AccueilAccueil  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  



 

Partagez | 
 

 « Jimmy & Sadie ± sans lui »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas 
Nombre de messages : 95

MessageSujet: « Jimmy & Sadie ± sans lui »   Mar 22 Mar - 22:37

    Les rideaux me cachent de cette lumière qui ne fait qu’empirer les choses. Si je cesse de vivre, peut-être que j’en oublierai son absence. J’étais quelqu’un, une femme, une épouse, une directrice, mais j’étais une mère avant tout. Mon enfant on me l’a pris. Je pourrais blâmer le ciel et la terre, mais ils ne répondent pas aux prières, pas plus aux injures. Je pourrais blâmer l’inventeur de l’automobile, mais chaque invention à ses risques. Ce sont nous, les humains qui vivent sans penser aux conséquences, sans s’arrêter pour se poser des questions. Il ne reste qu’une personne à blâmer et malheureusement ça n’est pas moi. Je voudrais tant détourner la faute et changer les faits, mais rien n’effacera jamais les répercutions. C’est mon fils que j’ai du enterrer. C’est ma vie à moi qui est passée à travers de cette voiture. J’ai les mains qui tremblent et j’essuie nerveusement le coin de mes yeux. Je ne peux pas m’y faire, je ne peux pas l’accepter. Je ne peux tout simplement pas continuer. Ce qui était ma vie n’a plus aucune importance. Les choses sont dénuées d’intérêt. La vie a perdue ses couleurs.

    J’avais un mari. Il est toujours là, derrière moi, mais je reste de marbre, inutile, usée. Je me souviens des moments magiques, ceux où mes pouvoirs n’avaient aucun effet sur l’attraction qu’il exerçait sur moi. C’était enivrant d’être désirée pour moi, pour quelqu’un qui ne me connaissait que sous le nom de Sadie. Je n’étais qu’une femme, pour finir par être la sienne. Je ne demandais rien d’autre. Maintenant, ça n’est plus assez. On m’a arraché le cœur et je ne sais plus l’aimer. La forme de sa mâchoire m’en rappelle une autre, sa fossette au niveau du menton me donne envie de pleurer, la couleur de ses yeux est insupportable parce que notre enfant en avait hérité.

    J’avais aussi une carrière. C’était plus qu’une vocation, c’était un devoir. J’aimais voir passer les étudiants dans les couloirs, sachant que ce qu’ils apprendraient en classe ce jour là, les façonnerait pour le futur, pour cette vie que je leur souhait pleine de défis et de réussites. Ils étaient grandioses, promis à un avenir magnifique, mais moi, je ne peux plus envisager cet avenir. Il me ramène à la réalité, à celle que mon fils n’auras jamais cet avenir, qu’il ne grandira jamais pour devenir un homme, un mari, un père. Alors les espoirs vains me crèvent le cœur et j’en pleure, encore et encore, n’espérant plus une délivrance.

    On cogne à la porte et je ne prends pas la peine d’aller ouvrir. Je veux qu’on me laisse. Les vivants me rappellent les morts et il n’y a pas de remède contre ça. Je soupire, n’ayant pas conscience de mes yeux cernés, de mes lèvres gercées, de ma peau blême faute de n’avoir pas vu le soleil depuis des mois. On cogne à nouveau. Mes membres lasses me portent jusqu’à l’entrée et je cligne des yeux face à la lumière éblouissante du soleil. Il me brûle la rétine, il m’écorche l’épiderme, il me réduit la volonté en poussière, il me montre un monde sans lui.

    Le jeune homme qui me fait face est si familier que j’en reste figée. Je vois leurs visages à tous les deux dans mes songes. Ils étaient inséparables, indissociables. Ce n’en est que pire, de les voir séparés. De voir le manque et l’absence plutôt que la présence. Ma main reste accrochée à la poignée, ne pouvant pas le faire entrer ni le laisser dehors. Je coupe ma circulation pour ne rien ressentir, mais c’est raté.

    « Jimmy . . . »

    Laissent échapper mes lèvres, incapables d’ajouter quoi que ce soit. Je ne suis plus là, non, plus vraiment. Je suis avec ce fils qu’on m’a volé, qu’il m’a pris sans réaliser qu’il le perdrait lui aussi. C’est la fin et rien d’autre ne pourra renaître de ces cendres là ou des miennes qui ne sauront tarder.


Dernière édition par Pandora le Jeu 7 Avr - 23:04, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 44

MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± sans lui »   Ven 25 Mar - 19:14


    Le ciel est lourd, aujourd'hui, et me ramène à ton ombre que j'ai trainé avec moi, jusque chez toi.
    On va la revoir Timmy, toi et moi. On va revoir ta mère, et elle me haïra, de ne pas avoir pu amener plus que ton souvenir avec moi.

     Les souvenirs sont des parasites. S'il vous est impossible de les chérir avec toute la nostalgie du bonheur qu'ils représentaient, ils s'emparent de votre esprit et vous font suffoquer. Ils vont avalent et vous empêchent d'avancer. Les mauvais souvenirs sont les plus durs à combattre. Ils sont plus puissants, plus forts. Ils vont rongent du cœur à l'os, s'ils ne parviennent pas à devenir le moteur qui rythme vos actions.
    Comme si le malheur était de nouveau à votre porte. Se souvenir, c'est alors ouvrir la porte au malheur une seconde fois.

    Je t'ai arraché ton dernier souffle, Timmy.
    Il faisait nuit, il faisait gris, et tu es parti, ce soir là. A cause de moi. Je suis venu payer mon crime, aujourd'hui. Je le ferai, crois-moi.
    Ma main tremble, alors que je frappe à la porte. Quatre coups, comme autrefois. Je délaisse la sonnette, comme avant. Et je crève aujourd'hui de ne pas pouvoir dire « Bonjour Madame, Timmy est ici ? » Parce que je sais, que tu n'es pas là, que tu n'y ai plus, à cause de moi.

    Je donnerais ma vie en offrande au Dieu pour arracher au temps quelques instants. Pour remonter au moment que je t'ai fauché à ce monde. Je le ferais, Timmy. Mais je ne peux lui promettre, parce que tout aussi utopique soit cette idée, elle ne peut épouser la réalité.
    Mais je peux lui promettre que je l'aurais fait, sans hésiter, et que faute d'y arriver, tu vivras désormais à travers moi. Je vivrai pour nous deux, crois-moi. C'est ce que mon coeur hurle au vent pour ramener cette promesse à toi.

    Le silence résonne, en écho à mon coup, et je frappe à nouveau.
    La chaleur m'oppresse, m'agresse. Il fait lourd, aujourd'hui, Timmy. Lourd et chaud, signe d'un violent orage imminent. Un de ces temps que tu aimais tant, ce ciel déchiré de lumière, pleurant une pluie chaude sous laquelle on hurlait à en perdre haleine qu'on était indestructibles, qu'on était terribles.

    La porte s'ouvre, et je retiens on souffle. Mon coeur et mon âme s'entrechoquent. Tout explose, disparaît, et ma voix se perd.
    Je plonge mon regard dans le sien, dans ce regard étrangement profond, hypnotique, presque irréel ; bien qu'éteint. Elle flirte avec le fragile, l'éphémère, comme isolée du monde par ce voile séparant les vivants des moins vivants. Elle semble flotter, sa barque en perdition. Hors du temps, hors de tout.
    J'ai fauché la lumière de son âme en même temps que le souffle de sa vie, son fils.
    Qu'ai-je fait ?


      « Jimmy . . . »


    J'ai envie de pleurer, bon sang, tellement que j'en ai la gorge brûlé par le flot de culpabilité salé qui ne demande qu'à s'exprimer.
    C'est maintenant que tu dois revenir Timmy. Gueuler un foutu « Surprise, surprise ! J'vous ai manqué ? » qui nous ferait mourir de rire. C'est maintenant que tu devrais être là, pour ne pas me laisser crever de la voir dépérir.


      « Madame Hope... »


    Je mords ma lèvres, étouffe un cri qui se meurt sous mes dents. J'ai mal tant la voir me rappelle ton absence, tant être ici me rappelle que ce n'est pas toi, qui se trouve à mes côtés, juste le fantôme de ton dernier rire, celui là même que je t'ai arraché d'un coup de volant ma contrôlé.
    Punissez-moi, pardonnez-moi.
    Disparu, mon frère. Envolé, votre fils.


      « Je suis désolé. »


    Mes genoux rencontrent le sol, et mes espoirs s'envolent, broyés sous le choc de l'impact.
    Madame Hope, pardon.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 95

MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± sans lui »   Sam 26 Mar - 21:25

    Les secondes semblent marcher dans le désordre comme un film dont la pellicule est abîmée. J’aimerais cesser cette projection, cet écran géant qui me force à voir Jimmy. Mes paupières voudraient se fermer pour m’épargner un tant soit peu, mais je sais que sa présence les transpercerait de cette douleur qui m’inonde. Qu’on me laisse dépérir, qu’on ne vienne pas me sauver. Qui penserait à sauver un héro, je devrais pouvoir sauver ma peau. Si une parcelle de cet instinct de survie subsistait en moi, je l’abandonnerais probablement à son sort, ici, maintenant, sans un mot de plus. Il faut croire que je ne tiens pas beaucoup à cette vie. Venez-donc me le reprocher, me lancer au visage que j’ai tord. Une mère à toujours raison, mais il est mort ton fils, me direz-vous. Je ne veux pas l’entendre, je ne peux pas. C’est mon âme à laquelle on mord sauvagement, chaque fois qu’ils se sentent la bonté de remémorer à la pauvre Sadie que Timmy ne reviendra jamais. S’ils pensent que je peux l’oublier, même l’instant d’un soupir, ils se trompent. Ils ne savent pas et leurs mots ne sont que des boulets à mes pieds, leur poids étant proportionnel à la compassion dans le ton de leur voix. Je n’écoute plus, faute de ne pas pouvoir en porter plus. Mes pieds sont lourds, mais ça n’est rien comparé à ma carcasse, à mes os et ma chair. Jimmy, tu m’as arraché ma vie, lorsque tu as tué Timmy. Ils en font quoi, des mortes comme moi ? Celles qui n’entreront jamais dans les statistiques. Celles que personne ne pleurera, parce qu’elles sont invisible à l’œil nu. Non, ils ne voient pas, que j’aurais préféré mourir à sa place. N’est-ce pas ce que font les héros ? Se sacrifier pour la cause, pour le bien commun. Parce que Timmy, il avait tellement à offrir au monde. Maintenant, il est six pieds sous terre.

    « Madame Hope... »

    Sa voix est rauque. Ça n’est plus le garçon que je connaissais tout autant que mon fils. C’est maintenant un homme qui doit faire face aux conséquences de ses actes. Madame. Le nombre de fois où je lui ai dit qu’il pouvait m’appeler Sadie. C’était normal, d’avoir mon second fils m’appeler par mon prénom, mais Jimmy n’est plus que le meurtrier de Timmy. Leurs noms si semblables, sont chacun un rappel de l’autre. Je ne pas séparer leurs mémoires, et alors que la voix de Jimmy flanche, je peux voir Tim, lui serrer l’épaule, un sourire encourageant illuminant son visage. Ma poitrine se contracte et je m’effondre de l’intérieur. Je vois son profil murmurer quelque chose à l’oreille de Jimmy et je pourrais jurer qu’il est là, à préparer une autre de leurs blagues, comme si rien n’avait changé. Timmy, quand il riait, c’était comme le soleil, ça illuminait la pièce, ça illuminait les cœurs. Il avait cette contagion du rire et c’était impossible de rester contrariée. Il savait charmer, même sa mère n’y pouvait rien. Le problème, c’est que son soleil s’est éteint et que mon monde est aussi sombre que le ciel. Même les nuages ne pourront pas pleurer autant de larmes que moi. Je suis vidée, et encore, ma peine menace de me couler par les pores, mes yeux n’ayant plus la force d’endurer cet amalgame de souvenirs et de cruelle réalité.

    « Je suis désolé. »

    Ma main se fige contre ma poitrine, ma mâchoire se bloque, mes muscles décident de se prendre pour de la pierre. J’aimerais détourner mes yeux de la vision navrante de Jimmy, à genoux, demandant un pardon que je ne peux pas donner. Je ne peux pas pardonner l’impardonnable. Je ne crois plus en cette justice, je ne comprends pas comment quelques mois enfermé dans une cage, peut changer quelque chose à cet enfant que je ne verrai jamais devenir un homme. Il n’y a rien à pardonner puisque le mal ne peut être effacé. Il est gravé à jamais dans ma peau, dans mes os. Je n’ai pas envie que Jimmy se relève. Qu’il reste accroché à ce sol qui détient maintenant mon fils, et le second aussi. Pour moi, ils sont morts le même jour. Je n’accorde aucune importance à son chagrin. Je n’ai pas à jouer une part dans sa rédemption. Qu’on me laisse lentement tomber en lambeaux sans rien attendre de moi. Je n’ai rien à donner, rien à sauver.

    « Vas-t-en, Jimmy . . . »

    Ma voix est plus sèche que je ne l’aurais voulu. Vas-t-en chercher ailleurs ton frère, tu n'as plus ta place ici. Épargne-moi son fantôme et ta présence. Ne m’as-tu pas déjà assez causé de souffrance ? Je crois que c’est assez, j’ai dit stop, je suis déjà en poussière. Cesse de t’acharner et rends-moi ma solitude. Celle où je peux faire semblant de ne pas te détester.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 44

MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± sans lui »   Dim 27 Mar - 5:28


    Mon cœur tremble, flanche, comme pris de violentes convulsions. Le métronome du temps l'abime, l'use du tempo qu'il m'impose. Compressé dans un étau de fer, il attend cet instant qui, il le sent, le fissurera un peu plus, le marquera d'une encre à la couleur tes yeux.
    Timmy, putain, j'ai peur.


      « Vas-t-en, Jimmy . . . »


    Une tombe se creuse sous mon poids au seul son de sa voix. J'ai mal, mal à en crever de sentir la brûlure de son timbre s'imprimer dans ma chair à vif d'avoir fait devenir poussières celle de son frère.
    Le ciel lui même se déchire dans un bruit sourd, aveuglant mes myocardes ravagées par le venin que ses mots ont portés jusqu'à moi.
    J'ai les yeux baignés de larmes aux couleurs de son nom conjugué au passé. C'est l'ombre de Timmy qui brouille ma vue lorsque je plonge mon regard dans le sien, qui semble me transpercer jusqu'à l'âme.


      « Je ne peux pas... »


    Ma vois se casse avant de pouvoir finir, et j'étouffe comme je meurs sous le poids des larmes qui sillonnent mon âme.
    Non, je jure ne pas pouvoir. Mes genoux ont épousés le sol qui refuse désormais de les laisser s'échapper. La nature entière semble habité par Timmy qui me hurle de ne pas bouger.
    Je quitte son regard, au bord du gouffre. Plus rien ne me fait peur. Sauf elle, sauf moi. Sauf nous deux, et toi, dont l'ombre plane au dessus de moi. Je ne bougerai pas, je promets. Mes genoux resteront ancrés au sol, et je pourrais baiser ses pieds, faire valser mon âme sur ses phalanges, si je n'avait pas peur de la briser, d'un simple contact. Je suis le bourreau de ta mère Timmy, pardonne-moi.
    Je subirai tout, le temps, la vie, la mort et son regard pour obtenir le pardon sans lequel je ne pourrais avancer.


      « J'échangerai ma vie contre la sienne, vous savez... J'en rêve, et crève de ne pas le pouvoir. »


    Allez Timmy, ne fais pas n'importe quoi. Reviens. Reviens auprès d'elle, reviens découvrir la vie avec moi. Reviens te marrer les yeux fermés de toutes les conneries dans lesquels je peux me fourrer.
    Allez Timmy, on est plus fort que tout, toi et moi. Trouve un corps pour ton fantôme, prends le mien s'il le faut.
    J'aurais donné ma peau pour sauver la tienne, alors vas-y, prends-là.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 95

MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± sans lui »   Jeu 31 Mar - 2:37

    Les secondes sont pénibles, mais pas autant que le temps qui m’accable depuis la mort de Timmy. Je n’arrive plus à trouver l’envie, le désir. Je voudrais espérer quelque chose assez fort pour me distraire. Me distraire de cette partie de mon cœur qui ne guérira jamais. C’est le genre de blessure qui cicatrisera peut-être, ou qui me saignera jusqu’à ce que je me vide de mon sang, de mon essence. Le temps n’est qu’un décompte jusqu’au moment où je retrouverai mon fils. Un jour, je le rejoindrai. Ma lèvre inférieure tremble à cette pensée. Je jouerais mon âme, moi qui ai toujours agit comme ils l’attendaient de moi. Je la vendrai au plus offrant, pour la simple volonté de quitter ce corps pour retrouver celui qui me manque plus que qui conque pourrait comprendre. Même Jimmy, affaissé à mes pieds ne comprends pas ma peine. Le lien qui unit une mère à son enfant transcende la vie et la mort, il me tient proche de lui, toujours plus inaccessible. La vision de ses cheveux un peu trop longs lui tombant devant les yeux. Son rire lorsque quelque chose d’invisible à mes yeux lui semblait amusant. Ses mains, maintenant presque deux fois la taille des miennes. Ses mains, les siennes. Je n’arrive pas à conditionner mon cerveau à penser au passé. Dans mon cœur, il n’est pas ce corps décomposé qui se fait manger par les vers, il est ce jeune homme au sourire ravageur et au grand cœur. C’est probablement pour ça que je ne peux échapper son souvenir.

    Jimmy a le visage sillonné de larmes, et je voudrais éprouver une forme de compassion à son égard. Je voudrais pouvoir le serrer dans mes bras comme le fils que j’ai un jour cru voir en lui. Pourtant, mon cœur enterré avec celui de Timmy est incapable de voir une quelconque clarté dans ce monde, encore moins chez les vivants, constante torture que Timmy, lui, n’y est plus. Je me sens de glace face à sa peine qui n’arrive pas à la cheville de la mienne. S’il croit avoir mal, c’est simplement la première fois que son cœur est écorché. J’ai beau me convaincre que ça ne vaut pas la peine de comparer, de compter, de raisonner, rien n’y fait. Nous avons peut-être partagé mon fils durant sa vie, mais il m’appartient tout entier dans la mort. Tu as perdu le droit d’aimer mon Timmy, faute de lui avoir fauché sa lumière, et la mienne du même coup. Double homicide, jeune homme. Tu aurais du rester loin de moi, derrière ces barreaux. Là où tu ne pouvais pas me faire le spectacle pitoyable de tes larmes. Mes yeux à moi ont tellement pleuré que le poids des larmes est resté collé à ma peau, noyant qui je suis, plutôt que d’apprendre à nager sans lui.

    « Je ne peux pas... »

    Les mots de Jimmy flottent à la surface et dépourvue d’empathie, je ne fais que le détester, de pouvoir vivre encore alors que mon fils ne voit plus le soleil se lever depuis des mois. Moi, ce que je ne peux pas, c’est le regarder dans les yeux, ce qui me paralyse, c’est de continuer à vivre, ce qui m’est impossible, c’est d’oublier les images gravées dans ma mémoire depuis son adolescence. C’est contre nature, pour une mère d’enterrer son enfant. Qu’il ne me parle pas des difficultés que lui traverse, il n’y a rien que je n’ai pas déjà vécu, enduré, saigné.

    « J'échangerai ma vie contre la sienne, vous savez... J'en rêve, et crève de ne pas le pouvoir. »

    Tais –toi! Scelle à jamais ces lèvres qui ne savent pas guérir, mais causer du mal. Il me déchire comme on le fait d’une poupée qui ne sait pas parler. Je ne peux pas lui parler de ce mal dont il est la cause. Ma voix ne crie plus que pour cet enfant qui hante mes souvenirs, plus beau qu’un soleil dans ce monde où les monstres se promènent en plein jour.

    « si c’était possible, j’aurais été la première sur la liste, mais tu vois . . . Je suis encore là . . . »


    Ça n’est pas pour le contredire, simplement pour lui montrer que ça n’est pas la peine. Mes yeux sont accrochés dans le gris du ciel, incapables de le regarder. Jimmy, si tu voyais ce que je vois, tu ne pourrais pas continuer toi non plus. Tu n’as pas vu les objets qui se sont fracassés contre les murs lorsqu’on m’a appris la nouvelle. Tu n’as pas ressenti les éclats de verre qui sont toujours coincés dans ma chair. Chacun de mes mouvements ne fait qu’amplifier la douleur. C’est probablement pourquoi je suis amorphe, n’ayant pas le courage de sortir de chez moi, voulant simplement que le mal cesse. Toujours incapable de regarder mon bourreau, je voudrais le forcer à partir, par la force. Je pourrais, sans pour autant m’y résigner. Mes pouvoirs, ils n’ont pas su sauver Timmy, je leur en veux, les reniant. Leur enlevant l’emprise qu’ils avaient sur ma vie. Cette école particulière, je n’en veux plus. Je ne veux rien. Rien d’autre que mon fils, l’impossible possibilité qui fait encore battre mon cœur.

    « Rien ne pourra jamais effacer le mal. Ça ne change rien, relève-toi! Ça n’en vaut pas la peine . . . »


    Ta présence n’est pas voulue, ta posture est souffrante, tes mots m’encombrent. Laisse-moi, tu n’en vaux pas la peine, tu n’existe plus pour moi.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 44

MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± sans lui »   Jeu 7 Avr - 20:32


    C'est maintenant que le temps s'emballe, et nous plonge tout entier dans un monde dont la couleur peine à exister.
    Quelque chose de terne, de sombre et de sordide s'abat sur nous trois, Timmy, et m'arrache à cette impression autrefois permanente de t'avoir à côté de moi.
    Elles sont partis, les couleurs, lorsque mon espoir s'est fané. Elles ont disparus, les teintes de ce monde, lorsque la lucidité à frapper.
    Elle ne me pardonnera pas, parce que ses couleurs ont quitté sa vie en même temps que toi.
    Tu as emporté les couleurs du monde avec toi.


      « si c’était possible, j’aurais été la première sur la liste, mais tu vois . . . Je suis encore là . . . »


    Et j'en crève, je jure que je crève de savoir ce salut si hors de portée. Le ciel craque et mon cœur explose de ne savoir, de ne pouvoir.
    Je dessine de mes yeux un monde bâti pour deux, certain de trouver dans chacune des ombres qui le compose un fantôme qui porte son nom. J'embrasse une vie que je ne devrais pas avoir à vivre et aimer pour deux.
    Alors je crève de ne pouvoir arracher mon souffle pour lui rendre le sien, face à vos yeux.
    Putain, Timmy, sans toi, plus rien ne va.


      « Rien ne pourra jamais effacer le mal. Ça ne change rien, relève-toi! Ça n’en vaut pas la peine . . . »


    Le ciel se déchire en écho à ses mots, perçant mon cœur qui perd ses battements au rythme de la déchéance de mes attentes. Ce pardon dont l'attente toute entière a su s'imprimer sur chacun des murs de ma prison a été emporté par le vent, foudroyé par le temps.
    Il en chialerait surement, s'il vous entendait. Il chialerait, s'il vous voyez.
    Il me haïrait, j'en suis persuadé. Pardon, pardon.


      « Si. Si, ça en vaut la peine. »


    Ca en vaut la peine, parce qu'il vous aimez plus qu'il ne savait vous le dire, que vous étiez pour lui, la plus parfaite des héroïnes. Parce que c'est de votre sourire que naissait son rire, et parce que l'éclat de ses yeux ne découlait que de la lumières des vôtres.
    Ca en vaut la peine, parce que vous êtes l'image même d'une mère qui, à défaut de m'avoir enfanté, à porter mon frère pour en faire cet homme que je vous ai arraché. Parce que votre voix seule pourra absoudre mes pêchés.
    Ca en vaut la peine, parce que le fantôme de Timmy me le dit, Madame Hope.
    Je vivrais pour lui, et vous rendrez votre sourire, faute de pouvoir vous rendre votre fils.


      « Je ne vous demanderais pas de me sauver, parce que je ne le mérites pas. Pas après ça. Mais par pitié, sauvez-vous, vous. Pour lui, pour son souvenir. » Pour qu'il puisse vivre à travers vous.


    Allez Timmy, allume son regard de nouveau. Je t'en sais capable, aussi sûr que tu serais devenu héros.
    J'ai les yeux embués par tout cet avenir fauché, foutu, par ma seule faute. Et le ciel rejoint mes pensées, pleure à torrent de larmes qui se mêlent aux miennes, pour ne pas les laisser souiller à jamais vos pensées.
    Nous n'en somme plus réduit qu'à celui : Mon espoir épuisé contre des larmes.
    Il pleut sur la ville comme nous pleurons sur son âme, Madame.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 95

MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± sans lui »   Ven 8 Avr - 6:37

Le ciel qui m’attire dans son tourment est aussi noir que mon cœur de cendres. Je voudrais faire de ma vie cet ouragan que je sens en moi et détruire tout ce qui n’est pas déjà en morceaux. Je déracinerais ce couple déchiré, j’annihilerais cette carrière sans futur, je brûlerais cette maison aux murs emplis de souvenirs. Laissez le temps s’emparer de mon âme et la jeter dans tous les sens jusqu’à ce qu’elle éclate de cette souffrance qui m’enivre. Je ne vis que par le mal qui me laisse croire que je suis, techniquement, vivante. Plantez une balle dans mon cœur, et je ne sentirai pas le sang couler. J’ai tant souffert que rien d’autre ne peut m’atteindre. Vas-y, Jimmy, enfonce le clou dans ma gorge. Ne vois-tu pas que tu ne peux rien pour moi ? Tu as coupé la corde, fait effondré le château de cartes, mis aux enchères ma vie entière. Hors de ma vue, ne vois-tu pas que rien ne pourra plus jamais être beau. Ce ciel strié de lumière est l’image de ma vie et les torrents de pluie qui suivront sont mes larmes, infinies. Sa voix a l’audace de me contredire.

« Si. Si, ça en vaut la peine. »

Je voudrais gifler son visage qui ne porte pas les marques de la mort. Ce pli creusé sur mon front est cousu dans mon épiderme, indélébile. Je m’en veux d’être sans appel. Mais le pardon n’existe pas. Qu’il ne force pas ma vie à m’arracher les membres un à un. Ce monstre qui ne s’arrêtera qu’au moment où mes doigts formeront du macramé dans un délire aussi sanglant que ce massacre que je ressens en moi. Rien n’en vaut la peine puisque je ne le reverrai pas sourire ni pleurer. Le ciel gronde mon mal alors mes bras sont inutiles, à mes flancs. Je voudrais les presser contre mon cœur pour m’empêcher de tomber en morceaux, mais je ne peux pas, je ne peux rien et demain est un cauchemar dont jamais je ne me réveillerai.

« Je ne vous demanderais pas de me sauver, parce que je ne le mérites pas. Pas après ça. Mais par pitié, sauvez-vous, vous. Pour lui, pour son souvenir. »

Ses mots causent la chute d’une larme contre la peau fanée de mon visage. Ses sœurs se joignent à la danse, seul mouvement de mon corps immobile. C’est probablement la peine qui me fait halluciner, mais à travers la coulée de ces larmes, je croirais voir la silhouette de Timmy, son bras se passer autour des épaules de son meilleur ami, comme tant de fois je l’ai vu faire. Je voudrais pouvoir en faire autant et les rejoindre dans cette étreinte bouleversante. Je voudrais, mais ma tête sait que ça n’est pas Timmy. Ce sont les ombres causées par mes larmes qui me montrent ce que je voudrais tant pouvoir toucher. Cette vision me disperse le cœur. Ma voix est blanche, indépendante de mon mal-être.

« Son souvenir, il ne pleurera jamais toutes les larmes de son corps jusqu’à souhaiter mourir. Timmy est mort . . . et tu l’as tué. . . Tu as perdu le droit de me demander quoi que ce soit . . .»


Je referme la porte d’un coup sec, trop secouée pour avoir vu la réaction sur son visage. Je m’effondre, agrippée à cette porte qu’il ne passera plus jamais. Ce ne sont plus des larmes calmes, mais des sanglots dévastateurs qui m’envahissent. Je n’arrive plus à respirer et j’espère que le son de ma peine est camoufflé par la pluie qui claque contre le toit de la maison. Mon souffle se perd dans mes pleurs et je ne peux que parler à Jimmy, à travers cette cloison qui me protège du mal qu’il continue de me faire.

« vas . . . t’en, Jimmy . . . Tu ne . . . peux rien . . . Fai-faire. . . Laisse-moi. . . Je t’ . . . t’en prie. . . Ne parle pas . . . de Tim. . . Timmy. . . Je ne peux pas, il est . . . il n’est plus . . . »

Je ne fais aucun sens, mes mots hachurés par les larmes qui engorgent mon cœur et ma gorge. Qu’on me laisse à mon mal sans essayer de me sauver. Je n’en ai pas la force, ni le désir. . .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 44

MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± sans lui »   Ven 8 Avr - 23:22


    La pluie emporte mes espérances fissurées d'avoir trop vécu sans même le droit d'exister. Je tangue au dessus d'un vide, d'un rien, d'une parcelle de néant qui n'attend que votre ordre pour m'avaler et me noyer dans la noirceur d'une éternité que je crains tant elle me guette.
    La seule douleur de vos yeux suffit à me condamner.


      « Son souvenir, il ne pleurera jamais toutes les larmes de son corps jusqu’à souhaiter mourir. Timmy est mort . . . et tu l’as tué. . . »


    Le reste de sa phrase se perd dans un torrent assourdissent que ma volonté seul ne peux combattre.
    Je l'ai tué, ai porté ma croix jusqu'à vous, pour me briser à vos pieds de savoir que jamais, elle ne me sera retiré.
    Vous seule en avez le pouvoir, vous savez. Vous êtes l'héroïne de toute une génération qui ne demande qu'à être sauvé. Vous êtes mon héroïne, Mamade Hope.

    La porte m'arrache la vue de son visage et mes yeux suppliant ne rencontrent que le vide et le froid. Je souffre milles morts qui ne parviennent à m'achever, tant mon cœur bat un rythme effréné qui trouve écho dans mon corps entier. Comme si... Comme s'il était possible de continuer de respirer, tout en mourant d'une douleur telle qu'elle pourrait l'humanité dans son entièreté.


      [« vas . . . t’en, Jimmy . . . Tu ne . . . peux rien . . . Fai-faire. . . Laisse-moi. . . Je t’ . . . t’en prie. . . Ne parle pas . . . de Tim. . . Timmy. . . Je ne peux pas, il est . . . il n’est plus . . . »


    Ma tête rencontre le bois de la porte, mon corps tremble de deviner les larmes ravageant ce visage qui, jamais auparavant, n'avait vécu dans ma mémoire autrement qu'orné d'un sourire si tendre qu'il me donnait parfois l'envie de l'appeler Maman. Comme des lames aiguisées, elles transpercent les murs, le silence, son absence, et mon âme.
    Mon cœur saigne un océan de larmes que le ciel peine à essuyer, et le ciel lui-même gronde de savoir mon cœur ainsi mis à mal d'avoir ainsi abimé la plus belle des protectrices jamais existé.


      « Je suis désolé... Tellement, tellement désolé... »


    Tellement, si vous saviez...
    Mes mains épousent le bois détrempé derrière lequel mon espoir s'est envolé, et la sensation des mains de Timmy sur les miennes me fait flancher.
    Alors quoi, Tim ? On ne doit pas bouger, c'est ça ? Suis-je condamné à la détruire à jamais, à nous enfermer peu à peu dans une petite mort qui nous rapprochera toujours un peu plus de cet au-delà dans lequel je t'ai envoyé ?

      « J'aimerais être le héros que Tim serait devenu, vous savez ? Pouvoir remonter le temps, pouvoir faire renaitre les gens. J'aurais aimé vous le rendre... Mais je ne peux pas... je ne peux pas. »


    Ma voix craque d'avoir voulu s'élever, et j'étouffe un sanglot qui s'écrase à mes pieds. Je n'ai ni la force, ni la volonté de me relever, d'essuyer cette tempête de remords pour m'évader et fuir ma propre mort.
    Je crèverai ici, devant votre propre porte. Je vous donnerai mon corps, faute d'avoir su vous ramener intact, celui du fils que vous ne pouvez cesser de pleurer.
    Je suis désolé, si vous saviez...


      « Il me haïrait, s'il vous savez ainsi, vous savez ? Il me haïrait comme je me hais de vous avoir brisé... Il vous aimait, Madame Hope. Il vous aimait comme une mère aime son fils, vénère son héros... Nous, nous vous aimions. Nous vous aimons... »


    Et j'arrache un nouveau lambeau de mon âme pour sceller la conviction de mes mots, pour porter mon message de mes larmes à votre cœur épuisé.
    J'en viens à regretter ma cage pour l'espoir encore intact qu'elle faisait danser devant mes yeux. L'espoir d'être pardonné, de pouvoir accroché à votre sourire le fantôme de Timmy, et vous rendre éternelle, pour le faire rayonner à jamais.
    Ma prison était dorée, Timmy. Trop pleine d'espérances pour être vraie.


      « Vous ne pouvez pas vous laisser mourir. Vous devez vivre, pour lui... Par pitié pour son âme, bien plus que pour la mienne... Par pitié pour le monde... Madame Hope, pitié. »


    Je sens, sous mes phalanges endoloris d'avoir trop frappé, mes rêves s'émietter pour mieux m'échapper.
    J'ai fauché la vie de mon propre frère, la lumière de ma seconde mère.
    Pardon, pardon.


Dernière édition par The Prisoner le Dim 10 Avr - 14:25, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 95

MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± sans lui »   Sam 9 Avr - 2:43

Je glisse sur le sol, voulant me tenir en un seul morceau. J’explose de ma peine. Vous avez déjà vu, à la télévision. Ces histoires d’horreurs. Ces jeunes soldats, des enfants. Ils marchent sur les mines. Ils sont rendus à cette terre en moins d’une seconde. Leurs entrailles exhibées, même pas le temps de saigner. Je suis une de ces bouillies d’être humain. Je ne suis plus rien.

Vous avez déjà vu un de ces documentaires. C’est la jungle. Absolument tout est de cette couleur dorée qui réconforte. Sauf cette tâche rouge qui souille la poussière du sol séché au soleil. Ça n’est pas une couleur naturelle, c’est presque brun. Il ne reste que la peau et les os, de ce qui était autrefois un éléphant. On lui a pris sa valeur, on lui a pris son ivoire. Le laissant à la merci des rapaces, n’ayant pas la décence de disposer du corps majestueux qui aurait du tenir toute une vie. Une longue vie. Je suis cette carcasse. On m’a pris mon ivoire, ma valeur, mon Timmy.

Je suis au beau milieu d’une mare de ma propre peine. Souillée des larmes qui ne me ramèneront jamais mon fils. Je baigne dans mes sanglots, imbibée de ce mal qui me ronge. Je voudrais bouger, mais j’en suis incapable. J’en viens à souhaite un répit. Que mon cœur cesse de battre, que la douleur me quitte tout comme cette vie.

« Je suis désolé... Tellement, tellement désolé... »


J’aimerais le détester. J’aimerais vraiment pouvoir le haïr avec la rage de l’injustice qui règne sur moi. Pourtant, je n’y arrive pas. Mes mains tremblent d’impuissance de ne pouvoir y arriver. Je cogne ma tempe contre la porte fermée. Mon cœur a mal et aucun remède ne peut le sauver. Moi aussi, Jimmy. Moi aussi je suis désolée. Je t’aimais comme ce fils que tu as tué. Si je réussissais à retrouver mon cœur d’avant. Probablement que je pourrais encore t’aimer. Mais il est révolu ce temps. Je ne suis plus rien, tu sais. Mon pardon ne vaut rien. Ça ne fait pas de sens, tu sais, cette vie et ce mal.

« J'aimerais être le héros que Tim serait devenu, vous savez ? Pouvoir remonter le temps, pouvoir faire renaitre les gens. J'aurais aimé vous le rendre... Mais je ne peux pas... je ne peux pas. Il me haïrait, s'il vous savait ainsi, vous savez ? Il me haïrait comme je me hais de vous avoir brisé... Il vous aimait, Madame Hope. Il vous aimait comme une mère aime son fils, vénère son héros... Nous, nous vous aimions. Nous vous aimons... »

Arrête. . . Tais-toi. . . Je ne peux pas. Tu ne peux pas avoir de cœur pour vivre sans Timmy. Ils m’aiment et je sais qu’il a raison. Il a raison. Cet amour que je leur ai donné était à double sens. Je voudrais mettre sa voix en sourdine, cesser ce bourdonnement qui me résonne aux oreilles, cesser les battements de mon cœur qui m’étourdissent. Je voudrais que cet amour m’achève. On s’aime encore, Jimmy. On aime tous les deux Timmy, mais je n’ai rien à prouver à son corps mangé par les vers. Je mords ma lèvre jusqu’à ce que mes larmes soient causées par la douleur physique. Sois forte. Sois forte. Sois forte. Sois forte. Sois forte . . . Pour Timmy ? . . . Non, Timmy est mort . . . La voix de mon fils me souffle autre chose à l’oreille. « Pour Jimmy alors ? »

« Vous ne pouvez pas vous laisser mourir. Vous devez vivre, pour lui... Par pitié pour son âme, bien plus que pour la mienne... Par pitié pour le monde... Madame Hope, pitié. »

J’inspire. Mes poumons emplis de larmes se noient le temps de quelques secondes. Je n’ai plus de pitié, mais Sadie Hope ne perdra jamais espoir. Cet espoir en la jeunesse et leurs capacités. Ces possibilités. J’ai un peu d’espoir pour toi, Jimmy, pour ce futur que tu as, faute d’avoir brisé le mien. Ne le gâche pas du côté des morts, de cet endroit que je ne peux quitter. Mes yeux fermés pour me préserver de tomber encore plus bas, je murmure à Jimmy, à travers la porte.

« Reviens demain, tu veux . . . aujourd’hui, ça n’est pas une bonne journée. . . »

Je lui épargne le fait qu’aucune ne l’est. J’ai simplement des choses que je ne me suis pas résolue à donner. Le genre de chose que je ne peux pas laisser trainer au grenier, sachant que je vais retomber aussi bas le jour où je déciderai de faire un peu de rangement. Allez, laisse-moi avoir un peu de temps pour me composer. Je me bâtirai plus solide. Tu n’auras pas à voir le spectacle de ma déchéance. Rentre chez-toi avant de te briser la santé. C’est une des seules choses qui te reste . . .
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Nombre de messages : 44

MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± sans lui »   Dim 10 Avr - 14:47



Je ne ressens ni la pluie, ni le froid. Je ne ressens plus rien, si ce n'est le vide de son absence que j'ai moi-même crée, et la marque encore brûlante de son regard sur moi.
Anesthésié, je sais – faute de le ressentir – que mon cœur tombe en ruine, fissuré de toute part par mes espoirs éreintés de n'avoir pas pu, de ne pas pouvoir atteindre un pardon hors de portée.


    « Reviens demain, tu veux . . . aujourd’hui, ça n’est pas une bonne journée. . . »


Et c'est mon âme qui s'embrase toute entière à cette simple notion d'un demain qui lui promet que le soleil n'a pas, pour toujours, cessé de briller. Mes espoirs regonflés s'accroche à mon cœur, qui, arrachant quelques battements au temps, manque d'exploser.
Vous méritez un demain Madame Hope, et vous l'aurez, qu'importe si je dois le saigner pour vous et lui donner vie au détriment de la mienne.
Mon pèlerinage vers l'absolution commencera par vous, pour ne mourir que dans votre sourire.

Et les ombres réapparaissent, me prennent pas la main pour mieux m'aider à me relever. Ton fantôme me souffle dans le creux d'une pluie qui cesse de tomber, que je dois me relever, ne plus flancher.
On la sauvera, ta mère Timmy. On y arrivera, parce que nul ne mérite cela, et surement pas celle qui porte le nom de l'espoir. Les espérances ne peuvent mourir avec elle, tu ne le permettrais pas.
Nous combattrons le temps et les ruines pour mieux tout reconstruire. Pour faire de son monde une réalité qui ne la fera plus souffrir.
Ensemble, nous étions invulnérable Tim. Ensemble, rien ne pouvait nous arrêter.
On fera renaitre son sourire Timmy. Nous le ferons, j'en suis persuadé.


    « Demain... Je reviendrai. »


Je reviendrai Madame Hope, je reviendrai.
Demain, et les jours d'après. Je suis désolé.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Contenu sponsorisé


MessageSujet: Re: « Jimmy & Sadie ± sans lui »   

Revenir en haut Aller en bas
 

« Jimmy & Sadie ± sans lui »

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut 
Page 1 sur 1

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
SAVIOR HIGH × heroism's slaves. :: SUPER NOUS :: - Sujets terminés-