AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  



 

Partagez | 
 

 « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Nombre de messages : 95

MessageSujet: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Dim 17 Avr - 0:19

Mes yeux apprivoisent lentement la lumière. Ce soleil qui m’égorge, qui m’étripe et m’encombre de souvenirs si douloureux que j’en tremble. Je flotte dans une veste de laine trop grande pour moi. J’ai froid, constamment glacée de cette vie qui ne veut plus de moi. Je suis enroulée dans ce cardigan que ma mère avait tricoté pour Timmy, il y a de cela trois noëls. Je me sens si petite, que des os sous ma peau et ce duvet. Mon cœur est instable, étouffée par le ciel immense. J’avance mon pied droit. Un pas à la fois. Une belle enfant au sourire magique m’a conseillé de prendre du soleil. J’ai voulu essayé, juste pour pouvoir lui jurer que j’ai fais tout ce que je pouvais, le jour où je cesserai de respirer. Alors je sens le vent contre mon visage et je supporte son agression. Je me sens poussée, envahie par cet air qui est trop vif. Je peux compter les fois où je suis sortie depuis la mort de Timmy. J’ai évité quelques accidents à des enfants, pour épargner à une autre mère de mourir d’une sourde agonie comme moi. J’ai fais si peu que j’en ai mal au cœur. Si peu dans un si grand monde qui jamais ne pourra vivre en paix. La paix ne peut exister tant que les cœurs ne seront pas à toute épreuve. Ma paix à moi, jamais elle ne me sauvera. Je souffrirai encore le jour de ma mort, et même après.

Les arbres m’effraient, leurs feuilles mouvantes me donnent froid dans le dos. Les branches sont de monstrueux bras qui me retiennent prisonnière sur cette terre. J’avance le pied gauche. Un autre pas. Ce soleil est tout ce que j’en suis venue à détester. Je n’arrive plus à dormir. Il me nargue du matin au soir, donnant la tâche à cette lune d’en faire tout autant. J’installe un masque de cils devant mon regard, incapable de supporter autant de lumière.

J’ai bougé, vous savez. J’ai marché jusqu’au bout de la rue, pour me retrouver inévitablement dans ce parc où des enfants courent dans tous les sens. Des enfants qui ne mesurent pas la vie qui ne leur est pas acquise. Courrez à en perdre haleine, comme si c’était la dernière fois, ça pourrait l’être. Le soleil pourrait ne plus jamais se lever sur leurs têtes. J’inspire, faute d’être figée dans cette atmosphère trop légère pour la lourdeur de mon cœur. Mon cœur est de goudron, et il s’imbibe sous ma peau comme un tatouage, partageant la douleur également entre mes cellules, repoussant l’inévitabilité. Un jour, je ne pourrai plus avoir mal.

J’ai mal au cœur, mal à l’âme et je voudrais n’avoir jamais passé le pas de ma porte. Je tiens mes bras contre ma poitrine, serrant mes côtes à m’y enfoncer les ongles. Je ne respire plus, je ne vis plus, je ne suis plus. Je me laisse tomber sur un banc, m’enserrant dans mon cardigan, incapable de supporter le monde. Cet extérieur me brise, ne me laisse pas l’illusion bien gardée de ma maison. Les secondes résonnent à mes tympans, m’étourdissant.

J’inspire, n’ayant pas réalisé que je n’étais pas seule. Un homme est assis à ma gauche. Je croise son regard. Et si je vous disais pouvoir m’y voir. Ma peine est visible au beau milieu de ce bleu qui inonde ses yeux. Je voudrais cesser d’exister pour me soustraire à cette vision. Je n’ai pas le courage de m’en détourner, incapable de tout simplement suivre cette petite voix qui me crie de courir jusqu’à cette falaise. Jusqu’au bout du monde, s’il le faut. Jusqu’à Timmy.

« Je suis désolée, je . . . Je ne voulais pas m’imposer, je . . . »

Je me perds jusqu’à reconnaître un visage. Un visage et un nom. Un nom et un surnom. Un surnom et un pouvoir. Je ne sais trop quoi faire de cette compassion en encombre mon cœur. Je sais, pourquoi il a arraché les ailes d’un ange. Je sais et je comprends mieux que personne. Je sais, Alex, ce qui ronge ton cœur. Nous avons le même mal, tu sais.

« Oh, c’est toi . . . »

Je voudrais fermer les yeux. Rembobiner ma langue, pour ne pas l’importuner. Quoi dire à une femme qu’il prend probablement pour une admiratrice. Je le suis, en quelque sorte. Dis-moi, Alex, comment on fait pour continuer à vivre, parce que je ne sais pas, je ne sais plus . . .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 41

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Jeu 21 Avr - 22:38


Je ne sais plus comment on fait, pour respirer, je me demande encore qu'est ce qu'il fait que je suis encore là, à porter mon corps, plus fort que tout cela. Je perds la mémoire, je perds mes pensées, je ne crois plus savoir exister. Je suis là que pour celle que j'aime et celle que j'ai perdu. Pourquoi la vie nous inflige cela ? Pourquoi, je ne sais pas ?

Je suis assis depuis combien de temps, déjà ? Je vis et fais semblant depuis longtemps ? Ce n'est pas ma faute, les médecins ont dit que ce n'était pas la leur non plus. Alors à qui revient le titre de coupable si ce n'est à eux ou moi ? Je dois blâmer le monde entier de n'avoir pas su sauver ma poupée ? Je dois haïr l'univers de me contraindre à souffrir ? Je dois me détester de n'avoir pas su voir que les choses empiraient ? Comment ais-je fais pour laisser arriver cela. Le souvenir de cette journée, je suis condamné. Ca fait déjà des années, que mon monde s'est arrêté de tourner.

A l'instant où ses yeux se sont fermés pour ne plus jamais regarder à nouveaux. Comme si tout était en train de s'éteindre, et que le sourire de femme ne pourrait me sauver. D'ailleurs, amour, souris-tu encore des fois ? A cet instant, je ne sais pas. Je me perds, tu vois ? La vie réelle ne reprendra que le jour où mon dernier vol me mènera à celle que j'ai perdue, ma petite fille aux pieds nus.

SADIE« Je suis désolée, je . . . Je ne voulais pas m’imposer, je . . . »

Rien ne s'impose, rien ne se fais pour rien, on dit bien que c'est le destin. Que tout est écrit, que tout cela c'est une belle connerie. Je regarde celle qui est assise à côté de moi, je lui en veux presque, d'avoir cette tristesse au fonds des yeux, parce que je sais que les miens ne la possèdent pas. Enfermé dans un rôle où je dois cacher ce que je ressens, rester fort pour garder près de moi la dernière femme de ma vie qu'il me reste. Je la sauverai de ses pleurs. Vraiment, ce sera mon dernier exploit. Une vie contre le bonheur d'Anna.

SADIE« Oh, c’est toi . . . »

Ne pleure pas, Sadie, ton cœur est bien assez lourd comme ça. Je murmurerai tous les mots du monde s'il le fallait, tous ce que l'on peut dire dans des situations comme celle là, parce que je les connais par coeur ses formules de politesse que les gens aiment dire lorsqu'ils ne savent pas comment réagir face à une de ces ... Tragédies de la vie. Si cela pouvait arranger quelque chose, oui, je le dirai, jusqu'à ne plus avoir de salive à dépenser, de souffle dans la poitrine et de force dans le corps. Je le dirai jusqu'a l'épuisement, si ces choses là fonctionnaient.

Mais aucun mot ne peut aider, aucun sourire, aucune accolade et aucune compassion. Rien n'aide lorsque l'enfant part en premier. C'est la seule vérité. Rien n'arrange cette léthargie qu'est devenu la vie. Et même la souffrance de Sadie n'améliore pas la mienne, je me dis juste que les choses comme celles là ne devraient pas être permises. Pourquoi, tout cela, déjà ? Pour rien, pour du vent, pour un cœur écrasé en plein milieu du plus beau tournant. En plein milieu du sourire de son enfant. De son sang.

ALEX- Comment tu vas ?

Ma phrase prouve que je ne suis plus un héros, depuis que l'on m'a enlevé ma poupée. Un simple cœur brisé.


Dernière édition par Dark Angel le Mar 30 Aoû - 10:16, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 95

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Ven 22 Avr - 22:24

J’y croyais, tu sais, Alex, à ce monde qu’on aurait rendu beau et paisible. Le malheur devait être notre ennemi, pas la mort. Les vilains, peut-être aussi, mais j’étais certaine qu’on y arriverait, avec la force de nos cœurs comme la plus belle des armures. Maintenant, nous avons perdu la volonté de nous battre, pour une vie qui prend sans se retourner, à ceux qui leur a tant donnée. Nos enfants, ils ne nous les rendront jamais, Alex, jamais. Et si j’avais des ailes, je crois que j’aurais tenté de voler jusqu’au ciel, ne pouvant pas imaginer un paradis si cruel, ou un Dieu si sanglant.

Tu comprends surement les regards désobligeants, désolés. Qu’ils s’étouffent de leur pitié, je garderai ma peine, jalousement, comme les dernières reliques de Timmy. Je les garderai dans cette maison hors du temps, hors de la vie. Je pleins le monde de ta perte, mon héros, parce qu’elle nous a privé de toi. Je t’ai vu lorsque tu n’étais à peine plus âgé qu’un enfant. Cet enfant est devenu un homme admirable. Ça n’est pas toi qui s’es débarrassé de tes ailes, c’est la mort qui te les a enlevées. Dis-moi qu’on en meurt un jour, de ce mal qui dépasse la pire des tortures physiques. Arrachez-moi les ongles, pour me distraire de mon cœur lacéré. Brisez-moi les rotules, pour que je ne puisse plus marcher en vain à la recherche de mon fils. Tranchez ma gorge pour me libérer enfin. Non, ils n’en ont pas la décence.

- Comment tu vas ?

Sa voix est belle, si altérée par la souffrance, que je reconnais mon langage, celui des mots qu’on dit, faute de ne pouvoir les enterrer. Je voudrais prendre sa main et ses maux, ne croyant pas que ma peine puisse être plus forte qu’elle ne l’est. Je voudrais crier nos injustices, à ce monde qui tourne en rond sans comprendre l’absurdité de leur existence. Je voudrais pouvoir répondre à sa question, mais ce serait mentir, que de dire que je vais bien, que je vais mieux, que je suis en deuil, que je vais m’en sortir. . .

« Je vais nulle part, je crois . . .»

Morte parmi les vivants, trop vivante pour les morts. Mon cœur bat encore, et ça n’est pas un soulagement. Je suis un navire abandonné. Le capitaine n’est pas resté pour couleur avec moi, je vogue sans fin, sans destination. Je suis une échappée. La mort a oublié de me prendre au même moment que Timmy. Maudite mort, maudite vie, damnée boîte qui me garde prisonnière entre les deux.

« Et toi ? . . . »


Mens-moi, dis moi que c’est possible, de regarder à nouveau le soleil. Le seul soleil que je sais maintenant voir, c’est Callie, dont les cheveux blonds ondulent en apesanteur, alors qu’elle danse comme une toupie, tournant jusqu’à m’hypnotiser de cette réalité qui me laisse froide de déni. Tu sais, Alex, le monde, il n’est plus pour nous, je crois . . .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 41

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Mar 3 Mai - 16:08


J'accuse un soupir, je soupire pour qu'on me rende ma vie, celle où j'étais quelqu'un, celle qui avait un sens. Pourquoi tout semble se foutre le camp lorsqu'un coeur se brise ? Lorsqu'une histoire par en fumée, comme si c'était un rêve qui n'avait jamais été permis. Quelque chose qu'on ne respire qu'une fois. Un je ne sais quoi.

SADIE« Je vais nulle part, je crois . . . »

Tu sais que des fois, j'aimerai pouvoir arracher mes ailes une autre fois ? Souffrir assez pour oublier ce qu'il manque en moi. Parce que c'est oublie là, il n'est arrivé qu'une seule et unique fois. Le jour où j'ai arraché ce que les dieux m'ont donné. Un don pour n'importe quoi, pour une vie, tu crois ? Ce sont des conneries, toutes ces histoires, des bêtises bien racontées. De celles qui nous font croire qu'on est invincibles. Qu'on est spéciaux. Et puis, on revient dans la réalité.

SADIE« Et toi ? . . . »

Je ne sais plus, moi. J'ai peur comme je vis. J'ai mal partout, à l'intérieur, à l'extérieur. J'ai mal de devoir faire semblant, de me dire que je ne suis pas quelqu'un d'assez grand. Que ma vie ne se résume aux yeux du monde. J'ai mal encore plus que la douleur que me provoque mes ailes. Je ne suis pas un ange, loin de là, et encore loin d'etre le super héros que j'étais avant. J'ai peur de ma vie, alors comment pourrais-je sauver celle d'autrui ?

Alors moi, comment je vais ? Ce que je fais ? Je ne sais pas, depuis tellement longtemps, je ne sais pas. Je crois juste qu'en réalité ...

ALEX- J'attends.

J'attends que tout rentre dans l'ordre. J'attends que ma vie reprenne un sens. J'attends que ma femme se sente mieux. J'attends de pouvoir faire mon deuil, dans des milliers d'années. J'attends que ma vie devienne quelque chose qui vaille la peine d'être vécu.


Dernière édition par Dark Angel le Mar 30 Aoû - 10:16, édité 3 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 95

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Sam 14 Mai - 19:50

Le soleil me brûle, et ma peau m’incommode. Je suis un oiseau de nuit, maintenant. Je suis un corbeau, perché sur la tombe de mon fils, attendant une aube qui ne viendra jamais. Il fut un temps, où je marchais la tête haute, le soleil scintillant dans mes yeux, même les jours de pluie. Maintenant, lui et moi, on s’évite, on se fait du mal. J’ai un jour eut une idée effrayante. Quelques jours après la mort de Jimmy, je me suis demandée, si je pourrais faire exploser ce soleil qui me narguait d’être intouchable, lui. Et peut-être, que si je n’y arrivais pas, c’est moi qui éclaterait en morceaux, faute d’avoir cette bombe à retardement qui clique le décompte de ma vie, jusqu’au moment où je n’en pourrai plus. Les enfants, les parents, le parc, la vie, celle dont je ne fais plus partie.

Je ne sais pas quoi faire de cette souffrance jumelle qui nous lie autant qu’elle nous sépare de tous. Dis-moi, Alex, si on compte les maux et les souffrances, est-ce que les moins atteints auront plus de chances de survivre ? J’espère, pour tous ceux dont le cœur est intact, pour ceux qui sont impatients d’un demain que je redoute. Ne me laissez pas, ne me laissez pas respirer cet oxygène si précieux pour d’autres, celui qui m’écorche la gorge de toute cette vie qu’il contient. Particules d’arc-en-ciel, molécules de rêves, qui sont perdues dans les cendres des mes cauchemars devenus réalité.

- J'attends.

Oh, moi je n’attends plus, mais je devrais. Je devrais attendre, peu importe quoi, mais attendre, avoir quelque chose à espérer, quelque chose de palpable à voir à travers ce voile qui m’embue les pensées, ce brouillard qui m’étouffe. Tu me montreras, Alex, à attendre, à ne pas désirer une fin, comme celle de mon Timmy. Peut-être que si tu restes immobile, ici, avec moi, que je comprendrais pourquoi le temps est mauvais et pourquoi je ne sais plus vivre. Est-ce que tu sauras me dire, quand on n’aura plus rien à attendre, quand cette fois, ça n’en vaudra plus la peine ? Parce que je te ferai confiance, plus qu’à moi-même. La Sadie d’avant, celle là, je lui aurais confié ma vie, celle d’aujourd’hui, elle pourrait bien la saboter.

« Et si j’attendais avec toi . . . »

Dis que c’est bien, que c’est mieux. Non, ne me ment pas. Respire et crie les maux que je lis sur tes lèves, ceux qui affaissent tes épaules fatiguées d’avoir mal. Je sais. Je sais . . . Je connais ce mal, mais je n’y ai encore trouvé aucun remède. La seule autre alternative, bien que définitive, est à la fois tentante et paralysante.

Alors, Alex, est-ce qu’on peut ne rien dire, ne pas en parler, de ce coup qui nous a fait prendre dix ans en quelques secondes. On était beaux et grands, invincibles aux yeux de tous. Et ce qu’ils en pensent maintenant ? Rien du tout, parce qu’on nous a pris la plus belle part de notre âme.

« . . . peut-être que . . . »

Peut-être que ça pourrait faire une différence, mais j’en doute, j’en doute si fort que j’en ai mal, de me savoir si seule. Même John, devrait pouvoir entrer dans cette bulle qui m’écarte et m’esseule, c’était son fils, à lui aussi. Mais peut-être n’a-t-il jamais senti Timmy grandir à l’intérieur de lui, pour ensuite l’accompagner d’aussi proche, durant toutes les étapes qui ont fait de lui ce beau jeune homme, celui qui avait un cœur, un cœur beau comme le soleil. Non, il n’y a plus de peut-être dans un monde sans Timmy.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 41

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Mar 17 Mai - 10:27


Je n'ai plus envie de rien, ne pas la regarder pour ne pas voir dans ses yeux cette tristesse qui colle à ma peau autant qu'à la mienne. J'ai arraché mes ailes, mais je n'ai jamais su comment arracher ma peau. Ils ont dit, je crois, que leur héros voulait mourir, les laisser. Mais ils n'ont pas su voir que ce sont eux qui m'ont laisser de côté en premier. Je ne sais pas, je suis en colère, j'ai mal, je voudrai mourir plutôt que de ressentir cela. Anna, aides-moi ...

J'en peux plus de faire semblant pour toi, comme si la vie ne se résumait que maintenant à un sourire de ma femme, de celle qui ne sait que pleurer. Je suis l'homme, le héros, je ne dois pas me laisser aller. Je me laisse mourir plutôt que m'exprimer. Ma fille me manque, Sadie, tu sais ? C'est partout dans mes veines, c'est tellement présent que ça ronge, ça m'empêche de respirer. Mon oxygène n'a plus le même goût, comme ma vie, dis moi, mon amie, c'était quand le dernière fois que j'ai ris ? Quand elle est venue dans mes bras et qu'elle pleurait, elle a rit que je la console en volant, ses cheveux au vent. Plus rien n'a de sens, la vie trépasse.

SADIE« Et si j’attendais avec toi . . . »

Attendre la vie ? Attendre qu'un quelqu'un invente une machine à remonter le temps ? J'attends aussi, j'attends à en vivre à en crever. Comme si tout ça n'allait jamais s'arrêter. Bon dieu, c'est dans mon sang. C'était mon enfant. Ma toute belle, ma jolie, ma poupée, une princesse au pays des bras cassés, il n'y avait qu son père qui aurait pu la sauver. Elle m'aimait et je l'ai laissé partir devant les yeux de l'autre femme de ma vie. Je me ronge de remords sans comprendre, c'est une maladie qui nous l'a enlevé, mais je suis sur que si j'avais su voir comme il se doit on n'aurait pas vécu cela. La vie aurait été belle, tu vois ?

SADIE« . . . peut-être que . . . »

Peut être que quoi, dis moi ? Je ne sais pas, je n'y crois pas. J'ai peur, j'ai faim, j'ai froid. Je ne veux pas perdre ma femme, alors je souris, Sadie, tu sais le faire ça, toi ? Moi j'ai appris, et puis c'est devenu un mécanisme. Quelque chose que je ne contrôle pas. Je ne sais pas, mais en tout cas j'ai appris, parce qu'il le fallait pour continuer. Pour que ma femme continue. Ce n'est pas juste tout cela, ce n'est pas juste, j'en suis persuadé. Ils auraient du avoir le droit de continuer d'exister.

ALEX- Que la vie changera ?

Non, Sadie, je suis désolé, mais je n'y crois plus, je n'y crois pas ... Excuse moi.


Dernière édition par Dark Angel le Mar 30 Aoû - 10:15, édité 2 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 95

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Lun 4 Juil - 16:55

L’air agresse mes poumons, oppresse ce qu’il reste de moi. Sadie, celle qui voyait le meilleur dans chacun, celle qui croyait en demain. Cette femme là est morte depuis longtemps, arrachée à mon corps. Il ne reste que la Sadie qui ne sait plus vivre, celle qui déteste l’immensité du ciel et les promesses qu’il ne peut pas tenir. La Sadie qui a peur du soleil et de vivre dans la lumière. Cette Sadie là, pétrifiée à l’idée de laisser Timmy, seul dans les ténèbres de la mort. Cette Sadie là, c’est moi. Il ne reste que mes doutes et ce mal qui vit maintenant sous ma peau. J’étais l’optimisme et la réaliste, brutal mélange de réalité et de futur. Je ne suis plus qu’un murmure du passé, le songe d’un mort. Le temps est étrangement coincé dans cet entre-deux, entre la vie et la mort. Entre ma vie et sa mort.

Le présent n’est que ce parc. Les enfants courent à leur mort, et je surveille, souhaitant que personne ne tombe, que mon pouvoir ne soit pas nécessaire. J’ai du mal avec cette partie de moi, reniée depuis un moment, depuis une mort. Je ne veux pas être poussée à ouvrir la porte de ma conscience, là où résident mes souvenirs et mon pouvoir. La dernière fois, j’étais pétrifiée, à la merci de cette force qui sommeille en moi. Elle aurait pu me terrasser, ne laisser de moi que les débris d’un corps dont l’âme est depuis longtemps déchirée. La fin aurait été sans mal, la délivrance tant désirée. J’aurais rejoins mon fils, trouvant une deuxième vie à travers le vent et la terre.

- Que la vie changera ?

Non, c’était stupide. On attend pour rien. Je le sais maintenant, comme cette évidence que je ne souhaitais pas admettre. Peut-être qu’il me reste une molécule d’optimisme dans ce corps que j’habite. Peut-être qu’on ne peut pas échapper à sa nature et que c’est justement ce qui me détruit. Je ne veux pas oublier mon fils, je ne peux pas. Il était cette partie de moi, ce morceau de tout ce que j’ai de meilleur, qui a évolué en dehors de moi, pour devenir quelqu’un à part, un cœur unique, une âme honnête. C’était tout ce que je voulais. . .

Je voulais voir mon fils grandir, et tenir dans mes bras ses enfants, qui déferaient avec enthousiasme mon chignon gris, alors que je les bercerais sur la véranda, simplement heureuse d’avoir vécu, pas le moindrement triste d’avoir vieilli. C’était la petite vision tranquille de mon avenir que je choyais chaque soir avant de m’endormir. Maintenant, je bats contre le sommeil, incapable de m’avouer une fin où je serai seule, triste et ridée.

Le triste sourire d’Alex ne m’encourage à rien. Je sais au plus profond de moi, que rien ne changeras. Que je vivrai toute ma vie avec ce vide en moi. Aussi longtemps que je vivrai. . .

« Qu’on retrouveras goût à quelque chose . . . »

Je sais très bien, que ce mal en moi est permanent. Mais j’aimerais qu’il se taise, le temps de me laisser savourer ce qu’il reste de ma vie. Si je pouvais goûter aux fraises du printemps, sans réaliser que plus jamais, Timmy ne m’aideras à les récolleter pour les confitures que je faisais chaque année. J’aimerais pouvoir le faire avec nostalgie, sans jamais l’oublier, mais chaque geste quotidien me rappelle un temps où il était à mes côtés. On ne guérit pas de nos morts, et je doute même que j’y survives.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 41

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Mar 30 Aoû - 10:14


J'ai l'impression d'être aigri, je n'ai plus gout à la vie. Mon mal de ventre ne me quitte pas, comme une peur qui ronge les entrailles d'un enfant. Le monstre sous le lit, et le crocodile sous l'escalier. Le besoin d'un père pour se rendre compte qu'à jamais il sera protégé.

Et même les super-héros ne sont pas immunisés. Même eux voient leurs enfants les quitter, et ça je refuse de me dire que c'est une normalité. Je refuse de penser que ma femme pleure pour quelque chose qu'elle devrait accepter. Je m'y refuse à penser cela, j'en veux au monde entier et la terre ne tourne plus rond, je crois.

Ma vie n'a plus de sens, plus rien n'a d'importance même l'action de respirer semble bonne à jeter. Et toi, la grande Pandora, que penses-tu de tout cela ? Est-ce qu'il vient hanter tes rêves la nuit ou est ce que tu ne dors plus depuis ? Est ce que ton sang ne semble faire qu'un tour lorsqu'en journée tu entends son prénom lancé dans la rue, dans le vent, par quelqu'un qui ne sait pas ce qu'il signifie vraiment ?

Dis-moi Sadie, est ce que tu es comme moi ? Est-ce que ta vie est aussi vide que ce que je crois ? Est-ce que ton monde n'existe pas, n'existe plus ? Est-ce que la pluie a envahi ton esprit ? Est-ce que les pourquoi t'assaillent sans arrêt ? Est-ce que les questions coulent en toi comme le pire des venins, celui que tu ne pourras jamais stopper, celui dont tu ne pourras jamais te relever.

« Qu’on retrouvera goût à quelque chose . . . »

C'est un savant mélange de colère et de tristesse quelque chose inventé pour nous faire penser que nous sommes encore vivants. Que nous sommes les idiots, incompétents, ceux qui ont survécu à leurs enfants. Même les larmes ne veulent plus de moi, parce que j'ai trop pleuré, je crois. J'ai perdu le gout du liquide lacrymal, perdu ce privilège en même temps que la maladie me l'a enlevé. Toutes ces choses ne devraient pas pouvoir exister.

Je respire parce que je le dois, me hais presque de faire cela. Je n'ose plus regarder Sadie, parce que je ne veux plus affronter sa tristesse, le vide qu'elle a en elle, et je ne veux pas voir le mien à travers ses yeux, je ne veux pas me dire encore une fois que ma vie s'achève petit à petit. J'aurai du mourir à sa place, là se trouve toute l'évidence, la vérité. Un monde que j'aurai vu comme parfait.

- Les parents ne doivent pas survivre à leurs enfants.

Je ne souhaite pas ta mort, mon amie, loin de là, crois-moi. Mais la phrase semble s'être échappée de moi, comme si elle avait attendu des années enfin de vivre son apogée. Comme si je ne sais pas, comme si la maladie n'aurait pas du la trouver, ma poupée.

Et à la fin je ne me torture pas, je me dis qu'elle l'a comprise cette phrase là. Que dans l'ordre des choses, les parents doivent mourir en premier, que ce sont les enfants qui doivent pleurer pour un temps et puis mettre de côté ce papa qu'ils ont tant aimé. Mais perdre un enfant, c'est perdre une partie de soi, une partie qui vient de soi.

C'est si terrible que ça me ronge, crois-moi, de l'intérieur jusqu'à l'extérieur. C'est une douleur qui vient d'ailleurs. Et la nuit, Sadie, la réponse à la question, c'est que je ne dors pas. Je ne dors plus depuis qu'on me l'a enlevé. Je n'ai plus la force d'affronter ses rêves où je la voit encore danser.


Dernière édition par Dark Angel le Mar 6 Sep - 11:47, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 95

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Lun 5 Sep - 0:59

Le temps n’est qu’une torture, tout comme le ciel et son soleil. Ma lumière, elle avait un nom, une forme et une âme. C’était toi, Timmy, qui gardait mon cœur jeune et invincible. De vagues souvenirs du temps où j’étais grande me passent devant les yeux. Une salle de classe. Le doux rire d’un homme. Les jouets d’enfants sur le parquet du salon. Une porte. Un bureau. Un titre. Une vie. Rideau, le spectacle est terminé, mon existence aussi.

La vie m’écrase, et j’ai perdu pied. J’ai tant perdu que mon cœur se vide automatiquement, il est troué, il prend l’air et la mort. Mes yeux sont secs. Je ne pleure plus, parce que je n’ai plus rien au cœur. Ma poitrine est vide de cet amour qui un jour m’animais. C’était ma force et ma passion. Je parle au passé, ma vie découpée au couteau, un soir d’été. Regarde l’horizon et le soleil qui brûle ma rétine, et la peine qui détruit mon âme.

L’architecte qui a construit ce monde a fait une erreur en me bâtissant. De faibles os, une longue silhouette, un cœur pour le briser et une faille si grande que j’étais certaine d’en tomber. Ici l’histoire, d’une Pandora qu’on a construit trop haut. Et je chute encore, certaine de toucher le sol très bientôt, pour ne jamais m’en relever. La vitesse et le vent devraient m’empêcher de tourner en rond, de penser jusqu’à m’en arracher les ongles, mais je ne peux chasser ces images de ma tête. Celle de Timmy, mort. Celle de notre maison, vide. Celle de ce monde, insensé.

Je me demande, Alex, pourquoi la vie t’as arraché tes ailes. Pourquoi tous les pouvoirs du monde, n’ont pas empêché ta perte. La mort nous poursuit, jalouse de ceux qui possèdent nos cœurs. Elle n’est pas vêtue de noir, mais d’un voile si transparent qu’il est impossible de la voir venir. Elle rampe et grimpe jusqu’à ceux qui nous tiennent en vie. Aucun vilain n’épousera jamais le mal qu’elle répand. Le mal qui nous tient si petits, alors que nous avons été si grands.

- Les parents ne doivent pas survivre à leurs enfants.

La voici, la raison. Celle qui explique pourquoi je me sens mourir. Je ne devais pas survivre. Mes épaules sont secouées d’un frisson. Chaque fois que les étincelles dans mes yeux se voilaient, une main forte se posait sur mon épaule, celle de John, puis celle de Timmy. Et l’amour dans leurs yeux était la chose la plus précieuse au monde, assez pour effacer tous les maux et tous les doutes. Mais je ne peux plus regarder Johnny dans les yeux, et Timmy . . . Timmy n’est plus.

On ne devrait pas avoir à survivre, mais j’ai bravé le soleil aujourd’hui. Et demain je surmonterai la peine. Gardant solide, le barrage qui m’empêche d’être entraînée par le courant, noyée dans les rapides de ma conscience. Le monde est si grand et pourtant il ne semble pas pouvoir contenir toute ma peine.

« Mais . . . »

Mais quoi ? Les mots restent pendus à mes lèvres. La réaliste que j’étais se débat à l’intérieur de moi. Cherchant raisons et motifs qui pourraient expliquer ce monde cruel

« . . . Mais on n’y peut rien. . . »

J’aurais ravagé le monde, pour en récupérer Timmy. J’aurais vendu mon âme pour lui permettre de vivre et de rêver. J’aurais embrasé cette terre pour simplement le tenir une dernière fois dans mes bras. Mais je n’y pouvais rien. Je suis encore cette impuissante. Regardant la réalité terrasser le cœur en or que je portais si fièrement. Comme quoi le bonheur n’est pas fait pour durer. Comme quoi la vie est faite pour être arrachée.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 41

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Jeu 6 Oct - 10:34


J'ai mal au coeur, Sadie, tu sais ? J'ai mal au cœur de me savoir encore en vie. D'exister. D'essayer encore et toujours de sauver un monde qui m'a tout enlevé. J'ai perdu des amis dans mes batailles. Jamais je n'aurai cru possible de perde un enfant par la maladie. Pourquoi ? Pourquoi tout ça ? Pourquoi toi, pourquoi moi ?

Je soutiens qu'on ne devrait pas vivre ces choses là. Comment est-ce qu'ils font les autres ? Ils continuent, ils avancent. Et nous ? Moi, je reste là, je subis ce que la vie veut faire avec moi. Elle joue, tu vois ? Elle joue et moi je ne ris plus, je ne ris pas. J'ai juste mal là, au fond de ma poitrine, mon cœur.
Mes pensées se résument toujours à la même chose. Une rengaine dans laquelle je me suis enfermé. Un mensonge bien trop grand pour être vrai. Et ces petits mots stupides qui se répètent sans arrêt. Ce que je dis au monde entier : Je vais bien, vous savez.

« Mais . . . »

Mais quoi, Sadie, dis moi ? Chante moi le monde, dis moi qu'il a eu raison. Ou tout du moins qu'il en avait une de raison de faire tout cela. De t'enlever ton fils, d'enlever ma famille. De créer cet accident dans lequel il s'est tué. Les voitures ne devraient pas exister. On aurait du pouvoir le sauver. Quand je pense à Lara, je me dis qu'elle ne voit pas ce côté là. Un sur deux ce n'est pas assez, elle aurait du y arriver.
Mais pour moi ? Pour moi Pandora, tu en penses quoi ?
Tu justifies comment cette chose qui l'a bouffé de l'intérieur, m'a pulvérisé le cœur ?

« . . . Mais on n’y peut rien. . . »

Je ferme les yeux, pour accuser le coup, celui de savoir qu'elle aussi est impuissante que moi. On est rien Sadie, tu crois ? On choisi pas, nos pouvoirs ne nous servent même pas à sauver notre famille, les gens qu'on aiment. Des inconnus ? Je ne compte même plus combien j'ai aidé ... Pourquoi je n'ai pas pu faire la même chose pour ma propre fille ? Pour mon Alana ? Mon enfant, mon sang.

- Et ... ?

Et quoi Alexander ? Je ne sais pas. Je soupire parce que je sais que je ne vis pas. Je ne ressens rien, tu vois ? La souffrance est là, mais elle semble si encrée en moi que je ne sais pas. Je crois qu'elle n'a plus aucun effet sur moi. Elle est juste là, toujours. A jamais surement. Personne ne pourra boucher cela. Et même si je fais semblant pour celle que j'aime, pour l'amour de ma vie, Anna. Je ne sais pas, je ne ressens rien, Sadie, rien du tout.

Et c'est tout, c'est comme ça. La conclusion de tout cela ne mène à rien. On en sera toujours au même point, je le sais, le ressens. Même le temps n'aidera pas, j'en suis persuadé. Les mots ne serviront pas, aucun homme ne pourra trouver la solution pour stopper ce saignement, cette agonie dans laquelle on vit.

C'est la seule vérité, celle où nous sommes condamnés.

- Et alors on fait quoi ?

Ne dis pas rien Sadie, promets moi une autre vie ...
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 95

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Ven 23 Déc - 17:11

Et j’entends son désespoir, puissant écho du mien. Parce qu’on a tant perdu en donnant la vie. Les premiers jours, je me suis questionnée en silence durant des heures. Cherchant ce que j’avais fait de mal pour mériter un tel sort. Creusant au plus profond de moi-même pour trouver la tare, la partie noircie, le quelque chose qui pourrait justifier. Juste pour me prouver que je le méritais. C’était impossible pour moi, d’accepter que ça puisse arriver sans raison. Que Timmy soit mort aussi facilement, sur le coup. Qu’il soit mort sans moi. Le pire, c’est de voir que le monde a continué d’avancer. Que le temps ne s’est pas arrêté. C’était juste Timmy, mon Timmy. Je me sens comme une petite fourmi, une petite chose sur qui personne n’a veillé. Comme si mon cœur et ma famille n’avait pas d’importance. Il n’y a pas de puissance supérieure, de grand dieu, personne pour éviter le pire, pour empêcher les cœurs de se briser contre le béton armé. Parce qu’au moment où le corps de Timmy s’est fracassé contre le pare-brise, c’est mon cœur qui est tombé en cendres. Je n’arrive pas à mettre le doigt sur ce qui pourrait réparer ma vie. Je ne sais même pas si j’en ai envie.

- Et ... ?

Sa phrase reste en suspens, tout comme ma vie. J’espère encore que mon fils pousse la porte de la maison, pour laisser ses souliers en plein milieu de l’entrée, et demander ce qu’il y a pour souper. J’attends qu’on me rende mon fils, qu’on me redonne ma vie. Mais les deux se sont envolés en fumée, l’instant d’une distraction, à la force d’un impact. Froidement, je peux m’imaginer la scène. Mais s’en suit un désespoir sans nom. Une envie de m’arracher la peau, de me crever les yeux, de n’être plus rien. J’étais parfaite. J’ai fait tout ce qu’on attendait de moi. J’ai donné ma vie à aider les autres, et quelle est ma récompense ? Je n’attendais rien en retour, surtout pas de me faire arracher une partie de moi. Timmy, tu étais ma fierté, mon amour. C’est drôle de se dire qu’on aime quelqu’un plus que soi-même. C’était comme ça avec mon fils, je l’aurais aimé jusqu’au jour de ma mort. Je l’aurai aimé jusqu’au jour de sa mort, et plus encore.

- Et alors on fait quoi ?

On ne nous a pas donné le choix, on fait comme on peut, on survit comme on se doit. L’ironie de vivre pour nos morts. De se dire qu’ils n’auraient pas voulu qu’on baisse les bras. Qu’ils nous aimaient trop pour nous voir souffrir comme ça. Et on ne peut rien y faire. Il n’y a aucun paradis duquel ils nous observent, petites âmes libres d’un monde qui les a délaissés. Mes mains tremblent d’un mal intérieur quand je pense à Timmy, tout seul dans son cercueil. Une boîte de bois pour cacher son beau visage qui n’est maintenant plus qu’un squelette aux orbites vides. Timmy dont les yeux pétillaient de vie, que ce soit de ses bons coups comme des mauvais. Il vivait comme personne, ayant grandis si vite. Mon petit garçon étant presque un homme. Tu aurais été un homme formidable, Tim, un homme incroyable.

« On a pas d’autre choix que de survivre pour ceux qu’on aime . . . »


C’est le mieux que je puisse faire, Alex. Ce serait de me mentir de me dire que ce n’est pas Anna qui te retient ici. Qu’elle n’est pas la seule à t’empêcher de voler jusqu’au soleil pour te brûler en plein vol. Se consumer, ce serait si facile d’en finir, mais regarde-nous, assis parmi les enfants qui s’amusent dans le parc. C’est la vie qui nous entoure, pas la mort. Nos yeux nous trompent, créant des illusions à même notre peine sans fin. On en oublie ce qui est vrai et ce qui ne l’est pas. L’amour est vrai, aussi douloureux soit-il.

« Comment vas Anna ? »

Anna la douce. Un ange sur terre. Elle était un constant bonheur à côtoyer, à l’école, où elle fait une vraie différence dans la vie de ces jeunes aux capacités uniques. C’est une chance d’avoir une femme comme elle à Savior High. Un miracle qu’elle soit toujours debout, moi qui est incapable d’exister, trop meurtrie pour affronter la vie.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 41

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Ven 27 Jan - 10:09


J'espère un monde où la maladie n'existe pas, où une machine à remonter le temps existerai, où tout serait beau, parfait. J'espère que ma vie redevienne celle qu'elle était, où je ne sais pas, tout irait bien, tu vois ?
Où mes yeux ne seraient pas fatigués, d'avoir trop pleurer, où le sourire de ma femme serait tout simplement vrai.
J'aspire à une vie qui serait celle qui devrait être, je ferme les yeux, je respire alors que je voudrai tout arrêter, je ne sais pas. Sadie montre moi le monde, dis moi, que tout ça n'est qu'un cauchemar, qu'on va finir par se réveiller, qu'on aimera ceux qu'on est, sans s'en vouloir d'avoir survécu. La maladie aurait du prendre ma vie, pas celle d'une enfant, pas celle de mon enfant.

« On a pas d’autre choix que de survivre pour ceux qu’on aime . . . »

Je soupire, je ne sais pas si je dois voir de la vérité dans cette phrase ou si je dois apercevoir la cruauté des choses. Je survie pour elles, mais à quoi bon ?
Elles auraient du survivre pour moi. A quoi sert de faire le bien, de sauver le monde, si c'est ce même monde qui nous enlève nos biens les plus précieux.
Elle n'était pas un joyeux, elle était la couronne que je portais fièrement. Elle était celle qui servait à mon bien. Et moi ? Je suis le bien pour ceux que je ne connais pas.
Je ne hais pas le monde, loin de là, les gens, ceux qui ont besoin de moi, je suis juste emplie d'une rancune qui ne me quitte pas.
J'ai mal au ventre, et je me dis sans arrêt que depuis ce jour là, le grand Dark Angel est fini. Je souffre, en permanence, et me couper les ailes m'a desservie, je suis tout de même moi, alors que je voudrai n'être qu'une moitié de cela.
Je ne devrai pas pouvoir voler, m'élever pour un monde, dans un ciel, où je ne sais pas si elle me regarde, si elle est fière de moi.
Nous ne sommes pas des héros, ceux qui sauvent. Nous sommes ceux qui survivre sans mot dire. Ni même un murmure. On reste là tandis qu'on nous susurre une vie meilleure, qu'on nous conte un grand cœur.

« Comment va Anna ? »

Anna ? Anna, elle travaille, tu vois. Elle est brillante, bien plus que moi, elle est là, s'occupe des enfants comme si c'était les siens.
Elle se noie derrière leurs sourires, ceux qu'elle voudrait pour notre fille, surement. Anna est parfaite, Sadie.
Je souris, à peine, et ce mouvement me pince le cœur, j'ai le mal de joie. Il colle à ma peau, refuse de me quitter. C'est encré en moi, pour les siècles à venir. On se souviendra de moi comme celui qui a souffert jusqu'à la fin.
Ma femme va bien, je crois, je souris pour elle, chaque soir que je rentre chez moi, je la protège comme je sais qu'elle veut me protéger.
J'accuse la souffrance comme une veille amie, je regarde mon amie, espère du mieux que je peux lui dire ce qu'elle veut entendre. Je prends la force en moi, là où il en reste, je crois.

- Anna ? Elle ne baisse pas les bras ...

Parce que c'est comme ça qu'elle va, et même si elle le cache, même si elle est forte pour deux, voir même trois.
Je sais qu'elle a mal, je le sens en moi, je la connais par cœur et ses yeux sont égaux aux miens, ils ont déjà trop souffert, trop vécu.
Elle supporte le poids du monde sur ses épaules tandis que peu à peu je choisis de le laisser tomber. Elle est ma meilleure moitié, mon meilleur tiers, qui sait.
Anna, c'est simple à comprendre, Sadie, elle va comme toi ... Elle subit sa vie comme une mère à qui on a arraché son enfant. Elle est à demi elle, comme je suis à demi moi.
Et ne mens pas, je sais que tu es à demi toi, depuis ce jour là.


Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 95

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Mer 8 Fév - 2:58

Des mes mains sèches, mortes, crispées sur mes genoux osseux, je touche au présent. La seule vérité qu’il me reste. Ma tête aimerait compter ce que j’ai, alors que mon cœur s’accroche à ce qui m’a été enlevé. Mes lèvres s’écartent en un sourire tordu. J’aimerais connaître la force qui fait d’Anna une femme toujours debout, capable d’avancer, de simplement bouger. Mon corps est figé dans une peine qui ne faiblit pas. Mes maux nourris par le rappel de Timmy dans tout ce qui m’entoure, dans tout ce qui fut un jour ma joie. C’est incroyable de penser que ma vie tournait autour de lui, de son sourire et de ses amis. Parce que je n’arrive pas à me défaire de tous ceux qui comme moi l’on aimé. Callie, avec son cœur d’ange et sa magie. Sa douce compassion qui cache son cœur brisé, d’avoir rêvé trop fort. Garry, dont la folie s’accordait à celle de mes deux inséparables. Accepté pour son courage, son humour et ses mauvais tours. Même Jimmy, le bourreau de mon âme, qui revient enfin me redonner une part de Timmy, celle qui vit en lui depuis toujours. Et je suis supposée oublier, passer à autre chose, continuer. Des enfants, tout simplement, dont le futur est encore à découvrir. Mon cœur brûle de simplement penser aux années qui m’ont été enlevées. De celles de sa graduation, de son mariage ou j’aurais pleuré comme une madeleine, des noëls passés en famille avec mes petits enfants. Tous les moments qui se sont envolés en fumée lors de l’impact d’une voiture contre un arbre. Une fraction de secondes pour détruire toute une vie. Rien d’autre que le silence de ses mots, l’horreur de l’absence, le vide de tout espoir. Même John, mon Johnny, ne me regarde plus dans les yeux.

- Anna ? Elle ne baisse pas les bras ...

Un espoir dans ce noir si dense que j’en respire du béton. Une femme qui mérite plus que toutes, son titre d’héroine. Alors que le dos droit, elle donne sa force, son don à ceux qui en ont le plus besoin, à nos sauveurs de demain. J’admire son courage, celui dont je manque cruellement. Mes bras sont baissés, tout mon être est abandonné. Je meurs tranquillement de mon amour pour Timmy, de cette impuissance, de vouloir tout donner pour le ramener, sachant que ça ne sera jamais assez. Je ferais don de ma vie pour voir une dernière fois son sourire s’effacer alors que le monde entier l’attend pour tourner. Fermer les yeux, sachant qu’il a une vie remplie, qu’il est aimé à en être invincible. Il brillait d’être aimé, mon fils, mon enfant, mon Timothy aux espoirs encore plus grands que son nom.

« Elle a toujours été merveilleuse . . . »

Je pense à mon propre survivant, celui que je tiens à bout de bras, incapable de me laisser approcher, incapable de m’en séparer. Ma vie ne tien qu’à un fil, il est ce fil, ce que tord et détruit de mes silences, espérant qu’il me laisse tomber dans ma noirceur. Mais son amour pour moi est de fer, aussi incompréhensible que ça soit pour moi. Jamais je n’ai compris pourquoi il m’aimait moi et pas une autre. Pourquoi il supportait mes horribles horaires. Toutes ces années ou il attendait mon retour, moi qui avait passé plus de temps à l’école que prévu, incapable de laisser un étudiant en besoin. C’était tellement plus qu’un travail, c’était une passion, un sens qu’avait ma vie.

« J’aimerais être aussi forte, on devrait l’être aussi, tous les deux, pour ceux qu’on aime. . . »

Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 41

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Sam 11 Fév - 13:49

Je regarde mes mains, ne sais pas vraiment que faire de moi. Cette carcasse que je porte en souffrant un peu plus à chaque seconde. Le souvenir de ma fille, le sourire que ma femme tient sur ses lèvres tous les jours, plus pour moi que pour elle. Pour ses élèves, pour le monde entier. Parce que la douceur qu'elle porte en elle apaiserait n'importe qui. Et je suis sure que si elle te prenait dans ses bras, ma belle amie, ma Sadie, tu irais un peu mieux. Parce qu'elle est comme ça, Anna, si forte, si parfaite. Il y a des jours où je crois que je ne la mérite pas, et puis, je remercie le ciel de voir qu'elle est toujours là, qu'elle veut toujours de moi.

« Elle a toujours été merveilleuse . . . »

Et même plus que ça. J'accroche un sourire sur mes lèvres, approuve d'un hochement de tête les paroles de Sadie. Oui ma femme est merveilleuse, et je m'en veux tellement de ne pas pouvoir lui rendre son enfant. J'aimerai remonter le temps, débloquer mon cerveau. Arrêter de me dire que je suis maudis, que la vie reprenne son cours, celui qu'elle aurait du suivre des le départ. Celui où Timmy aurait continué à sourire, à danser, à rire, et celui où ma poupée l'aurait regardé bien grand rêvant du jour où elle pourrait faire comme lui. Ils auraient du rester, Sadie, c'est dieu qui nous a abandonné le jour où ils nous ont été arrachés.

« J’aimerais être aussi forte, on devrait l’être aussi, tous les deux, pour ceux qu’on aime. . . »

Je ne sais pas vraiment si elle est forte, je crois qu'elle est un peu pour moi, comme je suis forte pour elle lorsqu'on est ensemble. Je crois qu'on fait un peu semblant, pour nous aider mutuellement. Je ne sais pas si ça fonctionne vraiment. J'ai jamais su, de toute façon. J'ai pas appris à vivre après la mort de mon enfant. Il devrait y avoir des gens qui nous montre ce qu'il faut faire, comment gérer cette affaire. Pourquoi ne pas maudire le monde entier ? Essayer de garder l'espoir intact, comme ça ?

J'aimerai vraiment savoir qui a inventé toutes ces règles là, parce que je souffre, et je ne comprends pas pourquoi je n'aurai pas le droit d’être en colère contre ça. Je ne devrai pas pouvoir voler encore, alors que ma petite ne peux même plus exister. J'ai arraché mes ailes, je me voulais clouer au sol, ne plus bouger. Faire de ma chambre un caveau parfaitement trouvé. Mais non, je m'élève quand même et le sourire de ma femme est toujours là, pour moi. Pour ma fille, aussi, mais pour moi. Je ne mérite pas cela. Je devrais être un homme comme on en voit des milliers, des hommes fous prêts à n'importe quoi pour que tout s'arrête.

- J'essaie, j'essaie vraiment Sadie, mais ce sont les injustices de la vie qui empêchent d'être fort. On se bat ? Pour au final toujours prendre un mauvais coup.

Parce que quand on croit voir enfin le soleil, ou ne serais-ce qu'un seul minime rayon qui éclaire à nouveau nos visages ? C'est la vie qui nous rattrape à chaque fois. Pour nous rappeler que l'enfer il est avant tout sur Terre.
Et ce n'est pas juste tout ça, réellement pas. Et ça fait encore plus mal de se dire que malgré toutes mes pensées, je continue, pour celle que j'aime et celle que j'ai aimé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 95

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Jeu 16 Fév - 2:55

Et mon espoir est écrasé par la réalité impassible. Rien n'a changé. Je ressens toujours aussi fortement l'absence et la mort de Timmy. Mon corps m'abandonne, détruit par la peine qui me ronge les os. Un soleil ironique pour illuminer une vie sans lui. Mon coeur palpite d'une urgence sans nom. Je n'attends plus rien, qu'il m'abandonne enfin. Que mon coeur cesse de pomper un sang douloureux à travers mes veines. La vie elle-même me fait du mal.

Le temps lapide de son sable mes années. Sablier tordu des jours sans lui. Ébauche d'une vie qui aurait pu. Le sourire de ses enfants qui tourne en rond dans le néant. Les yeux qu'ils auraient eu. Ma cage thoracique se brise en morceaux. Libérant ces souvenirs que j'ai trop longtemps gardés en moi. Des bribes de quotidien. Des éclats d'avant. Des étincelles de verre enfoncées dans ma chair. La peine est supposée être un effet psychologique. C'est ce qu'ils clament de leurs titres de docteurs. Pourtant la mienne est physique. Chaque parcelle de mon corps et de mes entrailles pleure Timmy. Rouant de courbatures et d’hémorragies internes ma carcasse qui ne demande aucune pitié Pas de pitié pour les mères qui n'ont pas su protéger leurs enfants.

- J'essaie, j'essaie vraiment Sadie, mais ce sont les injustices de la vie qui empêchent d'être fort. On se bat ? Pour au final toujours prendre un mauvais coup.

Une force enfuie se puise à même l'injustice qui m'allume. Alex et Anna, deux héros au coeur d'or qui ont lentement vu leur petite fille souffrir, puis mourir. Personne ne méritais une telle horreur, certainement pas ces deux êtres exceptionnels. Leurs coeurs étaient bâtis à même la bonté. Leur union bénie d'un bonheur que j'ai autrefois connu. Avant d'oublier que je suis.

« Il n'y a pas de destin, pas de coup du sort, pas de dieu tout puissant qui juge et condamne. »


Tout ce que je me suis dit à moi-même passe la barrières de mes lèvres tremblantes. Tout ce qui troublait ma paix. Chaque faute repoussée d'un revers de rage. Pour ces fois où je maudissais le ciel d'être inhumain. Aucune consolation pour ceux qui ne croient pas à la rédemption qu'accorde un tout puissant dans le mystères des épreuves qu'il nous fait subir. Aucune église ne pourra me regarder droit dans les yeux et proclamer que c'était la volonté divine. Que Timmy est mort d'autre chose que d'un accident. Mon fils, mort. Et aucune explication n'amoindrira la douleur de le savoir arraché à moi, sans chance de retour.

« Que la vie ou la mort. »

Rien entre les deux. Un voile qu'on passe sans savoir. Timmy n'a pas su. Sur le coup qu'ils ont dit. Comme un escalier qu'on descend jusqu'à notre fin. Il manquait une marche, et Timmy n'a pas vu, peut-être que c'était trop noir ou qu'il a eu le vertige. Que lorsque son corps s'est brisé sur le pare-brise, il a simplement pensé voler. Mon coeur a toujours gardé secret cette idée tranquille. Que probablement Timmy avait un pouvoir dont il ne connaissait pas l'existence. Il aurait eu toute une vie pour le découvrir. Toute une vie. Toute une mort.

« Et en ce moment, aussi injuste que ça puisse nous sembler, nous sommes toujours vivants. »


Mes épaules se sont redressées. Dis-moi que tu comprends. Qu'on doit être plus forts. Que nos enfants seraient peinés de nous voir brisés. J'en fais la promesse, je me reconstruirai. Plus solide, cette fois. Sans failles. Avec beaucoup d'amour, de détermination, de volonté. On ne peut plus continuer à vivre avec les morts, Alex. Ton coeur et le mien battent encore. Nos sens sont meurtris parce qu'on peut encore ressentir. C'est ça être vivants.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 41

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Mer 22 Fév - 10:22

Je ferme les yeux, peut être un peu trop. Je tente un sourire et ne sais plus vraiment quoi penser, je suis en colère, comme je le suis tout le temps depuis ce jour sinistre où ma vie a basculé. J'ai l'impression que le sol tremble, que les esprits s'étouffent et que le temps passe autant qu'il ne le fait pas. La souffrance à un nom depuis que c'est arrivé et je suis à moitié persuadé que c'est un anagramme du mien. J'ai plus envie de réfléchir, plus envie d'y penser à haute voix, et je souhaiterai que Sadie ne me réponde pas. C'est possible, tu crois, qu'on reste ici dans le silence toi et moi ?

« Il n'y a pas de destin, pas de coup du sort, pas de dieu tout puissant qui juge et condamne. »

Et j'ai envie de hurler, de lui dire que s'il n'y a aucune de ces choses là, vers où le monde s'en va ? On souffrira tous, c'est ça ? Le reste de la population égale à nous ? Et notre rôle de héros sera fini, éteins. Jusqu'au bout on n'aura servi strictement à rien ? Je comprends pas, Sadie, j'y comprends rien. Je la tenais dans mes bras, et aujourd'hui, elle n'est plus là, je ne comprends pas.

« Que la vie ou la mort. »

Alors je préfère la seconde option, s'il n'y a que ça. Si on vit pour mourir autant foncer de suite, non ? Je ferme les yeux, j'ai la migraine de trop penser, la nausée d'exister. Je ne vois aucune solution, je réfléchis pourtant, mais rien ne vient, ma fille n'est plus là et aucun super héros ne pourrai me la ramener, ou est passé celui qui arrive à réanimer les morts, hein ? Il a laissé le monde tomber avant d'exister.

« Et en ce moment, aussi injuste que ça puisse nous sembler, nous sommes toujours vivants. »

Je soupire, entendant sa conclusion, me rendant compte qu'elle ne me déplait qu'à moitié. Oui, on vit et c'est tout ce qui peut ressortir de toute nos pensées. Envers et contre tous on est là. Pour eux, juste pour eux, je crois. Pour nos enfants qu'on a perdu, qui laisse ce vide étrange au fond de nos coeurs, vide qui essaie de se combler avant de nous prouver qu'il restera creux à jamais.

J'aspire, je pense à ma femme bouée d'oxygène dans mon ciel noir. Celle qui me retient encore ici, la beauté de ma vie. Je suis là pour elle et la vérité de cette phrase ne me choque même pas, parce qu'elle est presque mythique dans son authenticité. Je vis pour celle que j'aime avant de vivre pour mon reflet. Image renvoyé du miroir qui ne me ressemble qu'à moitié, j'ai l'impression qu'une partie de moi est partie avec ma fille ce jour là. Je ne sais plus à quoi ressemble mon vrai visage, à quoi ressemble un sourire qui peut se dessiner de mes lèvres. Je ne sais plus ...

J'expire ... J'apprends de nouveau à respirer à laisser vivre mes pensées. Je sais Sadie que je vis, je le sais aussi bien que je me hais parfois de ne pas avoir su la sauver. Je lève les yeux au ciel, je suis sur qu'Alana me regarde de là-haut et qu'elle n'est que moitié-fière de moi. Papa y arrivera, il te promet, encore une fois. Je regarde mon amie, pose une main sur son épaule, j'esquisse un je-ne-sais-quoi sur mes lèvres, mais pas un sourire, cela n'y ressemble plus, pas.

- Vivants ...

Je n'ai la force que de prononcer ce mot là, Sadie, pardonnes-moi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 95

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Ven 24 Fév - 15:15

Alex grimace de cette douleur que je connais tant. Ses lèvres se tordent dans une esquisse de sourire bienveillant. Des sourires brisés, voilà ce qu'il reste de nos vies. Juste de quoi s'empêcher de pleurer. Parce que je ne sais plus vivre sans ce mal qui remonte dans ma gorge. Je n'ai plus le souvenir d'une vie où tout était sans effort. C'est probablement trop difficile, de comprendre la mort dans son grand manteau noir, mais je vais tenter de l’apprivoiser, de la prendre dans mes bras comme une vieille amie. Nos corps tout entiers rejettent l'idée. Ils se débattent de se savoir impuissants. Nos esprits meurent à chaque instant, faute de ne pouvoir faire autrement. Mon coeur à lui seul est démembré et reconstitué chaque nuit dans mon sommeil, pour être torturé à nouveau le lendemain. C'est la seule façon de vivre avec la mort.

Quand je suis seule, j'ose m'avouer qu'elle m'a tout pris. Mon enfant et qui je suis. J'y crois assez longtemps pour me dire que c'est assez. Qu'il y a John, pas très loin, qu'Iris pense beaucoup à moi. Que Callie et Garry ne sont jamais bien loin pour ouvrir les volets et laisser entrer le soleil. Quelque part dans cette école, une aile porte mon nom. Tout un endroit dédié à cette femme forte et généreuse. J'aimerais tant retrouver cette Sadie. Celle au coeur plus grand que sa mince silhouette. Elle méritant de survivre, mais Timmy le méritait tout autant, sinon plus. Les parents ne devraient pas survivre à leurs enfants, m'a dit Alex. Mais il y a tant de jeunes qui souffrent de ne pas avoir été aimés correctement. Et avant, j'avais peur des enfants qu'ils ne sauraient pas aimer, à leur tour, dans quelques années. Timmy a été aimé. Il a tant été aimé qu'il est parti avec un morceau de nous tous. Impossible à oublier, mon fils, mon amour.

- Vivants ...

Oui, vivants. Aussi choquant que ça puisse sembler, on respire, étranglés, mais on respire. Mon corps tout entier se révolte à l'idée. Mais je n'ai plus la force de me battre. Mon fils est mort. Voilà, je l'ai pensé sans éclater en morceaux. Sans me désagréger de l'intérieur. Alex, on est vivants. Pas par choix, mais parce qu'on a eu de la chance. Parce que même si on a vu tomber nos héros, même si on a vu mourir nos enfants, on a un pouls, un rythme cardiaque, du sang qui roule dans nos veines. Logiquement, scientifiquement, on est de tout point de vue, vivants. J'ai fini de me battre contre la réalité qui m’engloutit sans cesse. Mon désir de faire partie de ce monde me laisse sur la ligne entre la vie et la mort. J'étais quelqu'un, je ne veux pas arrêter maintenant.

« Oui, vivants. »

De penser à moi, uniquement à ce qui me paralyse, c'est nouveau. John me disait souvent que je ramenais mes étudiants avec moi, le soir, à la maison. Et il avait raison. Je pensais à eux, à ces rêves et ces espoirs. À ceux qui avaient le futur à leurs pieds. C'était qui j'étais de les garder dans mon coeur, de les aimer comme mes propres enfants. Ils étaient mon espoir. L'espoir de Sadie Hope.

« Et il y en a qui seraient foutument contents de l'être »

Je me révolte contre moi-même. Contre mon apathie, contre celle qui reste sans bouger. Celle qui ne sait pas dire merci d'être toujours en vie. Je veux revoir Savior High et ses couloirs bondés. Je veux faire partie d'une vie qui bâtit demain. Je veux une part, toute petite, de ce monde que j'aime et qui m'a bâtit. Je veux tant de choses. . . parce que je suis vivante.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 41

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Sam 3 Mar - 13:37

Bercé par une mélancolie qui ne quitte que très rarement ma vie, je laisse Sadie, l'es pace d'un instant. Je retourne dans les couloirs du temps de ma vie. Ce temps où ma fille était encore là, où je voyais son sourire pour la première fois. On ne se rend jamais compte du bonheur que l'on possède, faut attendre de l'avoir perdu pour réaliser. Réaliser que notre vie n'a de sens seulement parce que les gens qu'on aime prenne le temps de lui en donner.

« Oui, vivants. »

Le retour à la réalité, oui, vivants. Je le sais, la douleur que je ressens ne peux que le rappeler. Je suis vivant parce que je souffre et je ressens le manque qu'elle a provoquer en moi. Je ressens aussi celui qui vit dans Anna, je voudrai croire qu'elle le vit mieux que moi, mais son visage si doux ne me raconte plus les même histoire qu'avant, ça fait tellement mal, que je n'ai plus la force en moi. Perdre un enfant, c'est encore plus pire que de se perdre soi.

« Et il y en a qui seraient foutument contents de l'être »

Sa colère me frappe un peu, parce qu'elle me ramène aux sentiments que je pourrai ressentir encore maintenant. J'esquisse un sourire, pense à ceux qui sont encore contents d'être vivants, comme elle dit. Je voudrai être en colère contre elle, me révolter un peu parce que je suis un héros et que je me dois de me sauver moi en priorité.

Je ferme les yeux, médite les mots de Sadie, mais je n'y crois qu'à moitié. Je ne sais pas, je ne dois plus raisonner normalement depuis ma poupée est partie, depuis que la maladie me l'a pris. Ca me tue, petit à petit, je me demande si un jour je sauverai à nouveau quelqu'un, si un jour je deviendrai à nouveau moi. Si un jour, quoi ...

Oui, c'est bien ça, la question. Si un jour quoi ? Si un jour la vie reprenait sons sens, si jour mon rire redevenait normal, si un jour j'avais le courage d'avouer à quel point elle peut me manquer. Le dire de vive voix, pour ma femme, le monde et moi. Si un jour tout changeait, dis moi, Sadie, que ce jour là s'approche de nous à grands pas ? Qu'il se dépêche parce qu'il sait qu'on l'attend. Sadie le monde se réveillera à nouveau pour moi, pour toi. Pour ceux qu'on aime et ce qu'on aimera.

- Y en a oui, c'est vrai ... Mais on ne doit se blâmer d'être triste, d'avoir des regrets. C'est humain, je crois, de ressentir tout ça.

C'est humain oui, et puis j'aurai pu dire que ça passera, avec le temps, mais les formule comme ça, j'y crois de moins en moins, je crois.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 95

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Jeu 15 Mar - 1:35

Et la vie s'accroche à ma gorge. Et la vie s'incruste sous ma peau. Et la vie git dans mes veines. Et je sais qu'elle y est pour rester. Mon corps tout entier refusé d'accepter. J'étais si proche de tomber au combat. De me déchirer entre moi-même. J'ai même voulu me laisser tomber. M'abandonner. Brûler au kérosène mes petits espoirs de mère. Je n'aurai plus d'enfants. Mais je pense à tous ceux que j'ai laissés. Ceux qui auraient besoin d'une épaule ou d'une oreille. Pour avoir tant dépendu des autres, pour avoir accumulé tant de compassion, tant d'amour de ceux qu'il me reste. Je sais. Je sais . . .

J'expire une force qui m'avait depuis trop longtemps quitté. Cette foi en la jeunesse, en demain. Ce besoin de croire qu'ils peuvent faire mieux que nous, qu'ils ont tous les outils pour bâtir plus haut et plus solide que nous avons sur le faire. Pour voler plus haut, aller plus loin. Mon coeur tourne sur lui-même, étourdis de ressentir autant.

Alex m'apparait à nouveau. Brisé, meurtri. Certains ne guérissent jamais de leurs blessures. Les miennes seront toujours gravées à même ma chair, à même mon âme. Demain je douterai probablement, lorsque le soleil m'offrira la triste vue d'une vie sans Timmy. Mais il y aura des hauts et des bas. Alex me semble perdu, sans personne à qui s'accrocher. Je ne cesserai de lui tendre mon bras, jusqu'à ce qu'il accepte de s'y appuyer. Le temps de se remettre sur pieds. Le temps d'être assez fort pour soutenir Anna jusqu'au ciel. Parce que les anges ne devraient jamais toucher terre.

- Y en a oui, c'est vrai ... Mais on ne doit se blâmer d'être triste, d'avoir des regrets. C'est humain, je crois, de ressentir tout ça.

Peut-être ai-je toujours été naïve, mais je préfère voir le meilleur de quelqu'un. Tout comme je crois qu'on peux faire tout ce qu'on a la volonté d'accomplir. Noyée d'apathie, j'avais oublié le son de l'espoir. J'avais oublié l'euphorie d'un optimisme solide sur lequel je peux me reposer, certaine d'avoir fait le bon choix. Et je suis triste pour Alex, mon ami. Qui semble avoir perdu sa cause. Qui semble avoir perdu son espoir. La lumière reviendra, je te le promets. Au début, c'est horrible, ça brûle la rétine, ça atrophie la peau, et peu à peu, on arrive à voir plus loin, autre chose que nos maux. Et parfois, lorsqu'on s'y attarde, elle nous réchauffe. Et on sent cette tiédeur nous calmer. C'est la lumière, c'est la vie, c'est ce qu'il ne faut pas perdre de vue.

« Et si quelque part on était plus que ça . . . »

J'ai vu tant de choses impossibles. Souviens-toi, Alex de notre enfance. De ces pouvoirs qui étaient à la fois effrayant et offrant tant de possibilités. Des dons qu'ils s'amusaient à dire. Surdoués, disaient nos parents. Et Regarde ce qu'on peux faire maintenant. Regarde chaque vie qu'on a sauvée, affectée, touchée.

« . . . J'ai eu tant de fois la preuve, qu'on est des Supers Humains. »

Et c'est une chance unique, un pouvoir de faire changer les choses. C'est aussi une responsabilité. On se doit d'être meilleurs. D'être plus fort que tous les autres. On se doit à nous-même de ne pas gâcher nos capacités. Parce qu'Alex, je le sais, tu peux l'enfoncer au plus profond de toi et le nier, mais tu restes un héros.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 41

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Ven 23 Mar - 19:30

Sadie, tu ne comprends donc pas ? Même Stan n'arrive pas à se remettre de tout ça ! Même lui se laisse crever même s'il en dit le contraire, c'était un roc, quelqu'un qui ne peut jamais tomber. Et te jure, mon meilleur ami il est en train de sombrer. Il ne supporte pas, perdre quelqu'un c'est trop difficile parfois. L'amour nous brûle, nous ronge, c'est ce qui nous abat, qui nous tue, tu vois ?

Si on avait moins aimer peut être qu'aujourd'hui, on irait bien, peut être qu'on oserait penser à demain. Peut être ... Sadie, avec des si on peut refaire le monde, tu le ferais pour moi ? Rebâtir le mien, un peu, à la force de tes mains, celles de femme et celles de n'importe qui. J'ai besoin d'une nouvelle inspiration, j'ai besoin de ma fille pour continuer, j'ai besoin de tout ça, et je sais qu'Anna aussi.

Ma fille, Sadie, dis moi que tu n'as jamais mal et je commencerai à croire qu'un jour je sortirai de ce tunnel. J'ai plus envie de sauver le monde tant qu'il ne me sauvera pas moi. Qu'on trouve le remède à la maladie et alors je volerai à nouveau. Qu'on trouve quelque chose avant que tout explose. J'ai mal au coeur, et je veux resister, je veux prouver que je suis toujours capable d'exister, j'essaie. Mais je n'y arrive pas, je ne sais plus ce que je te raconte à mesure que les minutes défilent, jamais plus je ne serai moi.
Qui a volé l’insouciance Sadie, expliques-moi ?

« Et si quelque part on était plus que ça . . . »

Plus que quoi ? Juste humains, juste ceux qu'on auraient du être à la base ? Ceux qu'on veut montrer bien et parfait. Ou alors juste ces héros, ceux que nous sommes devenus parce qu'on a cru que le monde avait besoin de nous. L'injustice est là, nous sommes là quand le monde a besoin de nous, et le monde il m'a oublié ...

On est plus que ça, je crois, même si je ne comprends pas le sens de ta phrase, on est plus que ça, perdu entre deux univers, la vie et la mort, entre ce qu'on a créer, ce dans quoi notre esprit aime se complaire, sa tristesse qui lui colle à la peau. Tu sais, je vais bien, mais parfois j'aimerai pouvoir être honnête quand je dis cela.


« . . . J'ai eu tant de fois la preuve, qu'on est des Supers Humains. »

Cette preuve là, je l'ai eu aussi tellement de fois, crois moi. Je nous voyais briller pour l'éternité. Je croyais que la statut de Stan ne me semblerai jamais ternie, mais je la vois comme ça, parce que c'est lui qu'il est avec le temps, la perte de Mary. Je croyais que tu serai à la tête de l'école jusqu'à ce que tes pieds ne veuillent plus t'y mener, mais tes pieds ils ont la simple force de venir t'assoir à côté de moi, et tu ne sors pas, n'est ce pas, depuis la mort de Timmy ? Je me voyais voler, je me voyais aimer, je nous voyais, c'est vrai.

J'y ai cru à notre supériorité, mais à quoi bon ? A quoi bon penser qu'on faire toutes ces choses si tout nous est au final enlevé ? C'est un appel au secours et je ne m'en rends compte que maintenant. Essaie de me réveiller, de me donner ce courage que j'ai perdu. Dis moi de ne jamais regretter, dis moi que ma fille était belle et que j'étais ce papa magnifique que je me voulais être. Et je te murmurerai sans hésiter que Timmy t'aimer tellement, que maintenant, il serait si fier de sa maman. Dis moi, Sadie, que ma fille aurait été fière de moi, aussi. Racontes moi n'importe quoi, je ne sais pas.

- La preuve était là, on était destiné à être plus que des humains ... Mais le destin en fait, c'est jamais certain.

Ma fille t'aurait adoré Sadie, autant que moi. Excuses-moi pour mes délires intérieurs et les maux qui stagnent sur mon corps. Je suis un super-héros, mais parfois je me dis qu'ils se sont trompés, qu'ils ont mal compris. Mes ailes étaient immérités, je n'en démentirai jamais.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 95

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Lun 3 Sep - 21:05

À travers les feuilles des arbres se faufile la lumière de quelques rayons de soleil, réfléchissant sur les cheveux dansants des enfants. J'en avais quatre qui avaient élu domicile dans ma cour arrière. Quatre gamins qui ont su faire le meilleur d'une enfance imparfaite. Je me dis qu'ils ont eu de la chance. Que cette partie de leur vie restera une des plus belles. On ne peut pas effacer les souvenirs. J'ai tant essayé de mettre à blanc ma mémoire pour ne plus souffrir des '' plus jamais ''. C'est impossible d'oublier un amour bâtit de mon propre sang. Notre imaginaire collectif nous laisse croire que les âmes soeurs s'aiment le plus fort. Ils ne connaissent pas la force de l'amour d'une mère pour son fils. Je t'aimerai toujours, Timmy, rien ne pourra jamais l'effacer.

L'air qui m'entoure cesse de se buter à mon désir obstiné de survivre. Je ne veux plus me battre contre le passé. On ne réécrit pas une histoire quand son héros est mort. Mon fils restera à jamais celui qui m'a apporté les plus grandes joies. Je promets de ne plus vouloir l'oublier. Mes épaules creuses n'auront peut-être pas la force de me porter durant les heures les plus sombres de la nuit, mais je tendrai la main vers les vivants plutôt que vers les morts. S'inscrit alors dans mes veines la promesse de ne plus jamais me couper de ceux que j'aime. La chute n'aurait pas été si brutale, si je ne leur avait pas interdit de me rattraper. Les mains de John que je repoussaient sauvagement, certaine de m'en sortir par moi-même. Les instincts de mon meilleur ami qui aurait su me pousser hors de la mort d'un coup de patte dont j'aurais bien besoin. Ma deuxième famille, ceux qu'une porte sépare de ma vie. J'avais laissé glissé le souvenir doux amer des vivants. De mes amours vivants.

- La preuve était là, on était destiné à être plus que des humains ... Mais le destin en fait, c'est jamais certain.

Mes paupières se ferment sous l'impact de ses mots. Mon coeur perce ma poitrine. L'incertitude des temps à venir n'égalera pourtant pas celle des derniers mois. Les éclats d'espoir écorchent mes pieds. Des mes mains j'assemblerai le verre brisé, pour voir à nouveau le soleil former milles reflets dans ses vitraux. J'attends la peine, j'attends les souvenirs de Timmy qui agripperont mes chevilles vers le passé, mais rien. J'écarquille les yeux à la recherche de demain qui s'entortille autour de mes doigts. J'écraserai le doute à venir, d'une poigne qui puise dans la lumière d'un autre jour.

« On ne peux rien contre le futur, mais le présent . . . »


Je m'anime imperceptiblement. Mes sens s'éveillent. Mes pensées sont sorties de la mer de mes larmes et sèchent peu à peu sur la berge. Le vent s'engouffre dans le carillon de mes ambitions. Une voix grave souffle à travers la brise que peut-être, je peux encore faire la différence.

« Je dois y aller, la vie m'attends . . . »
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 41

MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   Jeu 18 Avr - 22:44

Je m'en veux un peu, de cette conversation, de mon mal être et de ne plus savoir comment parler, à la vérité. Je tente de comprendre un tas de choses sans réaliser que je peux blesser, alors je prends peur parce que je me dis que peut être c'est ce que je viens de faire avec Sadie. Je ne le voulais pas, Anna m'en voudrait, je crois. Je tente de trouver son regard, de me dire que le destin après tout c'est un peu n'importe quoi, et qu'il y a des jours où j'y ai cru alors que c'est surement encore en moi.

    « On ne peux rien contre le futur, mais le présent . . . »


Le futur, mais je parle du passé. De tout ce que l'on est capable de créer, de tout ce que notre monde porte et portera, on ne sait pas encore comment changer les choses qui sont déjà arriver. Dis moi, Sadie, si un héros était capable de faire cela ? Si quelqu'un connaissait le secret pour retourner en arrière, dis moi que tu ne le ferais pas ? Je serais le premier pour le voyage, crois moi.

Le présent, je ne sais plus vraiment à quoi il ressemble, je suis une âme qui hante et arpente le monde sans savoir quoi faire de soi, je suis une pâle copie de ce que j'ai pu être avant, un semblant de moi. Le présent me fait peur parce que je ne sais plus comment l'envisager. Je n'ose plus le penser, faire comme si j'avais des projets. La seule chose claire dans tout cela, c'est Anna, mais et le reste ... Le reste, on en fait quoi ?

    « Je dois y aller, la vie m'attend . . . »


Je soupire, quand je l'imagine s'éloigner, sure d'elle dans son monde éparpillé, parce que mon regard même s'il cherchait le sien l'a définitivement quitté. Je cherche des mots, un au revoir, quelque chose qui ferait que je suis toujours connecté, que je n'ai pas forcément tout oublié. Mais je choisi de ne pas tenter, je ne saurais quoi répondre, tant je ne suis pas certain que la vie m'attende encore, que j'y ai ma place et que je connaisse à nouveau l'espérance.

J'ai les yeux clos, je courbe le dos, je m'enfonce dans ce qui ressemble à ma vie sans que je ne l'ai choisi. Tu sais Sadie, je ne sais pas si le destin existe, je ne sais même pas si ce que je dis a le moindre sens, mais je sais en tout cas que s'il existe, on se contente de le subir, sombres pantins dirigés par des mains dont nous ignorons tous les secrets, mais qui prennent un malin plaisir à nous torturer.
J'ai oublié de vivre, c'est vrai, mais je continue d'exister, parce que je n'ai pas le droit de laisser tomber. Je ne sais pas si Sadie est partie, si le monde a fuit mais je prononce quand même au vent.

    - Dis lui de m'attendre un peu plus longtemps.



Sujet clos, ma Isa ? Love u
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: « Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »   

Revenir en haut Aller en bas
 

« Alex & Sadie ± take these broken wings and learn to fly »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
SAVIOR HIGH × heroism's slaves. :: SUPER NOUS :: - Sujets terminés-