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 « Pyroman&Shadow - your boldness stands alone among the wreck »

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MessageSujet: « Pyroman&Shadow - your boldness stands alone among the wreck »   Ven 25 Mar - 22:26

    Les secondes filent et je sais que je devrai passer les portes de l’école. Je ne pourrai m’empêcher de chercher son visage à elle dans la foule des étudiants toujours en retard. Je ne veux pas de cette anticipation démesurée. Je voudrais pouvoir ne pas m’en faire et simplement sourire du bonheur de la croiser, faire confiance au destin, à la providence. Après tout, n’est-ce pas déjà un miracle qu’elle m’ait vu, moi, l’invisible. Mes mains se glissent dans les poches de mon jeans, alors que je m’efface. J’aime la solitude, personne ne peut m’embêter s’ils ne savent pas où me trouver. Je me glisse à travers les gens, évitant les coups de coudes, mieux que je ne le fais sous ma vraie forme. Éviter les coups qui ne sont pas dirigés volontairement est simplement une question d’agilité. Se faufiler, comme si je n’y étais pas. J’en suis devenu le maître, faute de ne pouvoir maîtriser quoi que ce soit d’utile. Je vois ces gens, dans ma classe, ceux qui ont les épaules larges et un pouvoir tout aussi imposant. Je n’ai la carrure ni le pouvoir d’un Héros. Je n’aurais pas bronché si on m’avait attitré aux assistants. Pourquoi me demander d’être plus que l’ombre d’un autre, lorsque mon ombre à moi ne reste pas derrière moi.

    Alors que mon invisibilité me sert d’armure, je croyais être intouchable. Malheureusement, la présence d’un ange vint bouleverser cette matinée. Je ne veux pas l’étouffer, lui imposer ma personne, mais je n’arrive pas à rester éloigné de Keira, non, ça je ne peux pas. Je la vois, glisser lentement vers un casier à numéro, et je pourrais jurer qu’elle est contrariée, que cette foule lui fait autant de mal qu’à moi. Pas pour les mêmes raisons, ça non. Elle, ils ne peuvent pas en détacher leur regard. Je vous l’avais dit qu’elle était particulière mon ange, et je ne suis pas le seul à l’avoir remarqué. Alors que moi, je suis celui qu’on oublie, si banal dans mon anormalité que les regards coulent sur moi pour ne jamais s’y arrêter. Je plain Keira, de devoir supporter les gens, peut-être que comme moi, elle souffre d’une forme étrange et partielle d’agoraphobie. Une maladie, qui pour moi, s’applique à tout le monde sauf elle. Je m’approche, et je pourrais la toucher, mais je ne fais que la regarder, cet invisible sourire aux lèvres. Elle soupire, et je voudrais la serrer contre mon cœur et lui murmurer qu’elle n’est pas seule.

    Malheur à moi, la cloche retentis dans le couloir qui se vide instantanément de ses étudiants, ma belle envolée dans le lot. Je reste là, immobile. Mes yeux se fixent rapidement sur la porte de ma classe. Je m’y glisse juste avant qu’elle se referme, pour aller m’installer au fond de la classe, juste à temps pour réapparaître lors de la prise des présences. Je ne sais pas vraiment quel cours est à l’horaire. Faute de n’avoir rien d’autre en tête que cette Keira. Rien qu’à penser à elle, un sourire se glisse à mes lèvres. Je suis fait, foutu, elle me tient entre ses doigts, et je ne pourrai jamais être claustrophobe de sa proximité à elle. Qu’elle me garde dans une petite boîte et je serai le lapin dans son chapeau, l’assistant de la magicienne qu’elle est, à faire disparaître le monde qui nous entoure. Mes mains tournent autour d’un crayon, un cahier devant moi. Horreur à moi, ça n’est pas le genre d’exercice qu’on attend de nous. Quelque chose de pratique. Je n’ai pas écouté, aucune idée de ce qu’on doit faire, distrait par des souvenirs, je ne veux pas vraiment de cette réalité. Je ne suis pas un héros que je vous dis. Laissez-moi être l’ombre de quelqu’un, c’est le mieux que je puisse faire.

    On m’assigne un partenaire, et je me sens faible, une nausée lointaine gâchant ce matin si bien commencé. J’ai vu ce qu’il peut faire, ce jour où les écrans de télévision étaient braqués sur moi. Oh si, il me fait froid dans le dos. Comme cette impression qu’il crame les gens comme moi, ceux qui ne manqueront à personne. Je me tourne vers lui, et je pourrais parler, mais ça sonnerait étranglé. Je ne suis pas à l’aise avec les gens. Même ceux qui me connaissent, ne me connaissent pas vraiment. Les étrangers, c’est encore pire. Je ne veux pas de cette école, laissez moi inexister en paix.
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MessageSujet: Re: « Pyroman&Shadow - your boldness stands alone among the wreck »   Mar 12 Avr - 23:14

    Contrairement à tout ce que j’imaginais, ce n’est pas comme renaître, de l’avoir retrouvé. Ca fait plutôt flipper. Car maintenant, une idée fixe me hante : et si on me l’enlevait à nouveau ? Parce que ça change ce que l’on a au fond des trippes, de sentir que l’on a quelque chose à perdre. Ca rend parano, cette colère sourde. Tu n’as pas confiance, et comme t’es heureux, tu ne veux pas croire que ça durera. Tu as peur, et comme t’es un caïd, ta peur se transforme en haine. Et avant même d’avoir pensé à t’intéresser encore moins aux autres, tu en viens à les détester davantage, juste parce que tu ne peux pas te piffrer ceux qui te l’ont enlevé la première fois, et que dans ton cœur, tu sais qu’ils n’attendent que ça, de le voir déraper pour mieux le détester. Tu le sais, qu’au premier faux pas, il est fiché. Et ça te met hors de toi, au point que tu as encore moins la foi. Tu flambes et tu bouillonnes. Le volcan en toi te brûle les entrailles. Et au milieu de ce feu qui te consume, tu es heureux. Quand même, c’est ton père, qui est là, quoi.

    Voila, ce que c’est d’être moi devant vous. Voila pourquoi je vous regarde avec des yeux encore plus noir que d’habitude tout en vous voyant un peu moins qu’à l’accoutumée. Vous n’êtes là que pour nourrir la haine en moi comme on ravive un feu. Vous n’êtes là que pour me rappeler que vos parents, vos grands-parents, et tous leurs amis ont déchus mon père et voudront recommencer. Vous êtes là pour me rappeler que je dois vous faire peur, pour que vous ne vous approchiez pas. Je vous rappellerais l’Enfer aussi sûrement que mon Paradis n’est pas au ciel. Juste pour que vous n’osiez pas l’accuser d’un incendie de forêts. Je brûlerai vos maisons, si vous le pointez. J’immolerai vos familles pour que vous laissiez la mienne. Elle n’est composée plus que d’une personne, plus d’une sœur que vous torturez. Dégagez.

    J’entre dans la salle de cours comme on entre dans un bordel. Sans considération pour personne, je prendrai ce que l’on me donnera en l’échangeant contre un peu de mon temps et de mon âme. Je la troque au plus offrant, le temps de vous haïr encore plus. Puis la récupèrerai, car un jour, vous aurez besoin de mon père et moi. Et ce jour-là je viendrai. Ce jour-là, vous comprendrez, ce que vous avez fait. Je vous sauverai pour me venger. Pour vous montrer que la Justice, c’est moi qui l’ai inventée. Je brûlerai tous vos préjugés, sans rien un mot, car vous me les avez enlevés. C’est dans un feu muet, que je vous tirerais de votre connerie, comme mon père l’aurait fait avant. Avant qu’on ne prenne maman.

    Anna me regarde m’installer avec un sourire encourageant, et je m’en veux de penser à sa salle de classe comme à un repère de prostituées. J’ai même envie de retirer cette pensée. Promis, c’est la vérité. Elle le sait que je ne perds pas de salive à mentir, elle est la seule qui sait, que mes mots sont tous calculés. Taillés pour la vérité. Son cours n’est pas pour moi. Je ne veux pas apprendre à discutailler. Je pense et j’agis, je ne discute pas. Je n’ai pas besoin d’insulter qui que ce soit pour le plaisir de le rabaisser. L’Autre est déjà rien, dans mon esprit. Un regard suffit à dire ce que je pense. Mes yeux disent la vérité aussi sûrement que ma bouche et ont l’avantage d’être encore plus éloquent. Les discours, les répliques acerbes, je les laisse aux autres. Qu’ils s’amusent à se traiter de « jeune pucelle effarouchée ». Moi, leur connerie, ça me fait doucement rigoler. Allez, Anna, laisse-moi garder ma haine au fond de mon cœur, pour en garder toute sa pureté. Ne m’oblige pas à la ternir avec des paroles.

    Elle m’assigne un partenaire. Je vais devoir jouer le jeu, alors, c’est comme ça. Je regarde mon binôme, fronce les sourcils en m’approchant de lui. Je ne l’ai jamais vu de ma vie, celui-là ? Est-ce un nouveau, ou suis-je désintéressés des autres à ce point-là ? Jusqu’à quel degré ma haine m’a-t-elle aveuglé ? Pour un peu, j’en rirai.

    Je m’installe à côté de lui, décidé à ne rien dire. Son regard effrayé me suffit. Désolé, Anna, mais je n’ai rien à dire pour ma défense, au fantôme d’à côté.



Dernière édition par Pyroman le Ven 29 Mar - 0:21, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: « Pyroman&Shadow - your boldness stands alone among the wreck »   Mer 4 Mai - 19:29

Spoiler:
 

Je ferme les yeux, conscient que mon rêve blanc et bleu arrive à sa fin. J’étais heureux, je crois, à vivre à travers Keira. Elle est le soleil, et je suis aveuglé par sa lumière. J’ai besoin de si peu, si ce n’est d’une parcelle de mon ange, pour survivre à ce monde qui m’ignore. Les murs se rapprochent, rendant ma présence plus remarquée qu’elle ne le devrait. Je pourrais jurer que sans sa liste, l’enseignante n’aurait pas su deviner mon nom, faute de ne pas savoir à quel visage l’attribuer. Ça n’est qu’un autre jour, au cœur de cette métropole de héros et de vilains qui ont le poids du monde à porter sur leurs épaules. Ils feront de grandes choses, alors que serai spectateur de leurs victoires comme de leurs défaites. Je resterai immobile, n’étant rien ni personne. On entend souvent de grandes phrases faites pour aggraver les égos des surdoués, avec un grand don vient une grande responsabilité. Que des histoires pour qu’on embarque dans leur jeu de marionnettes. Non, c’est décidé, je m’effacerai jusqu’à ce qu’ils m’oublient, ça ne devrait pas être si compliqué, ils n’ont pas encore remarqué mon existence. Ça sera pour le mieux, ça ne fait rien de bon d’être invisible, je ne suis pas fort, pas particulièrement intelligent, mais je l’ai accepté, je me contenterai de si peu, de la voir briller elle, parce que c’est inévitable.

J’en ai oublié encore une fois cette classe et ses occupants. Mais ils m’ont oublié aussi, ça ne fait aucun doute. C’est plus facile ainsi, si on ne se laisse pas aller à de grandes familiarités, plusieurs d’entre eux ne survivront pas le vrai monde, celui où c’est périlleux d’exister. J’en ai oublié de respirer, si facilement distrait d’une tâche qui m’angoisse. Parler, peu importe la raison, demeure une tâche étrange à mes lèvres. Il n’y a qu’un visage, qui pourrait me faire parler toute une nuit, toute une vie. Mais elle ne le demandera jamais, elle me filera entre les doigts, vers la lumière alors que je ne pourrai exister que dans son ombre. Je m’y fais à cette idée de vivre sans elle, sans vraiment la quitter. Je serai là pour elle, parce que chaque fibre de mon être s’est enivrée d’elle. J’en ai oublié les couleurs qui se sont envolées au même moment que sa présence.

L’atmosphère est sombre, dans ce dégradé de gris, dans le regard d’étincelles de cet étudiant. Les mots qu’il ne dit pas sont clairs d’une menace brûlante. Mes pensées hésitent, pétrifiées de ce dont il est capable. Son pouvoir est destructeur, le mien n’est bon qu’à mystifier ceux qui auront la paresse de ne pas détourner leur regard de moi. Rien n’est certain, si ce n’est la possibilité de sa grandeur et celle de ma médiocrité. Je ne crierai pas pitié, pas plus que je ne saurai soutenir son regard. Je ne sais pas lire dans les esprits, pas plus que dans les yeux, mais le mystère des siens me trouble. Je ne veux pas savoir, laissez-moi, n’y pensez pas, je ne suis pas vraiment là . . .

« . . . t’as gagné, pas la peine de pratiquer . . . »

Voilà, maintenant tu peux regarder ailleurs. Je ne serai rien du tout, je n’ai même pas l’orgueil de vouloir avoir le dernier mot. Je me demande si j’ai parlé assez fort, mais je ferai n’importe quoi plutôt que de répéter. S’il me laisse tranquille, je promets de disparaître, ça te vas, de continuer comme si je n’avais jamais existé ? Ça sera si facile, qu’un clin d’œil, et je serai plus invisible que ton ombre. Maintenant, tu me laisse partir sans me cramer ce qu’il me reste de dignité ?
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MessageSujet: Re: « Pyroman&Shadow - your boldness stands alone among the wreck »   Ven 29 Mar - 0:19

    Je n'ai pas le goût de vomir des banalités qui nuiraient plus à mon égo qu'au sien. Je ne me complais dans aucun discours, aussi long qu'il soit et ai l'impression que l'on m'enlève une part de moi à chaque fois qu'un mot sort du creux de mes pensées, précieuses d'être cachées. Je n'ai par ailleurs rien à dire que personne ne sache déjà, car tout ce que je pourrais avoir à partager et connu du monde entier. Et mentir n'est pas une option. Je mettrais ma main et ma tête au feu que le garçon en face de moi ne saurait de toute façon pas m'ébranler. Il ne l'osera probablement même pas, tout tremblant qu'il est déjà. J'éprouve une certaine lassitude en me rendant compte qu'il a peur, mais que je ne l'ai jamais menacé. Pourtant, sa réaction est normale. Il a sûrement entendu tous les scénarios qui ont été inventés sur le film de ma vie et s'attend sûrement à être cramé sans procès. La peur dans son regard ne m'émeut pas, ne me déçoit pas, mais ne me plait pas. J'y suis habitué, cependant, et je m'en contenterais aisément, car elle est digne des traitements que j'ai reçu tout au long de ma vie. Je n'ai pas envie de répliquer face à sa terreur manifeste. Je me suis trop souvent brûlé à ce jeu par le passé. J'ai depuis longtemps compris que ma vie ne mérite pas que l'on s'appesantisse dessus, que beaucoup lui préfèreront la fiction qu'ils ont créé autour d'elle. Je ne chercherais pas à me défendre, s'il m'accusait d'avoir menacé un être cher, ou s'il tremblait de me voir le réduire en cendres fumantes durant son sommeil.


« . . . t’as gagné, pas la peine de pratiquer . . . »

    J'acquiesce, guère surpris, ni même en colère. J'ai assez de fantômes dans mon existence pour ne pas être étonné d'en rencontrer un nouveau. Il serait facile de l'ignorer, d'oublier jusqu'à son existence pour écraser cette pression qui nous entoure, qu'elle devienne oppressante. Puisqu'un regard suffit à l'effrayer, mon passé a réussi l'exercice imposé, je devrais être libre de partir.

    Une pensée pour Anna m'arrête, cependant. Elle ne me surveille pas, mais je sais que ça l'embêterait et je lui dois trop pour lui manquer de respect. Je soupire un ennui qui me vient du fond des tripes, me dis que maintenant que mon père est revenu, je devrais pouvoir me détacher de cette femme qui me veut tant de bien que je n'ai pas mérité. Mais l'évidence me heurte à m'en couper le souffle à chaque fois qu'elle s'impose à moi : mon père ne fait pas tout et je sais que si ma colère n'est pas calmée, c'est parce que mon autre parent me manque. Et seule Anna peut m'aider avec cette absence-là. Car plus que tout autre arrachement, c'est celui-là, qui me détruit. Rien ne me ramènera ma mère et cette vérité est offensante. J'ai si mal d'aimer du vent, Anna, est-ce que tu m'entends ?

    Je regarde à nouveau mon partenaire de fortune et d'infortune. Il semble être fait de verre, si translucide, si fragile. J'ai l'impression que si je le voulais, je pourrais le briser d'un regard et pourtant, je n'en ai pas envie. Il est comme les autres, après tout, ma réputation lui suffit, je n'ai pas besoin de laisser ma haine déborder sur lui. Il ne mérite pas la colère et les mots qu'elle inspire. Je ne veux simplement rien lui dire. Anna, laisse-moi partir.


- Peut-être...

    Ma voix est dure et rouillée, rayée. Un morceau d'acier, froid, sans vie. Pourtant, nous avons parlé, hier soir, mon père et moi. Je lui ai parlé de Forrest et d'Anna. Tout le bien que je pense d'eux mais que je ne leur dis pas.

    Et si je jouais le jeu, ça lui ferait plaisir à quel point, à Anna ?


- Mais essaie quand même.

    Je vais le regretter, je le sais.
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