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 | Atwood Bros ─ Affection to rent |

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MessageSujet: | Atwood Bros ─ Affection to rent |   Dim 28 Aoû - 1:55



Je fais du bruit. Énormément de bruit. J’en fous plein la maison, j’en emplis même mes poumons. Foutre, mes cheveux font du bruit aussi. Je crie par-dessus une musique sauvage. Je brise des glaces. Mes glaçons. Les fait s’abattre contre les murs, mes horizons. Je pulvérise le silence, atomise mes chances ici. Deviens dingue. Ce deuil permanent m’étouffe. Je veux de la vie dans cette putain de maison. Du mouvement !
Je hurle des paroles à moi qui n’ont rien à voir avec celle de la chanson. La massacre avec passion. Saccage la pièce qui, l'engeance, sert à ça. J’aimerais abimer mes doigts, rien qu’une fois. Avoir mal vraiment. Souffrir et chialer. De douleur, de misère. Hésiter entre me relever et rester là. A trop mourir. A crever encore. A me laisser emporter par d’autre neiges, plus fortes. Je les insulte. Les maudis. M’envoie me faire foutre. Ma voix éraillée cogne fort contre mes propres tympans bientôt sourds. Ma gorge réclame. J’ignore. La soif. Les envies, les tourments. Je veux qu’ils bougent. Qu’ils s’inquiètent. Qu’ils se sentent vivants.

L’odeur de la glace frappant mon corps en sueur m’enivre. Je ne suis qu’un avec mon élément. Mon élément. Putain. Ce pouvoir m’emmerde, je l’adore. Il est immense et déborde de partout. Trop grand pour un seul corps qui mouvant se meurt. Figé d’effroi. Congelé par les lames givrées d’un océan fait de cette grandeur infinie qui me suit, qui me tue. Je me mangerai.

Les soupirs de mon père. Je les entends malgré tout. Malgré moi, le bruit, le froid. Je les hais, ils me fendent l’âme. Mon âme. J’en ai plus. Elle est foutue d’essuyer ses regrets. Scindée en huit, hachée menue, brisée, rompue. Il me maudit chaque fois qu’il la pleure ! J’enrage, quand il se meurt. Et la guitare de mon frère. Si forte dans ma tête. Si lente, le long de mon corps. Je l’entends tout le temps. Partout. Elle ne fait du bien qu’à lui. Sa copine et au grand Stan. J’en hais les cordes. Le manche. Les courbes. La magie. Surtout la magie.

Je m’entends par-dessus le reste. Vociférer des horreurs que je calcule plus. Que je compte pas ; que j’ai même jamais pensées. Je provoque, pousse et continuerai de pousser. Mon corps se meut, fend l’air hivernal. Ma déraison agit sur moi comme une drogue. Elle me possède, me parle. Je m’enivre seul d’être là. Un peu de sang suinte dans ma paume. La brulure régale ma folie passagère. Je passe la main dans mes cheveux que je tire. N’y pense pas. Les macule. Me souille. L’odeur me parait forte, comme décuplée par la fraicheur ambiante. Je sens la ferraille de mes veines. Le plomb, couché sur ma tête. Et puis me sens quitter la pièce.

Le froid doucement me quitte. Je dévale les escaliers qui me rendent à la chaleur. Je deviens fou. J’enrage. Les échos de mes basses barbares secouent quelques murs. J’abime mes poumons, gratte ma gorge. « JARED !! » je hurle, me faisant du bien. J’hallucine mon ombre. La maison immense parait vide. Comme hier. Et le jour d’avant. Et le jour d’avant. Et celui d’avant… « JARED ! » j’exulte, crevant ce demi-silence en carton.
Sa porte. Ma paume ouverte sur sa poignée maintenant sale. La fine pénombre dans sa chambre. Son lit. Lui. Je l’envahis, le froid dans le dos. Putain. Il me regarde. Ses yeux à la con, trop grands, trop bleus. Ils ne sont pas qu’à lui. Mais à elle, aussi. Putain, je te dis. Putain. Ma musique meurt presque, d’ici. Mes tempes cognent fort. Mon cœur tape. Il tape. Il tape ! Ma main intacte tremble. De la vie, du son !

Je me fais peur. Ma bouche dessine une menace. J’entrouvre les lèvres, halluciné. Ma voix encore faible grogne un torrent. Mon propre timbre noue mes boyaux. Je craque les jointures de ma main rouge. Bordel. Crève ta bulle. Mes yeux sur son visage, je murmure une atrocité qui ressemble à :

    ─ Bouge.


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MessageSujet: Re: | Atwood Bros ─ Affection to rent |   Mar 30 Aoû - 19:02

La porte n'est pas fermée à clefs. Mes doigts glissent sur les cordes de ma guitare, et j'ai l'impression que je n'entends pas ce que je joue. Que je suis condamné à jouer, à jamais. Je ne sais pas, je ne sais plus. Ma chambre est hantée, je le sais, maman où es-tu passée ? Si loin de tout ça, de ma guitare, de mes mélodies, ma vie.

La porte n'est pas fermée à clefs. Et j'entends ses pas marteler le sol. Ce n'est pas que je n'ai pas la force, juste que je n'en ai pas l'envie. Peut être pas aujourd'hui. Dis-moi, Bam chéri, tu as vu papa aujourd'hui ? Il vit encore mais, je commence à croire que ce sont ses pas qui hantent la maison. Ses anciens rires et anciennes victoires, quelque chose que je ne connaitrai jamais. Ce sont les joies d'être le dernier.

« JARED !! » me souffle la voix des fantômes des noëls passés. Je hausse les sourcils, ne prends même pas la peine de lever les yeux au ciel. Je ne peux pas, et mon regard ne quitte pas ma seconde meilleure amie de yeux. Cette guitare qui rend les gens que j'aime heureux.

« JARED ! » deuxième appel de cette même voix. Pas aujourd'hui, Bam, crois-moi. Je ne suis pas prêt à remontant le temps, pas prêt de me dire à nouveau que cette vie n'aurait pas du être la mienne. Je soupire, à défaut de hausser les sourcils, je suis fatiguée d'être toujours bon dernier.

La porte n'est pas fermée à clefs. Et je regrette de ne pas y avoir pensé avant, je ne veux pas le voir maintenant. Ne pas être exaspéré une nouvelle fois, juste comme ça, pour ton petit plaisir à toi. Mon frère, mon ami ... Comment est-ce qu'on en est arrivé là ? Tu es devenu si grand, et moi si petit.

Je ne joue toujours pas, mes doigts se contentent d'être posés là, peut être aussi inutile que moi ici. C'est ce résumé ? Cette fausse joie d'exister ? Je n'ai pas envie de me battre, pas aujourd'hui, alors je reste enfermé dans ce monde à moi, celui où malgré tous les mots qu'il va prononcer Bam ne me touchera pas.

Mon regard fixe son visage, grand frère si parfait. Il semble dégouté, de moi, de tout ça. De cette comédie, de ce prologue de vie.

─ Bouge. Rien que ça ? Je hausse les épaules cette fois, parce que je repose mes sourcils, on dira. Je me dis que c'est juste comme ça, que je dois le subir. Qu'il y a une semaine, j'avais peur pour lui, comme un imbécile qui se soucie de son frère, de celui qui tente si bien de l'oublier petit à petit. Dis Bam, quand tu toucheras l'olympe pour la première fois, tu penseras à moi ?

Je m’exécute sans mot-dire. Mau-dire.
Je « bouge » comme on m'a si bien dit de le faire. Je le regarde toujours, me demande bêtement ce qu'il fait là. Me demande aussi quand va commencer la bataille, quand il va débuter ses petites paroles qui ne semblent douces qu'à son oreille absolue à lui.

J'incline le visage, me souviens de ce que j'ai pu dire à Sweety, comment j'ai pu lui souffler gentiment à quel point mon frère sera un jour quelqu'un de bien. Comment un jour elle pourra le calmer, j'en suis persuadé. Mon frère sera le premier à briller.

- Qu'est ce que tu fiches ici, t'as personne d'autre à aller ennuyer ? Mais pour l'instant, avant de briller, il reste mon grand frère, celui qui adore me faire chier.


Dernière édition par Guitar Hero le Ven 27 Jan - 18:31, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: | Atwood Bros ─ Affection to rent |   Mar 24 Jan - 1:27



Bouge. Hurle, cris, chante et crève. Pleure contre mes souvenirs et dis-leur qu’elle te manque. Ose. Affronte la rancœur et baptise-moi la haine qui te hante. Rends-toi un peu de la vie qu’elle nous a cédée et décampe, putain. Cours, vole, danse, deviens et invente. Ses yeux sur mes mains. Mes yeux sur les siens. La chaleur contre mon ventre le pousse hors de son monde, loin de ses impulsions que m’infligent ses peines chaudes. On dirait qu’il les réchauffe. Qu’il cherche chaque jour à extirper un peu des images sur lesquelles il n’a pas encore pleuré. Qu’il s’invente une mère morte pour sa gueule d’ange. Ma main hurle et je lui ferai écho. Tout me dérange.

Je veux qu’il morde, je veux qu’il nous mérite et crache à la gueule des fantômes qu’il presse tous les jours contre ses putains de grands yeux bleus. Je veux lui dire qu'à trop la réinventer il a changé ma mère, qu'elle saigne chaque fois qu'il chiale. Qu'il la tue encore. Tous les jours, à chaque seconde, il blesse les morts.
Le brouillard entre mes jambes. Sa guitare qui cogne dans ma tête et répète, répète, répète. Je le déteste. J’attends pendant que mon pouls essaie de se barrer par la plaie qui griffe ma paume. Il est tellement lent que ses gestes prennent des odeurs acres, y a de la misère jusque dans les courbes de ses bras. Bouge ou je t'apprends une danse bien à moi.

    - Qu'est ce que tu fiches ici, t'as personne d'autre à aller ennuyer ?

Ses mots jusqu’à moi, je n’y crois pas. La musique crève dans le fond de mon cœur qui braille. Je pense dans un flash à mon père qui dort, dans les vapes. Sa connerie prend froid et je n’entends plus rien que l’intérieur de mon crane qui vocifère et mords, léchant les flammes de l’enfer. Mon frère. Je bondis en laissant quelques frissons derrière moi. Ma main rouge contre son épaule, mon sang sur ses vêtements. Mes ongles dans sa chair. Son crâne contre le mur. Sa carcasse qui pèse lourd entre mes mains accuse un crac. Pantin.

Je me sens le lâcher, reculer d’un pas et vois. Son visage animé, les émotions passagères qui font peur. Mal. Chier. Qui nous font nous opposer. Il y a au fond de son regard des bêtes endormies depuis longtemps. Des monstres, dont quelques uns portent mon nom et qui aujourd’hui se soulèvent. Mes mains claquent une dernière fois contre son torse, emmerdant son corps d’une secousse. Ma bouche à l’envers gerbe de l’intérieur des mots qui lui feraient peur.

Les cheveux contre mes yeux ont la couleur du sang. Il aperçoit la brume qui cache nos pieds et donne à sa chambre des allures blanches qu’elle n’a jamais méritées. Je recule, évitant de buter contre sa précieuse guitare que mes sens respectent pendant une seconde qui suffit. J’aurais pu juste la frapper et en la détruisant, le briser. J’veux le secouer encore, gifler son visage de grand môme jusqu’à ce que la misère en réchappe. Lui faire mal et qu’en retour il essaie de me rendre une claque. Je veux qu’il comprenne. Qu’elle revienne.

Mes mains dans les airs ont perdu leur raison et viennent tirer mes cheveux avant de se poser à l’arrière de ma tête dans laquelle résonne sa guitare. Comme revenue d’un séjour entre les morts, ma voix éreintée boite encore.

    ─ Ça fait deux jours que t’es enfermé dans le caveau qui te sert de chambre ! Ça fait deux jours que t’as pas vu la lumière du jour et que tu grattes ta putain de guitare matin et soir. Et quand tu joues, je l’entends. Elle résonne, tu comprends ? Et j’en peux plus, j’ai l’impression de t’entendre chialer derrière ton manche, faut arrêter. Il faut te faire pousser une paire de jolies couilles et apprendre à t’en servir. Maintenant. Hier. Y a urgence. Sors tes culottes de ton sac à main et cours les troquer contre un guide de survie en milieu urbain parce que crois-moi Jared, t’en auras besoin. Tu vas te faire bouffer cru, les gens te cracheront à la gueule et tu sais ce que tu vas faire ? Absolument rien. Retrouver ta putain de chambre, tirer tes putains de rideaux et chanter pour une mère qui était pas la moitié des choses que tu prétends savoir d’elle. T’es pathétique et ta vie le sera aussi.

Y a des insultes qui trainent sur ma langue, des mots d’amour qui la tentent. Je sais plus quoi faire de mes bras qui veulent juste le frapper encore jusqu’à ce que ses désillusions disparaissent par enchantement de sa tête pleine de chansons. J'ai dans la gorge quelques idées. Et si quelques uns de ses monstres plaidaient ma cause ? S’ils lui murmuraient que l’affection me bouffe la maladresse ? Que j'me fous de ma prose quand j'ai peur pour lui avant d'avoir peur pour moi, depuis qu'elle n'est plus là. Que j’ai besoin du frère qu'enfant, j’avais, et que l’avoir perdue elle, ça suffisait… Ses yeux sur ma bouche. Percute. Mes yeux sur la sienne. Chahute. Je veux qu’il comprenne, et qu’elle revienne.


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MessageSujet: Re: | Atwood Bros ─ Affection to rent |   Sam 28 Jan - 22:13

Je lis dans ses yeux qu'il voudrait que je regrette la phrase que je viens de prononcer. Je lis qu'il attendait autre chose plutôt qu'un Jared à l'agonie. C'est comme ça, les weekend ici, je pensais qu'il le savait depuis le temps. Quand mon esprit ne s'occupe pas d'autres chose que ce qui se déroule dans cette maison, je me meurs, tout contre le cœur de ma mère.

Je fermerai les yeux qu'il ne le verrait pas, et je me dis que ce doit être bien mieux comme ça. Bam il voit son monde et c'est déjà bien assez grand comme ça. Je voudrai qu'il retourne d'où il vient ou alors tout simplement qu'il devienne à nouveau mon frangin. Je soupire, parce que malgré tout, je le vis bien ... Et puis le temps s'arrête, ou plutôt il reprend sa course.

Sa main s'explose contre mon bras, où si elle ne le fait pas réellement je le vois comme ça. Le ressens comme ça. Le vie, je crois, je ne sais pas. Putain, Bam, dégages de là. Je me fissure de ce contact, et la vérité s'impose à moi, dans cette famille, je ne fais tout simplement pas le poids. Allez Bam, brises moi, brises ton frère pour de bon cette fois.

Je le vois s'éloigner de moi, et je maudis le monde de créer ce vrai océan entre mon frère et moi. J'voudrai qu'on joue comme avant, tu vois ? Bon sang, ce serait tellement simple. J'ose pas me demander encore une fois comment on en est arrivé là. Je me dis que c'est le destin qui décide, pas moi. Il givre les gens, je ne fais que les apaiser, c'était écrit, la haut, dans les étoiles, ou quelque chose comme ça. Il se devait de briller, et j'ai appris à m'effacer. Mais je ne prétends pas avoir voulu briller une seule fois dans ma vie, je ne sais, je veux juste qu'il sorte de ma chambre je crois. Qu'il arrête de jouer avec moi, de me prendre pour cette marionnette que je ne suis pas. Que je retourne à mes idées noires, ma guitare comme seule amie. Que mon frère aille voir ailleurs si j'y suis.

─ Ça fait deux jours que t’es enfermé dans le caveau qui te sert de chambre ! Ça fait deux jours que t’as pas vu la lumière du jour et que tu grattes ta putain de guitare matin et soir. Et quand tu joues, je l’entends. Elle résonne, tu comprends ? Et j’en peux plus, j’ai l’impression de t’entendre chialer derrière ton manche, faut arrêter. Il faut te faire pousser une paire de jolies couilles et apprendre à t’en servir. Maintenant. Hier. Y a urgence. Sors tes culottes de ton sac à main et cours les troquer contre un guide de survie en milieu urbain parce que crois-moi Jared, t’en auras besoin. Tu vas te faire bouffer cru, les gens te cracheront à la gueule et tu sais ce que tu vas faire ? Absolument rien. Retrouver ta putain de chambre, tirer tes putains de rideaux et chanter pour une mère qui était pas la moitié des choses que tu prétends savoir d’elle. T’es pathétique et ta vie le sera aussi.

J'accuse ses phrases, me mords la langue aussi. Je me force à penser à autre chose. Je me dis que ma mère même avec ses défauts qu'il accumule depuis ses dernières années, elle l'aurait aimé. Passionnément, même. Alors j'ai envie de sourire plutôt que de pleurer, je voudrai qu'il arrête d'essayer de me réveiller. J'amorce la fin de son discours comme une vraie claque, mais je n'y fais pas attention, je crois, j'essaie d'âtre habitué. Et je peux jurer que notre mère, elle aurait été fière de toi, et même un peu de moi.

Je soupire, décale mes doigts de deux cordes sur mon instrument, me prends l'espace d'un instant, l'envie de lui écrire une mélodie. Et puis ... Puis il geindra, comme un bébé qu'il n'est pas, il fera semblant, comme le monde, comme moi. Et je rigolerai, l'ignorerai. Et sa crise sera passée. La journée continuera, il ira voguer vers d'autre personne, graviter autours de filles qu'il ne voit pas comme elles devraient l'être. Et moi ? Je retournerai à mes mélodies, celles qui un jour enrichiront ma vie, non, non, je me trompe, des vies. Je pleurerai un peu ma mère, et puis je le ferai pour mon père; Je me ferai du soucis pour lui, et la nuit viendra, me serrera dans ses bras. Et tout ira bien, Bam, t'inquiète pas.

- Bon sang ! Faut croire que je me suis trompé.

Je me réveille, ou je le joue, c'est au choix. Je secoue le visage, et j'aimerai avoir la force de me lever pour le foutre dehors. Mais faut croire qu'on ne fout pas dehors une étoile. Ca m'énerve comme ça me réjouis, Bam, tu peux juste être content de comment je mène ma vie ? Parce que je vais bien comme ça, je te jure, te promets, y a rien de compliqué dans ce que je fais.

J'avoue ne pas vraiment le regarder, mes yeux reste fixés sur ma guitare, ils me démangent de recommencer à jouer, mais avant cela je dois finir ma pensée, rendre ce qui est à César à César. Répondre à mon frère, le dégouter, l'envoyer voir ailleurs comme je le veux depuis son entrée. Je veux être tranquille lorsque je suis ici. Alors je souris, me veux joueur, me veux je ne sais pas quoi. Je retrouve son regard et fini par lui dire :

- Bah ouais, tu vois, je te pensais pas capable d'aligner autant de mots.

Et je conclu ma phrase par le glissement de mes doigts sur ma guitare, rien que pour l'agacer. Et que ça résonne encore le temps que tu seras là. Ma vie est pathétique et je l'accepte, tu vois. Maman reviens-moi.
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MessageSujet: Re: | Atwood Bros ─ Affection to rent |   Jeu 29 Mar - 17:51



La plaie contre ma main s’élargit pour laisser passer mon cœur qui contre elle cogne. Cogne. Cogne. Son rythme infernal me tambourine des ardeurs immondes et ma colère s’entête d’une froideur profonde. Qui touche les racines de mon nom. L’essence de mon sang. Les molécules de ma race givrée. Je me sens être son fils. Leur fils. Plus que lui ne le sera jamais et je lui en veux de ne pas s'animer. C’est pas elle qu’il devrait pleurer, mais la disparition de mon frère. Elle l’a pas tenu dans ses bras pour qu’il devienne ce putain de fantôme errant entre la vie et l’enfer. Il arrache un de ses cheveux chaque fois qu’il renie son nom en lui faisant honte et son déshonneur me bouffe. Parjure, tu m’étouffes.

Ses doigts sur sa guitare. Mes yeux sur ses mains et les miennes en jumelles défigurées. La première qui saigne une cicatrice éphémère et la seconde pure, blanche et pleine des cheveux blonds qu’elle ramasse. Je récupère les morceaux de la mère que Jared oublie. Et je lui en veux d’accepter sa mort comme alibi, de faire d’elle une putain d’excuse pour sa paresse et son infini manque de courage qui griffe mes tripes insultées d’avoir partagé le même ventre que les siennes.

    - Bon sang ! Faut croire que je me suis trompé.

C’est le lot de la journée. On se trompe, on se leurre et putain, comme on se déçoit toi et moi. J’aime pas son ton enjoué parce que son sarcasme pue l’horreur d’être déjà mort et je le maudis de préparer son retour au deuil. J’emmerde ses convictions qui espèrent faire de moi un bouffon et je crache sur sa magie menteuse. Brisée. Défaite et ruinée. Frangin, tu pourrais foutre le monde à tes pieds si tu voulais. Si tu savais encore chanter et jouer les armes qu’elle nous a données quand on braillait encore contre son sein. T’as jamais rien pigé, tu te sabotes et c’est un calvaire de te regarder faire.

T’as peut-être ses yeux mais moi j’ai le sourire qu’elle a sur les films et les photos, même dans les journaux. Et si je souriais plus, il se passerait quoi ? Merdeux. Bambin, poupon, morveux. Si je riais pas, jamais elle me reconnaitrait. Dans les rêves où on se croise parfois, où elle me demande de parler de moi, de toi, de papa… si je souriais pas, elle m’appellerait pas « fils » et l’enfer prendrait froid. Le sourire que j’ai, le vrai, que peu de gens connaissent vraiment… c’est ce que ma connerie a de plus beau et je le chérie comme un trésor offert aux gens précieux. Tu l’as vu, putain Jared, petit, tu voyais que lui. Et t’as ses yeux, tu piges pas ? Elle t’a donné son regard et toi, tu le noies. Tu chiales et fais de sa mort un recueil de poussière et je t’en veux de la priver de lumière. Ouvre tes yeux bleus et rends-lui la vue, bordel. Percute. Chaque fois que tu pleures, c’est elle que j’imagine brisée et tu mérites pas d’avoir ce pouvoir sur maman qui te reconnaît plus, tant que tu la regarderas pas comme avant.

    - Bah ouais, tu vois, je te pensais pas capable d'aligner autant de mots.

Ah. Ah fuckin' Ah. Je vais pisser du givre tellement j’me marre, t’es divin frangin. J’emmerde tes jeux d’esprit parce que le mien pense à elle et je sais plus comment te traduire combien elle saigne, quand tu l’abimes de tes mains jouant des airs affreux d’être aussi beaux que malsains. Tu sais pas jouer, t’as jamais appris à écouter. Si tu entendais sa voix le soir… tu révolutionnerais la musique, ton pouvoir et celui d’un cœur qui comprendrait tout mais surtout comment chanter le manque, le vrai. La douleur s’écrit pas sur une guitare. Elle se chante pas. Elle grandit quand on lui donne de la place et t’as su faire de tes peines une putain de montagne dressée entre nous. La douleur s’exorcise, elle se combat, elle prend une figure humaine sur laquelle tu peux cracher ta haine et envahir son corps de toutes les forces de tes émotions devenues des armes violentes. Mortelles. Vivantes.

Et maintenant ? J’ai envie de frapper ta conscience pour qu’elle se tourne vers moi et éventuellement sourire à ce qu’il reste de ta lucidité pour qu’elle aussi revienne. J’veux extirper mon frère de cette carcasse lamentable et lui rendre la vie qu’il avait, même amputée d’une mère. Je veux qu’il sache battre ses démons au lieu de les épouser en se prétendant leur chienne dans l’ombre de ceux qui sont plus là. Je veux que tu m’entendes parce que, frangin, mes douleurs ont besoin de toi.

    ─ Hilarant. Laisse-moi jouer au con tu veux. T’es pas habitué, ça sonne faux.


Un comble pour un musicien, non ? Ma voix a accroché avec dégout l’intérieur de ma gorge qui l’a recrachée comme un poison indigeste, malade d’avoir le goût d’un rêve perdu dans lequel deux mômes se connaissaient. Ça devrait être facile de lui parler. Naturel. Evident. Je devrais tout pouvoir lui dire... Mais je garde que le pire. Une censure filtre mes intentions et tout en moi, même mes gestes, donne une interprétation changée de ma réalité, où deux frangins s’aiment et savent tout partager. Je lui sers mes pires erreurs. Des injures. Mais pas mon malheur. Parce que mes douleurs, ce sont lui. Et que sa guérison à elle passe par la sienne. Je veux plus qu’elle pleure jusque dans mes rêves et lui promettre sans faillir d’avoir su être pour son fils, un frère.

Mais j’arrive pas à le percuter et la vérité veut en salope que ce type est devenu un étranger. Je sais pas qui il est et ça fait longtemps que j’ai perdu de vue le môme avec lequel je jouais dans la rue. J’aime pas le truc qu’il est devenu et l’envie de le foutre hors de chez nous chaque jour grandit avec une puissance qu’irradie la force morte de mon père. J’arrive pas à l’atteindre et essayer m’ennuie parce qu’il ne mérite pas d’être sauvé. Ce môme-là est un enfoiré qui a mangé mon frère. Mon sang. Mon nom. Ma mère !

J’attire une chaise à moi. Le métal, sous mes doigts. M’asseyant à l’envers, je fais face à Jared, ou ce qu’il en reste. Mes yeux au fond des siens bleus. Putain. L’atmosphère froide s’enroule autour de moi. De mes jambes. De mon torse. De mon cœur apaisé. De mon visage scrutant le livre pale couché sur le sien. Ma voix assagie se tait. Je me sens reposé d'être froid dans ma clarté. Ma main dans mes cheveux siffle une plainte aiguë quand elle se souvient de la plaie qui la déforme. Rien qu’un hématome, sur quelqu’un de fort. Une égratignure sur une amphore. Un murmure à un frère, rien qu’un effort.

    ─ I don’t know you anymore… I can’t recall the last time I ever loved you. I’m a shithead who can’t even tell the difference between Brotherly and Scary but this –between us- this is not normal. I miss the brother I used to have but I don’t like you. I swear I don’t. Because I just don’t know you. Anymore. *


* « Je te connais plus. J'me souviens plus de la dernière fois où je t'ai aimé.
J'suis un détraqué incapable de dire la différence entre quelque chose de Fraternel ou de Flippant mais ce truc -entre nous- c'est pas normal. Le frère que j'avais me manque mais je ne t'apprécie pas. J'te jure. Parce que je te connais juste pas. Plus. »

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