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 « Jimmy & Sadie ± a box full of sharp objects »

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MessageSujet: « Jimmy & Sadie ± a box full of sharp objects »   Lun 11 Avr - 3:20

La lumière crue du jour perce les rideaux que je ne supporte pas d’ouvrir. Un autre tableau de cette vie qui ne m’intéresse plus. J’hésite à inspirer, de peur que les souvenirs m’envahissent et me fassent chavirer. Retourner dans cette apathie quotidienne qui est devenue comme la plus vieille de mes amies. J’inspire, pour réaliser que cette chambre ne sent que la poussière. L’odeur de lessive propre et de feuilles d’érables épinglées au mur a disparue avec le temps, mais pas la présence de Timmy. Ses reliques sont dans des coffres de carton, attendant d’êtres données au plus démunis. J’ai gardé quelques souvenirs pour moi, mais ils sont déjà ailleurs, dans le tiroir de ma table de nuit. Des souvenirs qui règnent sur mes rêves de cette vie d’avant. Le livre que je lui lisais chaque soir lorsqu’il n’était pas plus haut que mon cœur. Les glorieux gribouillages de son enfance qui sont pour moi des œuvres d’art. Il y a aussi ce porte-clefs, ce « T » de fer qu’il traine sur lui depuis qu’il est en âge d’avoir sa propre clef. Je me souviens du mouvement de ses doigts qui jouaient tendrement autour de la breloque. Il y a maintenant une petite tache de sang à une des extrémités. Son sang, sa vie. Ils m’ont rendu ses effets, ceux qu’il avait sur lui le soir de sa mort. Je soupire. Je ne veux pas y penser. Je ne peux pas. Je ne peux pas. J’inspire.

Mes yeux se ferment et je trouve un passable réconfort dans la noirceur qui m’entoure. Je pense à ces objets qui dansaient dans l’atmosphère selon mes envies. Je pense aux moments où je riais comme une enfant à tester ce pouvoir mystérieux. J’aimais faire semblant de figer le temps. Échapper un objet pour le capter dans les toiles de ma volonté. J’esquisse un sourire. Un bon souvenir que je ne peux dans aucun cas détruire en l’associant à mes maux. Le temps s’efface et j’oublie tout ce qui m’est arrivé après être sortie de cette école qui m’a tant donné. Je me souviens d’avoir côtoyé les grands, un peu oubliée parce que moins ambitieuse. Mes désirs pour le futur n’étaient pas pour moi, mais pour cette communauté que j’aimais du fond du cœur.

Mais le bien n’est qu’éphémère. Douceur à la cruelle amertume. Je ne suis plus cette Pandora. Je ne serai plus que Sadie, celle qui n’espère plus. J’ouvre les yeux, pour voir l’ombre de Timmy, accoudé au bureau. Mes yeux se détournent, brûlés par le froid qui accable mon cœur. J’agrippe une boîte qui est à ma gauche, celle qui n’est pas scellée. J’ai inscrit cinq lettres au marqueur noir sur le dessus. Ça commence par un « J ».

Je traine mon fardeau jusqu’à la cuisine où je dépose le carton. Où devrait être assis mon fils. J’inspire, ne laissant pas les larmes s’agripper à moi. J’aurai les yeux secs, cette fois. J’expire, soufflant ce mal qui grimpe à ma gorge. Je marche jusqu’à la fenêtre, stoïque dans ma détermination à me tenir droite. Je ne l’accablerai pas plus. Tim, je sais que tu lui manque à lui aussi. Donne-moi la force de ne pas lui faire le même mal qu’il me cause chaque jour. Respirer, pour ne pas sombrer. J’inspire.

Une silhouette s’approche, et j’expire. Mes mains sont blanches, alors qu’elles s’avancent vers la porte, pour tourner la poignée.

« Entre . . . »
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MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± a box full of sharp objects »   Lun 11 Avr - 14:06


Tremblant du cœur à l'âme, je remonte cette rue que je connais pour y voir danser le souvenirs des plus beaux instants de toute une vie.
Je me souviens de cet arbre, auquel nous avions un jour voulu monter. Nous nous étions si lamentablement écraser au sol que nos pas chancelants nous ont ramenés chez toi, aussi écorchés qu'hilare de savoir que même ensemble, quelque chose pouvait malgré tout nous résister. Mes doigts caressent la fine cicatrice de mon poignet, dernier vestige de cette tentative raté.
Je me souviens de la vieille Sophie et son chat, qu'elle attrapé par la queue en marmonnant dans une langue morte des mots que nous ne comprenions jamais.
Je me souviens de ce jardin, celui de Callie, de Garry. De cet accent irlandais qui dansait dans la voix leur père, et dont Garry a hérité. Je me souviens des heures passés à tenté de l'imiter, de l'adopter, et des éclats de rires colorés que vous laissions échappés, lorsque l'on y parvenait.
Ce quartier est tellement empreint de nos rires Tim. Tellement, que chaque brin d'herbe est encore recouvert de la couleur des tiens.
Est-ce ça, la réponse à cette connerie, Timmy ? Avions-nous déjà cramé dans son entièreté les deux bouts de la corde qui nous raccrochait au bonheur, ou ne suis-je réellement que le seul à blâmer ?

Mon souffle et mes pas flanchent dès l'instant où mon regard accroche l'ombre de ta maison, et ma mâchoire se contracte d'une douleur que je peine à refouler. Elle est morte, la vie, ici, envolée. Consumée, aujourd'hui. Mais par pour toujours, je te le promets.
Un jour, nous y rirons de nouveau, tu verras.


    « Entre . . . »


Elle apparaît, et mon cœur se sert d'effroi au souvenir des larmes qui ravageaient hier encore son visage. Ses yeux sont secs, aujourd'hui, mais emplies d'un telle souffrance que j'en viens à frémir d'avoir osé, d'avoir pu croire qu'un pardon était à ma portée.

J'incline mon menton et obéis, tout disposé à obéir à chacun des ordres qu'elles saura me demander d'exécuter. Franchissant le seuil de la porte, je chancelle de savoir que pour la première fois, je ne trouverai pas ton sourire pour m'accueillir.
Timmy, on a perdu l'équilibre et on a chuté, toi et moi. J'ai perdu l'équilibre, et tu as chuté.
Pardonnez-moi.

Je tangue d'un pied à l'autre, ne sachant que faire de mes yeux et du reste de moi, qui ne trouve plus sa place dans cette maison qui pourtant, à su me voir vivre et grandir.
J'ai perdu ma toute première dent chez toi, suis tombé amoureux pour la première fois, de cette princesse que l'on aimait tout autant, toi et moi. Je me suis cassé le bras ici, une fois, ai rit aux éclats tant de fois, que mon cœur implose de ne plus trouver sa place chez toi, depuis que tu n'es plus là.


    « Qu'est-ce que c'est ? »


Mes yeux dansent sur mon nom, écrit sur une boite de carton et j'ai mal de savoir que je devine ce que je peux y trouver. Tout ce qui de moi, vivait encore ici, avec toi. Timmy, je ne vis plus que prisonnier d'un morceau de carton.

J'attends le drame, les cris, les larmes. J'attends l'ordre donné à mon être de brûler, de projeter mon corps dans le torrent d'un mer déchainé, de déchirer ma poitrine pour poser mon cœur dans vos mains, et vous laisser le détruire comme j'ai pu vous briser.

Un mot de vous et j'obéirai. Madame Hope, je jure, tout ce que vous voudrez.
Mon âme est à vos pieds, vous pouvez en disposer.


Dernière édition par The Prisoner le Lun 1 Avr - 20:02, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± a box full of sharp objects »   Lun 11 Avr - 19:55

La porte grince comme mon cœur mal huilé. Mon cœur rouillé. Je reconnais les traits de Jimmy sans vraiment le voir. Je veux rester de mon côté de ce voile transparents. Protégée du mal qui reste pour le moment en sourdine. Je ne veux pas m’effondrer, ce sera pour plus tard. La maison n’a pas changé depuis la dernière visite de Jimmy, la dernière fois où ils étaient tous les deux sous mon regard protecteur, la dernière fois. La dernière de toutes. Celle qu’on ne peu reprendre, pour la revivre plutôt que de continuer dans un monde où c’est la fin de moi.

Je le laisse fermer cette porte. La maison est propre, qui a le temps de créer du désordre quand la peine prend tout mon temps. Je n’ai que si peu faim. Si peu de besoins. Je me plie jusqu’à n’être qu’un petit cube de papier. L’origami comme thérapie ? Non, je me contente de me plier jusqu’à ne plus exister. Je ne semble pas avoir été bâtie pour casser, je vais me contenter de courber jusqu’à cette limite qui ne semble pas vouloir approcher.

Je vois Jimmy et je m’enfonce les ongles dans la paume de ma main, pour ne pas imaginer Timmy, qui arrivera en courant du couloir. Qui aura un sourire digne des étoiles et de cet amour infini pour son meilleur ami. Un amour qui n’a jamais faibli en grandissant, et qui semble même transcender la mort. J’imagine le sourire amusé qui se serait inévitablement scotché au visage de Jimmy. Ils étaient deux lumières qui se sont éteintes en même temps. J’inspire, pour ne pas entre sa voix crier le nom de Jimmy. J’expire, pour ne pas sentir la souffrance de l’absence.

Sa présence s’est éteinte, et je soupire d’avoir pu continuer à respirer. Quelques instants, c’est tout ce que je demande. Et après vous pourrez me laisser, tous les deux, à cette vie dont je n’ai plus envie. Une interrogation s’insinue dans le regard de mon bourreau, alors que nous approchons la table de la cuisine.

« Qu'est-ce que c'est ? »

C’est la balle où les initiales que vous avez gravées sont presque illisibles faute d’avoir tant joué. C’est cette bande dessinée que vous avez créé tous les deux, et qui a occupé tout un été. Sa belle héroïne blonde étant inspirée de celle qui vous ferait tomber amoureux. C’est la taie d’oreiller que vous avec décorée et qui trainais toujours sous le lit pour les fois où tu dormais à la maison. C’est des tas de souvenirs qui t’appartiennent à toi, Jimmy. C’est quelque chose que même la mort ne pourra jamais t’enlever. C’est pour te torturer et te pardonner. C’est tellement de choses qui n’ont de valeur que pour vous deux. Tellement de choses que je n’avais pas le cœur d’oublier. Tellement de choses que je ne pouvais tout simplement pas jeter.

« C’est ce qu’il reste de Timmy. . . C’est pour toi . . . »

Ma voix est sans vie, sans timbre, sans intonation. C’est bien, c’est mieux comme ça. Je veux m’extirper de mes sentiments et de ce qu’ils me font subir. Je n’arriverai pas à parler, si je me laisse happer par la réalité, comme moment de ma vie qui me crie qu’il est mort, mort et enterré.

« Ne l’ouvre pas, pas maintenant. . . Pas devant moi! »

Je ne le demande, pas je l’exige. J’ai souffert à remplir cette boîte. Ce sera son fardeau à lui de la vider. Ils sont tranchants, ces souvenirs, Jimmy. Je te souhaite quelques cicatrices, pour compenser les miennes.
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MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± a box full of sharp objects »   Mar 12 Avr - 19:07



Le soleil, dont les rayons peinent à écorcher le froid sans vie de cette maison, me semble si insultant que j'ai la soudaine envie d'en chialer.
Il ne peut pas faire beau, dans des moments comme celui-là, lorsque mon nom valse sur une boite, et me revoit au vide que tu as laissé.
Tu n'es pas caché dernière le canapé Tim. Tu n'en sortiras pas en hurlant pour me faire sursauter. Tu n'embrasseras pas ta mère avant de me prendre par l'épaule, et de me trainer vers un monde qui n'attend que nous.


    « C’est ce qu’il reste de Timmy. . . C’est pour toi . . . »


J'aurais aimé la haine, la violence, la souffrance, dans le timbre de sa voix. J'aurais aimé le désespoir cruel, sanglant, qui aurait percuter mon cœur pour lui arracher quelques battements. J'aurais tout préféré... A ça. A la grâce mécanique de sa voix qui ne tremble plus, ne vit plus.

Et la crainte épouse mon âme qui fait s'animer mes pas pour se rapprocher d'objets sans vie qu'elle considère comme les dernières reliques d'un fils fauché. L'envie de lui hurler sa connerie me prend, et je tue dans mon ventre un cri qui ne peut, qui n'a pas le moindre droit d'exister.
Tim, ton existence ne se réduit pas qu'à cela. Bientôt, elle le comprendra.

J'achève la distance qui me sépare de lui, qui nous sépare de nous. Que va-t-on y trouver, Timmy ? Un vieux casque tagué de souvenirs ? Une vieille balle de base-ball usé d'avoir trop vécu ? Une pomme de pain gardé en trophée, parce qu'alors immensément plus grandes que nos mains ?
Quelques reliques ne se seront à jamais, qu'une infime part de toi.
On se l'était promis, Tim. Rien ne nous séparera, et même la mort ne peut rien contre une promesse comme celle-là.


    [« Ne l’ouvre pas, pas maintenant. . . Pas devant moi! »


J'exécute un moment qui éloignent mes mains, encore tremblantes face à ce qui se trouve dans cette stupide boite. J'aimerais savoir, mes ses désirs sont des ordres auxquels mon âme ne résistent pas.
Ta mère avant moi.
Tim, nous garderont la surprise pour plus tard.


    « Tout ce qu'il reste de lui... »


Et j'ai l'impression de mourir un peu, lorsque les mots se répercutent en moi. Elle y croit Tim, putain ! Elle croit que tu ne te résumes plus qu'à ça : Quelques objets aussi fatigués que le sont ses yeux, d'avoir trop pleuré, à cause de moi.
Elle se trompe, et je souhaite soudain m'arracher les yeux et les lui donner, pour qu'elle puisse voir, comme je vois. Arracher mon cœur aussi, pour qu'elle puisse ressentir, que tu es partout, que tu es là, avec nous.

    « Vous avez tord. Il reste infiniment plus que quelques objets, dans une boite. »


La teneur de son amour pour vous subsiste dans l'air qui ne s'en séparera jamais. La couleur de son rire reste accroché dans le fond de mon cœur, et continue de vibrer à travers moi. Les feuilles, le vent, les arbres... Sa présence est tatoué à l'encre de son âme, aussi loin que vos yeux saurez vous porter, Madame.
Tellement de détails, presque intangibles, pour la plupart, resteront avec nous pour ne pas nous quitter, jamais.

Il est partout. Il nous habite. Il m'habite désormais, sans me faire flancher. Laissez son souvenir embrasser votre âme et guider vos pas. Il vous rendra le soleil, aussi surement que votre sein renferme l'espoir. Tim vivra, aussi longtemps que nous vivrons pour lui.
Madame Hope, rendez-nous l'espoir.
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MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± a box full of sharp objects »   Sam 16 Avr - 4:50

Regarde-moi, Jimmy. Je suis fanée, décédée en même temps que ce fils que tu as tué. Regarde ma peau qui se déchire. Regarde mes entrailles qui menacent de se déverser sur le sol. Regarde ces os qui pourraient percer ma peau. Il ne reste plus rien. Je n’ai ni la jeunesse, ni la volonté pour me battre. J’ai vécu, tu sais. J’ai choisi mes batailles, et je les gagnées. Pourtant, la flamme s’est éteinte. J’ai amassé plusieurs vies de souvenirs. Certains si beaux qu’ils me torturent tout autant que les pires. Regarde mes yeux vides. Tu ne peux pas convaincre la mort que j’attends, parce qu’elle viendra d’elle-même. La vie est sans couleurs et sans but. Je ne veux pas de ces étudiants qu’on me souhaite guider. Je ne veux plus de ce mari sur lequel je n’arrive plus à poser les yeux. Que me reste-t-il ? Deux enfants qui ne sont pas les miens. Vous finirez par panser vos blessures, Callie et toi. Moi, je veux simplement qu’on m’en laisse en mourir. Est-ce trop demander, de me laisser rejoindre Timmy ?

Je ne pourrai jamais faire comprendre les tourments d’une mère à Jimmy. Il sera peut-être un jour un père, mais jamais il ne sentira grandir en lui cette petite vie qui ne dépend de personne d’autre. C’est fort, ce lien sanguin. Cette sensation lorsqu’il s’étire à l’intérieur de toi pour toucher les nuages qui ne l’ont pas encore émerveillés. C’est ma chair et ma peau, qui sont mortes avec Timmy. Il était mon cœur et mon corps. Je n’ai plus à vivre pour personne sauf moi, et je n’en ai pas envie, tu sais . . .

« Tout ce qu'il reste de lui... »

Tout ce qu’il reste de Timmy. Tout ce que je peux toucher, parce que les souvenirs, je les laisse à l’arrière de tout le reste. Ils me bouffent, prêts à détruire les murs que je construis pour garder ma santé mentale. Le reste, tu vois, il me tuerait. Chaque parcelle de ce Timmy qui vivait sans regarder en arrière, elles m’empêcheraient de respirer. Elles bloqueraient le sang dans mes veines. Tu veux me tuer, tu n’as qu’à forcer les souvenirs de Timmy jusqu’à mon cerveau. Je soupire. Il ne reste rien de Timmy, ne vois-tu pas. . .

« Vous avez tord. Il reste infiniment plus que quelques objets, dans une boite. »

J’ai tord ? Qui es-tu pour dire le contraire ? Qui crois-tu être pour m’enlever la seule paix que j’ai réussie à trouver. Je ne vis plus que dans la douleur d’avoir perdu un fils, plutôt que de ne mourir à travers chaque mémoire de sa vie à lui. Je me souviens comme d’un film de chacune de ses expressions, de chaque fête, chaque goûté, chaque jeux, chaque soir où je l’ai bordé. Personne n’aurait pu m’enlever ça, mais je m’en suis amputée, faute d’avoir encore une parcelle d’instinct de survie. Maintenant, Jimmy, dis-moi qui as tord. Ai-je tord de survivre, ou préférerais-tu l’autre alternative, celle où je suis en paix, Timmy à mes côtés.

« Il est aussi les souvenirs, ceux auxquels je n’ai plus accès. Tu me les as enlevés, en même temps que Timmy. Ils me tueraient, ces souvenirs, à simplement les visiter dans ma tête. . .»

Je tremble, stoïque, mais tremblante. C’est mieux qu’hier. Je ne pleurerai pas, Jimmy, pas aujourd’hui. Je suis brisée, détraquée, il me manque une pièce qui est discontinuée. Tu vois, ils n’en font plus comme Timmy. Je n’en ferai plus jamais des enfants . . .

« Alors pour moi, il ne reste rien, à moins que tu ne souhaites me torturer un peu plus . . . »

Je me sens mesquine, cruelle. Une petite voix dans ma tête me crie que ça n’est pas la faute de Jimmy. Non, mais qui conduisait. Qui est-ce qui est toujours vivant à me parler alors que son autre moitié est au cimetière. Ton meilleur ami, Jimmy, il est où ? Celui qui t’a appris à faire du vélo parce que tes parents étaient trop occupés pour le faire. Celui qui a été ta famille pour aussi longtemps que je me souvienne. Dis-moi que tu auras la bonté de m’achever plutôt que de me regarder sombrer sans pouvoir rien y changer. . .
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MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± a box full of sharp objects »   Mar 19 Avr - 0:46


Et le temps s'enraye, faute de savoir composer avec l'absence de ton rire pour nous guider. Il crache ses minutes, mâche ses secondes dans un cliquetis désordonné qui ne sait que nous écorcher. Il s'essouffle, s'étire, s'impose et mitraille nos myocardes ensanglantées de l'écho de ton sourire encore gravés dans nos chairs.
Je préfère souffrir que de t'oublier Tim. Toi et moi, nous vivrons à jamais, qu'importe ses instants où mon cœur souffre de savoir qu'il se doit de battre de fois plus, puisque pour deux.

    « Il est aussi les souvenirs, ceux auxquels je n’ai plus accès. Tu me les as enlevés, en même temps que Timmy. Ils me tueraient, ces souvenirs, à simplement les visiter dans ma tête. . .»


Un frisson me parcourt l'échine, en réponse au tremblement sec de ses yeux vides. Où vous les souvenirs, une fois qu'ils sont oubliés, Tim ?
Peut-être sont-ils, à l'instar des étoiles, occultés par les nuages, toujours présentes mais rendues invisibles par un voile de souffrance oppressant ? Peut-être sont-ils dévorés par des créatures microscopiques qui grouillent comme un poison sous notre peau, et détraquent tout notre être au passage ? Peut-être sont-ils tout simplement happés dans le Néant, noyés dans une vide où nul chose ne peut exister, puisque jetés dans le berceau d'un lieu où rien ne saurait survivre.
Où vont les objets égarés ? Où disparaît la neige, une fois fondue ? Où est allée ton âme, lorsque je l'ai arraché à ton corps encore brûlant d'ivresse ?
Ton souvenir ne peut ternir Timmy. C'est, de toi, tout ce qu'il reste. A cause de moi, pardon, pardon.


    « Alors pour moi, il ne reste rien, à moins que tu ne souhaites me torturer un peu plus . . . »


J'aimerais la secouer, aussi surement que je rêve de remonter le cours du temps. Inverser les évènements, et insulter cette idiote de m'avoir sorti de cette carrasse encastré dans ce vieil arbre au cœur pourri depuis des années. Putain Tim, c'est toi qu'elle aurait du sortir de là, cette foutu héroïne. Toi, pas moi.

Je me rapproche d'elle, le visage fermé, la mâchoire crispé. Je vous aime Madame Hope, presque autant que Tim savait le faire. Je jure que, même si vos entrailles ne m'ont pas vu naitre, vous resterez la plus belle figure maternelle de mon univers.
Mes belles convictions sont à enterrés désormais. Exigez, j'obéïrai. Mais jamais, jamais, je ne vous laisserai l'oublier. Je ressens, de mon ventre brûlant à mes cordes vocales glacées que le point de non-retour vient d'être dépassé.
Madame Hope, pardonnez-moi. Pardonnez-moi pour ça, aussi.


    « Et quelle genre de mère oublierait son fils ? »


Ma voix est dure, basse, brutale, et je hais les mots que je viens de jeter, presque aussi surement que l'électrochoc que j'attends d'eux. Son cœur doit rebattre à nouveau. Pardon Tim, s'il doit saigner avant de parvenir à tambouriner sans flancher.

Tim est une lumière, Madame Hope. Ses souvenirs guideront vos pas, bien plus que votre cœur, ou l'air dans vos poumons ne sauraient le faire.
Vous n'avez pas le droit de l'oublier. Égoïstement, je préfèrerai vous voir pleurer que de songer que votre âme puisse subsister, lavée de toutes ses tics, ses manies et ses conneries. Pleurez, maudissez le monde, la vie et tout ce que je suis. Haïssez-moi, blessez-moi, butez-moi.
Par pitié, ne l'oubliez pas.

Mais elle ment Timmy, je jure qu'elle ment. Aussi surement que son cœur flanche face à la douleur de ton ombre qui flotte ici, elle ment. Elle ne peut pas t'oublier, aussi surement que personne ne peut contraindre la course du soleil. L'astre de se couchera jamais à l'Ouest, Tim, et ton souvenir demeurera à jamais présent, invaincu parce que sacré. Dis-lui d'ouvrir les yeux, bon sang ! Arrache-moi les miens Tim, s'il le faut.
Tu seras toujours en elle. Tu es éternel.


    « Détestez-moi tant que vous le voudrez, mais vous n'avez pas le droit de l'oublier. Et même si pour ça, je dois trainer son fantôme jusqu'à vous chaque jour, je le ferai. »


Haïssez-moi, comme je me hais.
Et puisez dans cette haine la volonté de briller de nouveau. De vivre, en son nom.


Dernière édition par The Prisoner le Jeu 28 Avr - 6:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± a box full of sharp objects »   Jeu 21 Avr - 4:31

J’enracine mes pieds dans le sol de cette maison qui respire une génération perdue. La dernière branche de mon arbre généalogique, coupée à blanc. Mon bourreau s’approche et les battements de son cœur contrastent avec le mien qui est immobile depuis longtemps. Il est mort mon cœur, mon amour noyé dans le sang de Timmy, enterré à ses côtés. Retourne dans ce monde qui continue d’avancer alors que je me fige dans mes mémoires, que je ne me fossilise dans mon mal. Ne m’approche pas, je ne sais plus vivre ni exister.

« Et quelle genre de mère oublierait son fils ? »

Je crois que j’ai oublié de respirer. Je m’étouffe de rage, d’indignation. J’ai aimé cet enfant plus que ma propre vie. J’ai construit pour lui la plus belle des familles et lui ai donné le meilleur de moi-même. Comment ose-t-il m’adjuger, juge indigne. Mon seul crime est ma peine et elle est immuable, solide comme les montagnes, ancrée dans mes fondations, dans ce cœur qu’on m’a arraché. Que tu m’as arraché, Jimmy. Je sens mes mains mortes trembler de ses accusations. Les murs de ma vie vont s’écrouler comme cette maison qui ne signifie plus rien. Crève, Jimmy, meurs en même temps que ce fils à qui je donnerais mon sang, jusqu’à la dernière goûte. Je filtre cet air rance à travers mes poumons noircis par la haine. Jimmy, prends le peu de retenue qu’il me reste pour sauver ton âme condamnée. Sauve ton pauvre corps que je pourrais plier en deux comme une simple allumette. Tu connais Sadie, la mère au grand cœur. Sans mon cœur, ils m’appellent Pandora. Tu sais ce qui est arrivé à celui qui a ouvert la grande boîte . . .

« Détestez-moi tant que vous le voudrait, mais vous n'avez pas le droit de l'oublier. Et même si pour ça, je dois trainer son fantôme jusqu'à vous chaque jour, je le ferai. »

Les murs s’écrasent contre ma volonté. Déchirent ma résistance. Le vase qui se tenait sur la table vient se fracasser au mur. En éclats de verre qui trancheront le mal qui me ronge. Les cadres accrochés aux murs tremblent sous ce mal qui a été libéré. J’aurai beau te détester jusqu’au dernier jour et plus encore, ça ne te donnes pas le droit de me briser, encore un peu, encore plus fort. Une photo de Timmy à l’âge de cinq ans passe à quelques centimètres de la tête de Jimmy, pour exploser en morceaux contre le mur derrière moi. Les meubles s’animent, tremblant comme mon cœur qui risque d’être fracassé à cette vie que j’évite. Cours, Jimmy, ça n’est pas une place pour un enfant inconscient. La table à café glisse lentement de côté, renversant la lampe qui implose contre cette douleur qui me tue, j’en mourrai, Jimmy. Les débris recouvrent le sol, mais plus pour longtemps. Ce champ de force qui m’anime les remet en mouvement. Aie peur, Jimmy, crie pour cette mère que tu n’as jamais aimée autant que moi. Crie pour ton frère qui ne viendra plus jamais te sortir de tes mauvais pas.

J’échappe un sanglot, incapable de bouger, moi aussi prise au centre de cette apocalypse. Qu’elle me prenne tout entière, qu’elle me libère de mes maux. Le verre écorche ma peau, tout comme cette de mon bourreau. Une simple larme tombe lentement sur ma joue, alors que les débris forment maintenant une silhouette que je connais si bien, pour la voir dans le fond de ma tête, à chaque douloureuse seconde de mon existence. Les débris me fendent le cœur, alors qu’ils s’assemblent en une statue éphémère. La plus belle effigie qu’un cœur puisse désirer. Je tends la main, vers cette silhouette qui est si proche de la réalité qu’elle m’arrache un cri. Un cri de plus en plus perçant, alors que les débris s’éloignent en poussière, me laissant, inapte, reposer dans mon massacre.

Mes mains déchirées par le verre brisé saignent sans que ça n’ait aucune importance. Je saigne de l’intérieur depuis si longtemps. Tant de sentiments qui ont passé la barrière mentale que je leur avais fixée. Tu vois, Jimmy, pourquoi je ne peux pas ? Je ferai de ce monde une destruction qui ne me rendra jamais mon fils. Je ne peux que constater les faits, dénuée d’aucune motivation, d’aucun sentiment, d’aucune envie de vivre. Agenouillée au sol, mes yeux fixent ce qui était quelques secondes auparavant l’être le plus cher qui me soit. Souffre, Jimmy, parce que ton mal n’égalera jamais le mien. Je saigne, sachant qu’encore une fois, je n’en mourrai pas. Dans quelques jours, rien ne paraîtra des égratignures sur mon visage. Rien d’autre que cette mort qui me dévore, carnivore.
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MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± a box full of sharp objects »   Dim 1 Mai - 18:38


Je sais, à voir la lueur soudaine de son regard qui pourtant, depuis si longtemps, se meurt, que sonne la première et la dernière de toutes les heures. La seule qui saurait compter, gravée dans le malheur, finement ciselée d'horreur.
La catharsis de nos existences émiettées prend naissance à la racine d'un chaos qui dénature le monde, brise la quiétude de composition d'un lieu sans vie, parce que dénaturé, sans Timmy.

Les fenêtres craquent, les vases explosent et tout un passé accroché aux murs valse dans le néant que son absence a su créer. Les débris d'un vie brisée flirtent avec moi, laissant dans leurs sillages mon corps pleurer des larmes de sang, comprenant que chacune des promesse qui ont su un jour résonner contre lui ne sont plus que du vent.

J'avais promis, ai failli. Depuis toujours existe cette vérité, ancrée dans ma chair, jurant d'écorcher ma peau pour protéger la sienne. Et aujourd'hui, mes mains saignent, se sachant maculées d'un autre sang que le mien, souillé par le sang de celui pour qui j'aurais tout donner, sans même avoir à hésiter.

Pantin de parjure, j'essuie une apocalypse saignée au nom d'un fils disparu, d'un frère fauché. Plus rien n'a d'existence, au delà de son absence. Le monde flanche sans sa présence, se consume de se savoir si vide de sens.

J'ai mal, le cœur lacéré par la haine d'une mère, par le poids d'un crime qui n'aurait jamais dû avoir a porter mon nom. Je crève de savoir que plus jamais, il ne viendra me sauver de ma connerie.
Et je jure voir la silhouette de Timmy danser un instant dans l'ombre d'un chaos encore brûlant de vie, vrillant sur moi ses pupilles de verre, frémissantes de haine.
Pardonne-moi Tim. Pardonne-moi.

Dans un sanglot déchirant, tout cesse, et ne repose plus à terre les restes d'une illusion brisée, les contours brouillés d'un être qui plus jamais, ne saurait revenir. Rien n'existe plus, ni même mon cœur déchiqueté, ni même ma peau écorchée. Rien, si ce n'est elle, à genoux d'avoir trop souffert, victime du bourreau que j'ai vu naitre en moi. Un meurtrier se réinventant chaque fois, pour émietter un peu plus son âme qui jure être arrivé à bout de tout.

Hésitant, mes pas me conduisent jusqu'à elle, et mes genoux se courbent pour épouser le sol, et laisser mon regard éprouver les conséquences de tout ce que je lui ai causé. Mes doigts tremblants trouvent son menton et incline sa tête, pour laisser mes yeux danser sur les coupures qui parsèment son visage.

Je flanche sous une le poids d'une douleur qui n'est pas la mienne, mais qui, trouvant écho au fond de moi, enflamme mes myocardes pleurant d'en avoir vu plus qu'elles ne peuvent le supporter.
La douleur n'en est que plus vive, parce que cachée, tapie dans l'ombre de quelques gouttes de sang qui coulent de son arcade à sa joue. Je suis désolé, tellement désolé.
Dites-moi quoi faire Madame Hope. Dites-moi... et je marcherai sur du verre brisé pour tout réparer.


    « Il va falloir soigner ça... »


Et dans un murmure douloureux de vérité, je me retrouve celui qui soignera les plaids d'une femme qui m'a vu grandir, qui m'a protéger et guérir mes blessures.
Les ecchymoses de mon enfance intrépide ont été pansé de vos mains, et mes pleurs enfantines garderont à jamais la couleurs de vos doigts.
Qu'importe que je ne sois pas la chair de votre chair, vous resterez, à tout jamais, ma mère.
Et que j'épouse l'enfer pour ce que j'ai pu vous faire.

Pardon... Maman.

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MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± a box full of sharp objects »   Mar 3 Mai - 18:01

Mes mains sont rouges d’un sang que je croyais éteint depuis longtemps. Séché dans mes veines, faute de ne plus avoir de pouls pour le pousser dans mes membres qui n’en ont pas besoin. Je n’ai pas conscience de la douleur qui devrait émaner de mes coupures, le verre souillé reposant tout autour de moi, comme un halo de ma destruction. Petite tornade d’un mal qui gronde en moi. Jamais il n’aura pourtant vu l’étendue des dégâts. Sous ma peau, dans mon cœur et dans ma tête, il ne reste plus rien. Que les ombres d’un passé qui me hante, intouchable de perfection. Mes membres sont si faibles qu’ils ont perdu toute vie, faute de s’être faits écorchés par le plus vivant des souvenirs. Rien ne fait plus de sens depuis trop longtemps. Cette réalité est vide de sens, ayant perdu toutes ses couleurs.

Le monde est un kaléidoscope de gris, inutile et ennuyant. J’inspire, incapable de vivre, noyée de l’intérieur, j’ai encore tant de larmes à dilapider. Laissez-moi les compter, ça m’évitera de me complaire dans l’image que me renvoie le miroir. Je me croyais grande et forte, je ne suis qu’un petit rien qui n’a plus le courage de se lever pour voir demain. Mon cœur a trop souffert et le manque est la pire des tortures.

J’en vendrais mon âme, pour revoir Timmy, mais même une vie passée à faire le bien ne semble pas être assez cher payée. Je suis toujours là, et mon fils est toujours mort. Mort, mort, mort, mort. Décédé d’une vie qu’il n’avait pourtant que si peu vécue. Le concept est si dur à saisir. Le seul espoir de fou qui parcourt mon être est que ceci est le plus long des cauchemars. Chaque matin, chaque réveil, est une déception étrange, pénible et déchirante.

Une main accroche mon visage, et je n’ai pas la force de me dégager. Les gens ont cessé de me toucher depuis si longtemps, que je suis surprise des doigts brulants qui collent à ma peau glaciale. Non, ça n’est plus la caresse aimante d’un enfant, mais bien la force d’un homme qui se trame entre ces doigts. Je réalise que Jimmy est toujours là, témoin silencieux de ma chute, cause de tout ce bordel. Le fils que j’ai longtemps considéré comme le mien, examine une vilaine coupure, vilaine, héroïne, qu’est-ce que ça change maintenant, quand on a plus personne pour qui se battre. Ça n’est pas juste, injuste justice qui ne veut plus rien dire à mes yeux. Même si on enfermait Jimmy toute une vie, jamais on ne me rendra son frère, jamais on ne me rendra mon fils.

« Il va falloir soigner ça... »

Non, ça n’en vaut pas la peine. Laisse moi être aussi défigurée du dehors que je le ressens de l’intérieur. Jamais je ne guérirai de mes blessures, celles là ne sont rien d’autre que des illusions. Je me noie, depuis longtemps, et mon cœur ne souffrira aucune chirurgie. C’est un cancer, qui me rongera jusqu’à la fin, jusqu’à Timmy. Ne voyez-vous donc pas, que rien ne me retiens ici. Que je serais plus vivante à être morte. Non, rien à cicatriser, laissez moi saigner à mort, laissez mon sang me quitter au même moment que ma vie. La torture d’un monde sans mon fils est si douloureuse, ayez pitié d’une femme honnête . . .

« Pourquoi ? . . . Pourquoi s’acharner à cette vie qui n’a plus rien à m’offrir . . . »

Je ne prends même pas la peine de lever la tête, trop lasse pour comprendre que je ne m’exprime que pour moi-même. J’en crève de cette douce folie qui m’a écorché. J’aimerais perdre celle qui vit en moi, faute de ne pouvoir retrouver la Sadie qui aime un peu trop. Pleure ton frère, Jimmy, ne t’occupe pas de moi qui se meurt avec mon fils, ça n’a plus d’importance . . .

« Laisse-moi saigner en paix . . . ça ne me tueras même pas, malheureusement . . . »
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MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± a box full of sharp objects »   Mar 10 Mai - 17:08


J'ai mal, et jure sur le nom de mon frère qu'un torrent noie un quelque chose au fond de moi, pour me mieux me faire suffoquer. Mon ventre se tord au rythme des perles de sang qui s'échappent le long de sa joue, et je meurs doucement à l'idée de ne rien pouvoir y changer.
Je crève de vous voir agoniser, Madame Hope. Tellement, si vous saviez...


    « Pourquoi ? . . . Pourquoi s’acharner à cette vie qui n’a plus rien à m’offrir . . . »


Parce que c'est vous. La plus belle part qui nous reste de Tim, celle que l'on se doit de sauver, de préserver, c'est vous. Parce que c'est vous qui lui avait donné vie, et qui garderez intact son souvenir en vivant pour lui.
Tim, dis-lui, toi, va hanter ses rêves, et murmurer à son oreille que tu mérites bien plus que cela. Que tu mérites que l'on vive, pour toi, au lieu de lâcher prise et d'attendre une mort qui ne nous fera même pas te retrouver dans un au-delà qui n'existe pas.
Rien ne subsiste, après la vie. Il faut vivre pour les morts afin qu'ils ne viennent jamais à sombrer dans l'oubli.


    « Laisse-moi saigner en paix . . . ça ne me tueras même pas, malheureusement . . . »


Je suis fatigué de la souffrance de sa voix, comme je crève de ne rien pouvoir y faire pour y remédier. Je ressens le besoin urgent de la secouer, d'arracher mes yeux pour les lui prêter, de lui donner tout de moi, pour qu'elle ressente combien ta présence ne faibli pas.
Qu'elle retrouve ton rire accroché aux arbres, tes mauvaises blagues encore tatouées d'une encre invisible sur la peau de Garry. Qu'elle retrouve ta joie dans le sourire des enfants et ton amour pour elle, dans le reflet du miroir.
Qu'elle se rappelle sans saigner, et vive pour ce que tu nous as laissé.


    « Il faudrait au moins passer vos coupures sous l'eau... je murmure, pour moi. Et trouver de quoi désinfecter les plaies... »


Lâche, je quitte ses yeux, pour faire danser les miens sur les écorchures qui ravagent ses mains, son corps et, bien au delà, son âme. J'ai laissé mon courage dans les ruines encore brûlantes d'une apocalypse de verre, où flottait ton ombre. Un chaos dont les séquelles sont encore imprimés dans ma chair, et dans celle de ta mère.
Tim, l'enfer m'a bouffé, et semble peiner à me recracher. Est-ce dont ça, être damné ?

La vérité, c'est qu'en cet instant, les mots me manquent. J'ai peur de parler, tant l'impact de mes phrases peuvent, à nouveau, tout briser sur leur passage.
Je n'ai jamais su trouvé les bons mots, Timmy. Ni toi, ni moi n'étions très doués pour ça. Je ne sais pas quoi dire, Tim, si ce n'est...

    « Vous devez vivre, Madame Hope. Parce que Tim ne disparaitra jamais, tant que son souvenir continuera à vivre à travers ceux qui l'ont aimé. »

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MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± a box full of sharp objects »   Sam 14 Mai - 21:35

Je ne cesse de chercher un visage parmi le verre brisé. Il ne reviendra pas, il ne reviendra jamais, et je le sais, je le sais, je le sais. C’est ce qui me fait si mal, de savoir que jamais plus mon Timmy ne sourira. Dans mes souvenirs, il a tous les âges, celui de l’innocence, celui de l’aventure, celui où on s’éloigne de sa mère, simplement pour mieux revenir lorsque le monde extérieur est cruel. Du sang poisseux coule jusqu’au bout de mes doigts, du sang qui n’aura jamais de raison. Du sang qui coule, qui n’effacera jamais celui qui a coulé cette nuit. Encore plus de sang. J’en ai le cœur à la bouche, et si je pouvais bouger, je crierais sans m’arrêter, de rage, de fureur et de cette souffrance qui m’écrase les poumons, qui m’étouffe jusqu’au fond de mes boyaux.

Mes mains tremblent maintenant de ce sang, celui qui m’empêche de croire que demain sera plus beau. Parce que la ligne entre la vie et la mort est un vaisseau sanguin, celui qui sera rompu sous l’impact, celui qu’on pourra faire éclater. Je n’ai jamais même imaginé utiliser cette énergie en moi pour briser un être humain. Je me demande si je pourrais, si c’est possible. Si j’ai, à mon tour, la force d’être aussi cruelle que cette vie. Non, jamais. Je ne suis plus qu’une fêlure sur le plancher. Je ne suis plus qu’un papillon auquel on a arraché les ailes pour le laisser retomber sur le béton.

« Il faudrait au moins passer vos coupures sous l'eau... Et trouver de quoi désinfecter les plaies... »

J’entends sa voix, mais mon esprit n’essaie pas de donner un sens à ses mots. Rien n’a plus de sens, sans Timmy. Ne le vois-tu pas ? Ne vois tu pas le vide à ta droite où il devrait être. N’entends-tu pas ses mots et sa voix souriante dans le silence déchirant qui nous entoure. Je te jure, Jimmy, qu’il rierait, de nous voir comme ça. Il laisserait tomber une remarque sur ma maladresse, lui qui ne m’a jamais vue échapper un verre, et il me forcerait à aller ailleurs, pour qu’il passe un petit coup de balais. Tout serait si beau, si Timmy y était. Je peux le voir, mais c’est encore pire que son absence. Je connais ses mots et son visage, et il me manque, il me manque tellement.

« Vous devez vivre, Madame Hope. Parce que Tim ne disparaitra jamais, tant que son souvenir continuera à vivre à travers ceux qui l'ont aimé. »

Peut-être que tu as raison, Jimmy, peut être . . . peut-être qu’il vit en toi, mais c’est aussi possible que je sois morte avec lui. Tu y crois ? Qu’il ne sera toujours plus que ce corps que j’ai enterré. Bien sur que tu y crois. Tu aurais embrassé le sol sur lequel il marchait, parce que ton amour pour lui est intemporel, éternel, comme le mien. Alors t’y crois, je le vois dans tes yeux, Jimmy. Je le vois. Mais mon Timmy à moi, je n’ai pas su le protéger, il n’aura jamais plus besoin d’une mère, et il ne vit pas, s’il n’a plus besoin de moi. Je ne sais pas, je ne sais plus. Je ne peux pas y penser, c’est . . . Je ne peux pas.

Je n’avais pas sentie, une larme solitaire, couler sur ma joue. J’inspire, voulant la retenir de mes membres paralysés. Mes mains tremblent, et je ne sais pas quoi faire. Je ne sais plus vivre, je ne sais que mourir à petit feu. Mes deux fils ont partagé ce savoir de parler avec de joli mots. J’ai élevé deux gamins intelligents, et voilà ce que je récolte, un fils aux mots si beaux que le concept m’effraie. Et si ces faux jumeaux s’étaient maintenant réunis en un seul être. Si Jimmy, vivait vraiment pour Timmy, et quoi après ? J’inspire, incapable d’expirer les mots cruels qui me viennent. Je ne sais pas cracher du venin, alors je l’avale. Mes tempes sont douloureuses, tiraillées entre cette partie de moi qui sait que c’est la faute de Jimmy, et celle qui sait que jamais il n’aurait fait de mal à son frère. Je suis désolée, Jimmy, d’avoir oublié qu’il était ton frère en plus d’être mon fils. J’ai oublié, mère indigne, tu vois. Mère qui n’a pas su protéger son enfant. Ses enfants. . .

« Il a été aimé, mon Timmy . . . »

Ça n’est pas une consolation, simplement une constatation. On l’a aimé avec tant de cœurs qu’il est peut-être immortel, j’aimerais le croire, j’aimerais que ma volonté soit plus forte que cet abysse, ce trou noir qui a emporté mon cœur.
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MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± a box full of sharp objects »   Mer 6 Juil - 2:03


Pour la première fois depuis toujours Tim, je jure, je regrette de n'être que moi. D'être à la fois ton frère, ton meurtrier, le bourreau de ta mère et le mien. De n'être qu'un gosse un peu trop con, condamné par une soirée de mauvaises décisions.
Alors je regrette de ne pas avoir su être plus que ce que je suis. Ne pas avoir pu être un peu plus brillant, un peu plus conscient, un peu plus toi. De ne pas avoir su réfléchir, raisonner, penser aux actions et peser les conséquences de chaque choix. Je regrette, tellement, de n'être que moi.

Dans l'éclat d'un morceau de toi, couché au sol, je revois Garry, Callie. Eux, capables de merveilles, et bien plus que ça. Je revois Satine, maudissant ce qui fait d'elle un être si spéciale. J'aurais aimé savoir remonter le temps, décrypter le futur. Un quelque chose, qu'importe quoi, qui aurait pu changer la donne, éviter ces drames. J'aurais voulu... Ne pas être moi. Être plus que ça.


    « Il a été aimé, mon Timmy . . . »


Mes yeux retrouvent son visage, trop choqué pour parvenir à dire quoi que ce soit. Et à la simple mention de ton nom, j'entends ta voix, beugler depuis mes tripes serrées d'effroi, de fermer ma gueule et de faire quelque chose, au lieu de penser à des idioties plus grosses que moi. Et j'ai presque envie de rire, avant de me rappeler que je n'en ai pas le moindre droit.


    « Oui, il a été aimé. »


Je ne sais pas quoi ajouter, tant les mots semblent vides face à une telle vérité.
Il a été aimé au point que j'entends encore sa voix, qu'il existe encore tellement en moi que le voir surgir de derrière un rideau de m'étonnerait même pas. Il a été aimé au point de pouvoir me remonter le moral, me faire rire alors même que son corps n'est plus là. Il a été aimé au point de nous détruire lentement, parce que, trop occupés à ne penser à son absence, on oublie parfois que les gens que l'on aime ne nous quitte pas.

Timmy est là. Partout. Dans l'ombre de chacun de vos pas. Il murmure à votre oreille combien il vous aime, combien vos larmes le saigne, tout autant que moi. Tim chante pour vous, Madame Hope, d'un symphonie gorgée d'espoir, dans l'attente d'un jour nouveau, plus beau. D'un jour où sa voix vous parviendra.

Dans un soupire, je me relève, laissant au sol les divagations d'un autre moi, que je ne suis pas, écrasant au passage les regrets d'un passé que je ne saurais changer, qu'importe combien je peux le souhaiter. Ne reste qu'un futur bancale, fragile, fugace. Un futur à réparer, remodeler, colmater. Je m'improvise maçon, à partir de ce jour, et jusqu'à ce que la vie décide à nouveau d'embrasser votre âme.


     « Vivons, Madame Hope. Vivons pour qu'il ne cesse jamais d'être aimé. » je murmure, tendant une main suppliante vers elle.


Rebâtissons un futur aux couleurs de son âme.

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MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± a box full of sharp objects »   Lun 29 Aoû - 0:03

Je m’inonde, me noie dans ma peine. Mon visage est sec, mes joues creuses. Je suis pétrifiée par ce nom qui a franchi mes lèvres. Timmy. Le temps glisse entre mes doigts, les secondes me filent sous les yeux, rien ne ralentissant la course du temps. Je ne compte plus les jours, mais la peine depuis sa mort. Il n’existe aucune unité de mesure, pour compter ce qui me submerge. Je ne sais plus respirer autre chose que les cendres d’une vie brûlée à avoir aimé sans protection. Leur Pandora, elle n’avait peur de rien. Elle savait qu’il y avait du bon en chaque être humain. J’ai perdu cette foi, lorsque j’ai perdu mon fils. Il ne me reste que les détails d’un amour gravé à mon âme. Qui aurait cru, que cette petite vie gazouillant dans mes bras deviendrait ma force et ma faille. Clac, et ma vie se fissure comme de la porcelaine échappée sur le parquet. D’infimes éclats qu’aucun balai ne fera disparaître. Fraction tranchantes qui s’enfonceront dans la plante de mes pieds chaque matin. Crevasseront ma peau. Je vieillis, c’est inévitable. Ma volonté a depuis longtemps cessé de prier pour une jeunesse éternelle, pour une éternité en enfer, sur cette terre.

Mes songes illusoires ne sont pas d’une grande utilité. Jimmy me fait face et j’ignore volontairement tout ce que je pourrais si facilement lire sur son visage. Ma compassion a coulé avec le navire, vingt milles lieues sous les mers, noyée dans les abîmes des profondeurs. L’eau est calme, plus aucun signe de la tempête. Si j’en avais le courage, je réparerais ma destruction à même l’énergie qui me tient en vie, mais je suis fatiguée, lasse, endormie depuis trop longtemps dans cette réalité cauchemardesque.

« Oui, il a été aimé. »

Les mots d’un homme. L’acceptation d’un condamné. Seulement c’est moi, qui marche seule vers la chaise électrique. L’amour que j’ai pour Timmy me gonfle le cœur, le noie, et je suffoque, mes poumons trempés feront mieux passer le courant. Pousser l’interrupteur, et voilà, la fin qu’on redoute. Ce qui me torture, c’est que je n’ai pas peur de la mort, mais bien de la vie . . . sans Timmy.

Je marche à reculons, incapable de faire face à une existence où le soleil brûle ma peau, où les gens me tirent à contresens, où mon corps est la seule chose qui me porte d’une seconde à la suivante, parce que je n’ai plus le désir de continuer.

Mes yeux se fixent sur Jimmy, grand et tremblant d’une vie improbable. Énergisé par la vie qu’il se doit d’honorer. Les morts n’entendent pas les vivants, pas plus que je n’entends ses mots.

« Vivons, Madame Hope. Vivons pour qu'il ne cesse jamais d'être aimé. »

Mes sourcils se froncent d’une incompréhension risible. Ne vois-tu pas l’ironie de tes paroles, vivons à la mémoire de celui que tu as tué. Levons nos verres à celui qui plus jamais ne pourra festoyer. Déterrons sa carcasse, pour prétendre qu’il n’est pas déjà retourné à la terre. Rien de tangible, rien de palpable, pour garder sa vie en moi, pour la traîner plus loin qu’il n’ira jamais. Rien si ce n’est l’impossible de l’oubli. La mémoire est un mécanisme destructeur, gravant les détails si précisément qu’ils en deviennent tranchants. Poignards internes, dotés d’une volonté leur étant propre. La vie, la mort et cet entre deux qui me retient contre mon gré.

« Je l’aimerai jusqu’au jour de ma mort. »


Et c’est un amour dont il n’a aucun besoin. Le tien aussi, Jimmy, il ne sert à rien. Un amour lancé au vent, à la dérive. Des sentiments qui ne sont bons qu’à souiller des mouchoirs. Une sentimentalité à en être grotesque. Le poison se mélange à mon sang, et je me retiens de cracher les mots brûlants qui me démangent sous la peau. Mon corps est malade d’un deuil impossible. Je m’hospitalise dans ma léthargie. Sans docteur, sans médication, je me condamne.

Hurlez à la vie, murmurez à la mort, aucune des deux ne peut vous entendre. Les paumes de mes mains écrasent la vitre brisée qui m’entoure, alors que je pousse ce qu’il reste de moi à me tenir droite. Debout devant mon bourreau, je me sens grande, et lui si petit. Grande d’une sagesse défaitiste, mon combat étant perdu d’avance. Mes tempes sont douloureuses, lancinantes de cet éclair de pouvoir incontrôlé.

« . . . Mais jamais ça ne le ramèneras à la vie. »
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MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± a box full of sharp objects »   Dim 18 Sep - 18:18


Et la lueur de son regard transperce mon cœur à vif, comme une lame tranchante guidée par une main vengeresse. Il saigne, goutte à goutte, dans une langueur cruelle qu’il accepte tant il sait qu’il la mérite. Et les lames s’enfoncent au plus profond de mon âme déjà lacérée par les fantômes de verre qui dansaient devant mes yeux, s’acharnant avec fougue.

L’écho de ses maux et trouvent écho en moi, et mes douleurs renaissent sur ma peau. Tim, chante-moi l’espoir. Promet-moi que je partage tes rêves, et qu’en fermant les yeux, je vivrai à nouveau, ton ombre lovée contre moi.


    « Je l’aimerai jusqu’au jour de ma mort. »


Jusqu’à ma mort, et au-delà. Aussi longtemps que l’on se souviendra de moi, de toi, de nous. Jusqu’à ce que les mémoires mutilés oublient que mon cadavre devenu vieux a aimé, rit, et vécu pour deux. Et nos vieilles photos usés par mes yeux tapisseront la ville et le monde, pour que la pensée de nous demeure gravé dans l’éternité, à jamais.

Mais déjà, le venin de son courroux court dans mes veines à une allure prodigieuse, et je tremble d’une frénésie effroyable, convulsant à chacun de blâmes suspendus dans ses yeux. Elle t’aime Timmy, t’aime tellement que j’en mourrai surement.

Et elle se lève, noie mon ombre dans la grandeur démesuré de la sienne. Et la sensation de flammes noires dansant contre ma peau, au rythme de sa haine, m’arrache un sursaut. Elle vit, Tim, tremble comme elle saigne. Elle m’avale de ses sentiments poignants, d’une force monstre qui m’oblige à courber les chines. Et inconsciente de sa suprématie, elle la domine pourtant tant sa grandeur ne connait aucune limite.


    « . . . Mais jamais ça ne le ramèneras à la vie. »


Mes lèvres tremblent sous le poids de milles pardons que les mots ne sauraient traduire, et j’en viens à espérer qu’elle me frappe, vienne loger les démons qui la ronge à l’intérieur de moi.
Je n’ose pas me redresser, ni même la regarder. Paumé, je fixe le sang sur mes mains, le mien, le tien, sais que lorsque la chair rougit, le cœur flétrit. Je suis le bourreau de mon propre cœur, de celui de ta mère, du mien. Et mes espoirs rampent jusqu’à elle, embrasse ses pieds et promettent une vie entière à tenter de sortir son sourire des décombres d’une vie brisée, par ma connerie et ses effets.


    - Non, ça ne le ramènera pas…


Et cette vérité me tue, tant je sais que tu ne reviendras pas. Mais j’ai promis sur chacun de tes mots, ton ombre et ta tombe, que jamais mon rire ne flanchera, tant qu’il trouvera son écho dans le souvenir du tien. Aussi surement que l’aurore revient après chaque nuit à se plonger dans l’effroi, tu existeras, à travers moi. C'est là tout ce que je suis capable de faire, et jure que jusqu'à mon dernier souffle, je ne m'y soustrairai pas.
Je rêve d'un héros, pour sauver ta mère, Tim, la ramener jusqu'à la lumière ; mais ignore où trouver un tel prodige.


    - Mais je continuerai à vivre pour lui, à défaut de pouvoir le ramener.


Qui veille sur nos héros, et les empêchent de saigner ? Qui les protègent d'eux-même, les défendent de ce contre quoi ils se battent ?
Qui sauve les héros qui nous protège, Tim ?
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MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± a box full of sharp objects »   Lun 10 Oct - 20:02

Je trouve en moi la force de ne pas m’effondrer. Je combats ce vide qui m’engouffre, cette solitude qui m’étouffe. Ma propre inaptitude me tient éloignée de ceux que j’aime. De ceux qui respirent encore la vie à laquelle j’ai renoncée. Mes doigts s’agrippent à ce qu’il reste de mon fils. Mes phalanges sont d’argiles. Ma poigne m’en brisera les os. Rien que le silence de la nuit m’est insupportable. Alors je m’y tiens plus fort. Je m’y pends, je m’y prends. Mes épaules flanchent. La silhouette d’une grande femme se tient derrière moi, me retenant de peine à la valse des jours et des heures. Le temps lacère mes souvenirs, détruit ce qui ne tiens plus dans les décombres de mon cœur. Mon amour tiens la paume de ma main et je le donne à la mort, dans l’espoir que Timmy, où qu’il soit, en touche une parcelle.

Les cendres d’une vie glorieuse m’arrachent la cornée. Brûlantes des maux qui ne faiblissent à aucune de mes supplications. La course du soleil rythme ma pétrification. Je serai la pierre, le marbre qui vieille sur ta mort, mon fils. Parce que je ne sais plus vivre dans un monde où ton nom a le goût amer des regrets. Cet univers n’est bon qu’à être mis au rayon des antiquités. Ces objets d’un autre temps qu’on étudie pour comprendre comment toute une civilisation est passée de lumineuse puissance à langue morte. Je suis cette tragédie. Mon corps et mes connaissances se repliant avec douceur pour protéger le souvenir de Timmy, contre mon toute rationalité. Je sais mieux, mais je me berce d’apathie, ma force maintenant partie.

    - Non, ça ne le ramènera pas…


Mensonges! Toute la cruauté du monde dans cette simple affirmation. Je refuse, je me débats, j’exclus cette impossibilité. C’est ma faute, ma faute, ma faute, ma faute, la mienne. J’étais supposée le protéger. Le laisser vivre tout en chassant la peur, la noirceur et le danger. Son sourire il venait de la confiance aveugle qu’il avait en ceux qu’il aimait. Jamais Timmy ne doutais, et ça aussi, c’est ma faute. J’aurais du insister, lui dire de m’appeler, de ne pas, de ne jamais, de ne pas courir vers le danger, de penser, de toujours me revenir. J’aurais du lui faire jurer, pour pouvoir le tenir responsable jusqu’au cœur de sa mort. Pour pouvoir me pardonner de ne pas l’avoir sauvé. Mon âme toute entière déteste Jimmy, pour la simple raison que si je m’en voulais un peu plus, je m’annihilerais par ma propre volonté.

Ma peau craque, incapable de protéger mon âme de ce qui m’entoure. La réalité me noircit le cœur de regrets et de cette insuffisance. Mes bras faiblissent de ne pouvoir tenir mon enfant dans mes bras. Mon Timmy était un homme, si grand qu’on avait peine à imaginer qu’il vienne de moi. Mais je le sentais toujours, ce lien du sang vestige des mois qu’il a passés à grandir sous ma peau. Pour une fois dans ma vie, je me sentais complète. Totalement heureuse. Pas une poussière de misère ne pouvait venir enflammer ma compassion. Pendant neuf mois, je n’ai pensé qu’à moi et à cette petite boule de vie. Pas de planète à sauver, pas de responsabilités, qu’une source inépuisable d’amour à sa source la plus pure.

    - Mais je continuerai à vivre pour lui, à défaut de pouvoir le ramener.


Le voile qui me sépare de l’existence s’est transformé en un mur de brique. Jimmy est de l’autre côté. Rien ne m’atteints parce que je n’entends rien d’autre que la voix faiblissante de mon fils. Je tends la main vers son souvenir, j’arque ma vie vers sa mort, mais rien ne semble le retenir. Sa perte me prends à la gorge, mes pensées se brouillent, ma vue s’embue. Je suis une statue, mes orbites de sable, accrochés au passé.

Une triste fureur me prend au cœur.

    « La vraie vie, elle est de l’autre côté de cette porte, Jimmy. Personne ne te retient d’y vivre pour deux. »


Mes croyances ont étés brisées comme de la porcelaine sur le parquet. En éclats, en fractions. Je ne crois plus en la jeunesse, en ton optimisme, Jimmy. Je ne souhaite pas ta mort comme tu as causé la mienne, mais je te souhaite la liberté qui n’est plus à ma portée. Les cœurs immatures guérissent bien plus vite. Prends cette boîte avec toi, parce qu’elle me cloue au sol, de la pesanteur de ses souvenirs. Prends la parcelle de Timmy qui te reviens et ne reviens jamais.
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MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± a box full of sharp objects »   Mer 25 Jan - 17:40

Personne. Personne ne sauve nos anges, parce que personne ne sait, ne voit, ne se soucie de savoir qu’ils sont humais avant héros. Personne ne s’inquiète de les savoir incapables de panser leurs propres plaies, eux si habiles à empêcher les nôtres de saigner. Personne ne viendra la sauver, Tim.

Pourtant, on y croyait, pas vrai ? On se disait que quand on serait plus grands, ce serait nous, les héros des héros. Qu’à défaut de sauver le monde, on les protégerait, nos héros, et une en particuliers. Petits héros de notre héroïne préférée, ce rôle nous semblait parfait, taillé pour nos traits. On y croyait, on s’y voyait, faisant gonfler nos biceps d'enfants pour lui montrer comme on était forts. On y croyait si fort qu'on ne cessait de le chanter aux quatre vents : On la protégerait, ta maman. On se croyait déjà grands, criant sur le voisin qui se plaignait de la clôture, installée sur sa propriété, qu'il disait.

Et finalement... c'est moi qui l'ai détruite notre héroïne préférée, dans l'ombre de mes souvenirs gorgés de chevalerie, de mes « Madame » enfantins aux allures de « Maman ». J'ai fauchée sa vie en prenant la tienne Tim, et chaque jour depuis ce jour, nos rêveries de gosses fanés me le rappellent.
Et je regarde mes rêves mourir comme disparaissent les étoiles : sans cri, ni larme.


    « La vraie vie, elle est de l’autre côté de cette porte, Jimmy. Personne ne te retient d’y vivre pour deux. »


L'envie de la serrer contre moi et de lutter contre ses larmes me tue, sachant que depuis dix-huit mois déjà, j'en ai perdu tous les droits. J’ai horreur de ce vide dans ses yeux, plus encore que de cette douleur dans sa voix. Mes illusions s’essoufflent à trop vouloir combler les failles qui se creusent dans mon cœur trop avide d’obtenir un pardon qu’il ne mérite pas. Mais son cœur à elle Tim, son cœur… C’est dans son cœur à elle que s’est installé le vide, et toute la haine du monde ne saurait me punir assez d’être coupable de tout ça.

« La vraie vie » elle est aussi ici, chancelante de se savoir emmurée dans le chagrin. Elle épuise mes réserves d’espoirs pour aujourd’hui qui s’amenuisent de ce vide en son sein, préférant me voir agoniser sous une mer de regrets. « La vraie vie » elle est juste ici et me prouve qu’elle est plus à craindre encore que la mort.
Et si la mort ne m’effraie pas, c’est parce qu’on ne meurt pas d’être, quel que soit l’attribut. On ne meurt ni de désespoir, ni de douleur. On ne meurt pas d’être Tim, on cesse simplement de vivre. On demeure, brisé et haletant, mais incapable d’exister pour autant.

J’ouvre la bouche et cherche mes mots, me sentant comme le dernier des idiots, lorsque la porte d’entrée grince puis claque, bouffant le silence et mes mots à peine éclos, dans la foulée. Puis le silence, à nouveau, et une main sur mon épaule. « Tu ferais mieux de partir, fiston. »

Il y a certaines entités complémentaires que l’on ne pense jamais voir un jour dissociées ; ton père et son sourire sont de celles-ci. Mais à présent, chacun de ses sourires tremble et se meure, se change en grimace avant même d’avoir su éclore. Et ça fait mal, Tim, je jure. Aussi mal que de voir ta mère et sa douleur. Aussi mal que lorsque cette grimace a fendu son visage, pour la première fois, devant moi.

J’avais tremblé, la toute première fois. J’avais tremblé, et m’étais répandu à ses pieds, le cœur balafré de regrets. «  C’était un accident, gamin. Un accident. » Avait-il murmuré, chassant mes blâme d’une tape sur l’épaule. « Et puis, il te manque surement autant qu’il nous manque à nous. » Et après ça, il m’a fait promettre. Il m’a fait promettre, vrillant ses yeux dans les miens. « Reviens. » avait-il dit. « Reviens demain. Reviens après-demain et le jour d’après. Reviens Jimmy. » Alors, j’ai promis, et il a parlé. Il m’a raconté ces huit-mois mois sans toi, ces failles dans les murs et ces ombres de toi partout autour de lui, à qui il chuchotait ses maux. Mais il a surtout parlé de ta mère, de sa douleur, de sa détresse, sa petite mort. De son incapacité à la faire réagir, de sa présence auprès d’elle, qu’elle ne semble remarquer qu’à peine.
Alors il a répété doucement « Reviens Jimmy. Quand tu es ici, elle s’anime. » Et j’ai promis, à nouveau. J’ai promis et ai vu naitre l’ébauche d’un sourire sur ses lèvres, retombant en une grimace contrite. « Merci, gamin. » Et ce soir-là, j’ai pleuré comme un gosse, de savoir mon sourire perdu à jamais.

Et là, cette grimace à nouveau, et cet appel silencieux, lancé par ses yeux. « Reviens ». Alors, j’ai hoché la tête, ai attrapé la boite en carton rempli de souvenirs qui n’appartient qu’à nous, avant de jeter un dernier regard à ta mère.

« La vraie vie » se trouve au-delà de ses murs également ; mais pour aujourd'hui, je préfère l’emmurer, la craindre, la fuir. L'heure de vivre viendra bien assez tôt. Dès demain, il sera temps de la poursuivre, téméraire parce que prêt à l’affronter à nouveau. Demain, oui ; mais pas aujourd'hui.


    « A demain » j’ai murmuré.


Pas aujourd'hui.
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MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± a box full of sharp objects »   Lun 30 Jan - 19:30

Les éclats de mes souvenirs percent ma peau. Mes paupières voilent la vision insupportable de Jimmy. Pas parce qu’il est là, mais parce qu’il y est sans Timmy. Mon Timothy. L’horreur qui fait trembler mes mains réside dans le vide à sa droite. Fidel à son poste, mon fils s’y trouvait en permanence. Me laissant croire que jamais ces deux là ne se sépareraient. Ils avaient toujours ces airs de préparer un mauvais coup, de raconter des histoires. Des secrets qui ne faisaient de sens que dans leurs mondes d’enfants. Qui aurait cru qu’ils grandissent si rapidement. Ma volonté a subit un court-circuit. Je n’ai plus la force de pleurer. Je n’ai plus le cœur à continuer.

La porte grince et je sens que je vais éclater en pièces détachées pour rejoindre les décombre sur le plancher. Parce que j’ai eu le ridicule espoir de lever la tête. Espérant le sourire désinvolte de Timmy qui aurait laissé ses chaussures pêle-mêle au travers du chemin. Et d’avoir espéré me torture tout autant que son absence. J’aimerais taire l’envie, le besoin primordial, de serrer à nouveau mon enfant dans mes bras. La porte claque doucement. Mon cœur se débat des faux espoirs qui m’étranglent. J’aimerais pouvoir ressentir le moindre remord face à la déception de voir John entrer la pièce. Comme chaque jour, où il lit sans broncher le désappointement dans mes yeux. Il ne mérite pas la torture quotidienne de ne pas être assez, de ne pas être Timmy.

Et sa voix me retient de tout faire exploser les jours où je n'arrive plus à me supporter. Mais les mots restent coincés dans mes terribles plaies, invisibles. Le cancer d'une mère qui jamais ne sera en rémission. Je me sens mourir, épuisée de ne pas y arriver. J'aimerais simplement m'endormir pour me réveiller au son du vacarme de Timmy qui tente de faire à déjeuner. Les petites choses me hantent de leur douceur. Brouillant la réalité qui m'entoure. J'aimerais me perdre dans un délire de mes désirs. Ne plus m'accrocher à la raison qui me définit. Laisser tomber, une fois pour toute.

« Tu ferais mieux de partir, fiston. »

Sa voix est douce, tendre. Mon coeur tout entier se meurt alors que je l'entends prononcer ce « fiston ». J'essuie une larme involontaire contre ma joue. Ahurie de pouvoir encore ressentir quoi que ce soit. Son fils, le mien, et Jimmy qui l'était tout autant. Tremblante, je ne souhaite qu'une paix horrible où je me berce de mes souvenirs pour endormir ma peine. Et leurs regards sont probablement le miroir de leurs âmes. Je ne me résouds pas à relever les yeux ou même à déplacer une mèche de mes cheveux qui me barre le visage. Ma lèvre inférieure tremble des émotions qui me rappellent avec amertume que je suis toujours vivante. De voir ce qu'il reste de mes hommes regroupés au même endroit. De compter mes vivants plutôt que mes morts. Parce que des morts j'en ai trop vu. De ceux pour lesquels on ne pouvait rien. De toutes les fois où on arrive trop tard. De les connaître, de les élever, de les éduquer pour les voir s'entretuer.

Peut-être que le monde court à sa fin. Peut-être que je ne sentirai rien. Je suis pourtant certaine de ne jamais pouvoir oublier.

« A demain »

Non, Jimmy, non. Pas demain. Laisse moi réparer la peau de mes mains crevacées. Laisse moi oublier le verre brisé qui s'accumule à mes pieds. Et on en fera des souvenirs oubliés. On oublieras que tu vis toujours alors que lui et moi on en survit pas. Alors que la porte se referme sur ses paroles, le verre tremble à mes pieds. Je suis désolée, John, de m'être emportée. D'être ta femme qui te préfère un mort. De ne plus savoir alléger le monde sur mes épaules d'un seul de tes sourires. Il avait ton sourire, Tim. Mon Timmy avait ton sourire. Et tes yeux aussi. Le bleu de tes yeux. Tu lui avait donné. Tout comme ta patience d'ange. Je vois l'écho de Tim, derrière les épaules de son père. Je vois le même regard inquiet qui n'a plus quitté ses yeux depuis des moi. Je n'ose pas penser à mon état. Je gonffle mes poumons, respirant avec détermination. C'est le mieux que je puisse faire. Je redresse mes épaules et arrête John, alors qu'il ramassait quelques morceaux de verre.

« Pas maintenant . . . » Soufflai-je.

J'ai besoin qu'on me recolle un peu, qu'on me tienne en un morceau, que quelqu'un m'empêche d'exploser. Et pour la première fois depuis si longtemps, j'ai besoin de quelqu'un d'autre que mon fils. J'ai besoin de toi.

Et les heures qui ont suivi furent peuplées de promesse silencieuses faites à moi-même. Alors qu'il me serrait contre son coeur sans que j'aie fait quoi que ce soit pour le mériter.
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