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 |- L'ombre de Personne ─ Shadow & Nobody -|

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MessageSujet: |- L'ombre de Personne ─ Shadow & Nobody -|   Lun 21 Mar - 23:03


Et mon univers gonflé jure, s’épaississant dans les ténèbres de mes heures perdues, qu’on ne l’y reprendra jamais plus. Chaque soir j’effondre les limites de ma mère qui boite pour deux et plus jamais ne vivra heureuse. Il est déjà l’heure de partir pour là-haut et j’ai cette impression tenace qui, bien logée au fond de mon ventre, me fait dire que rien n’ira mieux tant que le monde sera monde. Que les oiseaux iront toujours mourir contre mes tympans rendus sourds aux douleurs des miséreux. Je suis fait d’un rêve de peau, vêtu de mes capacités qui pourraient tous nous faire décoller plus haut que tout et certainement moins bas que mes idées. Je râle les paradis, quand je devrais vous dire merci.
Mon cœur s’emballe sans raison, pour changer. Il boom boom des secrets au troisième bam! de la matinée et j’essuie ma douleur en esquissant un sourire poli au chauffeur. Oui oui, je suis toujours en vie.

Plus pour longtemps si l’on en croit mon souffle qui porte encore le labeur de maman. J’ai partout sur mon corps les preuves de ma condamnation à tord. Mes bleus à l’âme trouvent des répercussions sur l’anéantissement doré de mes lumières foutues de ne pas vous éclairer ; pourtant, j’aimerais. Vous toucher et mourir pour vous céder ma part d’éternité, vous laisser vieillir à ma place, misant toutes les vérités qu’il me reste sur le fait que vous êtes pour toujours les gardiens de mon temple tout disposer à exploser. Et plus que tout j’ai ce besoin animal d’être défait de tout, par vous et pour vos vies. Rongez-moi, je vous en supplie.

Le bus est encore arrêté et il est tellement vide qu’on le croirait sortit de mes songes blancs, amoureux du néant. Il y a quelques têtes étrangères et je m’en veux si fort de ne pas les connaître qu’il me semble entendre mon cœur pousser un grognement. Je sais, on ira crever ensemble un jour, je te promets.
Guidé par mes jambes qui ce matin semblent réfléchir pour moi, j’égraine les sièges jusqu’à en trouver un tellement fait pour Nobody que j’en souris. Loin des autres, il est attaché à son jumeau qui l’écarte d’un monde plus proche que jamais, cette ironie pourrait me faire pleurer. A croire que les étoiles ont dessiné tes courbures pour moi. Caché de la face du monde, j’opte pour aimer les vôtres.

Et puis, juste derrière les sièges de tout le monde j’aperçois un visage qui demeure familier sans l’être vraiment et je laisse mes boom prendre la décision pour mes lèvres tandis que le reste de moi suit et m’entend sourire :

    - Je peux m’asseoir avec toi ?


Personne ne serait plus seul. Hallelujah.



Dernière édition par Mr Nobody le Mar 22 Mar - 1:16, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: |- L'ombre de Personne ─ Shadow & Nobody -|   Mar 22 Mar - 0:35

    Mes pas dirigent cette carcasse, la mienne, celle qu’on oublie. Oubliez-moi, je vous dis. De cette façon je n’ai pas à lire la souffrance et la déception dans vos yeux. Ils ne sont pas vraiment là, eux non plus. Mes pas sont inaudibles, ma respiration si faible. Je détourne le regard plutôt que de souffrir la vision du père de mon défunt frère, celui qui n’a plus de cœur pour son cadet. Il est assoupi devant le poste de télévision qui repasse les nouvelles de la veille. Quelques canettes de bière se tiennent en file sur la table à café. Je substitue le tout par un verre d’eau. Répugné de l’odeur, celle de la décadence du corps, celle de l’âme qui se laisse moisir. Je n’ai pas le courage de faire plus. Je n’ai définitivement pas l’appétit pour ingurgiter quoi que ce soit. Mes pieds trouvent leurs chaussures. Usées, comme presque tout ce qui m’appartient. Non, elles ne m’appartiennent même pas. Ce sont celles du frère qui est tombé, écrasé, disparu. Ses vêtements sont maintenant à ma taille et malgré la nostalgie qui les embaume, je n’ai pas le courage de demander de l’argent à ma mère pour aller en acheter de nouveaux. Pas parce qu’elle dirait non, simplement parce qu’elle aurait besoin d’être éveillée assez longtemps pour écouter. Alors je porte mon frère, son souvenir. Je suis le seul à le porter fièrement plutôt que sous une montagne de regrets et de rêves brisés.

    La porte de la maison se referme sur ces gens qui ont cessé de vivre. Le monde extérieur, lui, a oublié nos tragédies. Ça n’est pas de l’égoïsme, c’est simplement que tout le monde accumule les avalanches, les chutes et les noyades. Je me laisse dériver sur cette rivière de ciment, faute de ne pas être un oiseau pour voler au dessus de tout ce qui m’étouffe. Je lève les bras en croix, voulant m’envoler, mais ma mortalité me tient scotché au sol. J’ai parfois eu le désir de rejoindre mon frère, ne trouvant pas de raison à cette existence perturbante.

    L’arrêt de bus est au coin de la rue. Hop, sors ma carte. Je me faufile aussi loin que nécessaire pour ne pas être écrasé par ces gens qui ne m’auront pas vu. Et puis, à quoi bon rester debout au devant quand l’arrière n’a pas vu d’âme vivante depuis des lustres. Je choisis un siège parmi tant d’autres et me glisse vers la fenêtre. Mon front se colle à la vitre, juste pour en sentir la fraîcheur.

    - Je peux m’asseoir avec toi ?

    Je me retourne, pour être bien certain qu’on me parle à moi. Il est là, comme si c’était totalement normal de me voir, de me parler comme à n’importe quel autre humain. Il prend même la peine de me demander. Je fronce les sourcils, en incompréhension. Je pense à déplacer le sac que je n’ai pas, pour lui faire de la place, sur ce banc, dans ce matin, . . . dans ma vie ? Non, ça n’est que moi, il ne fait qu’être poli, il ne faut pas encombrer son ombre de la mienne pour cette simple raison.

    « Les gens ne demandent pas, généralement ils prennent ce à quoi ils pensent avoir droit. . . »

    Je soupire, réalisant que ça n’est probablement pas le genre de commentaire pour ne pas effrayer les gens. Je me laisse aller à lui adresser un sourire désolé, pour mon attitude, pour ma présence. Je voudrais qu’on me laisse être qui j’ai envie, et si je voulais être plus que mon ombre aujourd’hui ? Non, non, les jours ne font aucune différence, et si je pouvais, moi, faire une différence. . . Ne pas m’effacer, ne pas laisser mon pouvoir gagner sur ma vie.

    « La place est libre, si tu veux. »
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MessageSujet: Re: |- L'ombre de Personne ─ Shadow & Nobody -|   Sam 26 Mar - 0:45



Debout, j’imagine des réponses opposées danser au bout de ses lèvres, me prépare à un chahut si complet, en vérité, que les mots pourraient s’entredévorer afin de ne laisser qu’un vide que je connais sur le bout du cœur. Je n’attends rien et cet aveu mange un bout de mon âme tous les matins ; quand je précède le réveil pour tuer son service et le rendre inutile, ne lui laisse pas même le temps d’alarmer mon supplice. Chaque lueur du monde se pose sur mon corps qui depuis leur naissance les adore et les aimera jusqu’à l’aurore de la fin, l’infinie pendule de mes lendemains.
J’aperçois mon reflet derrière le garçon qui hésite une réponse, dérangé par ma présence. Ma mère n’a pas idée, parce que mon visage ne le lui hurle pas, combien je suis fatigué. J’aimerais des cernes, une fois dans ma vie, une cicatrice n’importe quoi, j’aimerais l’impact du trop sur ma peau qui encaisse tout et reste aussi lisse que mes idées lassées.

Alors j’habitue mes jambes à la langueur des autres qui pour toujours décideront pour moi. Ne m’autorise pas à penser qu’un jour viendra où quelqu’un choisira de me laisser le droit d’exister un peu, juste une fois. Pas grand-chose, mais je n’y rêve pas. L’espoir est mort depuis si longtemps déjà, son empreinte est si vieille qu’elle a été effacée de mon cœur mourant au combat.

    « Les gens ne demandent pas, généralement ils prennent ce à quoi ils pensent avoir droit. . . »


C’est vrai. Je souris tant c’est véridique. Je crois que nos cœurs ont été piétinés par les mêmes douleurs, à moins que ses yeux soient doués d’une vision plus étendue que la mienne, qu’il lise mes songes comme un livre ouvert. Cette pensée attise ma compassion tant je pense ce livre navrant. Toutes les pages sont blanches mais dis-moi, est-ce qu’elles le resteront ?

Les gens, non, ne demandent pas. Ils posent sur toi un peu de cette vie qu’ils pensent terne et puis, ils arrachent un bout de ton cœur dont la longévité laisse pourtant déjà à désirer et te font te sentir vivant en te privant de ses battements. Ils réinventent la vie quand tu voudrais en avoir une. Adore leur paradis tandis que le tien est échoué sur une lagune. Ils rêvent en grand et par toi puis quand vient le temps de mourir un peu, ils te détestent de les avoir vus briller plus qu’ils ne réussiront jamais, te maudissent en espérant voir grandir le don qui te bouffe. Ils t’applaudissent d’une injure, pour ta bouche. Qu’elle garde ses peines, les nôtres sont devenus nos reines.

    « La place est libre, si tu veux. »


Encore, je souris et prends place à ses côtés sans qu’une hésitation ne vienne le mordre. Je veux. Mais j’ignore quoi encore, tu sais alors je fais semblant et imite le regard des gens qui savent rêver. Je postule au bonheur moi aussi, tu crois, en espérant un paradis ? Mais si ces lieux saints sont les gardiens de leurs espoirs devenus vrais, comment l’inverse pourrait-il me sauver ? Mon hallelujah, j’invente mes espérances pour toi en souhaitant que tu ne sois pas capable de lire mes pensées. Ce serait beaucoup, bien vite et surtout, trop tôt. Et je suppose, aidé de leurs songes éveillés, que tu n’as pas encore arpenté un monde où toutes les couleurs deviennent vraies. Mais viens, on s’envole, je t’aiderai.

    - T’en fais pas, je ne suis pas « les gens » moi. Je ne suis personne.


Non pas, je ne suis pas les autres du tout, moins qu’un rien qui suffirait à les déranger, j’avale le néant qui m’enrobe tout entier. C’est du vide, dont je suis habillé. Et je caresse mes côtes douloureuses avec discrétion, parce que ma mère a encore rêvé trop fort et que je le sentirai à jamais sur mon corps. Je lui souris la tendresse de mes vérités, pensant avec sérieux que j’ai déjà aperçu ses yeux partout, tout le temps mais sans jamais les voir vraiment. Il y a un mystère presque amoureux de mon néant qui entoure son visage et j’imagine à être avec lui que nos deux carences se complètent pour faire de nous des vivants, ou presque.

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MessageSujet: Re: |- L'ombre de Personne ─ Shadow & Nobody -|   Sam 26 Mar - 19:05

    Je le vois sourire, et je ne suis pas certain de comprendre. Je ne comprends pas, mais lui semble tout saisir, savoir, sans plus d’explications. Je ne sais pas quoi en penser. Je me surprends à me demander qui il est. Je ne me souviens pas l’avoir déjà vu, l’avoir déjà remarqué. Tout ce que je sais, c’est que pour une fois, quelqu’un pourrait être de proche, aussi invisible que moi. Assez décalé pour capter ce qui échappe à ceux dont les yeux ne regardent qu’en avant. Je pourrais détester ceux qui m’entourent, pour ne rien voir, pour ne pas savoir deviner, pour ne pas être cette intuition. Je pourrais, mais je ne peux pas. Ça n’est pas leur faute si je suis ainsi. J’ai tant de questions, quant à ces pouvoirs que nous possédons. Pourtant les réponses m’effraient. Et si c’était une marque, la preuve que quelque part, je suis détraqué, mal assemblé, une peinture inachevée. Il n’y a pas que les gens, il y a aussi les choses. Les détails infimes, les faibles variations, les délicats changements, alors que ce qui est juste sous mes yeux m’échappe. Je cherche qui je suis et tout ce que je trouve, c’est ce rien qui prend ma place lorsque je m’efface. Rien ne reste, rien ne subsiste. Ils ne savent pas voir au-delà des apparences, et quelque part, j’en souffre de cette solitude. Je n’envie pas ceux qui sont entourés, j’envie ce qu’ils partagent avec leurs amis, leur famille. Je ne crois pas qu’une telle personne existe pour moi. Ceux qui m’ont donné la vie paieraient cher pour me la reprendre et la donner à ce fils qu’ils ont perdu. Je ne leur en veux pas, je le ferais moi-même de plein gré, si ça pouvait faire revenir James. Je hausse les épaules, mon regard perdu à travers la fenêtre du bus. Le trajet est le même que chaque matin et la routine me réconforte. Elle est là, constante, à mener ma vie comme une horloge, de celles qui comptent et décomptent, celles qui avancent et reculent au rythme des battements de notre cœur. Mon cœur à moi, il hésite entre battre si faiblement qu’on pourrait l’oublier et battre sans cesse, voulant sortir de ma poitrine, pour m’obliger à ressentir.

    Sans faire de bruit, sans déplacer l’air qui nous entoure, je sais qu’il a pris place à ma gauche. J’hésite entre être reconnaissant pour la compagnie, ou dérangé par sa présence. Pourtant, aussi loin que je puisse chercher, rien ne vient me bousculer chez lui. Tout est calme sans en être naïvement prétentieux. Je me surprends à ne pas être tendu, comme lorsqu’on me force à exister. Je sens que tout vas bien. Il n’attend rien de moi. C’est presque naturel, contrairement à ces désagréables communications que j’entretiens avec le monde extérieur.

    - T’en fais pas, je ne suis pas « les gens » moi. Je ne suis personne.

    S’il savait comme ces quelques mots me réchauffent, là, à l’intérieur. J’ai presque envie de me rouler en boule et de fermer les yeux bien fort, souhaitant de tout mon être, pouvoir faire entendre ces mots à l’adolescent de quinze ans que j’étais. Oui, ça l’aurait aidé, de savoir qu’il n’est pas seul. J’ai cette envie coller mon visage à la vitre, pour l’ignorer, lui, qui semble me voir. Simplement pour me faciliter les choses. Pour m’épargner la souffrance de retourner à n’être plus qu’une ombre, lorsqu’il verra quelque chose de plus intéressant que moi. Parce que oui, il trouvera rapidement. Et je resterai ici, sans qu’on réalise que je n’ai pas bougé. J’inspire, pour me pousser à chasser mes angoisses. S’ils savaient que leurs héros, ne sont que des enfants qui auraient eu besoin de thérapie, ils se rouleraient de rire dans leur salon. Ils, eux, ailleurs, moi, lui, nous, ici.

    « C’est bien . . . Je ne suis pas certain de les aimer « les gens » de toute façon . . . »

    Je serre les coudes, les épaules encastrées dans le banc, essayant de me faire petit, tout petit. Non, ça n’était pas gentil à dire. Je ne les connais pas ces gens, pas plus qu’ils ne me connaissent. Pourtant, il me semble impossible qu’eux et moi, on puisse vivre dans le même univers. Comme si j’avançais dans une réalité parallèle, seul de mon côté du miroir. Presque tout ce qu’ils font ne fait aucun sens à mes yeux, et j’en reste perplexe, ne voulant pas savoir où se dirige le monde si ce sont ces gens là, qui bientôt seront au pouvoir et dicteront ce qui est juste.
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MessageSujet: Re: |- L'ombre de Personne ─ Shadow & Nobody -|   Mar 5 Avr - 3:02



    - C’est bien…


Ah oui, tu crois ? Parce que moi aussi, et depuis bien avant qu’on m’ait appelé Nobody. J’étais rien quand les autres trouvaient leurs "moi", j'étais déjà graine de poussière alors que les voisins allaient chanter l’hiver et ses couleurs, qu'ils dansaient le printemps et ses premières chaleurs. Je suis depuis longtemps tout le monde, né avec l’incapacité totale de me faire aimer, du moins pas pour ma personnalité. J’étais déjà mort, quand les autres apprenaient, foutu alors qu’ils s’émerveillaient. J’étais le vent qui soufflait sur les autres enfants.
Mais c’est bien, c’est vrai, parce que tellement loin du mal qui abime les yeux des autres. On fait le bien, à défaut de rester cachés pour toujours, et espérer mourir lentement d’une douleur sans peine qui nous étouffe depuis trop longtemps. On est lâches, quand on ne fait pas semblant. Moi j’ai jamais su prétendre alors j’évite de ma souffrance dorée qu’on vienne m’enfermer sur le toit du monde. A jamais le porteur de vos songes.

    - Je ne suis pas certain de les aimer « les gens » de toute façon . . .


Oh, je t’apprendrai c’est facile tu verras. La clé, c’est de se concentrer. Pas de se leurrer, mais de fixer ton regard sur la perle de l’humanité, un être si rare que l’idée même qu’il puisse exister dérange toutes tes tripes qui dormaient, les réveille pour les électriser et te donne envie d’entamer chaque journée. Pense à ses yeux verts et aux larmes qui l’ont fait briller pour toi, quand plus personne n’y croyait. Que le monde s’apprêtait à mourir de ne pas savoir rêver et que les chants du monde lui disaient que le sien était mort depuis un ailleurs trop loin, brisé. Quand c’était personne, qui pleurait.

Et puis tu sais, la moitié ne cherche même pas à être aimée, ils demandent seulement à prendre tout ce que tu as, ton cœur, ta santé pour un peu de ce à quoi ils ont droit, même s’ils doivent passer à travers toi. Mais l’autre moitié, elle, ne demande qu’à être regardée puis épousée dans un mirage affolant de cœurs battants une chamade paradisiaque ; je les aimes parce qu’ils vivent pour l’idée d’un amour futur, salvateur et grand qui, si la fortune le veut, cessera de faire d’eux des miséreux. Ne déteste pas les gens, chaque personne le fait déjà pour deux.

    - Viendra un jour où ils auront besoin d’être aimés. Et tu seras là pour les protéger.


Parce que tu seras un héros, demain. Parce que ça se voit dans tes yeux que tu es quelqu’un, fait d’un bien qui époustoufle mes sens tant ils se sentent en sécurité. J’ai pas besoin de l’ajouter, mais « je le sais ».
Je caresse toujours mes côtes d’un geste lent, discret, méthodique tant il est répété et use ma main qui est habituée au chagrin de mes os chaque soir mis à mal. C’est ce genre de Personne, qu’il te faudra venir sauver.

Je lui souris avec fatigue la tendresse de mes émotions amusées d’être avec lui, réchauffées de ne pas être menacées par un urgent besoin de s’évader, d’aller rêver loin. Me souffle des vérités qui iront trouver un écho dans mon cœur lorsqu’il prendra un peu de repos et cessera d’être, me saignera comme je sais faire de vous mes maitres. J’attends que mes douleurs parlent entre elles, se divertissent pour oublier un instant de me mordre et irai respirer dans cette seconde infime qui me permettra d’avancer. Ignore mes peines étrangères aux utopies selon Nobody et avoue à mon Hallejujah, quelque chose de fou cette fois.

    - Ça se voit, que tu les laisserais pas tomber. On cache pas un cœur comme le tien.


J’ai déjà remarqué, combien il te serait facile de les époustoufler, d’émerveiller ton monde en les aimant d’une étincelle parfois visible qui nous réchaufferait les jours pour qu’à jamais, ils sachent qu’ils te doivent leur continuité. C’est évident malgré leurs pouvoirs, malgré nous, le temps et les gens. Moi je le sais. Je suppose, je devine et j’étire la vérité qui, de toi à moi, nous dérobe plusieurs secrets. Mais j’imagine le plus beau parce qu’une fois que j’aurais trébuché je ne serai plus là mais si je pouvais, c’est toi que je seconderais.

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MessageSujet: Re: |- L'ombre de Personne ─ Shadow & Nobody -|   Mer 6 Avr - 0:24

L’air est moins lourd. De simplement parler, j’en ai l’esprit éclairci. On ne me demande jamais comment je vais. Personne ne me salue dans les corridors. Je marche sans même déplacer l’air. Je le vois pour la première fois, et c’est facile, naturel. Il me voit, et c’est tellement plus que je ne l’aurais espéré. Les images noires, les regrets, même mon frère ne semble plus si proche. Je voudrais lui dire merci d’avoir de ses quelques mots chassé de ma gorge ce qui m’empêchait de respirer, d’exister. Ce qu’il dégage est si subtil que c’en est imperceptible. J’aimerais savoir pourquoi je me reconnais en lui. Son âme semble être sortie du même moule que la mienne, notre vie nous ayant façonnés à devenir deux personnes distinctes. C’est comme si mes cellules reconnaissaient les siennes, calmées de sa présence. Mes paumes reposent sur mes cuisses, mes bras habituellement croisés contre mon torse. Je voudrais que ce soit toujours aussi facile. Je pourrais jurer qu’il me comprend. Je voudrais lui prouver, que moi aussi, je le vois. Ses mots se forment en moi, puisant dans qui je suis, comme personne auparavant n’a su faire.

- Viendra un jour où ils auront besoin d’être aimés. Et tu seras là pour les protéger.

Quelque chose sans nom grandis en moi. Je le fixe, mon cœur gonflé du compliment. N’importe qui aurait eu l’audace d’aborder ce sujet, et je les aurais contredis jusqu’à épuisement, dans ma tête. Mais lui, je voudrais le croire. Je voudrais pouvoir clamer que s’il croit en moi, c’est parce que je peux le faire. En cet instant, je ne lutte pas contre l’idée étrange d’être un héros. Je me laisse lentement tirailler vers cette idée plus grande que nature qu’il semble voir en moi. Je voudrais mériter sa confiance. Lui prouver que je peux le faire, que s’il reste assez longtemps, je lui prouverai qu’il n’a pas eu tord de voir en moi plus qu’une ombre. Je reste émerveillé par cette confiance qu’il me donne, ne pensant pas à lui-même, m’en donnant le meilleur, sans réserve. Dis-moi que je peux y arriver, que je peux exister, que tu resteras pour regarder, pour me voir comme personne d’autre ne me vois. Dis-le, jure-le, même si c’est pour ne pas respecter ta parole. Contrairement à ceux qui ne voient rien, je fais confiance à tes yeux, à ce qu’ils voient, en moi. À l’invisible qui n’a plus de secrets pour lui.

- Ça se voit, que tu les laisserais pas tomber. On cache pas un cœur comme le tien.

Mes yeux clignent, et je me vois émerveillé par lui, celui qui me donne la force de ne pas m’échapper. Les secondes me filent sous les yeux, m’emplissant d’une fierté d’être celui en qui il croit. Ce que tu ne sais pas, c’est que mon cœur, il est caché, au plus profond de moi. Et ce moi, il est caché si loin que personne ne le voit. Il n’y a que toi qui sache lire les cœurs et c’est précieux. Ça vaut de l’or ce que tu vois, ça veut dire tellement pour moi. Tu ne sais pas, que c’est ton cœur à toi qu’il faudrait encadrer, ton âme à toi qui est si belle qu’elle m’aveugle, ta présence à toi qui me donne la force et l’envie de ne pas avoir peur de demain. Dis-moi que ce demain, on le verra ensemble. Que tu me laisseras être une ombre plus grande que nature. Une ombre le plus radiant des soleils ne pourra pas effacer. Dis-moi que tu te tiendras debout, devant moi, pour me montrer le chemin que tu me vois prendre. Je te suivrai, je te suivrai au bout du monde, au sommet de cette montagne, jusqu’au bout de ce voyage. Pas obligés d’aller bien loin, si on vas au bon endroit.

« Merci, tu sais . . . de me voir . . . »

Ma gorge est serrée, mes mots sont étranglés. Je n’ai jamais connu les mots pour parler de ce qui importe, pas plus que ceux pour parler de la pluie et du beau temps. Dis-moi qu’on fera de grandes choses, apprends-moi à voir ce que tu vois. Parce que tout ce que tu dis, j’aurai besoin que tu me le répète, que tu me laisse être ton ombre pour voir à travers tes yeux, ce qui semble si grand et si beau.
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MessageSujet: Re: |- L'ombre de Personne ─ Shadow & Nobody -|   Mer 6 Avr - 2:08



Je l’assure de mon sourire éternellement rivé sur mes lèvres faites uniquement de promesses. J’ai contre ma bouche des rivières sucrées par un bonheur sain de pouvoir aimer, suis déjà celui que je resterai. A jamais ce petit rien qui espère faire une différence en ne sabotant pas vos chances, je demeure le témoin de vos grandes actions portées à mes mots qui se languissent de vous offrir votre du : un peu de moi, contre vos paradis perdus.
Et mes yeux, eux, croient apercevoir un bout de rêve dans la nature de celui qui me tient compagnie. Ils se disent que dormir doit ressembler à ce sentiment-là, depuis les sommeils vermeils ; que l’or sur les mondes du silence emprunte les couleurs d’un regard semblable à celui de n’importe qui. Que le divin s’allie au commun pour créer une merveille digne d’être glorifiée. Mes yeux écoutent ma bouche qui leur promet un chant nouveau, vibrant d’exister quand ceux de mon autre ne suffit plus à me transcender. J’ai l’impression d’être… d’être jusqu’à sombrer. Et me relever encore, ravi par ma petite mort.

On n’a rien vu venir, pas vrai ? Traite-moi de fou mais j’ai envie de dessiner de toi à moi, un pont fait de personnalités qui s’auraient s’écouter ; une prouesse du temps qui nous réunirait le temps d’une chanson, faisant de toi le héros de mon don qui s’en veut et s’en voudra toujours de ne vibrer que pour moi. Je sifflerais la douleur aux démons si je le pouvais, tu sais. Déplierais une immense page blanche sur laquelle viendrait s’inscrire vos utopies et de mon sang, j’émargerais vos monstres et les emporterais avec moi ; si je pouvais j’échangerai contre vos rêves, mon don. Troquerai le mal contre vos désillusions afin qu’alors vos paradis vous reviennent. Et peut-être que le jour de cette fin, je serai Hayden.

L’idée de mourir apaise ma peine qui se tait, chavirant pour un horizon sanguinolent, porteur d’un virus à mon nom qui régalerait son appétit vorace pour les atrocités qui adorent mon corps tout entier. Et pourtant, toutes mes vies dormantes ne semblent pas suffire quand j’aperçois une lueur nouvelle au fond du cœur de mon hallelujah, tellement vivant à côté de moi. Si vrai que la possibilité de ne plus évoluer dans son ère me choquerait. Si pur qu’une révolte épure mon champ de vision, si grand déjà, si toi.

    - Merci, tu sais… de me voir…


De rien ? C’est si facile pourtant, crois-moi. Depuis mon arrivée chez vous, j’ai observé la vie selon le futur et ton demain m’a toujours dit qu’il serait beau, humain parce que sincèrement teinté d’un courage inévitable. Les lueurs de ton aube transcendent le ciel de tout le monde qui se lève et ne réclamait qu’un rêve. La chaleur de tes yeux m’offre un Eden, une idée précise du paradis selon nous. Je veux être moi. Et continuer à brûler avec lenteur jusqu’à ce qu’il ne reste de mes prouesses, que toi. Devenir enfin le souvenir de votre propre perfection, un anti-héros à l’abandon.

J’aimerais être capable de le toucher, rien qu’une seconde qui n’irait pas tout faire flancher, pour affirmer cette complicité qui soigne mes côtes et toutes les misères d’une aventure passée, loin de tout, privée de vous. Je suis un être tactile manchot, quand mes pulsions meurent, un amputé du cœur.

    - Merci d’être toi.


Si je pouvais, j’irais bourrer son épaule d’un rire tendre parce que touché en son centre. J’effacerais les ratures apposées sur les battements brouillons de mon palpitant chanceux d’être écouté, compris parmi les dieux. Il m’entend, et plus que jamais, j’ai la sensation que mon cœur boiteux vient ici de parler au sien qui saurait tout comprendre. La cave en ma poitrine laisse résonner mes aveux qui, jusqu’à mon ami, iront danser. Merci d’être si agréable à aimer, talentueux magicien au royaume des fées éteintes, des rêves brisés. De surestimer mes enchères qui portent toutes sur les gens, leur monde et nos débris d’humanité. Je respire ta pureté.

    -Rien n’est plus évident que ton talent. Tout le monde devrait le voir et si c'est pas le cas, tu sais quoi ? Tant pis pour les gens.


C'est leur perte, pas la tienne. S'ils savaient, s'ils avaient la moindre idée de qui tu es, ils souffriraient à l'idée de pouvoir te perdre, ils mourraient de se savoir les bourreaux de ton cœur plus grand que les leurs. Ils ne savent pas, et ignorent tout de toi, de moi. Mais laisse-leur le temps et ils verront combien tu leur manques, quand ils auront renoncé à t'épouser. S'ils pensaient à te quitter... ils suffoqueraient. Rien qu'à l'idée.


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MessageSujet: Re: |- L'ombre de Personne ─ Shadow & Nobody -|   Jeu 7 Avr - 0:18

Le jour semble maintenant vomir de possibilités. Je voulais retrouver mon frère, mais ça ne fera pas de mal de le faire attendre encore un peu. J’ai trouvé quelqu’un, rectification, il m’a trouvé, qui me comprends comme toi. Quelqu’un qui a un cœur aussi beau que le tien. Pourtant, ayant tout ce que j’admirais chez toi, il me ressemble. Dis-moi que tu me vois de haut, que tu l’as guidé vers moi. Quelque part, je sais qu’il m’a trouvé tout seul. Il a fait ce qu’il sait faire de mieux; regarder avec son cœur. Je voudrais lui dire tant de choses, mais il semble déjà les deviner.

Alors que mes lèvres sont serrées de reconnaissance, j’ai l’impression que cet autobus n’est pas assez grand pour contenir ce moi qui serait à sa mesure à lui. Parce qu’à son simple contact, je grandis. Il est contagieux, contagieux de ses mots et des rêves qu’il m’insuffle. Je nous vois, hors de ce qui nous écrase présentement. Libérés des limites. Je le vois me montrer le chemin vers quelque chose qui est hors de ma portée. Mais s’il me dit que c’est possible, j’y travaillerai jusqu’à en tomber.

- Merci d’être toi.

Je retiens mon souffle. Cesse de me donner de l’importance, je ne suis qu’une ombre. Tu me vois si grand alors que c’est toi qui pourrait faire de grandes choses. Tu vois si bien, tout ce qui semble échapper aux autres. Tu es si grand que si je décidais de vraiment devenir celui que tu vois en moi, ce serait simplement pour être une ombre à te mesure. Je réalise alors qu’on ne se connaît pas, pas vraiment. Mais que ça n’a aucune importance. Je ne sais pas son nom, mais j’ai reconnu son cœur. Il est inoubliable tant il brille.

-Rien n’est plus évident que ton talent. Tout le monde devrait le voir et si c'est pas le cas, tu sais quoi ? Tant pis pour les gens.

J’aimerais savoir qui est-ce qui lui souffle autant de vérités aux oreilles. Je bloque mon instinct qui contredit toutes ses paroles. Ce gouffre dans mes entrailles qui me murmure que c’est faux. Que je ne vaux rien, ne suis-je pas qu’une ombre ? J’aimerais avoir sa confiance. J’aimerais savoir que lorsqu’il ne sera plus là pour avoir confiance en moi, je trouverai cette étincelle en moi.

« Comment peuvent-ils y croire, quand souvent, je n’y crois pas moi-même . . . »

Mes épaules s’enfoncent en moi. Je ne crois pas avoir jamais avoué cela à personne. Ils préfèrent oublier qu’ils m’ont mis classé avec ces Héros qui feront de grandes choses. Je resterai dans l’ombre de ceux qui seront flamboyants, j’aurais mieux fait d’être un assistant. J’aurais pu faire ce que je sais de mieux et m’effacer pour travailler sous silence, aider à quelque chose qui me dépassera certainement. Ils ne veulent pas de moi. Ils veulent quelqu’un qui fera beau sur la couverture d’un journal. Une photo vide, ça n’intéresse personne. Un cadre sans image, c’est inutile. Pourtant, celui qui me sort de mon mutisme semble voir quelque chose de beau en moi. Quelque chose que je n’arrive pas à trouver. J’aimerais qu’il me pousse à chercher, qu’il me laisse profiter de sa présence. Il a raison. Les autres, il n’ont pas d’importance. Ils ne voient pas, ils ne savent pas. Comment pourraient-ils me connaître. J’aimerais embrasser les yeux de cet être unique. Lui expliquer qu’il est rare et précieux. Pourtant, les mots ne sont pas si faciles entre mes lèvres.

« mais si t’y crois, je veux bien y croire . . . »
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MessageSujet: Re: |- L'ombre de Personne ─ Shadow & Nobody -|   Mer 29 Fév - 22:16



Il est évident qu’un cœur immense arrache quelques cruels battements à son propriétaire qui à côté de moi souffre un peu de le savoir aussi grand. La vie aurait été plus simple si l’on avait été faible. Mais tes dons font de toi un être exceptionnel, choisi pour les fibres de ton corps qui en s’alliant à ta nature rendent hommages et merveilles au monde qu’il nous faut soigner. Sa douleur posée en triomphe sur son regard témoigne des heures qu’il a passé à souffrir, faisant de lui un vivant. Son inquiétude perce mes propres souffrances qui ont désormais le goût des siennes sachant qu’il n’est rien de plus triste sinon la haine. L’idée de ce sentiment, jusque dans ses racines, me parait étrange. Qu’est-ce que la haine sinon un désamour envers sa propre nature ? Est-ce que les hommes se maudissant entre eux ont le soir des désirs les accueillant ailleurs ? Se rêvent-ils meilleurs ? La haine a-t-elle un refuge pour se cacher de son propre fléau ? Est-elle malade quand sa sœur la paix fait de nous des héros ?

Les paysages défilent, se défiant de leur beauté fracassante que les comparaisons humaines divisent malgré leurs efforts de rester purs, beaux et innocents sur les routes que nos chemins prennent. Le bus prend de la hauteur et je souris encore de rejoindre le ciel, où j’apprendrai peut-être un jour à savoir parler le langage du mauvais amour. J’aimerais savoir dire dans la langue des anges qu’il ne leur manque qu’une paire d’ailes pour être tout à fait eux, miracles humanisés. Chaque enfant est une merveille que le monde protège jusqu’à ce qu’il se retourne contre lui. Et je prie les hommes afin qu’un instant leur quotidien se fige dans un souvenir que leur propre figure passée viendrait retrouver. J’aimerais que chaque homme reconnaisse l’enfant qu’il fut et puisse soutenir son regard, lui disant avoir tenu ses promesses. Qu’en lui prenant la main, il se souvienne ne n’être jamais abandonné à des sentiments étrangers à son corps d’avant, qu’en voyant en lui une petite âme personnifiée il souhaite en prendre soin pour toujours, la couve à jamais. Et que dans un sourire, le présent devienne le héros de son passé.

    « Comment peuvent-ils y croire, quand souvent, je n’y crois pas moi-même . . . »

L’espoir, mon ami de fortune, se trouve partout autour de toi. Il n’est pas compliqué d’y croire. Il suffit d’ouvrir les yeux pour constater de la vie telle qu’elle fut, pour savoir comment la changer en une ode savoureuse que les saisons étendront. Ton cœur est beau parce qu’il t’appartient. Il échappe à beaucoup de gens qu’ils sont uniques de naissance. Et rien de ce que tu puisses faire au cours de ta vie ne changera jamais ce fait. Tu es précieux, spécial parmi des milliards, même s’ils ne te voient pas. C’est dans ton corps, c’est dans ton sang, c’est dans ta foi. Tu es magique, en étant toi.

    « mais si t’y crois, je veux bien y croire . . . »

Oh oui j’y crois. Mon sourire en témoigne, mes yeux aussi. Je crois en toi, en ta magie. J’ignore ton prénom mais mon hallelujah te baptise le miraculeux capitaine de mon âme naviguant entre tes douleurs et le reste du monde. Échappe-toi de ton corps s’il le faut, mais en y revenant tu trouveras toujours à côté de toi un ami désirant être le tien, mon héros. Et si ma dernière mission est de te faire croire en tes capacités, je mourrai comblé de te voir guérir tes propres plaies avant de tourner ton regard bienveillant vers le reste du monde. Avant de sauver la misère, il faut pouvoir la comprendre et je sais que toi et moi parlons cette même langue.

    - Oh j'y crois. Je le sais parce que j'ai toujours su regarder les cœurs en face et puis tu sais, si tu doutes de tes capacités, c'est seulement parce que tu as beaucoup rêvé.

Et si les rêves changeaient vos façons d’aimer ? Et si, parce que la réalité vous ment parfois, vous êtiez éreintés d’avoir trop imaginé ? Et si pouvoir voir la vie autrement rendait la votre moins belle ?... Et si l’on vieillissait parce que nos nuits chaque fois nous portent un peu plus loin que le temps lui-même ? La réalité nous échappe, remplacée par son manque qui, séducteur, nous ensorcèle. Serions-nous plus heureux, de ne rien avoir d’autre qu’elle ?

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MessageSujet: Re: |- L'ombre de Personne ─ Shadow & Nobody -|   Lun 12 Mar - 1:14

À travers un sourire si pur que j'en oublie ou je suis, j'y lis la confiance qu'il a en moi. Ce silence où il comprends mes doutes et mes forces. Mon sang glisse paisiblement à travers moi, me laissant planer sur l'air du matin, sur le regard de mon compatriote. Ce qu'il voit me trouble. Sa vision de moi m'inspire. Je n'ai pas d'image à laquelle me raccrocher. Pas de stéréotype dont on m'a affublé. Que mon ombre pour m'exténuer d'exister.

Mon meilleur ami était le silence de la nuit. Celui qui laisse le souvenir de Jason m'imprégner. Cet impossible nocturne où mon ombre se fond dans le noir. Du noir fondu pour raccrocher mes rêves brisés. Et ce vieil ami qui me retient dans l'anonymat des ténèbres, je me surprends à vouloir l'échanger pour une tout autre compagnie. Pour une présence hallucinante. Parce que dans la lueur franche du matin, mon compagnon semble illuminé. Un doux halo se dégage de son être. Sa simple présence semble calmer ma dominante invisibilité. Celle où je ne suis rien, puisque je n'existe à travers personne.

Pourtant, ce matin, le passé s'efface pour laisser passer l'espoir d'un avenir que j'ai toujours refusé. Je voulais mon frère. Je voulais l'entité de ma famille reconstituée. Je voulais un passé qui jamais plus ne saura exister. Mes désirs ont détruit les possibilités d'un présent à l'imparfait. Je demande une chance, comme celle qu'un inconnu a su me donner. Une chance d'exister pour moi. Une chance de le laisser briller à mes côtés.

- Oh j'y crois. Je le sais parce que j'ai toujours su regarder les cœurs en face et puis tu sais, si tu doutes de tes capacités, c'est seulement parce que tu as beaucoup rêvé.

Ma tête s'incline dans un respect que je lui dois. Mes instincts savent à quel point ses mots sont précieux. À quel point son regard est unique. Je ne sais pas si j'ai tant rêvé, mais j'ai accroché au passage toutes les parcelles de Jason qui filaient vers le néant. J'ai greffé ses rêves à mon âme pour ne jamais le perdre totalement. Pour le garder vivant. Même mort, il respire encore, il m'inspire encore.

Mes lèvres s'étirent dans un sourire que j'avais perdu. Celui réservé aux gens de confiance, aux amis. Aujourd'hui a un goût d'espoir, une odeur de renouveau. Mon coeur le remercie mille fois, de la générosité qu'il gaspille pour moi, croyant quelque part que j'en vaux la peine. Il ne réalise pas l'effet qu'il a sur moi, la quantité ridicule de bonheur qu'il injecte à mon coeur. Ça me manquait tellement, d'avoir quelqu'un. Je refusais simplement de me l'avouer. La peur s'accrochant à mon ventre lorsque je me savais seul au monde. Mon coeur tourne maintenant sur lui-même. Étourdit d'avoir tant vécu avant midi.

Le silence est d'une douceur que je ne lui connais pas. Parce qu'aucun mots ne pourront résonner l'intime conviction qu'il est le seul à comprendre. Le seul à voir. Je profite de sa proximité. De l'euphorique confiance qu'il fait naître à travers l'éternité de mes doutes. Je capture de tous mes sens le moment présent. Celui où notre école, notre institution, est visible au loin, derrière l'ombre de mon ami, mon seul et unique ami.
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MessageSujet: Re: |- L'ombre de Personne ─ Shadow & Nobody -|   Sam 25 Aoû - 0:23


Je crois que les rêves ont des secrets entre eux qu’il ne nous faut pas connaître. Leur magie tourne à l’intérieur de nos têtes quelques clés qui ferment nos yeux lorsque le moment vient de mourir un peu. Chaque nuit me semble être la vie d’un autre et je sens se déverser en moi toutes les subtilités de vos cœurs si bons qu’ils rongent un peu le mien se sentant de moins en moins fort pour les soutenir seul éternellement. Et j’imite mon ami tous les jours, admirant son silence confortable qui nous lie plus que n’importe quel mot, dans une langue ou dans l’autre. J’aspire tous les soirs à cette absence qui vous protège de ce que la nature nous a toujours caché. Je me tais, gardant pour vous les petits ratés de vos âmes.

Vous ne voudriez pas savoir tout ce que vous avez dans le cœur. Tous ces trous, tous ces manques, toutes ces erreurs. Je marche sur vos rêves, solitaire inconnu du rien. En vous frôlant, j’arpente vos peines, foulant vos souhaits et oubliant la couleur des miens. Chez vous, le temps s’emmêle et replie sa tristesse comme un poème. Lorsque, dans vos paradis, je soulève une pierre c’est pour y trouver un miroir plongé vers une autre de vos prières. Puisque chaque coup porté à votre cœur le long de votre vie creuse un puits sur la Lune que devient votre Eden, interdit et sacré à la fois. Ces mirages blancs comme vos fantômes vous gouvernent en rois.

J’accroche mes côtes dans l’ombre de mon camarade, les protégeant de mes bras tandis que l’autobus descend vers notre l’école des paradis ambiants. Qui vais-je emmener, aujourd’hui ? Combien de sang, contre quelle vie ? Je tendrai la main si on me le demande, un sourire sur mes douleurs qui se tairont alors, muettes d’admiration face à la beauté de vos âmes qui se payent avec mes nuits et le temps qu’il me manque pour vieillir.
Le choc se fait doux, finalement. Quoi qu’il arrive, je me promets de garder le souvenir d’une force, un rien, pour maman. Elle qui ce soir rêvera à m’en briser les os, s’accrochant aux bras de mon père, à ses gestes, à ses mots. Et je tournerai les yeux, lâchant sa main qui trouvera les siennes, heureux de savoir bouger dans les je t’aime. Je renverserai ses pierres et trouverai mon visage sous les regrets qu’elle n’a pas encore. Je trouverai mon regard partout dans les feuilles de ses souvenirs vieux de mille ans, me rappelant qu’un jour je lui manquerai et qu’elle rêvera seule, maitresse de ma mort lente.

    - Est-ce que tu voudrais manger avec moi ? Ou juste bavarder entre deux leçons ?


Je trouve le courage de lui demander, de peur peut-être qu’il ne s’envole, poussé par le vent frais du matin. On peut aussi ne pas parler, s’il le souhaite. Avec moi, il suffit d’un geste.

    - Tu as le droit de dire non, mais j’aimerais pas te perdre avant de connaître ton prénom.


Lui souriant, je glane le ciel un instant. J’accroche mon âme entière aux nuages qui nous entourent et nous enterrent, en souvenir de mon insignifiance dans un royaume aux cœurs si grands. Je me souviens n’être que ce papillon sans âge, emporté par les courants de sa vie où les nuits sont mortes. Un impuissant volontaire, heureux de plonger son regard dans les abysses des vents contraires qui nous surplombent la tête et font des cieux notre seul toit au monde. Cette terre est ma maison et je m’y accroche avec une force désemplissant chaque jour mon cœur, mes forces et mes veines. Bientôt, il ne restera plus de moi qu’une ombre. Pourvu qu’il s’agisse de toi, mon frère.

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MessageSujet: Re: |- L'ombre de Personne ─ Shadow & Nobody -|   Mer 27 Mar - 16:37

Le soleil se reflète contre la vitre, donnant pour quelques secondes un reflet doré à ce moment imprévu, à ce lien étrangement vrai. Les yeux de mon compagnon, se fixent vers le bas, s'accrochant dans l'ombre à nos pieds La lumière scintille dans sa blondeur angélique, me laissant ébloui par ce halo qui semble faire briller tout ce qu'il garde à l'intérieur. Cette rencontre semble doucement orchestrée par notre bonne étoile qui a soufflé nos corps errants vers la même impasse. Comme si Jason veillait sur moi, s'assurant que ma solitude ne soit pas éternelle. La compagnie de mon voisin est si tranquille qu'il semble être une partie de moi, oublié sous le lit, qui me fait enfin signe, comme si le temps n'avait rien changé d'important. Mes pensées se laissent dériver vers ce qui est chaud à mon coeur, travaillant avec la tiédeur matinale pour effacer ce qui était il y a si peu de temps, dur et glacé. Comme le miroir qui ne me renvoie pas mon reflet. Petit vide qui se laisse désirer et détester. Comme toutes les choses qu'on voudrait posséder et qu'on ne peut pas toucher.

Il est là, lumineux, causant à mon ombre d'être solidement ancrée à la réalité. Qu'est-ce qu'on dit à un ami dont on ne sait pas le nom. Qui appelle-t-on quand la nuit se fait trop sombre et qu'on en peut plus d'exister. Que cri-t-on quand il n'est pas là et que nos instincts nous trompent, menteurs, disant qu'il n'a existé que dans ma tête. Je voudrais parler, mais la beauté du silence me clous la langue

- Est-ce que tu voudrais manger avec moi ? Ou juste bavarder entre deux leçons ?

Quelque chose s'agite en moi. Cette étrange sentiment d'appartenir à quelqu'un. De peut-être un jour l'entendre dire : Jake, Mon ami. Le bavardage m'est parfois défectueux, mais je sais manger, sa compagnie étant mille fois préférable au vide qui me ressemble tant. On pourrait faire tout ça, et je serai là, présent, visiblement présent. Je le promets, mes lèvres closes le jurant. On ne refuse pas un ami, pas un comme lui.

- Tu as le droit de dire non, mais j’aimerais pas te perdre avant de connaître ton prénom.

Le doute est si vrai que je voudrais le rassurer sans savoir comment m'y prendre. Je ne connait que trop bien cette insécurité qui crie des horreurs à nos tympans, d'affreuses vérités du passé qui continuent de nous hanter. Mon prénom n'est pas grand chose, mais je lui offre volontiers, puisqu'il s'agit de son unique requête. Il n'aurait qu'à demander, pour que j'ose lui présenter ma loyauté.

« Jake. »


Que je réponds, un peu trop précipité. L'air dans mes poumons s'envole comme de l'hélium, me rendant délirant. Je me dois de répéter, de peur qu'il oublie, de peur qu'il ait mal compris.

« Je m'appelle Jake. »


C'est un peu plus sensé, c'est un peu plus ponctué. Je n'ose pas demander, souhaitant qu'il me fasse cadeau d'un intitulé à mettre au dessus du mot amitié. C'est pas tous les matins que la lumière amène dans ma vie un garçon comme lui, un garçon comme moi. Je voudrais fondre mes os pour épouser parfaitement les formes de son ombre, comme une présence sans corps, comme une conscience de sa grandeur qu'il laisse s'affaiser comme ses épaules courbées. Vient le temps de poser une réponse à ses points d'interrogation.

« Je suis jamais bien loin. T'auras qu'à bien regarder. Moi, je reconnaîtrais ton ombre parmi des milliers. »

Bien sur qu'on mangera, qu'on laissera filer le temps, que je serai là quand il tendra la main pour pointer vers demain. Cette journée sera bien, murmure mon instinct, parce que rien ne peut ternir ses mots. La possibilité de reconnaître son visage dans la foule et de savoir qu'il s'arrêtera peut-être sur le mien, ça forge d'acier les fondations d'une confiance instable et effacée.
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