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 •• Cannonball | Sephie & Garry ••

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MessageSujet: •• Cannonball | Sephie & Garry ••   Mar 20 Sep - 2:48




Y a une heure, James m’a dit « Tu choisis un corps et tu n’en sors pas avant ce soir », je lui ai demandé si c’était un devoir. J’aime pas bosser, sauf les cas du boss, j’ai pensé. Puis j’me suis répété cette phrase plusieurs fois, pour pas l’oublier. Bosser les cas du boss. Il m’a pas répondu mais il a failli sourire, juste un peu. James sourit plus depuis un bail, lui non plus. J’ai aperçu une de ses canines, la gauche, celle que découvre son rictus et me suis demandé s’il avait déjà mordu. J’savais pas ce que j’avais fait pour l’amuser mais j’me suis juré de recommencer. J’étais fier de moi et ça s’est vu partout sur mon visage. Je fixais ses yeux et lui, il regardait à travers moi. Comme s’il voyait derrière, dehors, comme si mon crane le dérangeait pas. La fierté a entrainé une gêne alors j’lui ai dit « N’importe lequel ? » et il a haussé les épaules. C’était plein de grandeur et de dédain, un des plus beaux gestes que j’ai jamais vu. Alors je l’ai imprimé à l’envers de ma tête, j’me suis promis de pas l’oublier et qu’un jour moi aussi j’aurais un jeu d’épaules aussi doué.

Y a une heure et deux minutes, il a pris moi poignet et a resserré la ficelle qui y est toute fine, attachée. Je l’ai laissé faire, mon bras tendu dans son ombre. Il m’a conseillé de choisir quelqu’un que j’avais jamais essayé. « Quelqu’un de bien. », j’me suis entendu préciser. Et il a approuvé d’un grondement alors que je fixais ses yeux baissés sur moi. Puis il a lâché ma peau et il m’a foutu une petite claque dans le cou, un truc con qui m’a motivé exactement comme il le voulait. Il m’a dit « Si t’as mal, tu viens me chercher ». J’ai dit oui de la tête, en pensant que j’irai pas, parce qu’avoir mal je commençais à y être habitué. C’est la douleur des autres que j’sais pas gérer, celle de Callie, de Johnny et Sadie, de Jimmy quand il nous écrit. James s’est éclairci la gorge et de là où j’étais, on aurait juré qu’il venait de grogner. J’ai su qu’il lisait mes pensées quand il a répété « Si tu as mal, tu viens me chercher. » et j’me suis imaginé en train d’hésiter entre hurler à la mort ou venir lui dire qu’il fallait m’aider, qu’un os passait pas et que la douleur allait me tuer. Alors j’ai dit « C'est promis. » et il m’a dit « Tu promets ? » j’ai dit « Oui, je promets. » et il m’a dit « Promis ? » en empêchant mes yeux de quitter les siens. J’ai promis encore, alors il m’a lâché la nuque et il a dit « N’oublie pas que tu as promis trois fois. »

Y a une demie-heure je quittais Lilith Anderson avec, de ses lèvres, une autorisation de devenir elle. C'était tellement facile de lui parler. Y avait quelque chose, au fond de ses yeux qui se retrouverait pas dans les miens, je me suis dit. Ça m’empêcherait de devenir fou et je verrai encore Garry, tapi dans ces contours parfaits que j’avais encore jamais épousés. Je l’ai observée pendant qu’elle souriait et j’ai imité les gestes qu’elle dessinait des mains, pendant qu’elle faisait le bien. A elle aussi j’ai fait trois promesses : celles de pas rester habillé en garçon, de pas lui faire du tord et de transmettre un éventuel message.
J'écoutais la douceur dans sa voix, qui j'le savais, se retrouverait pas chez moi. J’me suis dit que j’avais une dette envers elle et que je lui rendrai quand il faudra, quand elle aura besoin de moi. « Merci » je lui ai dit, d’avoir accepté. Elle souriait. Ça n’a pas été facile de la quitter, mais j’avais un passe-droit et je pouvais sortir du lycée. J’allais en profiter, j’me disais, mais plus je la regardais, moins j’y songeais.
"Je pourrais tomber amoureux de quelqu’un comme Lilith Anderson", j’ai pensé. Sauf qu’il n’y a personne, comme Lilith Anderson.

Y a vingt minutes, j’étais en caleçon avec une robe que Callie porte plus sur le dos. Je fixais mon reflet dans le vestiaire que James m’a aménagé. J’accrochais mes yeux avec la force d’un désespéré, je soufflais. En touchant mes cheveux bouclés, j’ai vu mon bracelet. Son rouge m’a pulpé le sang et j’me suis dit qu’il était temps. Je soufflais. J’ai fermé les yeux et compté jusqu’à quatre, donnant à ses chiffres un visage précis. Un, Callie. Ma main tapait contre ma cuisse, comme si elle tremblait, qu’elle savait… qu’un truc horrible allait la faire se changer en une version d’elle qu’elle connaissait pas et qu’elle devrait garder jusqu’au soir du monde. Ma main appréhendait l’immonde, sous ses traits les plus beaux. Elle savait le plus tendre des chaos ; je soufflais.
Deux, Jimmy. Mes paupières insistaient dans leur pénombre, elle m’enfermait seul loin d’une lumière devenue interdite à mes prunelles maudites. J’étais seul avec moi, prisonnier de mes pensées, pour toujours le seul lien qui demeurait entre moi, et le reste de mes corps empoisonnés. Comme je soufflais !…
Trois, Timmy. J’avais mal, du plus profond de moi et dans chacun de mes os jamais trop pressés de se refiler un carnage d’enfer et de douleur. Les uns après les autres se muaient avec une lenteur qui m’a fait crier d’horreur. Ma peau grondait et plus rien ne m’appartenait, je convulsais de mes yeux fermés, en essayant de mentir à toutes les parties de moi devenues vivantes, je parlais à mon cœur qui bouillait sa petite mort. Ma chair changeait, je souffrais.
Quatre, Garry. J’ai ouvert les yeux et ma respiration a fait enfler une poitrine que j’avais pas avant. Dans le miroir, Lilith Anderson me fixait, choquée par le mal qui prenait son temps pour quitter ses veines. Elle s’avançait vers moi, plantant ses yeux verts dans les miens, je soufflais. J’ai décroché de ma contemplation, j’ai touché par instinct le fil rouge qui était entouré autour de son poignet fin. J’ai resserré son attache quand mon cœur s’est mis a palpiter, affolé à l’idée de plus trouver le seul lien qui relis Garry à Garry. Puis j’ai marché et marché encore.

Maintenant il est neuf heures du matin et je viens juste de m’habituer au vide dans mon caleçon. Y a des trucs pleins ma robe et rien entre mes jambes. J’évite de penser tout fort que ma queue me manque. Mais elle me manque.
Assis dans le grand théâtre de pierre inoccupé, j’observe mes mains, leurs lignes changées, les phalanges plus fines, la peau plus douce, les poignets plus délicats, les ongles plus longs, les veines plus apparentes. Je me demande si elles sauraient jouer de ma guitare aussi bien que les miennes plus grandes. J’évite de toucher mon corps, mon visage, mes cheveux mais l’inévitable changement à l’intérieur de ma bouche m’obsède. Je crois qu’elle a moins de dents que moi, tout au fond, sa langue se pose pas comme la mienne contre mon palais et je sens ma voix profondément métamorphosée, même sans avoir encore parlé. J’ai besoin de bouger.

J’veux courir n’importe comment entre les bancs de pierre, sauter de rang en rang, remonter les allées sans souliers, qu’on me dise « mademoiselle, vous dérangez les touristes » alors qu’y a pas encore de touristes, que l’endroit est juste possédé par moi et quelques âmes qui se trouvent là, j’suis sur qu’elles savent même pas pourquoi. Alors j’me lève et cherche de quoi occuper mon esprit, l’esprit de Garry. Je répète le mouvement d’épaules de James, les sourires de Lilith et quelque uns de ses plus beaux gestes.

Mes jambes nues brillent à la lueur du jour, c’est nouveau. Je les observe comme elles m’obsèdent pendant que je marche de banc en banc, tuant le temps. Y a quelques bruits de pas autour de moi et je m’empêche d’aller tirer sur le caleçon qui me gène, ce serait pas très Lilith, j’me dis. J’entends des voix, du mouvement, de la vie. Je pense à mon devoir et le fait qu’il prendra pas fin avant huit heures ce soir. Je sens un regard posé sur mon dos, y a comme un os. J' l'ignore, j'veux bosser les cas du boss.



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MessageSujet: Re: •• Cannonball | Sephie & Garry ••   Lun 3 Oct - 5:53


Les réveils se sont de plus en plus sauvages, à mesure que le temps passe. Les mois rendent mes nuits moins douces, font mes rêves devenir cauchemars, et me promettent des réveils tremblants de savoirs mes songes vrais. Mes matins sont un enfer que j'aimerais m'épargner, tant le manque de son visage niché contre mon cou lorsque je quitte mes rêves, lacère mon cœur, fracasse le bonheur ancien ne me savoir entière, du lever au coucher, et jusque dans mon sommeil.

Et je me réveille chaque jour, emplie de rage et de peine, en retard pour la vie, qui ne promet nul merveille, puisque a su l'amputer de la plus belle d'entre elles. Alors je cours, comme aujourd'hui, brumeuse et fatiguée, perdue et déchirée. Mon sac, suspendu à mon épaule par une seule brettelle, glisse un peu, mes livres tendus par ma mère au dernier moment, encombrent mes bras.

Le rituel reste le même, chaque jour depuis son absence à elle. Je dévale les marches, embrasse mon père, piquant un petit rien dans son assiette, et ma mère embrasse mes cheveux, mes livres en main. Et ce rituel maudit ressemble à celui de mes cauchemars, me rappelle son absence, son rire, et cette envie passée de toujours me vouloir réveillée avant elle, pour capturer chaque premier regard de ses journées.

Je coupe à travers champs, passe par le théâtre, pour gagner du temps. Et, au milieu de ce brouillard ridicule qui hante chaque instant de mes matinées, je sens mon monde s'effondrer. Je vois Lilith, ses contours, et sa silhouette s'imposer à moi, devenir vraie. J'ai mal, d'un mal qui me fait flancher à la ainsi voir bouger, tant ces gestes semblent inconnus à ceux qui habitent ma tête, mes rêves, mais pensées. J'ai mal, d'un mal tel qu'il pourrait m'en rendre malade, de l'imaginer avoir changé. Changé tant que mes yeux ne pourraient la reconnaître tout à fait, la trainer d'étrangère, et se maudire de l'avoir fait.
J'ai mal, d'un mal qui pourrait m'achever, à la pensée d'avoir perdu ma moitié. De ne pas l'avoir vu changer, de ne plus être capable de la dessiner par cœur, les yeux fermés.

Alors j'ai couru vers elle, ai achevé la distance qui nous séparez, fébrile, anxieuse, à demie mourante, rêvant de me voir heureuse. J'ai saisi sa main, l'ai forcé à se retourner. Ai regardé ses yeux, ses lèvres. La courbe de sont visage, l'ombre de ses tempes. Tout était elle, sans l'être vraiment. L'étincelle de son regard était absente, la bonté presque troublante accrochée partout sur elle, jusque dans ses cheveux, inexistante.

Et sa main dans la mienne... La sensation est trompeuse, le sentiment, absent. Elle n'est pas Lilith, mon cœur le sait, et porte jusqu'à ma main cette vérité, qui la fait se crisper contre la sienne.

Les maux s'estompent, laissant place à la colère. L'imitation ne m'amuse pas, me donne envie de frapper ce visage, si semblable au sien. Elle tord mes tripes, qui s'impatientent, coupables. Et doucement, je dessers la prise de ma main, ne pouvant supporter l'idée qui grogne en moi. Celle d'abimer son visage, son corps, son souvenir, à l'envie de frapper son sosie.
Lilith et moi. Ça à toujours été ainsi, le restera. Mon cœur n'existe qu'à moitié, loin d'elle, n'a jamais connu rien d'autre que ça. Nous sommes deux, petite idiote, tu n'es rien.



    « Qui es-tu ? »


Mes mots, presque grognés, se fracassent contre son visage, jurant doucement.
Elle n'est pas Lilith, la vipère et mon cœur le sait, puisqu'encore amputé, il ne parvient à chanter.
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MessageSujet: Re: •• Cannonball | Sephie & Garry ••   Sam 5 Nov - 21:16





Les mains de Lilith devant mes yeux. Son nez qui me fait loucher. La longueur propre de ses ongles blancs, ses phalanges qui tremblent d’une douleur tendre. Sa poitrine bombée qui respire sous ses cheveux longs. Ses mèches brunes qui brillent au soleil, ses jambes à la blancheur incandescente. Ses pieds nus qui claquent doucement contre les bancs de pierre... Ces différences m’obsèdent, attirent ma vue qui ne s’en remet pas. J’essaie d’ignorer l’invisible, ce mal de ventre qui me ronge depuis l’intérieur. Je me demande si je l’ai emprunté à Lilith qui l’aurait laissé trainer là. Si elle aussi souffre comme ça, si elle sent ses boyaux se tordre, quand l’univers approche.

Je caresse la pointe de ses cheveux du bout de mes doigts, encore étonné de les voir descendre si bas. Y a ce regard derrière moi que je sens peser sur mes épaules frêles. J’avance sur les stèles froides, le soleil levant cognant fort sur mes tempes. J’ai cette envie furieuse d’être reconnu, qu’on me prenne pour elle ou bien m’avouer vaincu. J’hésite des opposés qui font se crisper mon ventre vide. Putain, j’ai un utérus. Paniqué, je souffle sans y mettre de voix, pas encore prêt à l’entendre parler à travers moi.
Je me dis qu’il y a quelqu’un derrière moi, que c’est sur maintenant. Et entendant des pas se presser dans ma direction, je me retourne et encaisse le choc d’un retournement inattendu. Lilith est là mais elle est changée. Blonde, elle est tellement bouleversée que je me sens vaciller. J’ai l’impression d’être le centre du monde, c’est effrayant. Je recule, mon instinct criant à ma garde de se dresser. Mais alors c’est vrai. Elle a vraiment une jumelle qu’elle a du laisser. Mon cœur se serre, pensant à Callie. Je pourrais pas, j’me dis, je pourrais pas.

La tristesse passe par mon corps qu’elle envahit quand Lilith blonde s’approche de moi. C’est affreux et je sens mon visage se tordre avec mes tripes. Elle est si triste ! J’en suis affolé, dégouté, choqué, touché, concerné, jusque dans mes cheveux. Y a une douleur aigue dans mon front qui se plisse sous l’incompréhension grandissante d’un moment intense. J’devrais pas être là. Ça devrait pas être moi.

Elle prend ma main et des mots déjà se bousculent derrière mes lèvres, j’aimerais lui expliquer. Elle comprend déjà, je le vois, j’essaie de retirer ma main mais elle la sert trop fort. Ma gorge se serre, je suis désolé de te duper.

    « Qui es-tu ? »


Je récupère ma main et d’emblée masse la paume qu’elle a serrée. Je sais pas par où commencer. J’ai l’impression qu’elle m’insulte et sa douleur furibonde m’agace, j’ai pas demandé à lui faire du mal. Je suis quelqu’un de bien, mon fil rouge est toujours là, je le serre entre mes doigts. Elle me regarde et je la laisse faire, la regardant en retour, essayant de poser un nom sur ce phénomène étrange. Je devrais peut-être commencer par le mien.

    « Je m’appelle Garry – »


Choqué, je recule d’un pas. Sa voix dans ma bouche parait légère et je remercie le ciel d’entendre mon accent pour ne pas devenir fou. Je pose une main sur mes lèvres, mes yeux exorbitant malgré moi l’horreur de ne pas reconnaître ma propre voix. Mais ma bouche est si changée que la confusion n’en est que plus grande. J’évite presque toujours de parler au début d’une transformation, surtout si j’ai en moi le trésor d’une femme. Une grimace sur les lèvres, le front plissé, j’exhibe mes deux paumes à la sœur de Lilith, m’inventant un cran innocent.

    « Je m’appelle Garry O’Cogan, je suis dans l’école de Lilith et j’ai ce pouvoir, ce pouvoir de… d’emprunter, le corps des autres. C’est aussi étrange pour moi que ça l’est pour toi, crois-moi. Mais peut-être pas aussi douloureux, si j’en crois tes yeux. Ecoute je suis désolé qu’on se soit vus, c’était pas prévu. J’ai eu l’accord de Lilith, pour être ici. Elle m’a dit…»


Je ferme les yeux, un écran rouge écarlate s’impose à moi. Sa jolie voix me dérange, j’avais jamais eu celle d’un ange. J’essaie de repenser les mots qu’elle m’a confié avant de me tendre un bout de papier. Je revois ses gestes avec une perfection pure que je n’essaie pas de retranscrire, craignant de me prendre une claque. Mes os encore fragiles le supporteraient pas, j’suis encore à mi-chemin entre elle et moi et j’ai besoin d’un peu de temps, pour devenir en entier son parent. J’ouvre les yeux, me souviens quand je retrouve les deux siens qui dévorent l’étrange phénomène que je suis. J’essaie d’éclaircir ma gorge, en caressant le fil à mon poignet. Je sais ce que je vais dire. Y a certains mots qui passeront pas alors je les hurle dans ma tête. Sadie, j’me dis. C’est grâce à Sadie que ta sœur peut faire du bien dans ce monde à la con. SADIE HOPE, t’entends ? Sadie. Sadie. Et personne d'autre.

    « C’était dans une salle de cours vide, que l’ancienne directrice lui avait donné pour ses inventions. Elle était là, réveillée avant tout le monde et je lui ai dit ce que j’avais à faire, qu’on m’avait demandé de choisir un corps et de pas en sortir de la journée. Pour que, pour que j’m’habitue à la douleur, parce que je la gère pas encore. "Quelqu’un de bien" j’ai dit à James, parce que je savais que je supporterais pas le transfert dans un corps impur. Alors j’ai pensé à ta sœur, tu comprends. J’suis allé la voir et je lui ai expliqué, elle a pas arrêté de faire ce qu’elle faisait, pendant toute la discussion et pourtant, je savais qu’elle était avec moi, qu’elle m’écoutait. Elle a fini par dire oui et quand elle l’a dit, j’ai su qu'elle comprenait un truc que je comprenais pas. »


Elle m’a pas regardé tout de suite et j’ai su qu’elle pensait, qu’elle réfléchissait. Ça m’arrive pas souvent mais j’sais dépister ce genre de comportement. Elle écrivait des choses, en rayait d’autres pendant que je parlais. Puis elle a finit par me tendre un papier, plié. Je l’ai gardé sous mon bracelet de cuir, sans l’ouvrir. Je le porte encore et il est trop large pour ses poignets maintenant. Une aiguille invisible, emplie de panique vient s’immiscer dans mon cœur quand je pense que le papier a pu tomber. Je glisse les doigts fins de Lilith derrière mon bracelet et tout de suite, ils trouvent le papier. Je souffle un soulagement sincère, revoyant ses yeux quand elle me l’a donné. Ça avait l’air important. Je sais que c’est important.

    « Et puis elle m’a donné ça, pour toi. Elle savait qu’on pourrait venir à se rencontrer, elle a tout anticipé. Tiens, prends-le. Elle me l’a confié parce que voilà qui je suis, toi qui demande. J’suis quelqu’un à qui on peut confier un message, même s’il a l’air de contenir la clé du cœur de Lilith pour sa sœur. »




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MessageSujet: Re: •• Cannonball | Sephie & Garry ••   Jeu 28 Mar - 14:35


L’apathie qui jusque là me collait au corps s'efface, se fracasse contre les contours d'une colère tremblante face à l'image perfide destinée à me tromper.
Elle n'est pas Lilith. C'est écrit juste là, contre sa peau, dans le fond de ses yeux. Ses yeux, si semblables à ceux de Lilith – aux miens – mais sans pourtant rien en commun. C'en est presque choquant, ça me percute tant c'est évident.


    « Je m’appelle Garry – »


Sa voix, cette voix, je ne la connais pas. Elle, il, a au fond de la gorge des couleurs qui ne nous appartiennent pas, sont étrangères à nos voix jumelles qui demeurent en leurs essences les même et dont seul les intonations diffèrent.
Son corps accuse le choc de cette voix qui me trouble de ses accents inconnus jusque là et qu'elle, il, ne semble pas reconnaître d'avantage.


    « Je m’appelle Garry O’Cogan, je suis dans l’école de Lilith et j’ai ce pouvoir, ce pouvoir de… d’emprunter, le corps des autres. C’est aussi étrange pour moi que ça l’est pour toi, crois-moi. Mais peut-être pas aussi douloureux, si j’en crois tes yeux. Ecoute je suis désolé qu’on se soit vus, c’était pas prévu. J’ai eu l’accord de Lilith, pour être ici. Elle m’a dit… »


Elle, il, est désolé mais je ne le suis pas, ne le suis jamais et méprise ces gens qui d'un simple mot se pensent capable de réparer les affronts qu'ils ont su créer. Un simple mot ne saurait suffire à réparer les tord, les manques, les douleurs.
Je hais les pardons mais pardonne volontiers, lorsque celui ci semble mérité. Et elle – il ! – transpire d'une bonté que je ne prête qu'aux anges tandis ce que je gage sur mon âme que la sienne n'a jamais voulu me nuire.

Personne ne devrait avoir à s’excuser de vivre, penser, s'exprimer, exiger et se tromper. Pour m'avoir blessé l'espace d'un instant instant sans l'avoir prémédité.


    « C’était dans une salle de cours vide, que l’ancienne directrice lui avait donné pour ses inventions. Elle était là, réveillée avant tout le monde et je lui ai dit ce que j’avais à faire, qu’on m’avait demandé de choisir un corps et de pas en sortir de la journée. Pour que, pour que j’m’habitue à la douleur, parce que je la gère pas encore. "Quelqu’un de bien" j’ai dit à James, parce que je savais que je supporterais pas le transfert dans un corps impur. Alors j’ai pensé à ta sœur, tu comprends. J’suis allé la voir et je lui ai expliqué, elle a pas arrêté de faire ce qu’elle faisait, pendant toute la discussion et pourtant, je savais qu’elle était avec moi, qu’elle m’écoutait. Elle a fini par dire oui et quand elle l’a dit, j’ai su qu'elle comprenait un truc que je comprenais pas. »


Mais je comprends. Comprend qu'elle avait prédit, prévu, prié pour cette rencontre entre lui et moi, qu'elle me l'a envoyé, lui prêtant son corps pour aimanté le mien, m'imaginant sur son chemin pour défaire le hasard qui se joue de nous et nous réunir un peu elle et moi.
Le sentiment de la savoir plus proche de moi qu'elle ne l'a été depuis des mois m'arrache un sourire, me ramène à ses instant où je joins parfois mes propres mains, pour avoir le sentiment qu'elle est avec moi.
J'ai besoin de croire que la distance ne signifie rien, que son cœur sait toujours parler au mien.


    « Et puis elle m’a donné ça, pour toi. Elle savait qu’on pourrait venir à se rencontrer, elle a tout anticipé. Tiens, prends-le. Elle me l’a confié parce que voilà qui je suis, toi qui demande. J’suis quelqu’un à qui on peut confier un message, même s’il a l’air de contenir la clé du cœur de Lilith pour sa sœur. »


Mes mains tremblent tandis que j'attrape le papier qu'il me tend, le cœur chancelant. Et ses mots apparaissent, dansent devant mes yeux, brodant les prémices d'un espoir rendu vrai grâce à elle.
Ma Lilith, cachant ses secrets aux regards indiscrets dans l'ombre de ses voyelles, de ses virgules qui chacune chante les louanges de son génie, de son amour.


    « Merci, Garry. Merci. »


J'ai envie de pleurer, rire, bondir et crève un peu tant le temps me paraît long pour une échéance pourtant si proche. Je relève les yeux vers Garry, détenteur sans le savoir du salut de mon âme et lui crie encore une fois, avec les yeux, un merci dont la gratitude n'a d'égal que l'amour que je lui porte à elle, ma merveille.


    « Pourrais-tu me rendre un service ? » je murmure presque, priant pour que son cœur soit aussi gros que me le chante Lilith dans son mot « Lorsque tu reverras ma sœur, souhaite-lui un bon anniversaire de ma part, s'il te plaît. »

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MessageSujet: Re: •• Cannonball | Sephie & Garry ••   Mer 18 Sep - 21:28



Son regard a tellement changé pendant que je parlais que j’en viens à me demander si c’est pas moi qui me suis transformé à nouveau. Si j’suis pas redevenu moi dans la robe de ma sœur. Mais non, je suis toujours la sienne et j’ai encore ces toutes petites mains qui tremblent quand les siennes approchent. Son parfum est assez envoutant quand il est porté jusqu’à moi par un peu de vent. J’ai l’impression de voir ma Callie avec le soleil qui tape derrière ses cheveux blonds. Je voudrais serrer contre mon moi son cœur d’amoureuse. D’ailleurs, mes yeux me font savoir qu’elle ne me rejetterait peut-être pas mais il y a trop de douleur dans ces choses-là pour que j’aille les presser contre un torse qui n’est même pas tout à fait à moi.

Je la regarde lire et relire les lettres auxquelles je n’ai pas touché. J’ai juste glissé le mot sous le cuir en me jurant de le protéger comme un secret. Mais j’étais sûr que je le ramènerais à Lilith. Qu’en rentrant là-haut, j’aurai à affronter ces grands yeux verts pour lui dire que j’étais désolé. « Désolé, Lilith. » Que je savais pas ce qu’elle y avait marqué, mais que ça n’avait pas marché. Peut-être une autre fois. « Je ressaierai tant que tu voudras. » Et ça aurait été vrai, parce que je ne sais pas mentir. J’serais venu ici tous les jours s’il avait fallu. J’ai pas le cœur assez fort pour supporter de décevoir les anges.

« Merci, Garry. Merci. »
En riant, je viens de faire ce geste. Celui que Lilith a fait dans son atelier quand j’ai dit merci moi aussi. Ça veut dire de rien, en langage Anderson, je suppose. C’est juste un mouvement de main, tellement féminin qu’il doit nécessiter des années de maitrise. Quand elle lève les yeux dans les miens si bas qu’ils sont là, juste en face, une bouffée de chaleur fait s’évaporer le moindre de mes malheurs. Y a tant de gratitude dans son regard que j’ai envie de la lui rendre, de la couper en deux pour qu’on prenne un bout chacun par la main pour faire une ronde.

« Pourrais-tu me rendre un service ? »
Je souris en tendant l’oreille, parce qu’elle a baissé la voix. C’est mon moment. Garry, c’est à toi. Je peux le caser ici, le haussement d’épaules de James Davids. Un rien nonchalant, un rien dédaigneux mais monstrueusement lui, plus qu’à moitié humain. Mais je le fais pas, parce qu’il n’irait pas à la parfaite ossature de la douce Lilith qui récolte tous mes efforts pour poser sur chacun de mes gestes une grâce de plus en plus spontanée. Tout ce que tu voudras. Je souris en mordant une lèvre si pleine que j’ai l’impression d’y poser seul un baiser. Tant que tu restes aussi heureuse que tu l’es là.

« Lorsque tu reverras ma sœur, souhaite-lui un bon anniversaire de ma part, s'il te plaît. »
Oh ça, je peux le faire.

« Avec plaisir ! »
Je sais pas pourquoi je me suis incliné, mais j’ai fait une petite révérence comme dans les films avec de la royauté. Bon. Très bien, c’est trop tard pour le retirer de toute façon. J’ai dans la tête la voix de Callie qui me souffle qu’il lui faut un cadeau. C’est son anniversaire et Lilith le mérite. Mais à voir le regard mutin de sa sœur, je me dis qu’une surprise arrive et que rien de tout ce que l’argent peut acheter ne la surpassera jamais. Alors j’irai la voir, je lui dirai « Lilith. » par plaisir de prononcer son prénom. Lilith. Lilith. « Sephora te souhaite un bon anniversaire. » et je ne rajouterai rien. Parce que ça suffira. Qu’elle comprendra.

« Tu t’appelles bien Sephora ? Que je ne dise pas de connerie quand j’irai faire à ta sœur le cadeau de sa vie –même si j’ai pas encore bien bien compris de quoi il s’agit. C’est écrit un peu partout, tu sais, faudrait être aveugle pour pas remarquer. Ou alors plisser les yeux, comme ça, pendant qu’on lui parle mais franchement quel genre de con se priverait de regarder Lilith ? De toutes ses inventions, chaque prototype est marqué de ce prénom. Sephora. Ça ne peut être que toi. »
Et si c’est pas toi j’ai une rougeur honteuse qui me démange et ira pigmenter les joues de ta jumelle. Mais je te regarde, et je sais que c’est toi.

« Et si tu veux profiter de m’avoir sous la main pour lui faire un câlin, j’te promets de lui transmettre en l’état. »
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MessageSujet: Re: •• Cannonball | Sephie & Garry ••   Dim 5 Oct - 9:56

Notre anniversaire. La date me semble idéale et le présent bien trop beau pour être vrai. La rejoindre, nous retrouver. Me fondre dans son ombre pour ne plus la quitter. Creuser ma place dans les cieux et y rester. Nous réunir et enfin, revivre.

    « Avec plaisir ! »

Sa réponse fuse, teinté d'une honnêteté qui me fait chavirer. Elle – il ! - le fera, j'en suis persuadée. Accompagnant sa réponse d'une révérence venue d'un autre temps, il m'arrache un sourire que la promesse d'un bonheur à venir intensifie. Le voici devenu messager d'un avenir qui s'éclaire et prend forme devant moi, taillé à l'image de ma sœur.

    « Tu t’appelles bien Sephora ? Que je ne dise pas de connerie quand j’irai faire à ta sœur le cadeau de sa vie –même si j’ai pas encore bien bien compris de quoi il s’agit. C’est écrit un peu partout, tu sais, faudrait être aveugle pour pas remarquer. Ou alors plisser les yeux, comme ça, pendant qu’on lui parle mais franchement quel genre de con se priverait de regarder Lilith ? De toutes ses inventions, chaque prototype est marqué de ce prénom. Sephora. Ça ne peut être que toi. Et si tu veux profiter de m’avoir sous la main pour lui faire un câlin, j’te promets de lui transmettre en l’état. »


Un éclat de tendresse me prend aux tripes tandis que je le regarde être et exister dans un corps qui n'est pas le sien. A quoi ressemble-t-il, lorsqu'il est tout à fait lui ? Une part de lui a-t-il épouser le cœur de ma sœur et ses plus belles qualités, lorsqu'il a choisi d'emprunter ses traits ? J'aime croire que non et que sa belle âme n'appartient qu'à lui et ce peu importe le corps qu'il choisit d'habiter.
Il n'y a que peu d'âmes que je considère capable de rivaliser avec elle sienne. Il semble pourtant faire partie de celles-là.

« Sephie suffira. » Je murmure en me rapprochant, osant à peine. Et puis « En l'état. » a-t-il dit alors, pourquoi pas. Doucement, j'enserre son corps, celui de ma sœur et me sens l'espace d'un instant presque chez moi. Mes bras, autour d'elle – de lui, ma joue contre sa nuque, ses cheveux frôlant mon visage. La sensation est familière et pourtant, je ne me sens pas entière, ne suis pas là où je devrais être. Mais « En l'état. » a-t-il dit et je sais qu'il transmettra cette étreinte son message, de mon cœur au sien.
Ce sera nous deux pour toujours ma Lilith. Pour toujours et à jamais nous.

    « En l'état, tu as promis. Je compte sur toi. »

Je le relâche, un sourire émue aux lèvres, ayant l'impression qu'il m'a harponné le cœur pour le vider de moitié de mes douleurs. Je me sens être, exister et plus proche de moi que je ne l'ai été depuis un moment maintenant, presque complète, à défaut d'être enfin entière. Mais je me retrouverai bien assez tôt. Très bientôt.

    « C'est tellement étrange... Tu lui ressembles tant. Tu es elle, vraiment et pourtant, tu ne l'es pas.» Je me recule un peu, plissant les yeux. « Je suppose que tu pourrais tromper beaucoup de monde malgré tout... Enfin, si tu te retiens de parler. »

Craquant un sourire, je m'imagine l'espace d'un instant bloquée dans le corps d'un autre que moi, à tenter de dompter cette entité étrangère qui ne m'appartient pas, que je ne connais pas. L'idée pourrait m'effrayer, si la gène tenace qu'elle faisait naitre en moi n'était pas teintée d'une curiosité croissante faisant danser dans le creux de ma gorge tant de questions qu'elles s'y entrechoquent. Et ma voix ? Que ressent-on lorsque l'on  se retrouve incapable de reconnaitre sa   propre voix ?

    « Qu'est-ce que ça fait, de ne plus être toi ? De devenir quelqu'un d'autre ? C'est douloureux ? »

Le souvenir d'Hayden s'impose à moi et je me souviens. « C’est à peine si j’ai souffert, mon cœur s’est juste arrêté. » avait-il dit alors, avec un naturel déconcertant, face à une douleur amoindrie au prix de son cœur et ses battements. Son cœur parfait, qu'il écorche un peu à chaque Paradis qu'il crée, sans même prendre le temps d'y penser, presque sans s'en soucier.

Mais Garry... Son cœur s'emballe-t-il aussi jusqu'à s'ouvrir en deux, sacrifiant quelqu'un de ses battements pour le voir capable d'être plus qu'un homme ? J'espère, à m'en faire mal, que ce n'est pas son cas, qu'il n'a pas a souffrir de se savoir être lui, béni d'un don défiant les dieux.
J'ai besoin de croire que la douleur n'est pas synonyme de grandeur, que la peine n'est pas une fatalité, pour aucun d'entre eux.
J'ai besoin de croire qu'ils sont plus forts que ça.
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