où je pourrai a peine me noyer derrière un café. Un endroit où je pourrais lui répondre en gardant cependant précieusement pour moi les détails de ma vie rêvée. Tandis que mes mains trouvent les poches de ma veste en désespoir de me sentir vivant par cette chaleur que je peine à retrouver quand je ne suis pas allongé, perdu dans mon lit et dans mes pensées.

J'avance a côté de lui, je tente même de taper sur son épaule pour lui dire de reprendre le sens de la marche, le sens de je ne sais quoi, de la vie sûrement parfois. Et même si elle n'a plus de sens depuis qu'elle n'est plus là, on essaie, oui, on essaie je crois. On fait semblant, on pense qu'on y arrivera. Et bordel on se ment, on se ment si bien que le manque nous ronge. On sort des salades qu'on a du mal nous même a avaler. Et quand on fini par se convaincre, qu'on pense que peut être si on le veut vraiment ça ira. On reprend en pleine face la vérité, on rentre dans un café, on s'assoit sur une table peu importe laquelle, on commande n'importe quoi, peut être un truc laté. Et on dit :

    - Alors, qu'est ce qu'il y a ?


Une phrase bête qui se contente de nous dicter, qu'au plus fort on y croit, plus fort on fait semblant, plus fort on se noie, plus fort on dort ... Cet enfant qui vous admire, avant vous, c'est a lui que vous mentez le plus. Malgré vous et pour la garder seulement pour vous. Je pense n'importe quoi, Bam dis quelque chose parce que je suis foutu, parce que bordel, j'sais plus.
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MessageSujet: Re: |- With or whithout you. -| Stan Atwood ↨ Bam Atwood.   Dim 1 Sep - 15:25



Si j’étais deux, je cracherais sur mon autre. Celui qui se cache derrière des prétextes à la con, celui qui est moi, la plupart du temps. J’empoignerais sa gorge blanche, j’y poserais jusqu’à ma dernier phalange. Et tournerai son menton vers le côté de la vie que j’évite trop souvent. J’lui montrerais mon père jusqu’à ce que ses yeux reflètent la fierté que m’inspire l’homme et cette putain de détresse qui m’empoisonne chaque fois que j’me dis qu’on suffira jamais pour lui. Même si on était mille. Il lui manque quelque chose de grave, quelque chose que je comprends parce que j’ai hérité du trait. La faiblesse. Il faut qu’une femme dérange sa vie. Qu’elle le bouleverse et lui rende Stan, mais ça peut pas venir de n’importe qui. J’aimerais m’inventer un alter ego auquel il puisse soudainement parler. Un môme vers qui on se tourne et auquel on peut confier qu’on a mal, qu’on a peur parce qu’il fait froid et que le froid s’en va pas. Mais ça fait des années que je me désintéresse de ce qu’il se passe dans ce cœur si grand qu’il a mué en un désert rare en tout, surtout en amour. J’suis pas le genre de fils à qui on peut parler. Et j’ai peur d’essayer de le devenir maintenant. Ça ferait trop. Comme une peinture déjà finie qu’on essaierait de changer, en mieux. Au lieu d’en rajouter une couche, on prend un couteau. Et on taille dans le vif, on enlève tout ce qui sert pas, qui est là juste pour être beau mais qui suffira pas. J’aimerais, monsieur Papa, être le genre de môme à qui on ouvre les bras.

Mes dents pourraient aussi bien péter maintenant tant je les serre quand il bouge, quand il me touche. Je le suis, heureux qu’il accepte de rester avec moi alors que je l’ai pas habitué à ce genre d’instants. On a jamais eu de grands moments. Pas de fanfare dans les yeux pendant qu’on se marre, ni de complicité quand nos regards se croisent à travers une salle bondée. Mais il est encore temps, pas vrai ? Je réalise des trucs, depuis peu. J’accuse l’hiver. Je pense qu’à lui, je pense qu’à elle, je ne pense qu’à mon frère.

Même en marchant à côté de lui, j’ai l’impression de le prendre en filature. D’être la lumière dans son ombre, les pleins phares sur son dos toujours musclé, toujours si haut. Si j’étais deux, j’en laisserais un parler comme un gamin qui a besoin de son père. Pendant que l’autre meurt d’envie qu’on le traite en adulte, en égal, en cette grande chose qui brille et qui se soucie pas de la sauvegarde de son âme. Mon père a ce magnétisme étrange dont il a pas conscience. Quand il rentre dans une pièce, les objets tremblent et ils pourraient aussi bien tous se tourner vers lui. Y a pas un regard qui le dévore pas mais j’ai l’impression qu’il ne les voit plus. Je m’en nourris, quand il les ignore. J’suis deux fois moi, et j’encaisse les questions qu’on se pose ailleurs. Si on ne me remarque pas, je me demande c’que j’ai foutu comme erreur.

Il se laisse tomber de l’autre côté de la table. Derrière lui, y a une photo d’Alex encadrée dans un mur, souriant avec son bras lancé sur les épaules du mec à qui doit appartenir l’endroit. Ses grandes ailes tiennent pas dans le cadre, on les devine à peine dans le fond. Maintenant, on verrait chaque détail du sol au plafond. Putain…

    - Alors, qu'est-ce qu'il y a ?

Mes doigts. La table. Son torse. Sa barbe de cent ans. Son nez, son front. Ses yeux. Mon Monsieur. Je souris comme un gamin, je dérange mes cheveux. J’suis content d’être là, de l’avoir rien que pour moi. Mais j’le dis pas. Je le dirai sûrement jamais. J’me contente de le bouffer des yeux, de regarder tous ses côtés rongés par le temps, ses frontières qu’on a piétinées, les mots qu’il mange, les démons qui le hantent. Je regarde tout sans voir, j’me demande par où commencer. Parce que depuis ce matin, depuis que je suis né, j’ai pigé. Ma plus grande mission Papa, c’est toi. J’te sauverai quitte à en crever.

    ─ J’ai… pas l’habitude. J'vais essayer mais ne m’interromps pas, okay ? S’te plait.

Si j’étais deux, j’ferais en sorte que l’autre me tienne par la main. Je sais pas pourquoi, mais j’pense à Sweetheart. « Tu vas être incroyable. » Ça saigne sur mon enclume, mais j’la remets à plus tard. J’ai l’impression d’être au centre du monde, quand il me regarde. Ça faisait longtemps. Combien, exactement ? Sa barbe. Ses épaules. Ses yeux. Son menton. Ma propre main qui joue avec un flocon. J’attends un déclic. A l’intérieur. Quelque chose de con. J’attends qu’il pleuve.

J’me sens lourd avec tout ce bitume dans le torse et ce deuil perdu entre deux âges qui se paume aussi entre deux moi. Mais faut pas. Faut pas que j’oublie pourquoi on est là à plus savoir qui de nous est le père de l’autre. J’suis le doyen de tes peines depuis que j’en suis la cause et que tu la vois quand j’te la rappelle d’un sourire. J’te traiterai comme un gosse si c’est ce qu’il faut pour te rendre à Stan. On y survit, tu verras c’est pas compliqué. J’me suis rendu à Bam, cet enfoiré. Ça a fait mal, mais c’est un beau calvaire. « Mon hiver. » Tu seras incroyable. Formidable.

    ─ Je rêve de maman. Beaucoup, ces derniers-temps. J’la vois être là à me regarder pendant que j’ai nulle part où aller, elle me bouffe des yeux et me dit ce genre de trucs que les mères disent aux mômes. Elle est tellement jeune, comme sur nos photos. Je sais que t’es au courant et qu’il y a des choses entre vous qui me regardent pas. Mais elle me parle de toi. De Jared. De la maison sans elle. Et elle me regarde avec cet air, tu sais, comme si… putain, ça y est je tremble. Elle sait qu’elle est plus là, Papa. Elle sait qu’un jour, les rêves vont s’arrêter. Qu’on pourra plus se voir. Se parler. Et j’me sens chialer dans mon sommeil, chaque fois qu’elle me dit qu’elle m’aime. J’ai l’impression d’être coupé en deux. Une moitié avec elle, l’autre sur mon pieu. Alors je comprends pourquoi t’es comme ça. Comment t’en es arrivé là. A préférer dormir plutôt que retourner à ta vie sans elle.  Mais faut que t’arrêtes. Il faut que tu nous reviennes avant qu’elle parte. Parce que quand elle sera plus là, nous on y sera encore et il sera trop tard. J’peux pas te perdre aussi Papa. J’te le dis jamais parce que ça veut pas sortir, que j’y arrive pas. Mais j’en peux plus de me réveiller avec une messe dans le cœur. Fatigué d’avoir l’impression d’avoir porté son cercueil à bout de bras. Merde, Papa. Je sais que t’as mal sans elle, mais t’as un fils qui a mal sans toi. Faut qu’on redevienne une famille. C’est ce qu’elle me dit, tout le temps. Et elle a raison. J’suis désolé d’être un con mais j’vais faire de mon mieux maintenant. Faut que tu reviennes, au moins la journée. Les gens commencent à t’oublier. T’es encore jeune, t’es tellement fort… Y a des gens qui crèvent dans les rues parce qu’ils ont faim et que la relève assure pas encore. Et ils se demandent depuis quand t’es mort.


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