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 |- Un numéro magique. -| Joy & Jeff.

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MessageSujet: |- Un numéro magique. -| Joy & Jeff.   Jeu 12 Mai - 20:13

    Flânant dans les couloirs du lycée, je me demande si mon retard sera remarqué.
    J'arriverai quand la vie l'aura décidé, pas pour l'instant, et puis c'était quel cours déjà ?
    Ah oui, celui du n'importe quoi. Je suis la plus douée dans cela.
    Un sourire ce place sur mon visage, ou peut être qu'il y était déjà, depuis le départ.

    Mes pieds glissent sur le sol, et je les sens heureux, comme tout mon être.
    De mon plus petit orteil au bout de mes doigts, sans oublier mes cheveux, mon visage et tout ça.
    Je regarde autours de moi, observe Savior high, me dis une nouvelle fois qu'on est privilégié d'être là.
    Mes pensées s'envolent, et je me plais à imaginer qu'elle ressemblent à des papillons une fois sorties de mon esprit.
    Ils sont beaux, les petits. Ils sourient, eux aussi, j'en suis persuadée. Je le sais.

    Puis la vie reprend quand devant mes yeux s'avancent un garçon beaucoup trop malheureux.
    Oh et puis d'autre ... Les cors seraient-ils déjà fini ? Désolée, messieurs mais j'étais trop occupée à visionner la vie.
    Mais maintenant mon cerveau est bien concentré, et mes yeux suivent ce garçon, là, celui qui ne sourit pas.
    Celui qui est seul, et qui ne devrait pas l'être. Bon, je suis seule aussi, mais moi, je vais bien, tu vois ?
    J'y parle déjà, c'est pas magnifique ça ? Magique même, je crois.
    Allons, allons, un, deux, trois, je vais faire mon entrée dans ta vie. Et tout mon être est d'accord avec moi.
    Encore heureux parce que quand on commence à se battre contre son corps, on a pas fini.
    Vous imaginez ? Si ma main frappait mon pied et que mon orteil droit du pied gauche voulait mordre mon oreille ? Non, on a vraiment pas fini.

      - Hey ! Tu sais que c'est interdit ? Non, ne me demande pas quoi. Parce que tu sais déjà que je vais te donner une réponse. Donc j'épargne ta salive, je suis gentille, n'est ce pas ? Je disais donc, tu sais que c'est interdit de ne pas sourire à la vie ?


    J'affirme fière de moi, un grand sourire collé à mes lèvres d'enfants. On est trop jeunes pour pleurer comme les grands.


Dernière édition par Alive le Ven 16 Mar - 13:46, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: |- Un numéro magique. -| Joy & Jeff.   Sam 13 Aoû - 13:53



    J'ai eu aujourd'hui la nostalgie d'une seconde perdue. J'ai rêvé de ces matins où, avant mon premier battement de cils, mon frère existait. Où rien n'était vrai, formant un nuage appelé vie des autres qui pour toujours se noyait sous une espérance véritable de te voir rire encore une fois. J'ai l'urgence de ces jours-là, les vertus du monde palissent en comparaison des mensonges qu'offraient alors mon cœur à ma tête pleine de toi.
    Mais les rêves ne sont plus, le sommeil est un souvenir vague d'une vie d'autrefois. Ce matin, j'ai pleuré le début de ma vie sans toi mon frère, des jours où mes yeux n'imprimaient pas, où le temps ne réalisait plus, à ces secondes où rien ne semblait perdu et qui me rappellent que depuis longtemps, je désespère.
    Le vide en moi me consume, gagnant chaque jour du terrain sur mes peines qui multipliées ne forment qu'une triste addition de clairvoyante malédiction posée sur nos vies, sur notre nom.

    J'ai mal de ces jours où je hurlais "reviens !" à ton fantôme supposé, alors que je m'inventais des heures avec ta conscience qui autour de moi viendrait rôder. J'en peux plus, le manque me tue. Je languis une lueur d'espoir qui, à défaut de m'achever, me rendrait ces instants volés à la lune qui en retour me souriait. Je veux le temps d'un leurre, des mensonges à la pelle, la moitié de ma peine et qu'en une seconde, ton souvenir me revienne.


- Hey ! Tu sais que c'est interdit ? Non, ne me demande pas quoi. Parce que tu sais déjà que je vais te donner une réponse. Donc j'épargne ta salive, je suis gentille, n'est ce pas ? Je disais donc, tu sais que c'est interdit de ne pas sourire à la vie ?

    Le vent pousse jusqu'à moi les échos de cette voix venue d'un pays trop loin pour me comprendre. Surpris, j'accuse une brûlure en mon ventre qui la fait se taire dans l'instant. La flamme, cette émotion, disparait aussi vite qu'elle m'a choqué et devenue cendre se mêle à mes autres deuils.
    Je lève les yeux, unique fenêtre de la prison que sont devenues mes émotions et rabat le tissu de ma capuche contre mon front où se trouvent des cheveux qui me cachent à la vue des autres, du monde et ses illusions. Si je ne vois pas, je ne suis plus. Continuez sans moi, j'ai déjà tout perdu.

    Assimilant avec douleur l'énoncé qui m'a été fait, j'en aperçois l'auteur et son apparente joie me dépasse. Voici donc le fantôme de tes épisodes mon frère. La vitesse avec laquelle elle a scandé son blabla me rappelle le tien qui alors me passionnait, même si tu sombrais. L'extase dans ses yeux s'assortie sans mal à celle de ton visage lorsqu'il exultait la vie et ses caprices poudrés. Je t'en veux, si tu savais.


- Quoi ?

    J'aurais aimé que ma voix ne se brise pas mais elle est poussiéreuse, abimée de n'avoir pas été utilisée depuis des heures, des jours, une année. Je n'ai pas envie qu'elle me répète ses mêmes mots dont le sens m'échappe, qu'elle me garde, qu'elle me happe. Parce que je connais l'origine de sa nonchalance, les étapes de son bonheur, de sa complaisance ; je sais pour l'avoir vu chez lui, quelles couleurs prend la vie lorsqu'elle ment et offre à ton cœur, un repos affable qui t'assure n'aimer que toi. Je sais la dépendance et ses amours menteurs, je sais la fin de tes histoires belles, parce que vaines. Je connais comme j'apprivoise la rancune de notre baptême, la mort des temps et de nos vices, la haine.
    Ne garde pas ce poison, tu es trop saine pour en épouser la déraison. Si je le savais encore, je te murmurerais qu'il faut renoncer, que je connais la mort et la clé des secrets qu'elle pose déjà contre tes traits. C'est à moi de le rejoindre, pas à ton tour d'overdoser. Je t'en prie, crache ton venin, si tu es le visage de demain.
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MessageSujet: Re: |- Un numéro magique. -| Joy & Jeff.   Sam 13 Aoû - 15:13

    Je respire la vie, me dis que demain sera encore plus beau qu'aujourd'hui. Et peut être même que cette rencontre changera le cours du destin, ou tout du moins de quelque chose.
    Je me dis pleins de choses que je n'arriverai même pas à les aligner sur une feuille de papier.
    Je pince mes lèvres, parce que je sais que ça fait plutôt jolie. Ce qu'elle est belle, cette vie.
    Je ne soupire même pas en attendant qu'il parle, qu'il explique pour il ne sourit pas. Pourquoi il ne vit pas. Aller, je suis avec toi, moi.

    Patiente pour pas un sous, je m'amuse seule à réfléchir à n'importe quoi, parce que ça me plait.
    Mes yeux se baladent un peu de partout, ils avouent même que ce garçon là, il est charmant et qu'il serait complétement beau s'il souriait.
    Mes yeux l'avouent, moi je n'en pense rien, non, mais. Faut pas abuser, non plus.

      - Quoi ?


    J'écarquille les yeux, alors. Quoi, quoi ? Bah je n'en sais rien moi. La réponse c'est juste ça ? Un simple quoi ? Mais quoi ?
    Oh bon sang, s'il voulait me retournait le cerveau celui, il ne pouvait pas mieux faire.
    Question existentielle : Pourquoi les garçons sont comme ça ?

    Je dois réellement tout répéter ? Mais je ne m'en souviens plus moi, de mon grand discours. De mes mots sortis dans tous les sens.
    Je pose la main sur mon menton, j'ai entendu que ça marchait pour réfléchir, et là j'ai eu envie d'essayer.
    Alors elles sont passées où toutes mes belles paroles ? Mes mots non contrôlés ?
    Ah je sais, ils se sont juste heurtés au mur que forment ses maux à lui. C'est dommage, tu sais, je suis sure que ma farandole d'idée, elle était superbe à écouter.

    Mon sourire est toujours là, figé sur moi, mais c'est bête, je me demande s'il le voit. Aux dernières, je n'étais pas invisible ... C'est assez spécial de se sentir comme ça.
    Normalement les yeux sont toujours braqués sur moi. Du style : Mais pourquoi elle est heureuse celle là ?
    Celle là, elle se dit qu'elle a la chance de vivre, nigaud !
    Et puis, ne pas être regardé, bon sang mais c'est un sentiment génial ça. Alors je souris encore plus.
    Et mes pieds sont prit de démangeaisons, parce qu'ils veulent danser, faire la fête de cette nouvelle sensation que je ressens. La vie, c'est juste bon.

      - Quoi ? Quoi ?
      Pourquoi tu ne souris pas, c'est aussi simple que ça !


    Si tu souris, la danse de la folie se sera entre toi et moi.
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MessageSujet: Re: |- Un numéro magique. -| Joy & Jeff.   Mer 31 Aoû - 0:44


    J'ai sous les yeux les ténèbres d'un ciel qui ne pleure plus, qui, résolu, sait que les astres l'ont déserté pour un ailleurs moins sombre. J'espère encore retrouver une poussière de ces matins, frangin, où je pouvais te manquer. Je guette encore, les paupières closes, l'étincelle qui me rappellera que tu m'attends. Si j'avais gardé l'une des fourches de ces étoiles-là, des moments passés sans toi où un retour semblait possible, aussi cru que réel, j'aimerais qu'elle me revienne maintenant. Je souhaite la manger mon frère, qu'elle caresse ma langue et fasse s'obstruer ma gorge. Je manquerai de m'étouffer pour finalement savoir que, c'est pas comme ça que je mourrai. Qu'un astre ne doit pas me tuer. Peut-être que je réessaierai encore, pour être sur de moi, puisque je ne peux plus l'être de toi... et je rendrai au ciel cette trainée de poudre qui te donnera un message qui dit J'ai mal, j'ai peur, j'ai froid.

    Mais il fait jour et l'épais nuage que forme le reste du monde s'enroule autour de moi en créant une brèche forcée qui m'aveugle, qui me déplait. La fatigue force sur mes yeux, j'ai cette impression que rien n'est vrai. Les gens avec lenteur se meuvent, ils étalent leurs couleurs dans un ralenti d'amour et de vie qui me transperce le cœur. Je t'envie leur place. Ce devrait être toi, là devant moi, à me souffler un peu de ta poudre au visage. Je veux attraper son sourire, l'exposer à ses yeux mal voyants et lui dire, en réponse aux émotions de son ventre, de son manque, que ce bonheur n'a rien de naturel. Je te veux sain par-dessus mon regard. Reviens ! Je sais quoi faire cette fois, je l'assure. Je te sèvrerai frère, je jure...


- Quoi ? Quoi ?
Pourquoi tu ne souris pas, c'est aussi simple que ça !


    Mon visage trahit des émotions que j'évitais jusqu'alors. Surpris, j'encaisse la brutalité de ses propos qui me fouettent le corps, l'insultant de demeuré. J'ouvre si peu mon attention aux autres que sa voix me parait trop forte, trop pleine, trop dure. J'en ai plein les oreilles, la tête et la poitrine. Je parviens à voir son haleine qui me ronge les entrailles. Je ne souhaite pas que l'on me parle, encore moins que l'on me remarque et si l'on se souvient de ce que j'étais, le jour d'avant, ma raison se démonte.
    J'évite de bouger, laisse mon visage incliné bien bas et regarde sa bouche, par-dessous mes cils qui entrevoient l'exemple à suivre. Le sourire des anges, des heureux, des ignorants.

    Mon souffle râle contre mes lèvres légèrement entrouvertes. J'ai mal, du plus profond de moi, j'ai l'impression que ma gorge vient saigner le moindre mouvement de ma respiration forcée, contrainte à ne plus jamais être belle. Je charge l'air de ferraille, de cette souillure qui m'abime et me plombe les ailes.


─ Ce n'est pas simple du tout.

    J'ai honte de ma voix cassée, d'avoir du mal à respirer. J'expose ma maladie, de ce timbre éraillé qui témoigne d'une usure défaite, passée, toute cabossée. Des larmes me brulent les yeux, je scelle mes lèvres de peur qu'elles ne tremblent. Je ne veux pas parler de lui, j'veux pas sourire à la vie ! Parce que la vie, c'est quoi ? Je la vois plus, je la trouve pas ! Elle est morte la vie et j'ai beau fouiller les cimetières, je l'ai jamais aperçue qui trainerait là, à me tendre la main. Elle a quitté ma maison, elle a laissé tout ce qu'il faut à mon sang pour faire semblant mais elle n'est plus là. Plus dans sa chambre ni ailleurs chez moi. Plus sur sa tombe ni sous la stèle. Plus dans mon cœur, nulle part dans ma tête. Je pleure la vie et son requiem depuis un an qui de tous ses mois me rappelle qu'il n'est pas bon, de guetter les astres filants.
    Je veux pas sourire à la vie. J'ai perdu le droit d'être mon surnom et demeure de lui cette jungle qui pue le sang. Je ne parle plus la langue de vos sentiments et j'ai pas l'envie, j'ai plus le temps. Mes larmes retenues me font mal, j'ai pas envie, j'ai plus le temps. Je me fatiguerai trop vite d'être vivant. Je ne veux plus être moi et je veux pas sourire à la vie parce que la vie, c'est quoi ? Rien que cette étoile qui trace J'ai mal, j'ai peur, j'ai froid.
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MessageSujet: Re: |- Un numéro magique. -| Joy & Jeff.   Mer 31 Aoû - 9:59

    J'aimerai l'entendre dire que c'est juste un oublie. Que dans quelques secondes tout reprendra le cours normal de la vie, celui où on y sourit pour rien, pour n'importe quoi. Juste comme ça.
    J'incline le visage, parce que je crois que je ne comprends pas. Ce n'est pas permis d'avoir un regard comme le sien. Aussi perdu, aussi je-ne-sais-quoi.
    J'ai envie de pincer mes lèvres, de me demander s'il me trouve jolie, si lui aussi se laisse prendre par toutes ses futilités dont est faite la vie. Si lui aussi, il rit de mes conneries.
    Je me demande un tas de choses, les questions défilent dans mon esprit, et cela ne me dérange pas, parce que je sais que je lui poserai un jour, toutes ces choses là.
    Mes mots se répètent et je crois que je ne suis jamais tombée sur quelqu'un comme lui, et je ne sais pas pourquoi on ne s'est pas parlé avant cela.
    J'essaie de comprendre, mais sans avoir l'impression de devoir caler ma tête entre mes mains pour y réfléchir. Les choses cela vient d'instinct, d'ailleurs et de tout ça.
    Alors je suis désolée, Jeffrey n'est ce pas ? De ne pas vouloir encore réfléchir, de ne pas devoir choisir.

    ─ Ce n'est pas simple du tout.

    Et si je répète encore une fois que je n'y crois tout simplement pas ? Je serai non seulement optimiste mais aussi agaçante, pas vrai ? Je pense que tous les gens à part toi savent que je ne suis qu'un mélange de cela.
    Mais cette fois c'est différent, je commence à croire que lui, il s'en fiche. Il s'en contrefiche de mon sourire, de mes idéaux, de mes envies. C'est dérangeant de se heurter à quelqu'un comme cela. C'est déroutant, même, je crois.
    Comme si en réalité ma joie de vivre n'était pas une force. Comme si la vérité s'affichait devant mes yeux sans que je ne puisse la contrôler : Jamais je ne pourrai le sauver.
    Et je me choque moi-même en pensant cela, parce que sauver le monde, ce n'est pas encore dans mes actualités. Je dois réussir à voir tellement de choses avant cela.
    Je dois trouver un moyen de faire le tour du monde en moins de quatre-vingt jours. Je ne peux pas le sauver avant ça.
    Je dois savoir combien fait la racine de 1243680521 au carré. Je ne peux pas le sauver tant que je ne sais pas.
    Je dois pouvoir apprendre à voler sans pour autant avoir le pouvoir de le faire. Je ne peux pas le sauver maintenant.
    Je dois pouvoir réussir à ne pas pleurer, lorsque je me retrouve devant un mur de tristesse, un regard sombre, et des souffles aussi saccadés que les siens. Je ne pourrai jamais le sauver.

    Alors je ferme les yeux, si fort, si fort, que j'essaie de me contrôler. Je ne comprends pas. Ne veux plus le regarder, ne veux plus me dire que quelqu'un est aussi triste ici bas, sur cette Terre qui tourne malgré ça.
    Je mords ma langue, même je crois, et puis ... Et puis non, voilà. Je le refuse tout ça. Je refuse cette vague de je-ne-sais-quoi qu'il a voulu faire entrer en moi.
    Je sens mes lèvres faire leurs mouvements favoris lorsque doucement s'ouvre à nouveaux mes paupières.
    Mon sourire est là, bien figé sur ma bouche, il n'y a pas de doutes à cela. Je le regarde, essaie de ne pas paraitre trop enjouée, trop heureuse d'avoir réussi à surmonter cela.
    La tristesse, Jeffrey, je ne le connais pas, ce sentiment là. Et tu sais quoi, tu devrais faire comme moi.

    - Moi, je crois que c'est compliqué seulement si l'on veut que ce soit compliqué, tu vois ? Moi je crois qu'à un moment de sa vie il faut faire un choix, choisir de vivre avec cette tristesse qui colle à la peau, ou choisir de sourire et de prendre les choses comme elles viennent. Moi, je crois qu'on choisit son histoire qu'on ne la subit pas. Je crois tellement de choses, tu sais. Je crois à la fée clochette, à la petite souris, au père Noël, au monde de l’Atlantide. Je crois qu'un sourire peut changer une vie, je crois que si on veut, on peut.

    Je crois en la magie, en toi, en moi, en cet instant unique que l'on est en train de vivre. J'y crois, tu vois ?

    - Mais après, ce n'est que mon avis à moi.
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MessageSujet: Re: |- Un numéro magique. -| Joy & Jeff.   Mar 13 Mar - 21:31



    Je ne veux pas parler de lui, parce que lui ne parle plus de moi. Je veux pas dire les mots qui lui échappent ni même gouter à l’air qui me raturant la gorge pose des vers sur la sienne. J’veux pas qu’il pourrisse, je veux leur interdire de l’approcher et que dans un tourment, ils préfèrent m’avaler. J’veux pas vivre quand l’univers ment aux enfants en leur promettant de les faire devenir grands. Mon corps se fait trop petit pour toutes mes peines qu’il ne contient plus, vieillissant à l’envers, jusqu’à revenir petit à petit aux origines de l’enfer. Je déborde de douleurs qui fracassent mes nuages et toutes mes illusions phobiques, je suis plus rien sinon une erreur, un frisson, une larme, un fils unique.


- Moi, je crois que c'est compliqué seulement si l'on veut que ce soit compliqué, tu vois ?

    Non. Oui. Je veux juste mourir, ne plus jamais rien ressentir. Et j’encaisse ses accusations qui me prétendent le bourreau de mes propres tourments. J’ai pas demandé à ce qu’on m’arrache le cœur alors qu’il pulsait. L’amour me manque parce qu’il étouffe les côtés de moi qui sont devenus trop étroits pour lui, je sais plus quoi faire sans pleurer, ni faire un pas sans me demander où aller. J’erre comme un condamné parce que la mort en posant sa fau sur les ombres de mon frère a saisit celles de mes sourires. Je sais plus, je ne peux pas. Je crois que j’ai jamais su.


- Moi je crois qu'à un moment de sa vie il faut faire un choix, choisir de vivre avec cette tristesse qui colle à la peau, ou choisir de sourire et de prendre les choses comme elles viennent.

    Mes choses à moi ne viennent pas, elles sont parties et ne reviendront plus. Il ne m’arrivera jamais rien, parce que j’ai plus mes yeux pour voir arriver les autres, j’ai plus mes oreilles pour écouter les chants des apôtres. J’ai plus de lèvres depuis qu’ils les ont rongées, plus de nez depuis que la terre l’a asphyxié et ne reste de ma peau qu’un squelette pelé, un albâtre de chagrin que le vent aurait mis des millénaires à abimer, aidés par quelques oiseaux venant grignoter les restes d’un moi qui ne sachant plus vivre, ne parvient pas à mourir non plus.


- Moi, je crois qu'on choisit son histoire qu'on ne la subit pas.

    Choqué, je laisse sa voix arracher mille brûlures à mon cœur qui se fend d’un craquement assourdissant. Blessé jusque dans mes fissures, je sens mon visage se déformer sous la douleur qui, partant de mon ventre, enlève à mes jambes leurs forces pour faire de moi un pantin désarticulé par la peine ; son ivresse harponne mes tripes déjà mises à mal et je pleure derrière une main voilant ma misère. J’ai pas choisi de laisser mourir mon frère ! J’ai pas voulu qu’il s’en aille pour ne plus jamais revenir, j’ai pas voulu qu’il dépérisse sous mes sourires ni continuer à rire, pendant qu’il agonisait. J’ai pas choisi de le laisser s’étouffer dans les relents de son âme qui criait au secours, alors que mes conneries l’entendaient chanter ! J’ai pas voulu qu’il craque dans un soupir qui a déformé toute ma putain d’atmosphère et j’ai pas souhaité qu’il crève, pendant que j’apprenais à parler ! Et j’ai pas choisi de pleurer, là, au lieu de le défendre chèrement comme un loup qui se jetterait à la gorge d’un ours lorgnant sur ses pairs. J’peux pas, j’ai plus de cœur, je sais plus faire.

    Les larmes dévorent mes yeux qui m’empêchent au monde. Je ne respire plus, les souvenirs passant de ma tête à mon torse avec une urgence telle qu’ils me prennent au cou, pour le serrer de leurs poings ensanglantés. Avant, je savais parler. J’aurais pu te demander de m’aider ou de m’achever. Mais j’arrive même plus à reprendre mon souffle et j’en peux plus de m’étrangler de regrets. Avant, j’étais entier. Je savais chanter et j’aurais pu exposer mon visage sans pudeur, même lorsqu’un océan le ravage de ses douleurs salées. Avant j’aurais pas eu besoin de mes mains pour monter une barrière entre le jour et moi, j’aurais pu sourire et d’un secret, te retrouver, toi… Mais avant, j’étais vivant.


- Je crois qu'un sourire peut changer une vie, je crois que si on veut, on peut. Mais après, ce n'est que mon avis à moi.

    Pourquoi n’ai-je de la mort que ses douleurs ? Pourquoi ! Je n’arrive pas à crever, juste à respirer les odeurs d’un monde sans rien, où le néant domine les rancœurs qui s’entredévorant jusqu’à devenir belles, sont reines. Pourquoi n’ai-je de la mort que ses couleurs ? Je les vois, les touche du bout des doigts mais elles ne me rejoignent pas et j’ai dans ma poitrine un cœur qui en battant me défonce l’existence. J’en peux plus, j’y arrive pas. Pourquoi elle me tente, si j’ai pas le droit ?


─ Arrête ! Je veux que ça s’arrête.

    Je suis minable et les sanglots ont changés ma voix. Je respire des horreurs qui m’empoisonnent et saisisse jusqu’à la dernière de mes peurs. Je me sens crever, sans jamais y arriver. J’ai mal, mal, mal, je veux qu’on m’aide, qu’on m’exécute. Qu’on attrape mes douleurs par les yeux et que d’un sourire, on les bute.

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MessageSujet: Re: |- Un numéro magique. -| Joy & Jeff.   Ven 16 Mar - 19:37

J'ai l'impression de m'être énervée, d'avoir voulu prouver quelque chose et que je me suis emballée, que ma bonne humeur m'a tout simplement emporté.
J'ai le cœur qui bat à mille à l'heure et mon souffle s'est perdu quelque part au milieu de ma plaidoirie.
Je voulais lui montrer que la vie est belle, que tout mérite d'être vécu, même les pleurs, ça vaut le coup, parce que ça fait parti de nous.
Tout absolument tout est beau dans la vie, mais on ne peut pas la passer à souffrir, c'est pas humain de souffrir autant, tout le temps. Je voulais juste lui montrer, le prouver.
Je m'en veux, et je regarde son visage se tordre dans une tristesse que je ne connais pas, j'ai le mal de moi, je crois.
Je me remémore son histoire, son calvaire. Je me sens comme un bourreau, un tortionnaire.

J'ai mal au cœur, je vacille, ne tourbillonne plus, j'ai besoin de Sweety. D'un gel digne du plus grand froid de l'hiver, quelque chose qui me rappelle pourquoi je suis en vie.
Je veux qu'elle m'apprenne, n'importe quoi, comment faire le plus beau des bonhommes de neige, juste du bout des doigts.
J'ai besoin de la connerie de n'importe qui, qui me rappelle que rire ne fait pas de mal aux gens, cela rallonge juste la vie.
Pourquoi je suis venue lui parler pour le maltraiter, j'aurai du m'en empêcher, ne pas être moi, je croyais en lui, en de très grandes choses, à tout ça ... Je voulais qu'il sourit, et ne plus jamais le voir meurtrit. J'voulais, Jeff, j'te jure c'est pas vraiment moi, là. Je veux que tu souris, pour moi, mais surtout pour ta vie.

C'était un crime, tu crois, de vouloir entrevoir ton sourire ? De me dire qu'aujourd'hui ce n'est pas une journée de perdue, parce que tu t'y es un peu accroché, qu'enfin tu n'as pas laissé tombé.
C'était mon crime, en réalité, n'est ce pas ? J'ai voulu t'aider, j'aurai du te laisser marcher. J'aurai dû ne pas être moi, juste une fois. Stopper mes envie, mes pensées. Y a des fois, je parle plus vite que je ne le devrai.
Je secoue le visage, et me refuse à arrêter, me refuse à ne plus être moi. Me promets que même si tu m'arraches une larme, j'y arriverai. Je te démontrerai qu'on vit dans un monde de méchants, c'est vrai, mais surtout de fées.

    ─ Arrête ! Je veux que ça s’arrête.


C'est vraiment ce que tu veux n'est ce pas ? Que toute sa vie s'arrête ? Que le bourreau se stoppe ? Que la terre nous laisse enfin tourner tout seuls sans nous commander ?
Dis Jeffrey, tu crois que le monde s'en sortira changé de m'avoir rencontré ? Que l'herbe sera plus verte une fois que je l'aurai foulé ? Tu crois que le monde m'attend patiemment pour aller mieux, pour s'apprécier ?
Je ne sais pas si le monde est comme ça, mais j'ai cette voix, là, perdu au milieu de moi, de mon cœur qui bat si fort, qui me dit que toi tu es comme ça.
Je me dis que si j'essaie encore un peu je pourrai t'aider, qu'après m'avoir rencontré, tu iras mieux, je me dis tellement de chose, mais celle la, elle me semble un peu trop grande pour moi.

Je regarde autours de moi, je vois les gens nous regarder, ceux qui se demandent surement ce que je fais là. Pourquoi je ne souris pas ? Pourquoi la vie parle à celui qui s'apparente à la mort ? Pourquoi tout ça ?
A ce moment précis, je déteste comme ils le regardent, j'ai horreur de son visage empli de cette tristesse qui le caractérise.
J'ai mal, et c'est si bizarre, j'ai mal, et je n'ai pas l'habitude, j'ai mal de la vie, j'ai mal de le voir comme ça, ici. Je te jure, je souffre et je ne sais pas comme gérer cela.
Je jongle entre les gens et lui, nous, mes gestes sont trop rapides, ma tête tourne un peu trop. Mes mains sont comme contrôlées par une autre personne.
Je touche mes cheveux, fait craquer mon cou. Je passe ma langue sur ma bouche, et je me décide à stopper cette éternité qui n'est en fait que trois secondes dans la réalité.

    - STOP ! Je hurle en ouvrant grand les bras autours de moi. Je fige le monde autours de nous, le temps n'a plus d'importance et maintenant c'est juste la vie qui en a.


Je regarde, vérifie que j'ai bien réussi, que tout le monde autours de nous ne bouge plus. Et non, plus rien. Même une mouche ne volerait pas, si elle avait été là.
Je pince mes lèvres, le regarde, vérifie que lui est toujours avec moi. J'ai envie de danser, de voir que j'ai réussi ! J'ai envie de pleurer de savoir qu'aucun professeur ne l'a vu.
Une nouvelle vague de joie en moi, j'esquisse un sourire tandis que je mords ma lèvre inférieure. Je suis pas une fée, c'est vrai, mais j'ai exaucé ton vœux, je dois avoir une part de génie, en moi, qui sait.
Je souffle clairement, comme quelqu'un d'épuisé, je ne sais plus quoi dire, comment bouger. Je voudrai sa réaction, ne pas paraitre trop con.
Je veux même lui parler de mon koala, celui qui n'existe que pour moi, mais j'ai peur, je crois.

Alors prise d'un courage que je puise au fond de moi, je m'avance vers lui, à petits pas, je me fais rire toute seule, mais je n'ose pas exploser, pour ne pas le vexer, je ne veux pas qu'il s'envole, mon petit oiseau.
J'avance toujours, mets mes cheveux derrière mes oreilles, respire calmement, regarde au milieu de ses yeux, trop bleus.
Et puis je pose mes deux mains sur ses joues, sans hésitations, je n'hésite pas parce que je suis moi, et le contact avec sa peau m'électrise, je l'avoue. Je lui souris, fière de moi. Ce soir dans mes rêves, tu lui parleras à mon koala, je le sais, tout au fond de moi.

    - Ca va mieux, maintenant ... ? Je demande d'une toute petite voix. Et je reprends en murmurant carrément. Tu peux me sourire, j'ai réalisé ton souhait, juste pour me remercier. Promis ton secret sera bien gardé, tu sais, celui dont je serai la seule au courant, que lorsque tu souris, ça change un peu la vie. J'en suis persuadée, ton visage illuminé par un sourire sincère et vrai, ça doit être tellement beau. Tu dois être tellement beau ...


Si tu le fais, jamais je ne te quitterai. Plus jamais tu te sentiras seul, parce que je te promettrai qu'Alive sera toujours là. Tu sauras au fond de toi, que tu pourras pour toujours compter sur moi, le jour où tu manqueras de joie.
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MessageSujet: Re: |- Un numéro magique. -| Joy & Jeff.   Mar 21 Aoû - 1:16



Je fouille mon cœur, mon corps, ma tête. A la recherche d’un abri pour ces pleurs qui me ravagent l’âme, devenus incontrôlables. Et comme chaque fois que l’univers des morts me parle, je me sens me noyer, emporté par leurs désirs. J’écoute et quand ils chantent, j’exauce. Mais même la faucheuse maintenant se tait pour m’écouter pleurer. Leurs yeux sur ma nuque sont une torture qui me pèse et me griffe, enfonçant ses ongles sous ma chair pour y loger ses rires. Leur curiosité morbide me ronge jusque dans le fond de mon ventre déjà creusé par le manque. J’me sens vide et pleurer n’aide pas ; je sais pas comment arrêter de m’alléger, le chagrin pourrait me faire m’envoler. Je mange plus, je rêve pas. Je bouge plus, je saigne pas. J’ai plus rien à donner et tout ce que j’ai un jour touché fume depuis ses cendres, croulant dans la terre jusqu’au tombeau de mon frère.

J’ai peur comme jamais, confronté à ses sourires. Je n’ose pas la regarder alors qu’elle est devant moi, ma supplique toujours accrochée aux oreilles. Mes mains me cachent au monde, abritent mes démons qui susurrent des horreurs à l’intimité de mon corps vide et sec. La vie me déserte.

Je sais pas quoi faire, je veux que ça s’arrête. Mon front est une plaie qui me fend le crâne en deux, j’angoisse si fort que mes doigts ne me reconnaissent pas. J’ai si mal, c’est pas normal. C’est pas normal. Pour la première fois depuis un an, j’aimerais. Je souhaiterais. Je voudrais qu’on m’abrège, qu’on m’aide. Je jette sur elle un regard à l’humanité défaite, toute décousue, mes fils pendant de mes coutures avec un dégout lâche de la vie, du temps, du sursis. Je l’en supplie !

- STOP !

Et soudain… tout se tait.








Entre mes doigts, j’aperçois le monde qui se balance. Mes coudes puissamment enfoncés dans mes côtes resserrent leur emprise, me protégeant de cette muette incompréhension. Je remarque, lorsqu’un souffle rauque me parvient, que je ne respirais plus. J’arrête de tanguer, mon corps en s’équilibrant se défait. Mes genoux quittent ma poitrine qui crie au déchirement. Je me sens vulnérable, nu, exposé… vivant ?
J’ai cessé de pleurer, mon atroce douleur toujours présente dans les plis de mon front, mes lèvres serrées, ma peau griffée. Plus rien ne bouge sinon elle. Elle regarde partout autour d’elle et je l’aperçois, floue, qui sourit en contemplant son œuvre. La stupeur me garde. Les autres sont morts… la vie me gagne. Lentement, je respire à nouveau, sentant chaque souffle se mesurer dans ma gorge serrée par une main que l’on ne voit pas. Mes phalanges tremblantes sont plus animées que le monde, que le temps. Le court saccadé de ma respiration m’éveille lentement et je réalise l’ampleur de la magie sous mes yeux. Par les siens.

Mon regard se balance, perdu, entre les nations qui s’opposent. Le camp des morts, le leur. Celui des vivants, le nôtre. Le mien ? Elle s’avance vers moi, marchant comme dans un rêve. Faite de lumière et d’éclats, elle est un miracle qui m’encercle, j’ignore pourquoi. J’ai toujours mal au front, d’avoir prié si fort. Mais la voici, me touchant, qui pardonne mes efforts. Mes yeux se closent le temps de plusieurs battements, lorsqu’elle appose sa douceur sur mes joues. Mon visage reprend forme, sauvé par sa magie.

- Ça va mieux, maintenant ?

J’incline la tête sous ses doigts. Oui. Oui, ça va. Et sa voix douce qui sait me parler, suffit à être comprise de la mienne qui en réclame encore un peu. Je m’oublie un instant, perdu dans ses yeux.

- Tu peux me sourire, j'ai réalisé ton souhait, juste pour me remercier. Promis ton secret sera bien gardé, tu sais, celui dont je serai la seule au courant, que lorsque tu souris, ça change un peu la vie. J'en suis persuadée, ton visage illuminé par un sourire sincère et vrai, ça doit être tellement beau. Tu dois être tellement beau ...

Je ris contre son murmure, une toux étrange qui perce mon étroite armure. Sans voix, ma quinte se rend douce et j’en souris comme je craque, pleurant contre ma rose. Mes mains sur ses poignets, j’explose. Je pleure, oui mais comme jamais. Soulagé jusque dans le dernier gramme de mon âme battue, j’ai l’impression de m’être libéré de l’emprise d’un géant me voulant du mal, alors perché sur mon torse en y abattant un pied de titan. Je me relâche sans pudeur, éclatant d’un sourire douloureux de ne pas avoir servi souvent, depuis un an. Mes doigts se serrent autour de sa peau. Les larmes ravageant mes yeux la voilent à mon cœur, offrant le relais à mon imagination fiévreuse qui la sait belle, ma sauveuse.

Les sanglots me reprennent, oui mais changés. Je respire à nouveau, bien à l’abri dans ce refuge que le temps a créé. Je la regarde, mon étoile, derrière l’océan de larmes qui nous séparent. Une paix sans visage a pris possession de mon cœur qui tremble encore, saluant le retour de la vie.

─ Merci !

Je souffle dans un rire qui pleure, martelant mon propre torse de violents coups de cœur. J’enlève ses mains de mes joues trempées et puis accroche les miennes à ses cheveux dorés. Enfoui sur son épaule, j’exulte d’une joie miraculée, mouillé de mes peines, maculée du sang que mes souhaits ont donné pour en arriver là : vivant, pour la seconde fois. Je me sens renaitre, libéré des horreurs qui me sciaient le crâne. Apaisé jusqu’à vouloir dormir là, à l’ombre de son cou, je ne prie plus, j’oublie tout.

Les haltes de ma respiration humide secouent mon torse de parjures qui chassent le mal hors de moi, m’exorcisant jusqu’à la rechute. J’accroche ses cheveux, un rien de sa peau, serrant fort mon emprise contre son dos. Son parfum est celui de ma renaissance. Sa voix est celle de ma nouvelle enfance.

─ Merci, merci, merci, merci !…

Euphorique, je lève les yeux au ciel pour y apercevoir mon frère, trainant contre mes brumes tous les secrets de son cœur chahuté par la jeunesse. Ma main tendue vers lui ne trouve qu’un vide effrayant, plus douloureux que ce poignard dans mes yeux. Je me ferme au monde, retrouvant le noir sous mes paupières, refusant de le laisser partir encore. Je respire. M’accroche à la vie. Je suis en paix. Je me sens vivant. Alive, oui mais comme jamais.
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MessageSujet: Re: |- Un numéro magique. -| Joy & Jeff.   Ven 22 Fév - 22:02

Je me bats contre le temps, persuadée que mon cœur en rate ses battements, patiemment, j'attends, ô non, pas longtemps. Juste qu'il voit, ce que j'ai su faire pour lui, pour le prix de la vie.
J'aimerai pouvoir faire mieux, nous enfermer dans un monde où les autres n'existeraient pas, Sweety serait tellement fière de moi.
J'attends ce sourire, celui que j'ai presque supplier sans me rendre compte de combien il serait dur à amorcer. J'ai peur, je l'avoue, c'est vrai, et s'il m'en voulait, je m'introduis simplement dans la vie des gens, sans leur demander leur consentement.
J'ai toujours mes mains sur lui, mais la sensation semble me brûler, tant elle est douce à endurer. Montres-moi que je n'ai pas tout faux, que j'ai su apaiser tes mots. Que la vie en vaut la peine, vraiment, qu'un jour, plus tard, plus loin, on sera grands.
Je m'aperçois que j'ai presque loupé son rire derrière mes pensées et sa voix enrouée. J'en incline le visage, surprise, c'est vrai, mais pour le meilleur, un Jeffrey venu d'ailleurs.

Et puis il nait, sans même avoir prévenu le monde de son arrivée, il est là, juste comme il le faut comme il se doit, et je me dis qu'il doit porter tout l'espoir de la Terre avec lui.
Un sourire, le sien, le mien un peu, le notre je crois.

    ─ Merci !


Et c'est pour cela, que j'ouvre mes bras lorsqu'il vient prendre appuie sur moi.
Je respire ses sanglots, leur trouve un gout nouveau, je ne sais comment réagir, pourtant je reste là, à sentir sa peau, ses doigts, sa peur, ses pleurs, il me donne tout et je me demande si moi je saurai faire cela. J'aime tout ce que je peux vivre, sans voir que j'en rate la moitié. Ce devrait être à moi de le remercier.
Il s'accroche à moi, et la vérité est que je m'accroche totalement à lui, persuadée qu'il peut m'apprendre des choses que personne d'autre ne pourrait m'apporter.
Je sais que j'ai besoin de lui dans ma vie lorsqu'il s'éloigne de moi petit à petit. L'évidence est telle qu'elle m'en pince le cœur, me fait perdre quelques unes de mes couleurs.

    ─ Merci, merci, merci, merci !…


Le mot résonne dans ma tête alors qu'il arrête de le prononcer, je souris à mon tour, regarde autours de nous, j'en oublie mes couleurs perdues et reprends celles qu'il m'a donné en me choisissant pour exister.
Tandis que tangue mon esprit, je tente de réfléchir à ce que je pourrai lui offrir d'autre aujourd'hui. Parce que je vais devoir le quitter, parce que le temps doit forcément reprendre son court, c'est les règles du jeu, et malheureusement ce n'est pas moi qui les aies dicté, même si j'aimerai.
Dans un sourire désolé, je lui avoue cette faiblesse, parce que je ne saurais jamais mentir, même si on me le demandais.


Ma phrase sonne comme un sentence en moi, mais je me sens obligée. Je te jure, je suis désolée, je voudrai ...


    - Je vais devoir les réveiller, tu sais ...


Parce que même si je sais arrêter le défilement des minutes, que sa peine est un peu passée, ce qui fera que sa douleur s'apaisera, c'est que le temps file a ce rythme qui semble si lent parfois. Mais pour le connaitre parfaitement, le temps, je sais que je peux avoir confiance en lui, que peu à peu, il lui redonnera foi en la vie.

    - Promets-moi de ne jamais renoncer aux sourires, parce que j'avais raison, c'est interdit de ne pas sourire à la vie.
Surtout quand on est toi, parce que beau, tu vois ?

Parce que tout est bénéfique, tout est à appréhender, à rêver et à vivre avec succès. Triste, c'est vrai, mais comme personne ne l'aurait jamais fait avant toi. La vie vaut plus que la peine d'être vécue, même si parfois on se demande pourquoi on s'inflige tout cela. Pourquoi ... ? Je répondrais simplement que c'est l'espoir, c'est l'espoir qui fait que la vie est merveilleuse pour la majorité du monde entier.

    - Tu promets ?
Je pourrais en bégayer.

L'espoir qu'un jour, un héros viendra vous sauver.
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MessageSujet: Re: |- Un numéro magique. -| Joy & Jeff.   Mer 18 Sep - 18:06


Le monde est tel que je l’ai souhaité sans lui. Il ne tourne pas, il ne respire plus. C’est un poème qu’un homme et sa hache ont abattu. Une rime échouée sur les rivages d’un océan noir, un naufrage oublié de l’histoire. Jamais, je n’ai, jamais compris pourquoi le monde continuait sa course aux étoiles alors que mon frère mourrait. Comment, comment, comment il osait. J’ai demandé si souvent la réponse qu’elle a finie par m’échapper en promettant de ne jamais plus approcher ma tête vide de sens. J’aurais aimé pousser mon crâne dans un pressoir à orange, appuyer si fort que la douleur me prenne au corps. Comment, comment, comment marchent les morts-vivants. Je le sais maintenant. Comme moi, ils font un pas à la fois. Ils respirent sans y penser parce qu’ils ne pensent plus depuis la tombe. Ils se relèvent, et attendent.
- Je vais devoir les réveiller, tu sais ...

Mes doigts défont leur prise autour de son cou. Non, tu ne peux pas. Laisse-moi ici, avec eux, abandonne-moi dans le ventre de cette heure creuse. Je t’en supplie, je ne le fais pas, pas, pas tout de suite. C’est ici que je veux vivre ma mort, c’est ici que je peux faire un effort. Je t’en supplie. Et supplie encore. Non, non, ils vont revenir avec leurs cris, avec leurs rires et leurs joies. Ils vont tourner, tourner autour de moi comme le monde qui ne s’arrête plus. Leur spirale m’a laissé derrière eux, je suis tombé du manège il y a longtemps et me suis fait piétiner par les chevaux de carton. S’il te plait. Non.
- Promets-moi de ne jamais renoncer aux sourires, parce que j'avais raison, c'est interdit de ne pas sourire à la vie.

Ma tête fait non, mon mal aussi. J’ai mal au front d’appuyer si fort sur mes sourcils. Non. Je ne me sens jamais plus prêt des larmes que dans mes rires. Jamais je n’ai aussi bien pleuré quand étant amusé. La chagrin est toujours là, sous mon cœur posé comme une pierre qui le retient, il n’est jamais loin. Chacun de mes sourires raille les yeux de ma mère comme un petit, petit scalpel. Le mot seul m’est étrange, je l’ai fait tomber il y a des semaines sur un sol où ces mêmes semaines sont passées et repassées, l’enfonçant dans la terre chaque fois d’avantage, jusqu’à ce qu’il ne reste rien de lui qu’un peu de poussière que le vent a soufflé en arrière.
- Tu promets ?

J’aurais juré que mon souffle venait de parler. Non. Je me lève et mon torse scié en deux me met au supplice. Je suis l’autel d’une guerre, le théâtre d’une apocalypse. Sur moi, par moi, en moi des milliers de soldats ont perdus frères et entrailles, ils se sont battus jusqu’à mourir sur mon corps qui pèse plus lourd qu’avant. Je suis étourdi, ma vue se brouille. J’ai tellement grandi en un an. Les survivants ont rampé jusqu’à mes pieds gauches pour buter et s’éteindre sur mes rives que j’arpente comme tant de naufrages. Je suis un triste poème déchiré à la hache. Une épave, rien qu’une longue, longue et blanche page.

Quand j’ouvre la bouche, l’air empoisonne mes poumons qu’il taillade comme un dément. Les mots se forment ave maladresse sur ma langue, j’ai le cœur qui tremble. Il s’emballe d’être à nu, ravagé par cette guerre qui me précipite au tombeau qu’elle appelle la vie. A mon frère, je pourrais sourire.
« Je… Je n’entends rien, à ce que tu dis. Sourire à quelqu’un, je comprends mais sourire à la vie… elle n’est pas là, elle ne te voit pas faire. Elle est… morte, ma vie. Est-ce que tu pourrais me laisser là ? … me, m’oublier ? »

Et ne jamais revenir me chercher. La douleur sur mon torse encombre ma gorge, je suffoque, parle comme si j’avais couru pour en arriver à elle. Je saurais vivre dans un monde sans ombre. Sans rien, ni personne. Je pourrais oui, je promets. Je promets.

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