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 -| A white blank page and a swelling rage |- { Warren et son papa <3 }

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MessageSujet: -| A white blank page and a swelling rage |- { Warren et son papa <3 }   Sam 5 Mar - 19:38

    Je suis déjà venu ici. Quelques semaines auparavant, je m'étais adossé exactement sur ce muret, me promettant de revenir en temps et en heure. J'oublie aisément qu'un avocat était venu m'embêter la dernière fois. Cette fois, le seul qui viendra interrompre le cours de mes pensées ne sera que leur sujet principal. Je me suis mis à l'écart de tout dérangement. En retrait, là où il ne me verra que s'il me cherche. Et où eux, les caméras et tout l'emmerdement venu filmé son effrayante sortie, ne m'atteindront pas.

    Voila deux jours que j'ai lu le premier message de mon père en cinq ans de silence radio forcé. Voila deux jours que je sais que je n'ai pas le droit de venir ici, aujourd'hui. Qu'il me l'a "interdit". Mais voila cinq ans que je ne vis qu'avec son souvenir. Et les souvenirs ne donnent pas d'ordre, ils nous hantent. Nous hantent au point que perdre la moindre minute avec eux seraient une horreur, une catastrophe, un maelström de sentiments si puissants qu'ils emportent toute raison. Laissez-moi penser que venir ici était une question de vie ou de mort, je vous en prie. Et qu'il savait que je désobéirais. Laissez-moi croire de tout mon coeur d'enfant orphelin que lui-même n'aurait pas supporté que l'on prolonge notre séparation ne serait-ce que d'une minute, d'une seconde. M'aurait-il réellement prévenu, s'il ne voulait pas que je vienne ?

    Ces deux derniers jours ont certainement étaient les pires que j'ai connu. Mon impatience se trouvait à son paroxysme, et l'appréhension me bouffait littéralement. Et si je n'étais pas comme il l'espérait ? Moi qui l'ai toujours vu comme un héros, malgré tout ce qu'on avait pu me dire, toutes les punitions que ma dévotion filiale un peu trop musclée m'avait apportées, toute cette suspicion autour de lui, ces accusations... Moi qui l'ai toujours soutenu et qui ai toujours était persuadé de son innocence... Et si moi, je n'étais pas ce qu'il attendait ? Peut-être aurait-il voulu un fils moins asocial, plus ouvert, moins controversé. Peut-être aurait-il voulu que je m'intègre, au lieu de me couper du monde. Que je sois normal. Et s'il n'était pas fier de moi ?

    Je n'ai jamais été aussi peu sûr de moi, aussi rongé par le doute. Je n'ai jamais eu aussi peur de ma vie. J'en ai mal au ventre tellement je n'en peux plus d'attendre.

    Aujourd'hui, je suis devant la prison.
    Bientôt la porte va s'ouvrir, laissant sortir l'ennemi public numéro 1, celui dont tout le monde a peur.
    Et alors que le monde aura peur de ce dangereux psychopathe fraîchement libéré, Pyroman retrouvera le héros de son enfance.
    Pendant que le monde tremblera, Warren Peace retrouvera son papa.
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MessageSujet: Re: -| A white blank page and a swelling rage |- { Warren et son papa <3 }   Mar 8 Mar - 0:26



Je tremble comme jamais, ça m’emmerde tant j’en ai pas l’habitude mais je suis secoué par un torrent de cette mort froide qui me mange partout à la fois, je sais plus si je contrôle mes doigts. Si c’est moi qui leur demande de s’agiter, nerveux à l’idée de toucher mon bébé ou s’ils commencent à sentir que le vent, c’est pour maintenant. J’ai plus rien en moi, depuis longtemps déjà et mes entrailles le comprennent. Je suis vide de sens depuis cinq ans et j’arrive à peine à me dire que ça y est, c’est terminé.
La cellule parait immense dans ses deux pauvres mètres carrés depuis que Jimmy l’a quittée. Deux heures sans lui et mon calvaire s’épaissit déjà, me laissant seul avec l’idée que j’aurais pas supporté la survie ici, sans lui. Il a emporté les photos qu’il a usé de son regard hanté et m’a laissé avec une promesse que je garde dans un coin de mon cœur aujourd’hui tourné vers ailleurs. Vers un ailleurs si beau, en fait, qu’il m’invente des tremblements.

Mon nom explose une dernière fois contre les murs quand une voix résonne, m’ordonne, m’appelle, me libère. Je me lève la rage au ventre et mes envies reprennent. J’ai cette fureur dans le sang et ma tête accuse des morsures que j’imagine. L’écho gronde et la rumeur répandue se confirme en volant derrière un gardien qui rampe ma voie hors de la prison. J’ai crevé leur foutu oreiller avant qu’on vienne me chercher, et je me suis juré de ne pas me retourner, j’aurais au moins pensé être tenté mais que dalle, je m’en vais et c’est tout ce que je sais. Mes organes hurlent à la libération, j’en peux plus sérieusement, il faut qu’il court ce con. S’il presse pas l’allure je vais le pousser, j’le jure. Mais ‘Warren’ je me dis, ‘Warren’ je me tempère. Pas de conneries, tu es un père.

Ils gueulent, tapent leurs barreaux, ils s’agitent dans leur façon à eux de me souhaiter une belle aventure en dehors de ces murs. Ils imaginent même pas combien elle sera belle. Je largue lentement tous les souvenirs qui me restent accrochés dans le dos, je m’en défais. Il est si facile de ne pas regarder autour de moi, je file droit comme jamais ; j’ai rarement été aussi discipliné. Putain, et si lui aussi l’était ? S’il me prenait au mot et restait cloitré pendant qu’on me jette au monde ? Un énorme pressentiment me hurle qu’il faut même pas y penser et je choisis de l’écouter parce qu’il a un parfum féminin, familier et fantasmé. Elle le connaît bien, elle sait.
Après ce qu’il me semble être une heure faite de papiers, je débarque ça y est, au guichet. L’un d’eux fait l’inventaire d’un sac qui contient tout ce que je portais sur moi en arrivant, il y a cinq ans. Mon cœur ce serre, j’ai envie de lui gerber dessus un torrent passionné de douleur et de ressentiment. C’est la mort des miens, qu’il égraine tandis que le sablier s’étire, ce con, faisant durer le calvaire. « Une paire de jeans, bleus ; un t-shirt, noir ; une photo -» C’est ça mon gros, ferme ta gueule, ça vaut mieux pour elle.

    - J’avais aussi une montre.


Laisse-moi deviner, ça fait cinq piges que l’un de vous la porte au poignet, pas vrai ? J’en ai rien à foutre s’ils savaient, elle était faite d’une merde qui vaut pas la peine d’être volée et je les emmerde tant ils me retardent. L’urgence du présent me rattrape comme elle ne lavait pas fait depuis mon arrivée. La sensation oppressante de gâcher mon temps me bouffe l’estomac et je me sens, entier, tout disposé à exploser. Est-ce que c’est le feu qui revient ? Putain j’en sais rien mais ça fait du bien.
Je murmure un « laisse tomber » qu’il accueille avec une goute de sueur ; je fais claquer ma langue contre mon palais, tout mon être me démange, j’veux courir un connard de marathon, j’peux gravir une connerie de montagne là maintenant, je peux fendre sa lèvre en deux si le bras m’en dit. J’ai l’impression que mes cuisses se révoltent contre l’immobilité qui les a léchées ces dernières années. Elles me démangent, elles m’agacent comme elles se vengent. J’en peux plus, arrache le sac de papier qui renferme quelques objets que j’ai pas le cœur de regarder maintenant. Les remords, ce sera pour dans longtemps.

Plus qu’une porte et c’est bon. J’sais pas si c’est possible mais j’ai le cœur qui tremble, j’suis tout entier consumé par des tas d’idées contraires qui se réunissent en un espoir halluciné de voir mon fils dans la minute. Je garde mon visage fermé, impatient et vieilli par une éternité en enfer. Mais ça y est putain, tu vois comme ça y est ?
Je repousse le truc qui me tient le bras pour me guider vers la lumière, violemment puis me reprends. Pas si près, ça pourrait me tuer… Mais il croit quoi sérieusement ? Que j’vais me ruer jusqu’à ma cellule en chialant pour plus la quitter ? Mais crève, lui chantent mes yeux qui se foutent du fait que sa main soit allée taper un mur quand je m’en suis défait. Lâche-moi, parce qu’à partir de juste là, j’ai le droit de vie, de mort sur toi.

Et il me lâche, tout m’abandonne quand la lumière me revient et qu’une rue se dessine pour la toute première fois devant mes yeux. Mes jambes d’abord fendent l’air en jurant à chaque pas qu’elles refuseront de me porter lors du suivant mais plutôt crever que de m’écrouler. Je ne sais que le soleil qui alimente mes batteries, j'suis aveugle aux conneries des journalistes qui sont présents, évidemment. Leurs questions fusent au dessus de ma tête qui les emmerde tant ils sont loin. Aucun d’eux n’est assez près pour me toucher et je sens une vague de puissance retrouver toutes mes entrailles qui crient hallelujah. Mon feu, bienvenue chez toi.
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MessageSujet: Re: -| A white blank page and a swelling rage |- { Warren et son papa <3 }   Jeu 10 Mar - 16:20

    L'attente est de plus en plus insupportable, je sens mes mains trembler tant l'impatience les énerve. Je jure que s'ils n'ouvrent pas ces portes dans la minutes, je les brûle ! Ce n'est pas si compliqué, de rendre un père à son gamin, putain ! Mon corps se tends alors que je dois l'empêcher de s'embraser. Non, ça attirerait beaucoup trop l'attention. Ils savent qui je suis, je le jurerais. Il a raison quand ils dit qu'ils m'emmerderaient, je le sais. Donc j'essaie de me contrôler, soufflant, encore, pensant à Purity. Elle a vu ma mère et moi, maintenant, je vais enfin voir mon père. Ce sera déjà un fantasme qu'elle n'aura plus à supporter en ma présence, j'y pense.

    J'ai les yeux rivés sur l'entrée. Cette sortie, je n'en raterais pas une miette. Je veux tout voir. Les premiers pas de mon père. Je veux voir son visage quand il repoussera les journalistes. Je suis sûr qu'il les déteste. Son message, que j'ai lu plus d'une fois, le dit de lui-même. Si je suis vraiment comme lui, il ne les aimera pas. Toujours à tourner autour de nous, comme si nous étions des êtres à part, les prétendus héros que nous sommes. Non, connards, on est des êtres humains. Mais aucun ange n'entend les appels à l'aide des héros et de leur relève. Vous ne le comprenez pas, ça, que vous brisez les vies de ceux supposés sauver les vôtres. Bande de cons. Putain, Mais ouvrez ces bon dieu de portes, à la fin !

    Va-t-il me reconnaitre ? Je n'étais qu'un gamin quand il a été emmené ici. Il ne m'a pas vu grandir, devenir quelque chose proche d'un homme. Je ne suis plus le gosse de 12 ans, dont les cheveux courts étaient décoiffés, dont les yeux noirs respiraient l'innocence et l'espoir que ce cauchemar se termine. Je faisais beaucoup plus confiance au système que mon père, j'étais tellement sûr qu'à défaut d'être assez intelligents pour ne pas l'accuser à tort, ils auraient au moins la présence d'esprit d'être justes. Mais non, même pas. Et mon père n'a pas pu être présent pour voir l'étincelle d'espoir exploser dans mon regard. Et c'est un ado désillusionné, cynique et rebelle, au cheveux longs méchés, au pantalon déchiré et au cuir abimé qu'il va retrouver. Le temps a filé trop vite, durant ces cinq ans.

    Soudain, un mouvement. Je me redresse et fait un pas en avant. Le reflet du soleil sur la porte qui s'ouvre enfin m'aveugle les quelques micro secondes qui précèdent la sortie de l'ombre d'un hommes. Je sens alors un frisson qui me tétanise alors que ma gorge se serre. Une main se porte à ma bouche alors que je m'intime inconsciemment de me taire. Ne jure pas Warren, ce n'est pas bien. Ouais mais putain, quoi, PUTAIN ! Il fait tellement grand, mon papa, à côté des microbes qui s'excitent autour de lui. Il a tellement pas changé, de son côté, qu'on dirait que le temps s'est arrêté dans sa prison. Il parait juste un peu plus petit que dans mon souvenir. Mais à l'époque, tout était bien plus grand que maintenant, pour moi. Je n'ai plus douze ans, et je ne regarde plus le monde d'en bas.

    J'aimerais savoir marché, afin de sortir de l'ombre qui me cache, mais mes jambes ne m'écoutent pas. Je ne suis même plus sûr d'en avoir, en fait. C'est ça, je suis sur le cul. Debout devant mon muret, je ne contrôle plus rien. Je fais l'inventaire de tout ce qui m'a manqué chez mon père, et autant dire que c'est long, jusqu'à ce que je parvienne à secouer la tête. Non mais putain, Warren, ton père, est là, tu vois ? Il est là, merde, il est là, vraiment !

    J'ai l'impression de sentir mon coeur repartir et mon sang réchauffer mes muscles. Je ne savais même pas que mes organes m'avaient lâchés. Ni même que ça ne faisait qu'une seconde ou deux que mon père était sortis. Le temps m'a abandonné, mais je m'en fous, je peux enfin bouger. L'impression d'être incroyablement vivant remplace soudain la sensation d'être un fantôme hors de mon corps. Non, je suis en vie, putain, et mon coeur, après s'être arrêté, semble avoir décidé de rattraper tous les battements que le monde a raté depuis le début des temps. Je vis enfin et putain, ça fait du bien !

    Je fais un pas en avant, et ma main s'embrase brièvement pour attirer son attention. Le feu mon père et moi. C'était écrit depuis le début, que ça ne serait que ça.
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MessageSujet: Re: -| A white blank page and a swelling rage |- { Warren et son papa <3 }   Dim 20 Mar - 20:50


Tu m’avais manqué et la puissance de cette connerie achève vite de me choqué. Toi et moi, on est faits pour se séduire, tu me lèches comme je répands tes langueurs sur un monde qui murmure mes initiales. Je transmets ton cœur à celui de mon fils et le voilà l’éternelle flamme d’un amour destructeur. Un démon de bonheur, ça brule toujours aussi fort ? Warren, tu es mon ange en Enfer et bientôt ne restera sur Terre que le brasier qui m’a vu naitre. La colère putain, enfin libre.

Je suis coincé là entre deux conneries dont les grandeurs s’égalent. Les questions des vautours contre le mot que j’ai lancé à mon fils. J’aurais du lui dire de venir, je pige plus ma retenue de l’autre jour. Ils feraient pas peur à une merdeuse scout ces cons, comment ai-je pu croire qu’ils repousseraient mon gamin ? Ah oui… l’évidence, hein ?
Parce qu’il a douze ans. Qu’il a eu douze ans pendant cinq ans et que sa poussée de croissance va me choquer. Autant être préparé. Mais rien n’y fera, je le sais. Et toi, là ! Putain ta gueule, je jure sur ton crâne qu’il n’aura plus des cheveux très longtemps si tu continues avec tes questions. Ferme. Ta. Gueule.
Je me contiens faute de pouvoir célébrer mes retrouvailles avec les flammes qui mordent mes doigts pour les tenter. L’incendie semble hurler mon nom et il réclame un gigantesque hommage aux années perdues qu’on ne rendra jamais à Warren, mon feu ni moi.

Bordel je crois que je vais en buter un. Les fourmillements dans mes jambes dévorent toute trace de l’immobilité qu’elles semblent avoir accumulées depuis- Est-ce que j’ai brûlé ma femme ! Tout le monde s’est déjà accordé à ce sujet, non ?! Et ce spectacle m’a tellement plu que l’idée de t’y faire assister de près me démange. J’écorcherai ta bouche jusque dans la fange animale de tes restes. Putain ça fait du bien ! Je l’ai pas dit mais tu vois comme c’est passé près ? Aussi près, en fait, que mon coude de ton nez. C’est ta connerie qui t’enrhume, microbe.- depuis, je disais, une éternité.

Je pense à la photo restée dans le sac de papier, aux visages qui y sont éternellement figés. L’un est mort, les deux autres ne le sont pas. Et entre eux doit venir danser une flamme, c’est le plan initial. Warren dis-moi que tu obéis pas encore à ton père, sois-là. Sois-là, sois-là.
Et quand je te verrai, je vais te dire quoi ? J’aurais du tout noter et merde, il est passé où mon ventre ? Je l’avais encore ce matin et je cracherais ma vie, là, sur une vérité qui me prive de boyaux. Plus jamais, t’entends ? Plus jamais. On a assez souffert pour toutes les années qu’il me reste, c’est finit et demain sera beau, flambant neuf. Si mes nerfs se tendent une minute de plus j’assure que ma tête va juste sauter loin de mon corps. Mais on veut pas que mon môme voit ça hein ? Alors je retrouve l’autorité qui depuis tout ce temps dormait en mon cœur et ordonne à mes jambes d’abimer le parpaing. Si je veux, je cours et personne ne me flinguera dans le dos… libre, enfin.

Et mes racines s’arrachent avec vigueur de cette prison qui chiale en passant. J’embarque tout sauf les remords et récite des conneries pour Warren, pourtant certain de les oublier à la seconde où je le verrai. T’as grandi, pourquoi t’as grandi ? T’as de la chance, tu ressembles à ta mère. Je l’ai pas tuée. Comment ça a été ? Tu te souviens de moi ? Arrête de grandir, juste là. Viens dans mes bras. Je t’aime, tu sais. Allez viens, on fait tout cramer. Pour se marrer.
Une flamme, tu l’as vu ?! Je déconne pas merde, elle chantait mon prénom. Et c’est mon cœur qui comprend avant le reste quand un tout plus grand que le monde m’attire en son centre. Je cours comme jamais, guidé par une volonté extrême, violente et primitive. Mortes, les pensées. Flambées, les envolées. Retrouvé, mon passé.
Je cours et mes jambes se fendent la gueule tant elles adorent ça, je ne sais pas encore où je vais mais mon corps, lui, est guidé. Je suis aimanté par une force invisible qui attire ma tête, mon ventre et le reste de moi vers une vérité qui nous mangera.

Et putain !! Putain il est là, c’est lui tu vois ? J’en suis sur, il a changé bordel ! Pourquoi t’es presque plus grand que moi ? T’es tellement beau, ta mère adorerait ce qu’on voit. Je cours encore et tout se précise, je vais si vite que je pourrais mourir de percuter quoi que ce soit et pourtant mon grand, pourtant... Je jette mon sac à la con contre le mur derrière toi et achève ma course en te prenant dans mes bras. Je te percute si fort que mon souffle en profite pour crever mais crois-moi, j’suis pas prêt de te lâcher. J’échappe un immense « Putain ! » qui, incrédule, frappe tes cheveux de plein fouet pour aller se perdre n’importe où mais j’en ai rien à foutre, on s’est retrouvés.
Les larmes de ta mère ravagent mes yeux qui n’en reviennent pas et je me marre d’un rire d’outre-tombe, conservé dans un virage de mon cœur depuis plus de cinq ans. C’est parce que je cours encore que j’arrive pas à tenir en place et te fais tourner dans un moment que le monde n’est pas prêt d’oublier. Décrochez les calendriers, ça y est, le cours de l’Histoire peut reprendre. Mes bras sont encore assez grands pour t’accueillir tout entier et je crois que rien n’y fera, je ne te lâcherai jamais. Putain, tu m’avais manqué !

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MessageSujet: Re: -| A white blank page and a swelling rage |- { Warren et son papa <3 }   Sam 9 Avr - 19:39

    Je me sens tellement vivant que tout autour de moi a du sens, mais rien n'a d'importance. Tous ces pantins qui l'entourent sont là, mais n'existent pas. Juste des jouets placés là pour être plus facilement oubliés. Il n'y a que mon père, le feu et moi. Et bientôt, la flamme s'éteindra, car elle aura fait ce qu'elle devait pour me le ramener. J'ai l'impression que si je ne l'attrape pas tout de suite, on va encore me l'enlever. J'ai douze ans à nouveau, et mon père, on va le prendre. Allez, papa, ne perds pas une seconde et viens voir ton fils. Montre leur comme ils ont été cons de nous séparer aussi longtemps. Qu'ils t'ont mal jugés et que tu es un père avant tout. Un père avant d'être un meurtrier. Montre-leur comme je me fous de ce qu'ils pensent. On ne leur laissera voir que la fumée de nos retrouvailles, le fantôme de leur connerie.

    Ma flamme meurt enfin dans ma main, mais je sais qu'il l'a vu, et je suis en première ligne pour accueillir la fin de la course qu'il vient d'entamer. Tu peux y aller, je te rattraperai. C'est toi et moi, maintenant, papa. De toute façon, depuis qu'elle est morte, même quand tu n'étais pas là, je n'avais plus que toi et l'attente de ce moment pour me faire tenir. Je ne me rappelle plus d'elle. Il n'y a que Keira qui sait. Toi, tu as toujours été mon héros. Et aujourd'hui, je suis le petit garçon qui retrouve une idole, icône de son enfance. Je n'ai que le temps de lui ouvrir mes bras. Heureusement pour nous, il court vite. On va pouvoir s'embrasser et s'embraser, et brûler le temps perdu pour tout recommencer. Et on se battra pour ne plus qu'ils t'enlèvent à moi. Et moi, de mon côté, bah je ne partirai pas. On se sert les coudes, maintenant. On parlera de partout du père et du fils qui ne se quittent plus et qui enflamment leur nuit. Ils en feront des cauchemars pendant qu'on sera peinards dans notre coin. Ils attendront dans la crainte qu'on frappe, alors que nous, on en aura juste plus rien à foutre de leur monde. On sera retrouvés.

    Il me percute de plein fouet, mais cette douleur ne m'a jamais fait autant de bien. Mon souffle est tellement coupé que j'en pleure, mais je m'en fous, j'aurais chialé quand même. Comme une gonzesse, comme un gamin, comme un fils qui aime trop son père pour supporter tout ça. J'étais tout seul, et maintenant, je suis un. Tu vois la différence, connard de juge, entre punir un criminel et enfermer un père ? J'avais rien fait bordel. Et tu veux un scoop ? Lui non plus, ducon. Mais je n'en parlerai pas, parce que vous nous foutrez la paix, comme ça. Pas d'excuses, moi, je n'en veux pas, je veux juste les mots de mon père, aussi forts que son "Putain" qui résonne dans mes oreilles. Ca va, on a appris nos mots dans le même dictionnaire, mon père et moi, et j'aime ça. Parce que Putain. Et voila.

    Je le laisse me faire tourner comme un môme, apprends à apprécier la force de mon père. Alors je le sers plus fort, juste pour qu'il comprenne que "trop fort", ça ne sera jamais aussi douloureux que cinq ans d'absence. Je préfère avoir mal que de ne rien sentir du tout, tu vois. Et j'aimerais lui dire tout ça. Mais j'ai juste plus de mots en moi. Même "Putain", ça ne veut pas. Par moments, on m'a forcé à parler, ces cinq dernières années. On a essayé de me mélanger à ces autres que je détestais rien que parce qu'ils existaient. Sincerity avait beaucoup trop de bonne volonté pour ma gorge sèche de ne pas pouvoir dire à mon père que je l'aimais. Et maintenant que je peux le faire, je n'ai juste pas la force. Parce que mes larmes et mes bras parlent pour moi, tu vois. Mais juste pour qu'il entende le son de ma voix, je m'essaie à un mot qui, brisé entre mes larmes, n'a jamais franchi la barrière de mes lèvres depuis que je l'ai crié quand on m'a empêché de le serrer dans mes bras une dernière fois. C'était mon dernier mot pour lui et c'est le seul qui bouclera cette putain de boucle d'absence forcée :


- Papa...
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MessageSujet: Re: -| A white blank page and a swelling rage |- { Warren et son papa <3 }   Mar 3 Mai - 21:50



Le fantôme de ma femme tire mes côtes, elle a posé sa main contre ma hanche et essaie doucement de faire se poser son spectre entre nos deux corps retrouvés. Je la laisse faire et sa chaleur entre nous me sidère tant elle est palpable. Complet pour la première fois en cinq ans, je perds mon souffle qui est allé épouser le vent afin que leurs rumeurs inondent les rues de leur vérité flambante. Crie-leur amour, que jamais tes hommes ne sauraient être séparés de toi, qu’ils reviennent fort et vivront plus d’une fois. La vie commence aujourd’hui, et elle ne s’écrira plus sans moi, j’y suis de nouveau immiscé. 5 ans, et tant de souvenirs à bruler.

Un torrent de sentiments a violemment été jeté à mon visage qui peine à faire le tri et bien vite ton mari se retrouve submergé par l’océan d’une réalité sans tes yeux. J’ai longtemps imaginé ce moment, et dans chacune de mes versions, tu finissais par réapparaitre. Sortant de l’ombre de notre fils, tu rayonnais de ton éternelle fougue, tes mains fièrement accrochées au bras de Warren qui n’aurait pas honte d’être tien. Vos regards complices se foutaient du mien qui un instant se sentait con d’avoir posé sur ton départ une incandescence froide, parce que privée de toi. Et je me perdais entre vos deux têtes, y enfouissant la mienne trop, minable de douter une seconde de ta capacité à faire revivre les anges. Mais il est seul et ses bras pour l’instant me suffisent.
Une douleur immense aux couleurs de ton prénom me serre les tripes quand je sens les larmes de mon fils contre la peau de ma joue rugueuse. Je ressemble à rien, son père n’est même plus dans ma carcasse tant il s’y sent à l’étroit. J’ai maigri là-bas, mes côtes souffrantes en attestent. Roxy, dis-moi qu’il reconnaît son père, je t’en prie.

Ma vue se trouble, comme si elle savait ne valoir rien. Une vive colère possède mon cœur et j’en veux au monde de le faire pleurer. Un désir violent de vengeance bouffe ton ventre mort et je blâme l’univers de ne pas avoir su épargner mon fils des misères qu’on lui a imposé. Cinq ans à se mentir et croire sortir le mois prochain. J’ai trop longtemps retardé demain, rendez-moi les années volées et tous nos rires à réapprivoiser. 5 ans, et autant d'amour à donner.
Son souffle devenu rauque m’alerte une révolution, il va parler je le sais, tu le sens. Et j’apprécie la fraicheur de ta main contre mon front, soutiens-moi mon âme, dis-moi qu’il se souvient et qu’il aime encore son

- Papa…


Fils. Merci, si tu savais comme je t'entends. Je sens ta mère pleurer aussi, elle laisse ses larmes mourir au coin de ses lèvres étirées en ce sourire magique qui calmait tes angoisses. Elle avait si peu de raisons d’être rendue au chagrin et pourtant, vois comme elle est loin de nous. Emportée vers cet horizon qui me ronge à ne pas me comprendre. J’aimerais que la nuance de ce rien m’inclue dans sa justice et qu’enfin je puisse souiller la vertu de mes vices.

J’ouvre les yeux et la lueur du monde me brule les rétines, j’adore ça. Il me reconnaît, il l’a dit. C’est mon prénom véritable, ma nature la plus profonde qu’il vient de lâcher de cette voix nouvelle. Putain, il a grandit sans moi et je tuerais, rien que pour venger cette pensée… dures, mes idées hallucinés pensent aux yeux de maman, de cette étrangère qui t’a offert son sein quand mes rêves allaient bien et soudain ils s’apaisent, ne réclamant plus que ton visage d’homme. Je me défais de toi sans jamais te lâcher, te bouscule avec une douceur brusque, contraste violent de mes douleurs passées. Ton front contre mon front. Mes pouces sur tes tempes. Ton mot dans mon ventre.

    ─ Laisse-moi te regarder.

Une seconde de plus et je me serais écroulé de pas avoir pu te le demander. J’ai l’air fort mais crois-moi quand ma voix te prétend l’assurance d’une vengeance, je ne réclame que tes yeux. Levant le menton, je retrouve lentement l’entièreté de l’aplomb qui un jour me possédait. Mes mains renforcent leur contact entre ta chair et ma peau si pale. Je ne te lâcherai plus jamais, je sens jusque dans mon alliance que j’en crèverais.

Son regard lui n’a pas changé et j’en souris, presque carnassier dans ma joie teintée de ce soulagement immense. Les larmes qui baignent encore ses yeux donnent à son visage adulte les accents de notre vie d’avant et je retrouve en lui le môme qu’on m’a arraché. Une fierté rauque pèse sur mes yeux qui observent au fond des siens, le fantôme de sa mère qui en retour me sourit. Elle est partout posée sur son âme et je sais à le regarder qu’elle ne l’a jamais quitté. Il est toujours lui, possède tellement de moi dans le noir de ses iris… Nul doute, il s’agit bien de toi. Je te vois, te reconnais.

    ─ Mon fils.

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